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mation des institutrices des ‘“ Ecoles maternelles ” ou “ Jardins de l’enfance ”.
A toutes ces institutions destinées à pourvoir les maîtres et les maîtresses de la science et de l’entratnement pédagogique, il faut ajouter le Collège Agricole et Industriel de Guelph, qui prépare les instituteurs qui vont y passer quelques semaines, pour l’enseignement de l’agriculture, des sciences naturelles, du travail manuel et du travail ménager.
Ontario n’a pas d'école normale séparée pour les catholiques. Protestants et catholiques doivent fréquenter les mêmes institutions professionnelles de pédagogie.
Sous ce rapport, comme sous le rapport de l’enseignement supérieur, les catholiques de la provincesœur sont loin d’être traités comme le sont les protestants de la province de Québec.
L’aspirant au brevet d’instituteur n’est pas obligé de passer nécessairement par les trois degrés d’écoles professionnelles, pour atteindre au brevet le pius élevé. Il peut, à son choix, prendre dès le début le brevet de deuxième classe ou celui de première classe, en suivant les cours d’une institution destinée à conférer l’un ou l’autre de ces brevets, pourvu qu’il possède les connaissances scientifiques exigées pour passer avec succès ’examrn spécial que doit subir tout aspirant aux brevei:, avant de jouir du droit d’être admis dans l’une ou l’autre de ces institutions.
Les écoles normales d'Ontario sont toutes des externats, et l’enseignement y est donné gratuitement. Les élèves-maîtres ne sont pas même tenus de prendre, comme compensation, l’engagement d’enseigner durant un certain temps dans la province, après qu’ils ont reçu leur brevet.
Le Département de l'Education prend mêm: à sa charge les dépen:es de voyages, de pension et de logement, des instituteurs et des institutrices qui vont suivre, durant trois mois, les cours professionnels d'agriculture du Collège de Guelph, à la seule condition que ces instituteurs s'engagent à enseigner, au moins durant trois ans, dans les écoles de la province.
À chacune de ces écoles professionnelles sont annexées des écoles d'application pour la pratique de l’enseignement ; et un certain nombre d’autres écoles, parmi les mieux tenues, tant à la ville qu’à la campagne, sont désignées par le gouvernement, pour servir aux instituteurs de champ d’observation et de pratique, durant leur année d’entraînement professionnel.
Pour étendre davantage l'influence de la bonne formation professionnelle, chaque année, le gouvernement organise sur divers points de la province, des cours de vacances, où sont donnés gratuitement des leçons générales de pédagogie, ou des cours spéciaux sur quelques branches nouvelles du programme d’études, en faveur des instituteurs qui désirent améliorer leur méthode d’enseignement, et se mettre au courant des spécialités nouvelles introduites dans les écoles, comme le travail manuel, le travail ménager, les arts, les sciences naturelles, etc.
À la suite de ces différents cours, ceux qui les ont suivi subissent des examens ; et des diplômes attestant leur compétence à enseigner telle ou telle spécialité, sont décernés à ceux qui passent ces examens avec succès.
Les instituteurs ainsi qualifiés obtiennent facilement des traitements de plus en plus rémunérateurs : car, suivant les règlements du Département de l'Education, nul ne peut enseigner ces spécialités nouvelles, dans les écoles, sans une attestation légale de sa compétence à pouvoir le bien faire.
Deux conditions sont requises pour l'admission des candidats aux différentes écoles professionnelles de pédagogie: avoir suivi avec succès l'examen d’entrée et avoir l’âge requis.
Pour entrer dans une Ecole Modèle ou une Ecole Normale pour l'obtention des brevets de troisième et de deuxième classes, l’aspirant doit être âgé de dixhuit ans accomplis.
Pour pouvoir suivre, dans les universités, les cours de la faculté d’éducation pour obtenir le brevet de première classe, les candidats doivent avoir atteint leur dix-neuvième année.
Cependant, nul brevet d’instituteur n’est délivré au jeune homme ou à la jeune fille, avant l’âge de vingt et un ans.
Celui ou celle qui termine le cours normal avant l’âge de vingt et un ans, n’a droit qu’à un permis
temporaire d’enseigner, en attendant qu’il ait atteint Vâge requis pour recevoir le brevet d’instituteur.
