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ORGANISATION DE L'ECOLE PROFESSIONNELLE DE PEDAGOGIE

Comme nous avons déjà eu occasion de le dire, de nos jours, surtout en ce qui concerne l'éducation, tous les pays civilisés se copient les uns les autres, chacun adoptant les institutions nouvelles et les modifications aux programmes d'études dont l'expérience quotidienne démontre l'utilité ou la nécessité.

En décrivant l'organisation des écoles normales d'Ontario, notre intention est donc de faire connaître l'enseignement professionnel pédagogique, tel qu'il se pratique aujourd'hui en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis et dans la plupart des contrées do l'Europe et de l'Amérique ; car Ontario apporte, presque chaque année, quelques modifications au progranmie d'études et à l'organisation de ses écoles de pédagogie, suivant le mouvement progressif constaté, chez les nations les plus éclairées, dans le développement de la science de l'éducation.

La province d'Ontario maintient des écoles normales de trois degrés différents, correspondant aux trois degi'és de brevets décernés aux instituteurs.

Le brevet inférieur ou certificat de troisième classe, peut être obtenu après six mois d'entraînement, dans des institutions appelées " Ecoles Modèles ".

Il j avait autrefois un grand nombre de ces Ecoles Modèles pour la préparation des instituteurs aspirant au brevet de troisième classe ; mais il y a aujourd'hui une tendance à diminuer le nombre de ces institutions, et à augmenter celui des " Ecoles I^ormales ", qui préparent les instituteurs pour l'obtention du brevet de deuxième classe.

Le degré de culture que suppose le brevet de troisième classe est considéré comme trop insuffisant pour permettre à l'instituteur d'exercer efficacement sa profession d'éducateur.

Les instituteurs et les institutrices qui ne possèdent que la qualification d'un brevet de troisième classe ne peuvent exercer librement leur profession.

Ces brevets de troisième classe ne sont valables que pour cinq ans, et ils ne confèrent qu'un droit limité d'exercer la profession d'instituteur. Les Commisn sions scolaires ne peuvent engager légalement im tel maître, que s'il n'y a pas, dans la province, un pro-* fesseur disponible porteur d'un brevet d'un degré plus élevé.

Ontario possède encore huit " Ecoles Modèles ". Six de ces établissements préparent les instituteurs

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de langue anglaise ; et l'Ecole cF entraînement bilingue d'Ottawa et celle de Sturgeon Falls, forment des maîtres et des maîtresses pour les écoles françaises de la province.

Le brevet de deuxième classe est décerné à ceux qui ont suivi les cours professionnels donnés dans des institutions appelées " Ecoles l^ormales ".

Ontario possède aujourd'hui sept " Ecoles Normales " destinées à entraîner les instituteurs qui désirent se munir du brevet de deuxième classe.

Depuis quelque temps, les écoles professionnelles du deuxième degré, sont augmentées chaque année d'une unité.

Ces Ecoles JSTormales sont de grandes institutions fournies de tous les professeurs et de tout le matériel requis, aujourd'hui, pour le bon fonctionnement de ces écoles d'entraînement professionnel. La province dépense, chaque année, des sommes considérables pour le maintien, l'amélioration et l'augmentation de ses écoles de pédagogie.

Ce sont les universités de Toronto et de Kingston qui confèrent aux instituteurs le brevet de première classe.

Le cours de pédagogie donné dans les facultés d'éducation de ces deux grandes institutions univer-* sitaires, est d'une année.

Ce sont aussi ces universités qui confèrent les brevets spéciaux de professeurs d'écoles normales et d'inspecteurs d'écoles publiques.

A Ottawa et à Toronto, le gouvernement maintient encore deux écoles d'entraînement, pour la for-

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matiou des institutrices des " Ecoles maternelles " ou " Jardins de l'enfance ".

A toutes ces institutions destinées à pourvoir les maîtres et les maîtresses de la science et de l'entraînement pédagogique, il faut ajouter le Collège Agricole et Industriel de Guelph, qui prépare les instituteurs qui vont y passer quelques semaines, pour l'enseignement de l'agriculture, des sciences naturelles, du travail manuel et du travail ménager.

