t mètre 4^ centimètres
— C’est bon! voilà mon a flaire. Allons, mon ■g jeune homme, venez avec moi, vous n'aurez pas la peine d'aller plus loin.
■g — Comment! s’écria Albert, qu*cst-ce que cela veut dire? pourquoi m’empèelicz-vous de 3; partir?
•:» — Ah! pourquoi? c’est ce que vous savez mieux
£ que moi, j'imagine, mais en attendant marchez toujours. Holà, vous autres! en route, cria-t-il an r; conducteur et aux postillons qui fouettèrent aussi tôt leurs chevaux et partirent au grand trot, empriant les voyageurs, persuadés qu' Albert était le jeune collégien qu’on cherchait. Le brigadier était Ü: enchanté de sa prise, car les parents du petit fuît gitif, en donnant son signalement à la police, X avaient promis une récompense considérable si on ! ‘ pouvait le leur ramener sain et sauf. Il s’achemina : ; donc avec l'enfant vers une auberge où il comptait ig se rafraîchir pendant qu'on irait lui chercher une SS voiture pour y emballer sa capture, avec un geti- I.;:: darme chargé de l’escorter.
Albert ne comprenait rien à ce qui se passait : ’ÿ comment son père, après 1 avoir autorisé à partir, le
RÉCRÉATIONS
fàisait-il arrêter de cette manière? I) était saisi d’indignation à cette pensée et formait mille projets plus extravagants les uns que les autres.
— Ha! ha! disait le gendarme, on ci oit qu’il n'y a qu’à s’enfuir du collège et prendre la diligeucc pour échapper à la surveillance du papa et des maîtres, mais va-t’en voir s'ils viennent.-
— tl n’est pas question de fuite ni de collège, s’écria Albert, je m’appelle Albert Leménil, et je voyage avec la permission de mon père.
— Albert-le-petit ou Albert-le-grand , ça m’est égal, dit l’autre d’un ton goguenard, on prend le nom qu’on veut, mais quand on n’a pas de raison de le cacher on a un passe-port ; tout le monde sait cela.
Albert était suffoqué de colère , et en entrant dans la salle de l’auberge, il s’étendit sur un banc où il resta immobile, le visage tourné contre le inur.
— A la bonne heure, dit le gendarme, si vous voulez faire un somme, je ne m’y oppose pas.
Il se fit donner une bouteille de vin , et tout en remplissant son verre il allait de la salle à la cuisine, croyant son prisonnier endormi ; bientôt on l’avertit que la voiture était là.
— Bon , dit-il , je vas donner un verre de vin au cocher pour qu’il prenne patience jusqu’à ce que le petit soit reposé: on m’a dit d’en avoir soin, c’est un enfant de famille.
II sortit avec le verre plein, en fermant doucement la porte. Albert se voyant seul se lève avec précaution , court h la fenêtre qui donnait sur un petit jardin entouré d’une haie, il l’ouvre sans bruit, et tandis que son gardien cause avec le cocher, il s’élance par cette fenêtre, traverse rapidement le jardin , franchit la haie, car il était leste et agile, et se met à courir à toutes jambes vers la forêt : il se garda bien d’v suivre les chemins frayés et s’enfonça dans le plus épais des bois. Quand il eut marche assez longtemps pour se croire hors de toute atteiiile, il se laissa tomber au pied d’un arbre, épuisé et n’en pouvant plus; le ciel était couvert, la nuit sombre et humide, le vent agitait les feuilles avec un petit bruit triste qui causait à Albert un léger frisson ; l’oreille au guet, il tressaillait en écoutant le pas d’une bêle fauve, qui passait dans le fourré; bientôt, il se leva, se remit en marche avec inquiétude et précaution, s’arrêtant au moindre bruit, et tourmenté de ne pouvoir s’orienter pour savoir où il allait. Enfin il se trouva sur la lisière de la forêt et sentit une sorte de soulagement à marcher en ruse campagne. Quand le jour parut il
mourait de faim et de fatigue, l'humidité delà nuit avait pénétré ses habits. Cependant il aperçut au loin des maisons et doubla le pas pour y arriver, car celle vue avait ranimé son courage. En approchant du village, il lui sembla reconnaître les lieux, mais il n’osait encore se réjouir, tant il craignait de se tromper; non pourtant, il ne s’abuse point, c’est bien le village de S4M où habite M. Villon, père de madame leménil, et voilà la maison de son grandpère. 11 pousse un cri de joie, s’élance vers la porte cl frappe doucement. La domestique, la bonne Marianne, qui est la seule éveillée dans la maison , vient lui ouvrir et s’étonne de le voir arriver si
matin ; elle se hâte de lui préparer à déjeuner en lui faisant un millier de questions...
