PATIENCE DE TOBIE
Dieu , qui se plaît à éprouver la fidélité de ses serviteurs, permit que Tobie devint aveugle. Un jour que ce saint homme s’était endormi au piedd'une muraille, il lui tomba dans les yeux de la fiente chaude d’hirondelle, qui lui fit perdre la vue. Comme il était solidement affermi dans la crainte de Dieu , il ne s’affligea point ; mais il rendit grâcesàDieu du triste état où il était réduit. Ses proches mêmes insultaient à son malheur : « Où est , lui disaient-ils, votre espé- » rance? Que vous ont servi toutes vos » bonnes oeuvres? Était-ce donc là le prix » que vous en attendiez? — Ne parlez pas » ainsi , répondit Tobie ; ce n’est pas dans » cette vie que nous attendons notre ré- » compense ; nous sommes les enfants des ■> saints , et nous espérons eu une autre vie » que Dieu a promise à ceux qui persévè- » rent jusqu'à la fin dans la fidélité qu’ils " lui doivent. » Tobie, dans cet état, ne subsistait plus que du travail de sa femme. Elle apporta un jour à la maison un chevreau qu’elle avait acheté. Tobie entendit le cri de cet animal ; et, craignant qu’il n’cùt été dérobé, il rappela à sa femme qu’il nous est défendu de toucher au bien d’autrui. Sa femme, piquée de cet avertissement, éclata en reproches. « On voit maintenant, » lui dit-elle, combien votre espérance était ■* vaine, et quel a été le fruit de toutes vos » aumônes. » Tobie , pénétré de douleur et baigné de larmes, fit à Dieu cette prière : « Seigneur, vous êtes juste et toutes vos n voies ne sont que miséricorde, vérité et » justice. Souvenez-vous maintenant de moi, » 6 mon Dieu! oubliez mes péchés et ceux n de mes pères; n’en tirez pas la vengeance « qu’ils méritent. Nous n’avons point obéi à » vos commandements; c'est pourquoi vous » nous avez abandonnés au pillage, à la » captivité et à la mort. Maintenant, Scin gneur, traitez-moi selon votre miséri-
HISTOIRE SAINTE
k corde : appelez à vous votre serviteur, » et recevez mou âme eu paix; car il m’est » plus avantageux de mourir que de vivre. »