‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 306 sur 549 · LOUAGE · texte numérisé non relu

LOUAGE

L’horizon se chargeait au loin de vapeurs ardentes et sombres : le soleil commençait à pâlir; la surface des eaux, unie et sans mouvement, se couvrait de couleurs lugubres, dont les teintes variaient sans cesse. Déjà le ciel, tendu et fermé «le toutes parts, u’offrail à nos veux qu’une voûte ténébreuse que la flamme pénétrait et qui s'appesantissait sur la terre. Toute la nature était dans le silence, dans l’attente, dans un état d'inquiétude qui se communiquait jusqu'au fond de nos âme?. Nous cherchâmes un asile dans le vestibule du temple*, et bientôt nous vîmes la foudre briser à coups redoublés cette barrière de ténèbres et de feu suspendue sur nos têtes ; des nuages épais rouler |iar masses dans les airs, et tomber en torrents sur la terre; les vents déchaînés fondre sur la merci la bouleverser dans ses abîmes.

Tout grondait, le tonnerre, les vents, les flots, les antres, les montagnes; et , de tous ces bruits réunis, il se formait un bruit épouvantable qui semblait annoncer la dissolution de l'univers. L’aquilon ayant redoublé ses efforts, l’orage alla porter ses fureur» dans les climats brûlants de l’Afrique. Nous le suivîmes «les yeux, nous l'entendîmes mugir dans le lointain, le soleil brilla d'une clarté plus pure; et cette mer, dont les vagues écumantes s'étaient élevées jusqu'aux deux , traînait à peine ses flots jnstjue sur le rivage.

IUrtiiki.emy. Voyage d'Anacharsù.

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