‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 504 sur 549 · AVIS DE T0B1E A SON FILS · texte numérisé non relu

AVIS DE T0B1E A SON FILS

Tobie, qui, après la prière qu’il avaitfaite à Dieu, se croyait près de mourir, appela son fils, et lui dit : « Écoutez, mon fils, les der- 3

’• nières paroles d'un père qui vous aime. » Conservez-les dans votre cœur ; que cette

- instruction soit pour toujours le fonde- " ment et la règle de votre conduite. Lors-

- que Dieu m’aura appelé à lui, donnez la » sépulture à mon corps. Honorez votre « mère tous les jours de sa vie; n’oubliez

• jamais à combien de périls elle a été cx-

> posée , quand elle vous portait dans son

■ sein. Lorsqu’elle aura elle-même achevé

• sa course sur la terre, ensevelissez-la au- 1 près de moi. Tour vous , mon fils , ayez

■ Dieu présent à l’esprit tous les jours de ' votre vie. Gardez-vous bien de consentir 'jamais à aucun péché, et de violer les ' commandements du Seigneur noire Dieu.

> Faites l’aumône de votre bien, et ne dé- » tournez les yeux d’aucun pauvre. Par là

■ vous mériterez que Dieu ait toujours les 1 yeux ouverts sur vous. Exercez la misé- » ricordc selon votre pouvoir : si vous avez i beaucoup de bien, donnez beaucoup; si ' vous en avez peu, donnez de bon cœur » de ce peu que vous avez. Par là vous

• amasserez un trésor et une grande récom-

» pense pour le jour de la nécessité ; car » l’aumône délivre de la mort, et elle ne n laissera point tomber une âme dans les » ténèbres; l’aumône inspire à ceux qui la » font une grande confiance devant le » souverain Juge. Veillez sur vous, mon * fils, pour éviter toute sorte d’impu- » reté ; gardez-vous de connaître jamais » d’autre femme que la vôtre. Que l’or- ’■ gueil ne domine jamais dans vos pensées » ni dans vos paroles ; car c’est de l’orgueil » que sont venus tous les maux. Si quel- » qu’un travaille pour vous, payez-lui aussi- » tôt ce qui lui est dû, et ne retenez pas la » récompense du mercenaire. Ne faites à >• personne ce que vous ne voudriez pas ■’ que l’on vous fit. Mangez votre pain avec >■ les pauvres; couvrez de vos vêtements » ceux qui sont nus. Demandez toujours » conseil à un homme sage. Bénissez Dieu » en tout temps; priez-lc d’être votre guide » dans toutes vos voies, et ne comptez que » sur lui dans toutes vos entreprises. » Tobie termina cette belle instruction par ces paroles : « Ne craignez pas, mon fils, nous » sommes pauvres, à la vérité, mais nous >- aurons beaucoup de biens, si nous avons » la crainte de Dieu, si nous évitons le pé- » ché et si nous faisons de bonnes œuvres. »

VOYAGE Dû JEUNE TOBIE.

Tobie déclara à son fils qu’il avait autrefois prêté dix talents à Gabelus. « Cher- » chez, lui dit-il, un guide fidèle, et allez » avec lui à la ville de Rayés , où demeure »Gabelus.ll vous remettra cet argent, et » vous lui rendrez son obligation. » Lejeune Tobie, étant sorti, aperçut un homme en habit de voyageur. C’était un ange envoyé de Dieu pour accompagner le jeune Tobie. Celui-ci ne le savait pas; mais il lui demanda d’où il était, et s’il connaissait la route qui conduisait à Ragès. « Je suis, ré- » pondit l’envoyé céleste , un des enfants

HISTOIRE SAINTE

« d’Israël ; je connais la Médie, el j’ai logé î. » chczGabelus, qui est à Ragès. » I,e jeune ** Tobie, charmé de l’heureuse rencontre , le fit entrer chez son père, à qui il rapporta ce qu’il venait d’entendre. I.e père demanda à l’ange, qu'il prenait pour un g boninie , s’il pouvait conduire son fils chez S Gabelus, et lui promit de le récompenser S de sa peine. «Soyez tranquille, répondit § » l’ange, j’accompagnerai votre fils et je ne £ » le quitterai pas que je ne l'aie remis entre » vos mains. » Comme Tobie désirait savoir g de quelle tribu et de quelle famille il était, l’ange ajouta : « Je suis Azaria*, fils du g « grand Ananie, que vous connaissez. » L’ange effectivement en avait pris la figure.

