FORÊTS AMÉRICAINES
Pénétrez dans ces forêts américaines aussi vieilles que le monde : quel profond silence dans ces re-
2 traites quand les vents reposent! quelles voix in- £ connues quand les vents viennent à s'élever! htes- •$* vous immobile, ton! est muet : faites-vous un pas, §* tout soupire. La nuit s'approche , les ombres s’é- ^ paississcut : on entend des troupeaux de liêtes sau-
ORTHOGRAPHE
vages passer dans les ténèbres; la terre murmure £ nucllc, de manière que, tous les cent ans, un des sous vos pas; quelques coups de foudre font mugir «Sj cinquièmes soit distrait et prélevé, les déserts : la forêt s’agite, les arbres tombent, un § j> Le premier cinquième produira trente mille fleuve inconnu coule devant vous. La lune sort £ livres avec lesquelles on desséchera un marais qui enfin de l'orient : à mesure que vous passez au pied £ se trouve près du village où je suis né. des arbres, elle semble errer devant vous dans leur g » Le second cinquième, au bout de cent autres cime et suivre tristement vos yeux. Le voyageur années, donnera un million sept cent mille livres. s’assied sur le tronc d’un chêne jwur attendre le Avec cette somme , on fondera quatre-vingts prix jour; il regarde tour à tour l’astre des nuits, les té- $z pour le progrès des sciences, etc. nèbres, le fleuve; il se sent inquiet, agité, et dans 55 » Un siècle après, le troisième cinquième aura
l’attente de quelque chose d'inconnu; un plaisir ** produit deux cent vingt millions. J’entends qu’une inouï, une crainte extraordinaire, font palpiter son partie de ce capital soit consacrée à l’institution de sein comme s’il allait être admis à quelque secret de jg cent monts-de-piété, où l’on prêtera aux artisans la Divinité: il est seul au fond des forêts; mais ^ laborieux et honnêtes, sans intérêts. Le surplus de la l’esprit de l’homme remplit aisément les espaces de somme sera employé à former, dans douze grandes la nature; et toutes les solitudes de la terre sont villes, douze musées et douze bibliothèques publimoins vastes qu’une seule pensée de son cœur. ^ ques ; chacun de ces établissements jouira de cent Chateaubriand. s: mille livres de rente, et entretiendra quarante gens de lettres.
TESTAMENT D’UN CALCULATEUR. » Cent ans plus tard, le quatrième cinquième
Forliinatus Dregnill, arithméticien & Stras- £ rendra trente milliards. Cette somme servira à bâbourg, a laissé un testament dans lequel on lisait £ ür nouvelles villes, peuplées chacune de cinlcs dispositions suivantes : S Huailte "«Ne habitants. O" m’objectera peut-être
.. Mon très-honoré grand-père Protper Dregnull £ <lue dans ,oule l'Europe il ne se trouverait pas une me fit apprendre l’écriture et les calculs. Lorsque S ‘°,nmc au8si considérable d’or et d’argent ; mais j’eus atteint l’âge de huit ans, il me donna la $ j’en joins à mes exécuteurs testamentaires de conpreuve qu’en accumulant tous les ans les intérêts " ' verlir les espèces monnayées en immeubles, et d en avec leur capital , au bout de cent ans la somme £ Placer les revenus en acquisitions nouvelles, principale se trouvait multipliée par cent trente. £ " Enfin, le dernier cinquième , après un inler-
L’atlention que je prêtai h ses discours pmi faire | valle de cinq cents ans, s’élèvera à la somme colosplaisir au vieillard; il lira aussitôt une pièce d’or •<- de trois mille neuf cents milliards. Ces fonds de vingt-quatre livres de son gousset, et me dit § serviront d’abordàpayer toule la dette publique de avec un enthousiasme que j’ai encore présent i mon S n0,re gouvernement. Je ne serais pas fâché que le esprit: -Mon enfant, sonvicns-ioi , tant que tu S reste fût employé, jusqu'à concurrence, à éteindre, vivras, qu’avec de l’économie et du calcul on ne £ du m0,ns en Partie' lénur,ne de"e P“blique dont saurait jamais manquer: voici un louis que je te £ l’Angleterre sera chargée à cette époque. Je dots eu donne, porte-le à un négociant de mes amis , qui , £ témoignage de reconnaissance h une nation qui a pour m’obliger, le placera dans son commerce; £ produit Newton, l’auteur de Y Arithmétique unbertous les ans tu joindras les intérêts au capital, et tu £ u^e el du (-“kul infinithimal ordonnera», i. ta mort, que la somme qui en résul- £ * Mes «tuteur» testamentaires, au nombre de
tera soit employée i une fondation pieuse pour le £ ,,X’ Ser°,U cl,°,S,S P3™'1 1,3 homme* les Plus Pr°repos de ion âme et de la mienne. £ bcs ; cl,acl,n d’eux> ea ,nouran'’ n0“,ner* 800 suc>
J’ai suivi ponctuellement scs ordres; les vingt- £ «sseur. permets aux derniers de s'attribuer chaquatre livres, au bout de soixante-deux années, en £ can\P°ur lcur‘ Pe"‘«, trente-deux million* sur le ont rapporté cinq cents. Je veux et j’entends que S dcrnier cinquième. »
l’on partage cette somme en cinq pariies égales, £ , VoiIà 1uellc "‘Çrvcille peut produire l’économie
qui, comme la première somme de vingt-quatre li- g d un0 80l,llnc de vingt-quatre livres.
vres, se multiplieront par une accumulation conti- dT dk Kotzbi e.