DU CORPS DES ANIMAUX
Si je fiasse de mon corps aux autres corps qui m’environnent , non-seulement j’aperçois un grand nombre d’autres corps semblables au mien, mais encore je vois de tous côtés des animaux faits, pour ainsi dire, sur divers patrons. Les uns marchent à quatre pieds; les autres ont des ailes pour voler dans l’air; les autres, des nageoires pour nager dans l’eau. Les navires, que les hommes construisent avec tant d’art, suivant des règles si savantes, ne sont que des copies faites d’après ces oiseaux et ces poissons qui voguent dans ces deux éléments liquides, dont l’un est un peu plus épais que l’autre. De ces
ORTHOGRAPHE
animaux , les uns nous servent à porter des far- £ deaux, comme le cheval et le chameau ; d’autres •§■ servent, par leur force, comme les bœufs, à sup- L£ plëer à notre force bornée, puis ce même animal devient notre aliment; d’autres, comme les brebis, § nous nourrissent de leur lait et nous vêtissent de £ leur laine. L’homme sait dominer, par force on par industrie, sur tous les animaux et les plier à sou usage. Un vermisseau, une fourmi, un moucheron, 55 montrent cent fois plus d’art et d’industrie que *5 l’horloge la plus parfaite. K F. s Et. oïl. rS
SAINT VINCENT DE PAlTL.
A la tête de ces protecteurs de l'humanité souffrante, je vois un homme qui a reçu du ciel le don de rélocution et la sensibilité la plus profonde, éloquent à force d’âme et de vertu, fécond en pensées du cœur, et par là même, également sublime et populaire dans ses discours , doué du plus rare courage d’esprit, de la conception des grandes entreprises et de la patience des plus petits détails, d’une imagination hardie et d’un jugement sage, d’une prudence consommée pour discerner la-pro* pos des moments opportuns, saisir le point de maturité des projets utiles, et s’attacher aux établissements durables; enfin d’un zèle ardent et inébranlable, d’un attrait de persuasion qui rallie toutes les opinious à ses sentiments, et du talent plus heureux encore et plus rare d'embraser les cœurs du feu divin dont il est consumé hti-mcine. Cet homme anime tout, propose les bonnes œuvres, discute les moyens, indique les ressources, écarte les obstacles, correspond à la fois avec le gouvernement, avec les riches, avec les malheureux. Son
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regard embrasse toutes les provinces ; il veille sans cesse pour la patrie; i) est présent à toutes les calamités; il atteint tous les malheurs par sa bienfaisance; il transporte tous ses auditeurs au milieu des désastres publics; il les entraîne dans ce tourbillon de clarté qui l’environne, les pénètre de terreur, les fait fondre en larmes, les oppresse de sanglots, leur ôte leur âme pour leur donner la sienne, et cet homme de la Providence est Vincent de Paul , qui , du milieu de sou assemblée de charité, semble dire, comme le Fils de Dieu, d’une voix qui est entendue jusqu'aux extrémités du royaume : Venez à moi, ô voue qui souffrez , et je vous soulagerai. Le cardinal Maiîry.