‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 517 sur 549 · MATHATHIAS ET SES ENFANTS · texte numérisé non relu

MATHATHIAS ET SES ENFANTS

Mathatliias, chef d’une famille qui descendait d’Aaron, s’était retiré dans le lieu de son origine, sur la montagne de Modin. Il avait cinq fils : Jean , Simon, Judas, surnommé Machabée, Éléazar et Jonathas.

Résolu à ne point se laisser massacrer comme les autres Israélites, il se décida à combattre, même le jour du sabbat, s’il était attaqué. Plusieurs des vaillants de la nation et tous ceux qui étaient demeurés fidèles à la loi se joignirent à lui et formèrent un corps d'armée, avec lequel Mathatliias parcourut toute la Judée, renversa les autels des idoles, et délivra la loi sainte de la servitude des infidèles. Après ces premières expéditions, Mathatliias, se sentant près de mourir, appela scs enfants; et, après leur avoir donné les meilleurs conseils pour les diriger dans leur conduite, il leur dit : u Ar- » niez-vous donc, mes enfants, et combattez » vaillamment pour la défense de la loi; par » là vous acquerrez une gloire immortelle; » Simon, votre frère, est homme de bon » conseil; suivez ses avis, il vous tiendra lieu » de père. Que Judas Machabée commande » vos troupes et venge votre peuple. » Judas , ainsi désigné par son père pour chef de la petite armée, prit possession du commandement. Ayant formé un corps de six mille hommes, il adressa au Seigneur les plus ferventes prières. Dieu les exauça et répandit sa bénédiction sur ses armes. A la tète de la nation sainte , il fit des prodiges de valeur, et se rendit redoutable aux infidèles. Il parcourait les villes de la Judée, et il en chassait les impies; il se saisissait des postes avantageux, et mettait en fuite

ceux qui s’y opposaient. Le bruit de ses exploits se répandit de toutes parts. Apollonius, l’un des principaux officiers du roi, qui entreprit le premier d’arrêter les progrès de ses armes, éprouva une résistance à laquelle il ne s'attendait pas. A la tète d’une armée nombreuse, il méprisait la petite troupe de Judas; mais il connut bientôt que ce n’était pas le nombre des soldats qui décide de la victoire. Judas marcha contre lui, l’attaqua et le vainquit. Apollonius périt dans le combat : le reste de l’armée se débanda, et abandonna aux vainqueurs un riche butin. Judas ne prit pour lui que l’épée d’Apollonius, dont il se servit

toujours dans la suite, pour conserver le souvenir, non de sa valeur, mais de la protection de son Dieu. Le gouverneur de la Syrie , nommé Séron , crut que l'occasion était favorable pour rétablir sa réputation, et pour mériter la faveur d’Antiochus par la défaite des Juifs. Il entra dans la Judée avec toutes les forces de la Syrie. Les soldats de Machabée furent d'abord ébranlés; mais le brave général les rassura ; « Qu’im- » porte, leur dit-il, qu’importe au Dieu du » ciel que nous soyons peu ou beaucoup? n Une poignée de monde peut vaincre l’arn mée la plus forte : c’est Dieu qui donne la » victoire. Nos ennemis viennent à nous, » fiers de leur multitude; ils se flattent de i> nous faire périr tous avec nos femmes et n nos enfants. Le Seigneur les fera tomber

HISTOIRE SAINTE

SI

» sous nos yeux. Ne craignez point ; nous & * combattons pour notre vie et pour notre a « loi. » Dés qu’il eut cessé de parler, il se :: jeta sur les ennemis, les renversa et les mit s en déroule.

Antiochus, furieux des succès de Macha- g bée, voulait exterminer tous les Juifs ; mais g forcé d’aller en Perse, il remit à Lysias son :s gouvernement et le soin de châtier ce peu- g pie. Celui-ci envoya Nicnnor avec une armée g nombreuse contre Judas. Les Juifs, en- S courages par leur général, rencontrèrent ^ leur ennemi dans un lieu nommé Masplia, :: et, aidés par Dieu, ils le défirent complète- ” • ment, lui tuèrent neuf mille hommes et mi- ^ rentle reste en fuite. Les Juifs poursuivirent S les fuyards, qui auraient perdu bien plus de Simonde, si l'heure du sabbat survenant g n’avait arrêté les vainqueurs. On fit part du : i butin aux infirmes, aux orphelins et aux g veuves, et le reste fut partagé également g entre ceux qui avaient combattu. g

MORT D’ ANTIOCHUS. à

Judas Machabée, soutenu par la protec- g tion de Dieu, reprit la ville de Jérusalem, et g força les infidèles à se retirer dans la cita- s; delle. Lysias , consterné de ces victoires, g ayant rassemblé l’année suivante une armée :: de soixante mille fantassins et de cinq mille g cavaliers, vint à leur tête camper en Judée, S dans un lieu appelé Bethoron. Judas Ma- g cliabée, qui n’avait que dix mille hommes, g vint à sa rencontre, le combattit et le mit : :: en déroute, après lui avoir tué cinq mille g hommes. Judas fit ensuite purifier le temple, r..~ et établit en mémoire de cet événement une s fête qui durerait huit jours et se renouvelle- g rait tous les ans le vingt-cinquième jour du g neuvième mois. Cependant Antiochus re- X venait de Perse, couvert de honte, car son a armée avait été battue, quand il apprit les g nouvelles victoires des Juifs. Dans la vue de à venger sur eux l’affront qu’il venait de rece- g

voir, il commanda â celui qui conduisait son char de précipiter sa marche. En vain Dieu le frappa d’une violente douleur d’entrailles; il n'en continua pas moins sa marche avec la même diligence. Dans le mouvement impétueux de la voiture, il tomba et se meurtrit tout le corps. Humilié alors, anéanti par l’excès de ses douleurs, il se fit porter dans une litière. Son corps fourmillait de vers, sa chair tombait en lambeaux

et exhalait une odeur insupportable. Enfin il reconnut que le Dieu des Juifs était plus fort que lui, et il adressa aux Juifs des lettres pleines de douceur dans lesquelles il leur recommandait son fils. Cependant sa pénitence n’apaisa pas le ciel, et il mourut d’une manière misérable. Judas, cependant, poursuivait scs succès; protégé par des envoyés célestes qui combattaient à ses côtés, il vainquit d’abord Timothée, puis une seconde fois Lysias, qui était venu l’attaquer avec une immense armée, et qui fut obligé de demander la paix. Mais elle fut bientôt rompue, et Judas obligé de reprendre les armes. La victoire lui fut toujours aussi fidèle, et il résolut de s’emparer de la forteresse de Sion, qui était toujours restée au pouvoir des ennemis. Antiochus-Eupalor, fils et successeur d’Anliochus-Epiphanc, irrité de cette nouvelle, entra en Judée à la tête d’une armée de cent mille hommes, accompagnés de plusieurs éléphants dres-

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ses au combat. Dans une surprise nocturne. Judas, qui avait quitté le siège de la forteresse pour venir au-devant de lui, lui tua quatre mille hommes. Le lendemain, dans la bataille générale qui suivit, un Israélite, nommé Eléazar, apercevant un éléphant d’une taille extraordinaire qui causait beaucoup de ravage parmi les troupes , perça jusqu’à lui, et se glissant sous son ventre le frappa de son épée. L'éléphant tomba mort, mais dans sa chute il écrasa le brave Israélite.

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