PERSÉCUTIONS CONTRE LES JUIFS
« - E saint pontife Onias avait été obli- 5:
t L ^gé l'c sort"‘ Jérusalem et de se S retirer en lieu desûreté. Plusieurs g ambitieux donnèrent à Antiochus de grosses * sommes d'argent pour obtenir la place du S grand-prètre, et le firent assassiner. Jérusalem devint alors le théâtre d’une guerre S
cruolle entre les concurrents. Antiochus, X
irrité contre les Juifs qui, disait-on, s’étaient g réjouis du faux bruit de sa mort, arriva dans S la ville sainte et y fit un carnage horrible. g Quatre-vingt mille hommes furent tués ou S réduits en esclavage. 11 entra ensuite dans g le temple du Seigneur, et enleva l’autel, la §j table d’or, tous les vases précieux et les ri- jj cbesses qui étaient dans le trésor. II défen- g dit ensuite par un édit à tous ses sujets g d’exercer d’autre religion que la sienne, x Les Israélites fidèles furent réduits à se ca- $ cher. L’idole de Jupiter Olympien fut placée g dans le temple , les livres de la loi de Dieu g déchirés et jetés au feu. Malgré ces cruau- S tés multipliées, plusieurs du peuple d'Israël prirent la généreuse résolution de ne rien X faire contre la loi de Dieu, et de mourir g plutôt que de la violer : ils se réunirent ï; dans les cavernes pour y célébrer le jour S du sabbat. Le gouverneur, ayant été averti, g les y fit tous consumer par la flamme, sans S qu’ils osassent se défendre , à cause du rcs- :: pect qu’ils avaient pour la sainteté de ce «•
sacrifier leur vie que violer la loi du Seigneur, il y en eut un, nommé Éléazar.
C’était un vénérable vieillard de quatrevingt-dix ans, dont la vie avait toujours été pure et innocente. Il avait refusé de manger des viandes défendues par la loi, et on le conduisait au supplice, après avoir vainement essayé de le faire céder. Ses amis, l’ayant pris à part, lui offrirent de lui apporter des viandes permises, qu’il mangerait comme si elles eussent été celles qu’on lui offrait; mais le courageux vieillard refusa de se prêter à cette ruse, qui lui parut de mauvais exemple, et se laissa trainer au supplice. Près de mourir sous les coups du bourreau , il disait en s’adressant à Dieu : « Vous le savez, Seigneur, à qui rien n’est
s caché, je pouvais éviter les maux que je » souffre en mon corps; mais je trouve de » la joie à les endurer, par la crainte où je » suis de vous déplaire. » Et il mourut en prononçant ces mots.
HISTOIRE SAINTE
MARTYRE DE SEPT ENFANTS ET DE LEl'R $ MÈRE. S
Il y avait parmi les Israélites une mère jg qui avait sept enfants, tous florissants de S santé et de jeunesse. Antiochus se les fit s amener, et leur commanda de mander des S viandes défendues par la loi. Comme ils rc- s fusaient de le faire, on les dépouilla devant « le roi, et on les déchira à coups de fouet. S L'ainé, adressant la parole à Antiochus, lui â dit : u Qu’attendez-vous de nous? Nous « sommes disposés à mourir plutôt que de K » violer la loi que Dieu a donnée à nos jjj » pères. » Le roi, outré de dépit, ordonna K que l’on fit rougir an feu des poêles et des § chaudières d'airain ; que I on coupât la lan- 5 guc à celui qui avait parlé le premier ; qu’on ÿ lui arrachât la peau de la tête, et qu’on lui •> coupât les extrémités des pieds et des mains : x en présence de sa mère et de ses frères. % Après qu’il eut été ainsi mutilé, on le jeta tout vivant dans une fournaise ardente. Pen- ij: dant ce supplice, la mère et les frères du "ü martyr s’encourageaient l’un l’autre à mourir généreusement. « Le Seigneur, disaient- « ils, aura égard â la justice de notre cause,
>• et il nous consolera, selou la promesse de » Moïse, dans son cantique. » Après qu’il eut expiré, les autres frères furent traités avec autant de cruauté, mais tous montrèrent un courage inébranlable.
La mère des jeunes martyrs était pré- r,c sente à cette scène sanglante, soutenue par -jj
HISTOIRE SAINTE
l’espérance et la confiance qu’elle avait efi Dieu, elle voyait tous ses enfants périr en un même jour, avec une fermeté inébranlable; bien plus, elle les animait par des discours pleins de force et de tendresse. Il ne restait plus que le dernier de ses enfants. Le tyran essaya de le gagner par une fausse douceur. Il l'exhorta à ne point se perdre lui-même; il lui promit avec serment de le rendre riche et heureux, de le mettre au rang de ses favoris, s’il voulait abandonner les lois de ses pères. Comme cet enfani paraissait insensible à toutes les promesses , le roi fit approcher la mère, et l'exhorta â donner à son fils un conseil salutaire. Elle promit de le faire; et, adressant la parole à l’enfant, elle lui dit dans la langue de son pays : * Mon fils, ayez pitié de » votre mère ; souvenez-vous que je vous x ai porté neuf mois dans mon sein; que je > vous ai nourri de mon lait pendant trois x ans, et que je vous ai élevé jusqu’à l’âge x où vous êtes. Ouvrez les yeux, mon fils : x regardez le ciel et la terre, ce sont les oux vrages du Dieu que vous adorez; il a fait x toutes les créatures par sa toute-puissance. » Que cette vue vous encourage : ne crain gnez point ce cruel bourreau; mais monx trez-vous digne de vos frères, en recevant x la mort avec constance, afin que nous x soyons tous réunis dans la gloire que nous » attendons, x A peine avait-elle achevé ccs mots, que le jeune homme s’écria : « Qu’atx tendez-vous de moi? Je n’obéis point au x commandement du roi, mais à la loi de x Dieu; x et, continuant de parler d'un esprit prophétique : « Pour vous, qui nous x faites souffrir ces maux, vous n’éviterez x pas la main du Seigneur. Ce sont nos péx chés qui nous ont attiré ce châtiment : x Dieu, pour nous corriger, a fait éclater x sa colère contre nous; mais bientôt il » s’apaisera, et il se réconciliera avec ses » serviteurs. 11 n’en sera pas ainsi de vous :
histoire sainte.
» vous porterez tout le poids de sa juste » vengeance. » Antiochus, transporté de fureur, fit tourmenter cet enfant plus cruellement encore que les autres. La mère fut immolée elle-même après tous ses enfants.