‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 177 sur 549 · VERSAILLES · texte numérisé non relu

VERSAILLES

O VersalUe ,’é bois, à portiques,

Marbres vivants, berceaux antiques,

Par les dieux et les rois élysée embelli ,

A ton aspect, dans ma pensée ,

Comme sur l’herbe aride une fraîche rosée Coule un peu de calme et d’oubli.

Paris me semble un autre empire ,

Dès que pour toi je vois sourire Mes pénates secrets , couronnés de rameaux ,

D’où souveut les monts et les plaines Vont dirigeant mes pas aux campagnes prochaines Sous de triples cintres d’ormeaux.

Les chars , les royales merveilles ,

Des gardes les nocturnes veilles ,

Tout a fui ; des grandeurs tu n’es plus le séjour;

Mais le sommeil , la solitude ,

Dieux jadis inconnus, et les arts et l’étude. Composent aujourd’hui ta cour.

Ah ! témoin des succès du crime],

Si l’homme juste et magnanime Pouvait ouvrir son coeur à la félicité,

Versailles, tes routes fleuries.

Ton silence, fertile en belles rêveries,

N’auraient que joie et volupté.

Mais souvent tes vallons tranquilles ,

Tes sommets verts, tes frais asiles,

Tout à coup à mes yeux s’enveloppent do deuil ;

J’y vois errer l’ombre livide D’un peuple d’innocents qu’un tribunal perfide Précipite dans le cercueil.

André Chénier.

* O» vert ont été compotes pendant la révolution.

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