‹ Éducation moderne et entrainement professionnelChapitre 3 sur 18 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

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lière énergie, sur la nécessité de la sérieuse préparation de nos instituteurs pour leur profession d'éducateur, lorsqu'il dit:

" Il est un autre point qui appelle encore vos communes sollicitudes. C'est que, par votre autorité, et avec le concours de ceux qui dirigent les établissements d'éducation, on élabore, avec soin et sagesse, tout le programme des études, et que l'on prexne SURTOUT GARDE dc u'admcttrc aux fonctions de l'enseignement que des hommes abondamment POURVUS de toutes les qualités qu'elles comportent, naturelles et acquises."

Douze ans se sont écoulés, depuis que ces solennelles paroles nous ont été adressées par le Chef infaillible de l'Eglise ; et cependant elles résonnent encore aujourd'hui, avec un accent de vibrante actualité.

C'est encore dans ce même remarquable document que le clairvoyant Pontife nous faisait ces autres utiles recommandations :

" Il convient que les écoles catholiques puissent rivaliser avec les plus florissantes par la bonté des méthodes de formation et par l'éclat de l'enseignement. Au point de

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vue de la culture intellectuelle et du progrès de la civilisation, on ne peut que trouver beau et noble le dessein conçu par les provinces canadiennes de développer l'instruction publicpie, d'en élever de plus en plus le niveau et d'en faire ainsi une chose toujours plus liante et plus parfaite. "

Et, remarquons-le bien, il ne s'agit pas ici du simple énoncé de vérités générales, applicables il tous les pays et à tous les temps. Car c'est bien à nous que Uéon XIII adressait ces recommandations, après avoir pris une parfaite connaissance de notre situation et de nos besoins

actuels.

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L'entraînement professionnel des instituteurs, tel qu'il est compris aujourd'hui dans presque tous les pays civilisés, revêt les caractères suivants:

1° Les établissements où se fait cet entraînement à la fois tlu^orique et prati(iue, sont des institutions purement professionnelles. Les candidats n'y sont admis qu'après avoir subi avec succès un examen destiné à montrer qu'ils possèdent la somme des connaissances sciiMititiques requises, pour l'étude et la ])ra(iqi;(' de la profession d'éducateur.

2° Un programme détaillé, et uniforme pour

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toutes les institutions pédagogiques du même degré, dirige pas à pas les professeurs dans les cours théoriques qu'ils doivent donner, et les exercices pratiques de formation, par lesquels ils doivent faire passer le futur éducateur pour le rendre maître de son art.

3° Un inspecteur compétent surveille le travail de ces écoles professionnelles pour en •assurer l'exactitude et l'efficacité, en même temps qu'il s'efforce de se tenir au courant de tous les utiles progrès réalisés dans le monde, année par année, dans le domaine de l'éducation, pour s'en inspirer dans la confection des programmes et la direction générale des établissements dont il a la surveillance.

4° Les brevets d'éducateur ne sont délivrés qu'aux élèves des écoles normales et après qu'ils ont subi un examen oral et écrit, théorique et pratique, conduit par une commission prise en dehors des professeurs de ces institutions professionnelles.

Cette question des brevets a une importance considérable.

Si nous voulons relever la profession d'instituteur dans l'estime du public, il faut que les éducateurs vraiment compétents, ceux qui connaissent la pratique de leur profession suivant les principes scientifiques qui la régissent, soient officiellement distingués de ceux qui ne possèdent pas cette formation professionnelle.

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Dans son dernier Rapport annuel, l'honorable Bouclier de la Bruère, Surintendant de l'Instruction publique, s'exprimait dans le même sens, lorsqu'il disait :

*' L'époque ne saurait être éloignée où il faudra modifier quelque peu les règlements qui concernent les candidats à l'enseignement devant le Bureau central des examinateurs. Celui-ci a sans doute son utilité, et il l'aura pendant nombre d'années encore, mais il ne faut pas qu'il puisse gêner le recrutement des élèves-maîtresses au détriment des écoles de pédagogie. "

" Les diplômes accordés aujourd'hui par ce Bureau et par les écoles normales ont apparemment la même valeur, puisqu'ils confèrent également le droit d'enseigner . . . Une étude du fonctionnement de ces institutions professionnelles dans certains pays d'Europe paraîtra probablement nécessaire dans un avenir très rapi)roclié. "

L'honorable Surintendant est donc du même avis que nous sur la nécessité de réorganiser notre système d'enseignement professionnel de pédagogie, et de le modeler sur celui des pays qui, sur ce point, nous ont devancés dans la carrière du progrès.

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En attendant qu'il nous soit possible de n'admettre aux fonctions de renseiguemeul, — comme cela se pratique presque partout ailleurs aujouM'hui — que ceux qui ont subi l'entraînement d'une école normale, le Bureau d'examinateurs devra continuer son œuvre bienfaisante; mais, dès à présent, il serait nécessaire de faire une distinction entre Finstituteur système tiquement entraîné dans l'exercice de sa profession, et celui qui n'a pas subi cet entraînement.