Ontario n'a pas d'école normale séparée pour les catholiques. Protestants et catholiques doivent fréquenter les mêmes institutions professionnelles de pédagogie.

Sous ce rapport, comme sous le rapport de l'enseignement supérieur, les catholiques de la provincesœur sont loin d'être traités comme le sont les protestants de la province de Québec.

L'aspirant au brevet d'instituteur n'est pas obligé de passer nécessairement par les trois degrés d'écoles professionnelles, pour atteindre au brevet le plus élevé. Il peut, à son choix, prendre dès le début le brevet de deuxième classe ou celui de première classe, en suivant les cours d'une institution destinée à conférer l'un ou l'autre de ces brevets, pourvu qu'il possède les connaissances scientifiques exigées pour passer avec succès l'examen spécial que doit subir tout aspirant aux brevets, avant de jouir du droit d'être admis dans l'une ou l'autre de ces institutions.

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Les écoles normales d'Ontario sont toutes des externats, et l'enseignement y est donné gratuitement. Les élèves-maîtres ne sont pas même tenus de prendre, comme compensation, l'engagement d'en-' seigner durant un certain temps dans la province, après qu'ils ont reçu leur brevet.

Le Département de l'Education prend même à sa charge les dépenses de voyages, de pension et de logement, des instituteurs et des institutrices qui vont suivre, durant trois mois, les cours professionnels d'agriculture du Collège de Guelph, à la seule condition que ces instituteurs s'engagent à enseigner, au moins durant trois ans, dans les écoles de la province.

A chacune de ces écoles professionnelles sont annexées des écoles d'application pour la pratique de l'enseignement ; et un certain nombre d'autres écoles, parmi les mieux tenues, tant à la ville qu'à la campagne, sont désignées par le gouvernement, pour servir aux instituteurs de champ d'observation et de pratique, durant leur année d'entraînement professionnel.

Pour étendre davantage l'influence de la bonne formation professionnelle, chaque année, le gouvernement organise sur divers points de la province, des cours de vacances, oîi sont donnés gratuitement des leçons générales de pédagogie, ou des cours spéciaux sur quelques branches nouvelles du programme d'études, en faveur des instituteurs qui désirent améliorer leur méthode d'enseignement, et se mettre au courant des spécialités nouvelles introduites dans les écoles, comme le travail manuel, le travail ménager, les arts, les sciences naturelles, etc.

A la suite de ces différents cours, ceux qui les ont suivi subissent des examens ; et des diplômes attestant leur compétence à enseigner telle ou telle spécialité, sont décernés à ceux qui passent ces examens avec succès.

Les instituteurs ainsi qualifiés obtiennent facilement des traitements de plus en plus rémunérateurs ; car, suivant les règlements du Département de l'Education, nul ne peut enseigner ces spécialités nouvelles, dans les écoles, sans une attestation légale de sa compétence à pouvoir le bien faire.

Deux conditions sont requises pour l'admission des, candidats aux différentes écoles professionnelles de; pédagogie: avoir suivi avec succès l'examen d'entrée et avoir l'âge requis.

Pour entrer dans une Ecole Modèle ou une Ecole Normale pour l'obtention des brevets de troisième et de deuxième classes, l'aspirant doit être âgé de dixliuit ans accomplis.

Pour pouvoir suivre, dans les universités, les cours de la faculté d'éducation pour obtenir le brevet de première classe, les candidats doivent avoir atteint leur dix-neuvième année.

Cependant, nul brevet d'instituteur n'est délivré au jeune homme ou à la jeune fille, avant l'âge do vingt et un ans.

Celui ou celle qui termine le cours normal avant l'âge de vingt et un ans, n'a droit qu'à un permis

temporaire d'enseigner, en attendant qu'il ait atteint l'âge requis pour recevoir le brevet d'instituteur.

A vingt et un ans, sur sa demande, accompagnée d'une recommandation de l'Inspecteur de sa circonscription attestant qu'il a enseigné avec succès, l'instituteur recevra, signé par le Ministre de l'Education, un brevet qui le placera définitivement au rang des instituteurs publics.