» Allez, lui dit Tobie, je vous souhaite un » heureux voyage. Que Dieu soit avec vous » et que son ange vous accompagne ! " On prépara tout ce qui était nécessaire pour le départ; et lejeune Tobie, ayant dit adieu à son père et à sa mère, se mit en chemin avec son guide. Les voyageurs s’arrêtèrent la première nuit dans un lieu qui était sur les bords du Tigre. Tobie voulut se laver les pieds dans le fleuve; mais un poisson monstrueux s'élança hors de l’eau, comme pour le dévorer. A cette vue, Tobie, tout effrayé, jeta un grand cri. L’ange le rassura, et lui dit : « Prenez hardiment le poisson

» par les ouïes; il expirera à l’instant. Ou* » vrez-le; mettez à part le foie et le fiel; » vous vous en servirez utilement. En met-

» tant le foie sur des charbons, la fumée » qui en sort chasse toute espèce de démon. » Le fiel sert à guérir les yeux où il s’est » formé une taie. » Tobie obéit à l’ange. Les chairs du poisson, qu’ils salèrent, leur tinrent lieu de provisions pour le voyage.

MARIAGE lit JEUNE TOBIE.

Tobie et son guide étaient près de la ville d’Ecbatane, lorsque l’ange lui dit : « U y a » ici un homme , nommé Kaguel , qui est de » votre tribu et votre parent. Il n’a qu’une » fille, qui se nomme Sara. Vous devez >• l’épouser; vous en ferez la demande à son x père, et il vous l’accordera. » — « Mais, » répondit Tobie, j’ai ouï dire que Sara a » déjà eu sept maris, et que le démon les a » tués aussitôt après les noces. » — « Ne iç » craignez pas pour vous, reprit l’ange. Le •jÉ » démon n’a de pouvoir que sur ceux qui, » en s’engageant dans le mariage, bannisé: » sent Dieu de leur cœur, et ne pensent » qu’à satisfaire leur passion. La première S » nuit vous brûlerez le foie du poisson, qui •g* » mettra le démon en fuite; la seconde nuit » vous serez associé aux saints patriarches; » la troisième nuit vous recevrez la bénédic- L": " tion de Dieu, afin qu'il naisse de vous des K x enfants dignes d’être de la race d’Abra- S » ham. » Après cette instruction ils entrè- £ rent chez Haguel , qui les reçut avec joie, g Raguel, ayant envisagé Tobie, dit à sa * femme : « Voilà un jeune homme qui res- S » semble beaucoup à Tobie, notre parent.» K Puis il demanda aux deux voyageurs de r: quel pays ils étaient. Lorsqu’ils eurent ré- || pondu qu’ils étaient de la tribu de Nephtali, et qu’ils demeuraient à Ninive, Raguel ajouta : u Connaissez-vous Tobie, mon pa- « rent? « Alors l’ange lui déclara que Tobie était le père de ce jeune homme qu’il 5 voyait. Aussitôt Raguel se jeta au cou de ce S jeune parent, et lui dit en l'arrosant de scs larmes : Que Dieu vous bénisse, mon fils;

HISTOIRE SAINTE

» vous avez pour père un homme de bien , & » un saint homme. » Sa femme et sa fille, § qui étaient présentes, ne purent s’empêcher 'Z de pleurer. Alors le jeune Tobie, suivant le ;; conseil que l'ange lui avait donné, demanda Sara pour épouse. Comme Raguel hésitait ù accorder cette demande au jeune Tobie, dans la crainte qu’il ne lui arrivât malheur, l'ange lui dit de ne pas balancer à donner sa fille au jeune Tobie , à qui Dieu l’avait iz destinée. Raguel, rassuré par cette parole, y consentit. « Je connais maintenant, dit-il, J: ” que mes prières ont été exaucées; Dieu ■£ » vous a envoyés ici pour donner à ma fille g » un époux de sa parenté, selon la loi de ^ » Moïse. » Puis, prenant la main droite de ■£ sa fille, et la mettant dans celle de Tobie, il '

x Jacob soit avec vous; que lui-méme vous g » unisse, et qu’il répande sur vous sa sainte jp » bénédiction ! » à

mettait son père et sa mère, sollicitait vivement son congé. 11 l’obtint enfin, et Raguel remit sa fille entre ses mains. Ce départ fut précédé de tristes adieux et de tendres embrassements. Raguel donna à sa fille de sages conseils et la combla de ses voeux et de ses bénédictions; puis on s’embrassa pour la dernière fois, et les voyageurs se mirent en chemin.