Cela nécessiterait l'émission de deux catégories de brevets d'instituteurs : le brevet " non ^professionnel ■' délivré par le Bureau d'examinateurs, et le brevet " professionnel " décerné à ceux qui ont suivi les cours professionnels d'une école normale.

Cette distinction et la différence que Ton ne manquera pas de remarquer entre une école dirigée par un instituteur ou une institutrice systématiquement et scientifiquement entraînés, et une école conduite par un maître ou une maîtres^*e qui n'ont appris leur métier que par la pratique seule, auront vite fixé la préférence des commissions scolaires.

Pour jouir de l'avantage de posséder des écoles dirigées par des instituteurs capables de donner à leurs enfants une éducation forte et virile, les propriétaires fonciers n'hésiteront plus à augmenter de quelques points la taxe scolaire qu'ils s'imposent, souvent trop à regret, et avec une lamentable ijarcimonie.

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C'est avec beaucoup de raisou que Ton se plaint de la modicité des traitements des instituteurs. Augmenter les traitements des maîtres, dit-on, c'est accroître l'efficacité de l'enseignemeut.

Pour nous, nous dirions plutôt : Rendez les maîtres plus compétents et leuf enseignement plus efficace, et les traitements, suivront la même marche ascendante. Pour voir s'accroître le prix de la chose, augmentez-en la

valeur.

Au cours de cet ouvrage, nous parlons assez longuement du système scolaire de la province d'Ontario.

Les douze années de notre vie d'instituteur passées dans la direction de divers établissements scolaires de cette province, paraîtront une explication suffisante du fait que nous parlons plus volontiers de son organisation scolaire.

De plus, Ontario, comme nous avons souvent pris occasion de le répéter, s'efforce de maintenir ses écoles professionnelles d'instituteurs, sur le même ])ied que les écoles similaires des pays les plus avancés.

En décrivant l'organisation des écoles pédagogiques de la province d'Ontario, notre but est donc de faire connaître ce qui se pratique, de nos jours, dans les pays les plus éclairés et les plus progressifs, pour la formation professionnelle de ceux à qui l'on confie la tâche de

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façonner les générations qui feront la nation de demain.

Ce n'est pas que nous professions pour le système scolaire d'Ontario une admiration sans réserve, surtout en ce qui concerne le traitement par trop défavorable accordé aux écoles catholiques et à nos compatriotes, les Canadiens-Français, déjà si nombreux dans cette province.

Obliger une portion considérable des citoyens d'un pays ou d'une province à soutenir de leurs deniers des écoles que réprouvent leurs convictions religieuses, et dont l'entrée reste ainsi interdite à leurs enfants, est une injustice flagrante, en directe opposition avec l'esprit d'équité et de tolérance, qui forme l'une des lieureuses tendances de la civilisation moderne.

Or, c'est là exactement la condition des catholiques d'Ontario en ce qui -"oncerne l'enseignement supérieur des collèges classiques ou " high Schools ".

Pour bien comprendre cette condition anormale dont souffrent nos coreligionnaires de la province-sœur, il faut se rappeler que, sur ce point de l'enseignement supérieur, le système d'Ontario diffère de celui de Québec.

En Ontario, comme dans la province de Québec, les écoles primaires sont administrées par des commissaires élus par chaque municipalité : l'une protestante, l'autre eatholique ; mais les " high Schools " sont sous la juridic-

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tiou d'un Bureau unique, élu par les contribuables de chaque comté.

Ces " Higli School Boards '' sont chargés de lever les impôts sur tous les contribuables du comté, catholiques et protestants, et d'administrer ces fonds et les écoles supérieures auxquelles ils sont appliqués.

Or, suivant la loi, il ne doit pas y avoir dan^ la province, de " high Schools '' séparées, pour les catholiques : protestants et catholiques sont supposés fi'équenter ensemble ces écoles supérieures, qui doivent, dès lors, être toutes neutres ou pratiquement teintées de protestantisme.

Les contribuables d'Ontario payent donc deux taxes scolaires : l'une aux Commissions protestantes ou catholiques des municipalités, pour les écoles primaires, et l'autre à l'unique '■ nigh School Board " pour le maintien du " lîigh School " de chaque comté.

Voilà comment les catholiques d'Ontario sont forcés de payer une taxe annuelle pour les écoles supérieures ; et cependant, leur conscience ainsi que la proscription des évêques. interdisent à leurs enfants l'entrée de ces écoles.

La majorité protestante, à l'instar des pauvres nécessiteux, va donc, chaque année, puiser dans le gousset des contribuables catholiques, une portion des fonds qui sont employés uniquement à l'éducation des enfants protestants.

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