À vingt et un ans, sur sa demande, accompagnée d’une recommandation de l’Inspecteur de sa circonscription attestant qu’il a enseigné avec succès, l’instituteur recevra, signé par le Ministre de l’Education, un brevet qui le placera définitivement au rang des instituteurs publics.
Chaque année, dans le mois de juin, le gouvernement d’Ontario organise, par toute la province, des examens de cinq catégr ries différentes. Ces examens peuvent être subis dans route ville ou v''lage qui pos-
sède un collège ou ‘“ High School ”. Chaque comté a son “ High School ”.
Qui que ce soit peut subir ces examens, qui sont ouverts à tout le monde, quelle que soit l'institution publique ou privée qu'ait fréquenté le candidat. Nul collège ne possède le privilège de faire admettre ses élèves aux universités ou aux écoles de pédagogie, sans qu’ils aient subi avec succès les examens préliminaires, qui seuls peuvent leur en ouvrir l’entrée.
Comme nous venons de le dire, ces examens sont au nombre de cinq: 1° Examen d’entrée au “ High School ”. C’est l’examen du certificat d’études primaires.
2° Examen d’en‘rée à l'Ecole Modèle, pour l’obtention du brevet de troisième classe.
3° Examen d’entrée à l'Ecole Normale, pour obtenir le brevet de deuxième classe.
4° Examen d'entrée aux universités, pour l’étude des professions libérales.
5° Examen d’entrée dans les facultés d'éducation, pour se munir du brevet de première classe et des diplômes d’inspecteurs et de professeurs des écoles normales.
Le programme de l'examen d'entrée à l'Ecole Modèle pour l'obtention du diplôme de troisième classe, comprend, outre toutes les spécialités de l'Ecole élémentaire, l’algèbre, la géométrie théorique, la botanique, la zoologie, la physique et la chimie, la géographie physique et l'astronomie, ainsi que les extraits littéraires désignés chaque année, pour le programme d'étude des “ High Schools ”.
C’est le minimum des connaissances exigées de celui ou de celle qui aspire à prendre la profession d’éducateur.
Et ce minimum de connaissances ne lui donne que le droit d’entrer dans une institution qui ne lui conférera qu’un brevet du degré le plus bas.
L'examen d'entrée à l'Ecole Normale pour l’obtention du diplôme de deuxième classe, est le même que celui que doivent subir les aspirants à l’entrée aux universités, pour l'étude des professions libérales.
La seule différence consiste en ce que, pour l’examen d'entrée à l Ecole Normale, le latin est facultatif.
Pour entrer dans les facultés d’éducation des universités, et obtenir le brevet de première classe ou celui d’inspecteur et de professsur d’école normale, l'examen préliminaire que doit passer le candidat est
beaucoup supérieur à relui que doit subir l’aspirant à l'étude de professions libérales.
Le cours professionnel de l'Ecole Modèle ne dure que six mois ; eeux de l'Ecole Normale et des facultés d’éducation sont d’une année.
Durant les premières semaines de l’année scolaire, les professeurs de pédagogie donnent aux élèves des leçons spéciales sur les principes généraux de l’art d'enseigner, qui leur permettront d'observer, avec intelligence, les leçons données par les instituteurs des diverses écoles auxquelles ils seront conduits, vers la fin du premier mois, pour être mis bien en contact avec leur nouvelle profession, avant d’en poursuivre l'étude plus avant.
Les écoles que visitent les normaliens sont celles qui sont les mieux dirigées, et dont les professeurs ont eux-mêmes reçu un bon entraf.ement professionnel.
Ces visites durent une couple de semaines. Chaque jour, durant une heure, les élèves vont en groupe, accompagnés de leurs professeurs, faire la visite d’une école.
Les professeurs de cette école donnent, en leur présence, ‘les leçons du jour; puis les normaliens retournent à leurs salles de classe, où ils doivent rendre compte de ce qu’ils ont observé durant la visite ; de ce qu'il v a à louer où à blâmer dans les méthodes
employées par le professeur pour l’enseignement ou la gouverne de la classe.
Les élèves-maîtres font ensuite, par écrit, la criti: que des ieçons observées, dans les écoles qu’ils ont visitées.
À la fin du deuxième mois, c‘mmence, pour léè élèves-maîtres, la pratique de l’enseignement dans l’école d’application.