IIETOIR DE TOBIE.

Cependant le père et la mère de Tobie, ne voyant point arriver leur fils au jour marqué, étaient dans les plus vives alarmes. La mère surtout ne pouvait se consoler. « Mon fils, s’écriait-elle, mon cher fils, pour- » quoi vous avons-nous envoyé si loin? vous * étiez la lumière de nos yeux, le bâton de » notre vieillesse, la consolation de notre » vie et l’espérance de notre postérité; » seul vous nous teniez lieu de tout : fallait- » il vous éloigner de nous? * Tobie tâchait de la rassurer. « Calmez-vous, lui disait-il » souvent, votre fils se porte bien. Celui à » qui nous l’avons confié est un guide sûr et » fidèle. » Mais elle ne voulait rien entendre ; elle sortait tous les jours de sa maison, et allait dans tous les chemins par où son fils pouvait revenir, pour voir si elle ne le découvrirait pas de loin. Un jour qu’elle était sur une hauteur, regardant de tous côtés, elle l’aperçut enfin. Aussitôt elle

Raguel fit préparer un grand festin , au- | «> “r‘ à son mari : - Voilà votre fils qui quel il invita ses amis et ses voisins. Tobie, S ” v*en^ "Elle ne put en dire davantage; mais dans cette circonstance, ne pouvait s’éloi- 1 celte heureuse nouvelle fut bientôt confirgner; en conséquence, l’ange se chargea ' , niée. Un chien, quon nourrissait à la maid’aller seul à Ragès pour y recevoir l’argent % son, avait suivi le jeune Tobie, et ne l’avait prêté à Gabclus, et lui rendre son obliga- K point quitté de tout le voyage. Quand on tion.ll fit plus, il ramena avec lui Gabelus, g fut près de la ville, ce chien prit les devants; qui assista aux noces. Raguel retint Tobie % et, comme si c’eût été un exprès dépêché plus long temps que l’on n’en était convenu, ;:I pour annoncer le retour, il se mit à caresser et il faisait de nouvelles instances pour re- i le vieux Tobie, à sauter autour de lui, et a tard cr encore son départ. Cependant Tobie, g donner, à sa manière, mille marques de joie, qui savait dans quelle inquiétude ce retard | Alors l’ange dit à Tobie: « Quand vous serez

HISTOIRE SAINTE

» entré dans la maison de votre père, vous » commencerez par adorer le Seigneur et » lui rendre des actions de grâces. Ensuite, » après avoir embrassé votre père , vous lui » appliquerez sur les yeux le fiel du pois- »son, que vous avez réservé, bientôt ses » yeux se rouvriront à la lumière, et il sera » comblé de joie en vous voyant. » Ce bon père, à la première nouvelle de l’arrivée de son fils, s'était levé brusquement; et, ayant donné la main à un domestique, il accourait au-devant de lui. Lorsqu’il l'eut joiut, on s’embrassa en versant des larmes. On adora Dieu; on lui rendit mille actions de grâces et l’on s’assit. Alors le jeune Tobie prit le fiel du poisson , et il en frotta les yeux de

son père. Alors il se détacha des yeux du malade une taie blanche, semblable à la pellicule d’un œuf. Son fils la tira doucement, et l’aveugle recouvra la vue. Il se mit aussitôt à louer Dieu : « Je vous bénis, s’écria-t-il, "Seigneur, Dieu d’Israël, de ce que vous » m’avez châtié et de ce que vous m’avez " guéri. Vous ne m’avez privé de la lumière » du jour que pour me la rendre avec " bonté, et pour me donner la joie devoir " mon fils. "

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