Chaque année, dans le mois de juin, le gouvernement d'Ontario organise, par toute la province, des examens de cinq catégories différentes. Ces examens peuvent être subis dans toute ville ou village qui possède un collège ou ** High School ", Chaque comté a son " High School ".

Qui que ce soit peut subir ces examens, qui sont ouverts à tout le monde, quelle que soit l'institution publique ou privée qu'ait fréquenté le candidat. Xul collège ne possède le privilège de faire admettre ses élèves aux universités ou aux écoles de pédagogie, sans qu'ils aient subi avec succès les examens préliminaires, qui seuls peuvent leur en ouvrir l'entrée.

Comme nous venons de le dire, ces examens sont au nombre de cinq : 1° Examen d'entrée au '' High School ". C'est l'examen du certificat d'études primaires.

2° Examen d'entrée Ti l'Ecole ^lodèle, pour l'obtention du brevet de troisième classe.

3° Examen d'entrée à l'Ecole Normale, pour obtenir le brevet de deuxième classe.

4° Examen d'entrée aux universités, pour l'étude des professions libérales.

5° Examen d'entrée dans les facultés d'éducation, pour se munir du brevet de première classe et des diplômes d'inspecteurs et de professeurs des écoles normales.

Le programme de l'examen d'entrée à l'Ecole Modèle pour l'obtention du diplôme de troisième classe, comprend, outre toutes les spécialités de l'Ecole élémentaire, l'algèbre, la géométrie théorique, la botanique, la zoologie, la physique et la chimie, la géographie physique et l'astronomie, ainsi que les extraits littéraires désignés chaque année, pour le programme d'étude des " Pligh Schools ".

C'est le minimum des connaissances exigées de celui ou de celle qui aspire à prendre la profession d'éducateur.

Et ce minimum de connaissances ne lui donne que le droit d'entrer dans une institution qui ne lui conférera qu'un brevet du degré le plus bas.

L'examen d'entrée à l'Ecole N'ormale pour l'obtention du diplôme de deuxième classe, est le même que celui que doivent subir les aspirants à l'entrée aux universités, pour l'étude des professions libérales.

La seule différence consiste en ce que, pour l'examen d'entrée à l'Ecole ISTormale, le latin est facultatif.

Pour entrer dans les facultés d'éducation des universités, et obtenir le brevet de première classe ou celui d'inspecteur et de professsur d'école normale, l'examen préliminaire que doit passer le candidat est

beaucoup supérieur à celui que doit subir l'aspirant à l'étude des professions libérales.

Le cours professionnel de l'Ecole Modèle ne dure que six mois ; ceux de l'Ecole ISTormale et des facultés d'éducation sont d'une année.

Durant les premières semaines de l'année scolaire, les professeurs de pédagogie donnent aux élèves des leçons spéciales sur les principes généraux de l'art d'enseigner, qui leur permettront d'observer, avec intelligence, les leçons données par les instituteurs des diverses écoles auxquelles ils seront conduits, vers la fin du premier mois, pour être mis bien en contact avec leur nouvelle profession, avant d'en poursuivre l'étude plus avant.

Les écoles que visitent les normaliens sont celles qui sont les mieux dirigées, et dont les professeurs ont eux-mêmes reçu un bon entraînement professionnel.

Ces visites durent une couple de semaines. Chaque jour, durant une heure, les élèves vont en groupe, accompag-nês de leurs professeurs, faire la visite d'une école.

Les professeurs de cette école donnent, en leur présence, les leçons du jour ; puis les normaliens retournent à leurs salles de classe, où ils doivent rendre compte de ce qu'ils ont observé durant la visite ; do ce qu'il j a à louer ou à blâmer dans les méthodes

employées par le professeur pour l'enseignement ou la gouverne de la classe.

Les élèves-maîtres font ensuite, par écrit, la critique des leçons observées, dans les écoles qu'ils ont visitées.

A la fin du deuxième mois, commence, pour les élèves-maîtres, la pratique de l'enseignement dans l'école d'application.

Pour cet exercice, les normaliens sont divisés par groupes de pas plus de six élèves.

Trois élèves de chaque gToupe préparent par écrit le plan d'une leçon qui a été déterminée par le professeur. Ce plan est remis à celui-ci qui l'approuve ou indique à l'élève les corrections à y faire.

