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fîure entre la trop gTande indulgence qui ferme les yeux sur toutes les fautes légères, et une rigueur excessive, qui voudrait tout réprimer.
Réprimande et avertissement ne sont pas synonymes.
Les réprimandes piquent toujours l'amour-propre, et elles empruntent souvent un air et un langage sévères. Il faut les réserver pour les défauts plus considérables et les fautes d'habitude.
Il convient que l'admonestation soit adressée avec calme, dignité, bonté, mais aussi avec fermeté et sans flot de paroles inutiles.
Elle doit indiquer au coupable, nettement et sans exagération, ses torts et leurs conséquences.
L'humiliation qu'inflige la réprimande est toujours salutaire, lorsqu'elle est contenue en de justes limites, et qu'elle laisse entrevoir au coupable la facilité de se réhabiliter pleinement.
Gardez-vous, dans la réprimande, de ces reproches vagues, ne portant sur rien de positif.
N'incriminez pas, non plus, les intentions, et n'exagérez pas les fautes.
De même, il doit être clair au délinquant que, en le réprimandant, vous ne vous proposez que son amendement, sans aucun mélange d'humeur, d'aversion, d'antipathie, de caprice, de vengeance et de ressentiment..
ENTPtAIXEilEXT PEOFESSIOXXEL 163
Menacer, c'est annoncer la punition qui suivra la faute commise.
Comme la punition elle-même, la menace doit être rare.
Il ne faut employer les menaces que pour des sujets bien légitimes, et jamais sans avoir examiné auparavant si l'on pourra ou si l'on devra les exécuter, au cas où le délinquant passerait outre et mépriserait la menace proférée.
Gardez-vous du genre ridicule et dommageable à l'esprit des jeunes enfants de ces mères inconsidéréesi qui, sans cesse, menacent leurs poupons de les faire dévorer par les loups et les croque-mitaines.
A tout âge, il est dangereux de tromper les enfants.
Les enfants devraient avoir une confiance inébranlable dans la sincérité de leurs parents, et les croire incapables de les tromper.
Et puis, au lieu de chercher à égarer l'esprit des jeunes enfants en leur causant des craintes imaginaires, on devrait s'efforcer de les fortifier contre la peur, en leur faisant constater que ce qui les effraye dans les ténèbres ou à l'aspect d'un étranger et d'un animal inoffensif, n'a rien de dangereux et qui doive les effrayer.
Le père de Garcia Moreno avait pris un soin particulier d'éloigner, de bonne heure, de l'esprit de son fils, toute peur et toute pusillanimité.
Souvent il l'obligeait à se rendre seul dans des endroits obscurs, lui recommandant de bien se rendre
compte de la nature des objets qui poiirraieiit l'effrayer.
Un jour, il l'obligea d'aller rallumer les flambeaux éteints, auprès d'im cadavre exposé dans une chambre isolée.
Il l'habituait de même à affronter sans crainte les terreurs des vents, des éclairs et du tonnerre.
Garcia Moreno attribuait à cette éducation virile, que lui avaient donnée ses parents, l'intrépidité qui faisait le fond de son caractère, et dont il fut, toute sa vie, et dans sa mort même, un si admirable modèle.
Lamartine raconte avec délices le soin avec lequel sa mère s'efforçait, dans sa j)etite enfance, de le mettre en contact avec les aspects les plus repoussants de la pauvreté et de la misère, en l'amenant avec elle, visiter les taudis des pauvres qu'elle soulageait.
La manie de menacer à tout propos, simplement ridicule avec les tout jeunes enfants, prend une importance beaucoup plus sérieuse, lorsque ces menaces inconsidérées s'adressent à des enfants plus âgés.
Faire des menaces et n'en pas venir à l'exécution, lorsque les délinquants n'en ont pas tenu comnte, c'est l'un des plus sûrs moyens de perdre tout ascendant moral sur ses subordonnés.
Lorsque avertissements, réprimandes et menacer sont restés sans effet, le temps est venu d'user de punitions. '
ENTRAIXEMEXT riîOFESSIOXNEL IGo
Xe punissez jamais qu'à regret, après avoir essayé les moyens de persuasion propres à faire sentir au coupable sa faute et la nécessité de la réparer.
Punir, ce n'est pas exercer des représailles ; encore moins se venger de l'enfant coupable: c'est chercher à fortifier la volonté de cet enfant, à augmenter en lui le sentiment de la responsabilité, pour le mettre en garde contre les rechutes.
Les punitions doivent être rares, courtes et sérieuses.