Pour cet exercice; les normaliens sont divisés par groupes de pas plus de six élèves.
Trois élèves de chaque groupe préparent par écrit le plan d’une leçon qui a été déterminée par le professeur. Ce plan est remis à celui-ci qui l’approuve ou indique à l’élève les corrections à y faire.
À l'heure indiquée par le règlement, chaque groupe de six élèves, accompagné d’un professeur, se rend dans une classe différente de l’école d’application.
Si les professeurs de l'Ecole Normale ne sont pas assez nombreux pour qu’il y en ait un dans chacun des groupes, les professeurs de l’école annexe y suppléent et président à cet exercice.
Chaque cours d’application dure une heure. Les trois élèves qui ont préparé des leçons, donnent chacun, dans la classe, une lecon de vingt minutes; tandis que les trois autres et le professeur, les observent et prennent des notes sur ce qu’ils remarquent de bier ou de répréhensible dans les procédés suivis par ces professeurs en herbe.
L'heure terminée, tous retournent dans les salles de classe de l'Ecole Normale; et les trois élèves qui ont fait l’observation, guidés par le professeur, font la critique des lecons données par leurs confrères,
Le jour suivant, ce sont les trois élèves qui oat enseigné le premier jour, qui observent leurs confrères, devenus à leur tour professeurs.
Ces exercices ne se font souvent que tous les deux jours; mais ils se continuent durant l’année entière.
Les professeurs qui ont présidé chaque groupe sont obligés de faire, sur chaque leçon donnée par Îles élèves-maîtres, un rapport détaillé, suivant des formes imprimées, fournies par le Département de l'Education.
Ces rapports, avec ne note appréciative de chaque leçon, sont transmis -u Département, et forment une partie du casier proiessionnel du futur instituteur.
À la fin de l’année, chaque normalien doit avoir donné au moins vingt-cinq leçons d'application, dans des classes de tous les degrés; et avoir observé et critiqué au moins quarante leçons, données par ses confrères.
Vers la fin de l’année scolaire, les élèves-maîtres prennent, de temps à autre, la charge complète d’une classe, durant une demi-journée ou une journée entière.
Ce sont eux aussi qui remplacent, dans les écoles de la localité, les instituteurs momentanément empêchés.
Le brevet est décerné à tout élève qui atteint un minimum de quarante pour cent des notes à obtenir sur chaque spécialité, et soixante pour cent du total de toutes les notes données sur l’ensemble des spécialités.
Les notes du candidat au brevet d'instituteur proviennent de deux sources différentes: les unes sont accordées, au cours de l’année, par les professeurs, à la suite de leçons d'application et des critiques d’observation faites par les élèves-maîtres dans les exercices pratiques d'enseignement.
Ces notes sont les plus nombreuses et celles auxquelles on attache une plus grande importance.
Les autres notes proviennent d’un examen, uniforme poiw toutes les institutions du même degré, fait par le Département de }'Education, dans toutes les écoles professionnelles de pédagogie, à la fin de l’année scolaire.
Les épreuves de cet examen final sont cor: igées par une commission prise en dehors des professeurs, C’est cette commission qui est chargée de désiener les candidats qui ort rénssi à obtenir le brevet d'in: tituteur.
Ces brevets neuvent être annulés pour divers causes spécifiées dans les règlements du Département de l'Education.
À part l’Inspecteur des écoles normales, la province a un autre officier charré de l’organisation matérielle de ces établissements et de l’organisation
générale des divers examens que fait subir, chaque année, le Département de l'Education.
Aprè s qu ‘ils ont passé par un sérieux entrainement professionnel, les jeunes gens et les jeunes filles qui reçoivent le brevet d'instituteur, soit de vrais éducuteurs, bien au sit des principes et de la pratique de leur profession.
Les Commissions scolaires peuvent, en toute sûreté, leur confier la direction de leurs éroles. Ils sont en état d'exercer convenablement leur p'ofession dès leur première année de pratique.
Une plus ample expérience est, cependant, encore bier nécessaire pour müûrir le talent et les connais sances professionnelles de ce: nouveaux éducateurs. Mais, après qu’ils ont subi un entraînement solide dans la théorie et la pratique de leur art, il y a lieu d'espérer que chaque pas que feront ces débutants, dans la difficile carrière de l'éducateur, <era, pour eux, un pas dans la bonne voie.