A l'heure indiquée par le règlement, chaque groupe de six élèves, accompagné d'un professeur, se rend dans une classe différente de l'école d'application.

Si les professeurs de l'Ecole N'ormale ne sont pas assez nombreux pour qu'il y en ait un dans chacun des groupes, les professeurs de l'école annexe y suppléent et président à cet exercice.

Chaque cours d'application dure une heure. Les trois élèves qui ont préparé des leçons, donnent chacun, dans la classe, une leçon de vingt minutes ; tandis que les trois autres et le professeur, les observent et prennent des notes sur ce qu'ils remarquent de bien ou de répréhensible dans les procédés suivis par ces professeurs en herbe.

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L'heure terminée, tous retournent dan? les salles de classe de l'Ecole Xormale; et les trois élèves qui ont fait l'observation, guidés par le professeur, font la critique des leçons données par leurs confrères.

Le jour suivant, ce sont les trois élèves qui ont enseigné le premier jour, qui observent leurs confrères, devenus à leur tour professeurs.

Ces exercices ne se font souvent que tous les deux jours; mais ils se continuent durant l'année entière. Les professeurs qui ont présidé chaque groupe sont obligés de faire, sur chaque leçon donnée par les élèves-maîtres, un rapport détaillé, suivant des formes imprimées, fournies par le Département de l'Education.

Ces rapports, avec une note appréciative de chaque leçon, sont transmis au Département, et forment une partie du casier professionnel du futur instituteur.

A la fin de l'année, chaque normalien doit avoir donné au moins vingt-cinq leçons d'application, dans des classes de tous les degrés ; et avoir observé et critiqué au moins quarante leçons, données par ses confrères.

Vers la fin de l'année scolaire, les élèves-maîtres prennent, de temps à autre, la charge complète d'une classe, durant une demi-journée ou une journée entière.

Ce sont eux aussi qui remplacent, dans les écoles de la localité, les instituteurs momentanément empêchés.

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Le brevet est décerné à tout élève qui atteint un minimum de quarante pour cent des notes à obtenir sur chaque spécialité, et soixante pour cent du total de toutes les notes données sur l'ensemble des spécialités.

Les notes du candidat au brevet d'instituteur proviennent de deux sources différentes : les unes sont accordées, au cours de l'année, par les professeurs, à la suite de leçons d'application et des critiques d'observation faites par les élèves-maîtres dans les exercices pratiques d'enseignement.

Ces notes sont les plus nombreuses et celles auxquelles on attache une plus grande importance.

Les autres notes proviennent d'un examen, uniforme pour toutes les institutions du même degré, fait par le Département de l'Education, dans toutes les écoles professionnelles de pédagogie, à la fin de l'année scolaire.

Les épreuves de cet examen final sont corrigées par une commission prise en dehors des professeurs. C'est cette commission qui est chargée de désigner les candidats qui ont réussi à obtenir le brevet d'instituteur.

Ces brevets peuvent être annulés pour diverses causes spécifiées dans les règlements du Département de l'Education.

A part l'Inspecteur des écoles normales, la province a un autre officier chargé de l'organisation matérielle de ces établissements et de l'organisation

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générale des divers examens que fait subir, chaque année, le Département de l'Education.

Après qu'ils ont passé par un sérieux entraînement 2jrofessionnel, les jeunes gens et les jeunes filles qui reçoivent le brevet d'instituteur, sont de vrais éducateurs, bien au fait des principes et de la pratique de leur profession.

Les Commissions scolaires peuvent, en toute sûreté, leur confier la direction de leurs écoles. Ils sont en état d'exercer convenablement leur profession dès leur première année de pratique.

Une plus ample expérience est, cependant, encore bien nécessaire pour mûrir le talent et les connaissances professionnelles de ces nouveaux éducateurs. Mais, après qu'ils ont subi un entraînement solide dans la théorie et la pratique de leur art, il y a lieu d'espérer que chaque pas que feront ces débutants, dans la difficile carrière de l'éducateur, ^ora, pour eux, un pas dans la bonne voie.

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