Lorsqu'on s'applique de boune heure à former les enfants à la subordination, et qu'on agit à leur égard sans passion, humeur ou caprice, on est rarement forcé de recourir aux punitions pour obtenir l'obéissance.
Il faut s'efforcer d'inspirer au coupable plutôt le remords et la honte de sa faute que la crainte de la punition.
Ayez encore soin de distinguer les fautes qui méritent d'être punies et celles qui doivent être pardonnées.
^N^'imposez que des punitions justes, et choisissez plutôt les plus douces.
'Ne vous imaginez pas qu'eu rendant les châtiments plus rigoureux, vous rendrez votre enfant impeccable.
L'enfant est naturellement léger, oublieux, étourdi. Variez les punitions que vous lui imposez, mais ne comptez pas vous dispenser de revenir ù la tâche en infligeant, d'abord, une punitiou tro]) rigoureuse.
En agissant ainsi, vous n'atteindriez pas le but, et
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VOUS \"ous exposeriez à en venir à de regrettables excès, dans lesquels il est bien facile de glisser par degré et insensiblement.
Les brutalités révoltantes commises à l'égard des enfants, à l'école et dans la famille, que nous révèlent, de temps à autres, les échos des tribunaux cor^ rectionnels, sont généralement le résultat de cette fausse persuasion dans laquelle sont un grand nombre de personnes, que, si une première punition n'a pas empêché l'enfant de récidiver, c'est qu'elle n'a pas été assez rigoureuse.
'Ne donnez que des punitions courtes.
Si, pour punir votre enfant désobéissant, vous le confinez dans une chambre isolée, ou vous l'obligez à se tenir immobile dans un endroit déterminé, que ce soit pour peu de temps.
A l'école, n'astreignez pas un enfant ou un jeune homme à une monotone copie, pendant plusieurs heures: il j déformerait son écriture et s'impatienterait d'un travail fastidieux, qu'il sait ne lui être d'aucune utilité.
La prudence exige que les punitions infligées aux enfants soient sans inconvénient ni pour le corps ni pour l'esprit.
Il ne faut donc pas forcer un élève à rester immobile dans la cour par les saison? extrêmes ; ne pas l'exposer à un courant d'air ; ne pas le priver de nourriture, si peu que ce soit.
ENTEAINEMEXÏ l'KOFESSlONXEL 167
L'enfant a besoin de mouvement: lui supprimer une partie considérable de ses récréations et de ses sorties serait préjudiciable à sa santé aussi bien qu'à ses études.
Les punitions doivent encore être tempérées par la bonté.
A l'égard de l'enfanL coupable, soyez comme le médecin qui soigne un m.alade: ne vous irritez pas. et ne reprochez pas, non plus, à un enfant, la perversité de ses intentions. Dites-lui que vous comptez sur sa bonne volonté et sur sa loyauté pour réparer un moment d'oubli.
S'il avait la conviction que vous avez perdu toute bonne opinion de lui, il se soustrairait désormais à votre action.
Après la punition, ne gardez pas rancune de la faute commise ; évitez même d'en rappeler le souvenir: l'expiation à laquelle s'est soumis le coupable a dû vous faire tout oublier.
L'éducateur doit toujours agir avec une grande patience, surtout à l'égard des enfants qui, vers quatorze ou quinze ans, subissent plus fortement que d'autres, ce que l'on a justement appelé la '' crise de l'adolescence ".
L'équilibre physique et moral de cet adolescent a été troublé par un fléchissement dans sa santé et une grande irritabilité nerveuse.
C'est moins que jamais le moment de redoubler les punitions. Il faut être avec lui vigilant, très bon, très encourageant, mais sans faiblesse cependant.
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Il est nécessaire de s'abstenir absolument de ces manières de punir qui dégi'adent et déshonorent également et le maître qui impose la punition et l'élève qui la subit, comme de faire baiser la terre, faire mettre à genoux, placer simultanément plusieurs enfants dans les angles de la classe, faire étudier le long du mur ou debout sur le banc, marquer un élève d'un signe extérieur de déshonneur ou de mépris ; ce sont là autant de moyens de punir, auxquels un maître sage ne recourt jamais.
Il y a des maîtres qui ont, non seulement un tarif de notes établi dans leur classe, pour payer à tout propos les efforts des élèves, en proportion de leur bonne conduite et de leur diligence à l'étude; mais aussi un code de punition?, fonctionnant à peu près mécaniquement, pour réprimer les moindres infractions au règlement, la plus petite inexactitude dans le travail imposé.
