‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 170 sur 549 · IDYLLE · texte numérisé non relu

IDYLLE

MIRTIL et CHLOé.

£ Le tendre enfant Mirlil , au lever de l’aurore , S Vit la plus jeune de ses sœurs •£ Tristement occupée à rassembler des fleurs. ? En les réunissant, Chloé mêlait ses pleurs

MÉMOIRE

Aux larmes du matin qui les baignaient encore.

Elle laissa couler deux ruisseaux de ses yeux Sitôt qu’elle aperçut son frère

CIILOÉ.

Hélas! Mirtil, bientôt nous n’aurons plus de père! Que notre sort est douloureux 1 mirtil.

Ah ! s’il allait mourir , ce père qui nous aime 1 Ma sœur, il estai vertueux !

Il a tant d'amour pour les dieux!

ciiloA.

Oui, Mirtil, et les dieux devraient l’aimer de même.

MIRTIL

O ma sœur, comme ici tout me paraît changer! Comme tous les objets semblent dans la tristesse!

En vain mon agneau me caresse;

Depuis cinq jours je le délaisse ,

Et c’est une autre main qui lui donne à manger. Vainement mon ramier s’approche de ma bouche ; De mes plus belles fleurs je n’ai point de souci; EnGn, ce que j’aimais n’a plus rien qui me touche : Mon père, si tu meurs, je veux mourir aussi.

CBLOé.

Hélas! il t'en souvient, mon frère!

Cinq jours bien longs se sont passés Depuis que, sur son sein nous tenant embrassés,

11 se mit à pleurer...

MIRTIL

£ Il souriait en le portant , v Tour à tour agité d’espoir et de tristesse.

Page 1