VETE
La méthodologie spéciale applique à l’enseignement d’une spécialité les lois générales de la méthode, suivant l’objet de cette spécialité et les facultés qui doivent concourir à l’étudier.
3NTRAINEMENT PROFESSIONNEL 209
Autre est la méthode des mathématiques, autre la méthode de l’étude des langues.
L'élève normaliste devrait concourir à la confection raisonnée des méthodes spéciales, basées sur les principes qui découlent des connaissances psychologiques et de la nature des chos?s à étudier.
Ainsi préparé, le jeune instituteur, une fois dans l'exercice de ses fonctions, loin de se borner à suivre, d’une rianière mécanique, des méthodes toutes faites, imposées à son intelligence et à sa mémoire, s’attacherait à les raisonner pratiquement, à en constater les résultats bons où mauvais, et à rechercher les causes qui les produisent.
Une autre spécialité à étudier avec soin dans l'école normale, c’est le gouvernement de l'école.
Ce cours comprend tout ce qui se rapporte à l’organisation matérielle et disciplinaire de l'école: la maison, ses divisions et son ameublement ; éclairage, chauffage et ventilation ; tableaux noirs, cartes, globes et autres appareils ; le maître, ses qualités, ses responssbilités, ses droits et ses devoirs ; classification des élèves, examens et promotions; horaire et emploi du temps ; habitudes à faire contracter aux élèves ; rdre et discipline : exercice de Pauntorité ; émulation et répression.
Durant les exercices scolaires, le maître doit s’ingénier à varier l’attitude des élèves, pour leur éviter toute fatigue inutile et toute contention excessive.
[ls seront donc tantôt debout, tantôt assis en face du bureau ou le dos tourné contre la table.
On ne demande pas aux écoliers de croiser les bras sur la poitrine, ni de garder la même posture pendant toute une leçon orale : il suffit que leur tenue soit convenable, qu’ils se montrent attentifs, et qu’ils n'aient en main aueun objet inutile pouvant les distraire.
L'école normale doit enseigner aux aspirants à la profession d’éducateur, non seulement la méthode générale propre à chaque spécialité qu’il aura à enseigner plus tard, mais encore les méthodes et les procédés particuliers propres à l’enseignement de chacune des parties principales de ces spécialités.
Il y a donc nécessité de fau revision Coniplète de tont le programme d'étndes le l’école primaire. :
Mais ce qui requiert, de nos jours, un travail important dans le cours normal, c’est la formation des instituteurs pour l’enseignement des spécialités mises récemment au programme des études de l’école primaire.
L'introduction, dans le programme des écoles, dun travail manuel et du travail ménager, a d’abord été censidéré, par un grand nombre de personnes, comme une inncvation inopportune.
L'école primaire, disait-on, n'est pas une école technique ; les élèves y ont autre chose à faire qu'à apprendre des métiers qu’ils ne pratiqueront jamais,
pour la plupart. Et puis, le temps est court, et il v a tant de choses à enseigner !
C’est là une conception bien erronée «lu but que doit se proposer l’instituteur dans l’enseignement du travail manuel.
Le travail manuel à l’école primaire, n’apprend pas aux élèves un métier quelconque ; mais il est un exercice excellent d'éducation.
Il développe admirablement dans les enfants l’esprit d’observation, une des plus fécondes facultés que l’homme possède. Il constitue une utile culture de l'organe de la vue, donne aux doigts de la dextérité, habitue l'enfant à agir avee soin et précision, développe l'esprit d'initiative et donne de l’assurance et de la confiance en soi-même.
C’est aussi à cause de ses qualités éducatives que, de nos jours, on a fait à l’étude de la nature, une si large place dans l'enseignement primaire à tous les degrés.
Rendez l'enfant observateur, habituez-le à se rendre compte des phénomènes si variés de la nature animée et inanimée, qu’il a sans cesse sous les yeux, et vous aurez développé en lui une faculté qui lui sera très utile, dans la suite de ses études, et qui fera de lui, plus tard, un homme sérieux et réfléchi, un homme de caractère.
Le beau, cette splendeur de l’ordre dans la variété, et le sentiment qu’il inspire, doit être l’objet de l'action éducative du maître sur ses élèves.
Il ne faut pas, avec Platon, identifier le beau et le bien ; cependant le vrai et le bien ont un certain éclat, qui nous remplit d’admiration.
L'unité du vrai, du bien, du beau, cette triologie de l'être, ressort de l'identité du sentiment qu'ils inspirent.
Vus dans leurs principes les plus élevés, la science, la morale et l’art s’unissent et se fondent.
Comme nos facultés, ces trois manifestations de l’activité libre de l’homme, sont solidaires dans leur développement.
Tout amoindrissement dans l’une d’elles, a son contre-coup dans les deux autres.
Chacun peut constater, de nos jours, la relation intime qui existe entre Jes négations du matérialisr : et la dégradation de l’art.
L’éducateur doit donc s’efforcer de développer dans les enfants, non seulement le sentiment du vrai et du bien, mais encore celui du beau.
Il le fera efficacement par l’enseignement du dessin, de la peinture, du chant et de la musique.
Le dessin à enseigner à l’école primaire, ce n’est pas le dessin géométrique, mais le dessin artistique : représentation des formes de la nature avec le crayon, le fusain et la peinture.
Le maître doit s’efforcer de faire dessiner de préférence les objets étudiés dans les leçons d'histoire naturelle et dans le travail manuel.
De même, l’instituteur ne doit pas se contenter de faire chanter les enfants, mais il doit s’appliquer
surtout à faire la culture de la voix, et à donner aux
élèves les premières notions de la musique et du plain-chant.
C’est une erreur de seriner aux enfants de longs et difficiles morceaux de chant, au lieu de leur apprendre les principes du solfège, qui leur permettraient de lire eux-mêmes la copie à étudier.
Chaque professeur devrait avoir à son usage l’un de ces appareils de polycopie à la gélatine qui permettent de préparer, en peu de temps, pour tous les élèves d’une classe, des copies de musique, ou des résumés de leçons, ete. (1)
Mais nul ne peut s’improviser professeur d’art ou de chant et de musique ; voilà pourquoi l’école normale doit donner aux futurs instituteurs des cours sérieux sur toutes ces spécialités et sur les méthodes à employer pour les bien enseigner.
Toutes ces connaissances sont indispensables an maître, pour faire de lui un véritable éducateur.
(1) L'appareil, appelé ‘* Autogram ?, paraît être le plus simple et le plus pratique pour cet usage.