Dans ces écoles antipédagogiquement dirigées, un grand nombre d'élèves retournent à la maison, chaque soir, surchargés, non seulement de longs et fastidieux devoirs, mais encore d'un nombre plus ou moins considérable de " lignes " à écrire, pour être présentées au maître le lendemain, au commencement de la classe.
Ce sont là des procédés que réprouvent les principes les plus élémentaires de la science de l'éducation.
Un maître perd un temps précieux à tenir ainsi
une minutieuse comptabilité des bonnes notes et des '' pensums " mérités par les élèves durant le jour, et à faire le contrôle des punitions imposées.
Et l'effet éducatif de ces procédés défectueux est désastreux pour l'âme déprimée de ces pauvres enfants, à qui l'on n'inspire d'autres mobiles de leurs actions que l'espérance d'une puérile récompense ou la crainte d'une punition.
L'école est pour eux un bagne, où ils n'entrent qu'en tremblant, et qu'ils aspirent à abandonner au plus tôt.
Faut-il, avec les enfants, faire usage de punitions corporelles, dites afflictives ?
Plusieurs éducateurs, qui ne nient pas aux parents le droit et le devoir d'user de ce g-enre de punitions à l'égard de leurs enfants, veulent, cependant, que l'instituteur s'en abstienne rigoureusement.
De plus, les lois de certains pays défendent absolument aux maîtres d'user de punitions afflictives à l'égard de leurs élèves.
Cependant, encore récemment, des congrès pédagogiques se sont j)rononcés contre l'abolition, dans l'école, de toutes punitions afflictives.
Heureusement le temps n'est plus où le principal attribut du maître d'école était la verge et la férule ; et où les fils de rois eux-mêmes ne recevaient l'instruction qu'avec l'accompagnement obligé des coups de fouet du pédagogue.
Le récit des ernaiitr- coimnisc- aiilrefoir^ dans les
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écoles, formerait un palpitant roman, qui aurait presque autant de vogue que 1' " Uncle Tom's Cabin " et autres récits de cette nature.
Dans bien des écoles, chaque faute d'orthographe, chaque mot oublié dans la leçon à apprendre par cœur, la moindre infraction au règlement étaient punis par autant de coups de " règle " ou de férule.
Et souvent, quel raffinement de cruauté ne mettait-on pas dans l'exécution de ces châtiments brutaux !
Cependant, pour réduire certains caractères durs et obstinés, il peut devenir nécessaire de recourir à des punitions afflictives.
Et il est bon aussi que les élèves sachent que le maître saura avoir recours à ce moyen suprême de réprimer la révolte, s'ils v donnent lieu.
Mais on peut dire que les punitions afflictives ne devraient être mises en usage que pour réprimer la révolte, et lorsque les autres moyens de punir n'ont pas montré une suffisante efficacité.
Il ne devrait jamais être question de punitions afflictives, ni pour rendre les élèves plus diligents au travail, ni pour corriger la pétulence naturelle au jeune âge. Les autres manières de punir sont suffisamment efficaces pour tous ces cas.
Punir à propos est souvent aussi difficile aue louer à propos.
EXTKAIXEMEXT PEOFESSIOXXEL IVd
D'ailleurs, la punition, l'éloge et la louange doivent être tour à tour employés comme moyen d'éducation.
L'éloge, c'est le mérite constaté ; la louange, c'est le mérite publié.
L'éloge est le droit du mérite: on ne peut vouloir le bien sans vouloir l'estime, qui en est une conséquence nécessaire, et qui se traduit par l'éloge.
L'éloge est un stimulant: donné avec tact et mesure, il anime au bien, car c'est l'amour du bien qui en est le motif.
Le danger de l'éloge, c'est, qu'en louant l'acte bon ou le bien en soi, on loue aussi la personne. Or ce qui est digne d'éloge, c'est le bien et non la personne dans laquelle se rencontre le bien.
Cette distinction montre la différence qu'il y a entre l'orgueil ou la vanité, et une juste appréciation du bien que l'on constate en soi-même.
Quant à la louange, elle s'adresse plus directement à la personne. De là dans celui qui la donne le danger de tomber dans la flatterie.
Il arrive souvent que l'on loue plus l'enfant que le bien qu'il a fait ; et l'enfant qui reçoit la louange est grandement exposé à la rapporter à soi, et non au bien qui est en lui.
L'éducateur devra donc s'efforcer de distribuer si sagement, punitions, éloges et louanges, que tous concourent au but de l'éducation: donner aux puissances et aux facultés de l'enfant la plénitude de leur développement et de leur porfoofionuomont.