LE NID DE FAUVETTE
Je le tiens, ce nid de fauvette!
Ils sont deux, trois, quatre petits!
Depuis si longtemps je vous guette , Pauvres oiseaux , vous voilà pris!
Criez , sifflez , petits rebelles , Débattez-vous; oh ! c’est en vain :
Vous n’avez pas encore d’ailes ,
Comment vous sauver de ma main?
Mais, quoi 1 n’entcnds je point leur mère Qui pousse des cris douloureux?
Oui , je le vois ; oui , c’est leur pèro Qui vient voltiger auprès d’eux.
Ah! pourrais-je causer leur peine,
Moi qui l’été , dans les vallons ,
Venais m’endormir sous un chêne Au bruit de leurs douces chansons?
Hélas! si du sein de ma mère Un méchant venait me ravir,
Je le sens bien , dans sa misère,
Elle n’aurait plus qu’à mourir.
MEMOIRE
Eh ! je serais assez barbare Pour vous arracher vos enfants !
Non, non, que rien ne vous sépare; Non , les voici , je vous les rends.
Apprenez-leur dans le bocage A voltiger auprès de vous;
Qu’ils écoutent votre ramage ,
Pour former des sons aussi doux ;
Et moi , dans la saison prochaine,
Je reviendrai dans les vallons Dormir quelquefois sous un chêne Au bruit de leurs jeunes chansons.
Uerqiin.
PROSE