ORTHOGRAPHE. — SEPTIÈME LEÇON
LES VÉGÉTAUX. * formé des almanachs et des horloges botaniques.
: Qui pourrait décrire la variété infinie de leurs 6-
beaU"5s d’Un î,“tre °rdrC deCOreDt " i gures V Que de berceaux , de voûtes , d'avenues, de fri U fl l’architecture de notre globe et le ren- : ides dc verdurc chargés dc fruits, offrent
O*»' habitable aux êtres sensibles. Une ^ ravii^n(cs habitations! Que d’heureuses repuceinture de palmiers, auxquels sont suspendus ± b,. vivell, |curs tranquilles ombrages! Que la datte et le coco;, l’entoure entre les brûlants tro- : ^ ^ Vicieux v sonl préparés ! Rien n’est piques; cl des forêts de sapins moussus le cou-
ronnent sous les cercles polaires. D’autres végé- £ ' t
taux s’étendent, comme des rayons, du midi au 2- aÂI i »
nord, et viennent expirer à différents degrés.
Le bananier s’avance depuis la ligne jusqu’aux ; j \
bords de la Méditerranée. L’oranger passe la mer, ;j~ , ,
et borde dc ses fruits dorés les rivages méridio- ÆjgK
naux de l’Europe. Les plus nécessaires, comme le ;-r
blé et les graminées, pénètrent le plus loin, et, :: ■ . .X-
forts dc leur faiblesse , s’étendent, à l’abri des val- ; '
lées, depuis les bords du Gange jusqu’à ceux de la mer Glaciale. D’autres, plus robustes, partent des Æ rudes climats du nord, s’avancent sur les croupes 2-
du Taurus, et arrivent, à la faveur des neiges, ^ Nf '
jusque dans le sein de la zone torride. Les sapins
et les cèdres couronnent les montagnes de l’Arabie perdu. Les quadrupèdes en mangent les tendres et du royaume de Cachemire, et voient à leurs ?" feuilles, les oiseaux les semences, d’autres animaux
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pieds les plaines brûlantes d’Âden et de Lahor, où se recueillent la datte et la canne à sucre. D’autres arbres, ennemis à la fois du chaud et du froid, ont
les racines et les écorces. Les insectes en ont la desserte : leurs lésions infinies sont armées de toutes sortes d’instruments pour la recueillir. Les abeilles
leurs centres dans les zones tempérées. La vigne ::«£ ont sur leurs cuisses des cuillers garnis de poils langnit en Allemagne et au Sénégal. Le pommier, & pour ramasser les poussières de leurs fleurs; les l’arbre de ma patrie, n’a jamais vu le soleil à plomb & mouches, des pompes pour en sucer la sève ; les sur sa tête, ou, décrivant autour de lui le cercle £ vers, des tarières, des vilebrequins et des râpes entier de l’horizon , mûrir scs beaux fruits. Mais pour en dépecer les parties solides; et les fourmis, chaque sol a sa Flore et sa Pomonc. Les rochers, j'î des pinces pour en emporter les miettes. À la
les marais , les vases, les sables, ont des végétaux ^ diversité de formes, de mœurs, dc gouvernement*
qui leur sont propres; les écueils mêmes de la mer ^ et aux guerres perpétuelles de tous ces animaux, sont fertiles. Le cocotier ne sc plaît que sur les sa- vous diriez d’une multitude dc nations étrangères
blés marins, où il laisse pendre ses fruits pleins de î£ ennemies , qui vont bientôt s’entre-détruire. À la
lait au-dessus des flots salés. D’autres plantes sont ïg constance de leurs amours, à la perpétuité de leurs ordonnées aux vents, aux saisons et aux heures du $ espèces, à leur admirable harmonie avec toutes les jour, avec tant de précision, que Linnæus en avait «g parties du règne végétal, vous diriez d’un seul peuple
ORTHOGRAPHE
qui a sa noblesse domaniale, ses charpentiers, ses pompiers, scs artisans.
BERNARDIN DK $AlNT-PlERnK.
Etudes de la Nature.