— Mon Dieu, monsieur Albert , d’où venez-vous à celte heure tout seul? Comme voire grandpapa va être surpris de vous voir, le pauvre cher homme!
A ces mots , Albert s’inquiète , il craint de paraître devant sou grand-père et de lui avouer son escapade.
— Marianne, dit-il, il ne faut pas que mon grand-père sache «pie je suis ici. Je voudrais seulement 111e reposer quelques moments avant de repartir.
— A la bonne heure, monsieur Albert , je vais donc vous préparer tin lit afin que vous vous reposiez à votre aise. Cependant c’est bien cruel de ne pas dire à votre grand-papa que vous êtes venu : il vous aime tant, le pauvre cher homme!
Tout eu grommelant , Marianne alla mettre des draps blancs au lit d’Albert et y passa la bassinoire bien chaude. Albert, accablé de fatigue, s’y étendit avec délices et ne tarda pas à s’endormir du plus profond sommeil. Quand il se réveilla, il fut tout confus en rencontrant le doux et indulgent
RÉCRÉATIONS
sourire de son bon papa, assis h côlé de son lit. & sans espoir de trouver un lit chaud et un accueil — Eli bien! mon enfant, as-tu un peu reposé? paternel pour te refaire de tes fatigues?
tu es venu bien matin voir tou grand-père, car tu ne serais sûrement pas parti sans l’embrasser, n’estce pas?
Albert , honteux de tant de bonté, ne savait que répondre; cependant, enhardi parles questions bienveillantes de M. Villon, il finit par lui tout avouer, et raconta de point en point toutes scs mésaventures. M. Villon l'écoutait en souriant et hochant la tête de temps en temps; il se douta que le vieillard de la diligence devait connaître son petit-fils mieux
Albert en convint, et consentit, non sans quelque confusion , qu’on envoyât un exprès à ses fiarents pour leur approudre qu’il était chez son grand-père. Ils ne tardèrent pas à l’envoyer chercher.
— Eh bien! lui dit M. Leménil en 1’apercevaut, ton voyage autour du monde s’est donc terminé à S***?
— I>e grâce, papa, dit Albert , ne vous moquez pas de moi , quoique je l’aie bien mérité. J’ai assez vu, par ma propre expérience, combien j’avais à
que celui-ci ne le soupçonnait ; mais il n’en dit rien ïz apprendre de choses que tout le inonde sait, avant et le laissa parler jusqu’au bout. de songer à celles que tout le monde ne sait pas.
— Il me semble, dit-il après le récit de sa nuit & dans les bois , que cette nuit t’aurait paru un peu Si plus rude si tu l'avais passée dans quelque désert de Ù.; l’Afrique ou du nouveau monde, exposé à tomber 3» dans les mains, non d’un pacifique gendarme, mais 3» de quelque féroce tribu de Caffrcs ou d’indiens; entouré d'animaux autrement à craindre que les cerfs et les biches de la forêt de Saint-Germain, et*
Et dorénavant j’aime mieux croire que vous avez raison, que de l’apprendre h mes dépens.
— A la bonne heure, reprit M. Leménil, viens donc répéter cette assurance à ta mère qui en a besoin pour se consoler; et quand tu seras tenté à l’avenir de croire facile une chose dont tu n’auras pas fait l’expérience, souvictis-loi de ton l'oyayr ur du monde.
TABLE DES MATIERES
DKS RÉCRÉATIONS.
Première récréation .
Onzième récréation 29
Los cinq sens.
Douzième récréation 33
Le cerf volant.
TftfclZttatË -KÉ'-RÉ\TUhN » i . . . . .
La vapeur.
Quatorzième récréation 38
Les doux soirées.
Quinzième récréation. iO
— Los irois régnes.
Seizième récréation 12
La richesse.
Dix-septième récréation 1)0
• Laudi nette:
Dix-huitième récréation B?
— Un jour de vacances.
Dix-neuvième récréation 63
Le voyage autour du monde.
La partie de chasse.
Deuxième récréation. — Leçons supplémentaires
Les couleurs.
Troisième récréation. — Leçons supplémentaires
Ta:
Les lignes et les figures ; les surfaces et les formes
Quatrième récréation
La maman, chanson.
ClNQUIÈME RÉCRÉATION.
Les chiffres.
Sixième récréation. .
Le jeu de la maison.
Septième récréation. — Leçons supplémentaires I*es monnaies.
ÜLJIiÉM£jftÉCRÉATIQN .. .. .x ...1
L'otjéissance.
Neuvième récréatiox. — Leçons supplémentaires. 23
Poids et mesures.
Dixième récréation 28
Vf
Le vent.