‹ Education technique et enseignement du dessin industriel dans les écoles publiques [microforme]Chapitre 14 sur 42 · LU · texte numérisé non relu

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Celui qui a dit ces paroles à manqué de respect pour co qui n’est plus, mais il a dit une chose juste et terriblement vraio en ce qui touche la nature ; car, quoique toutes ses œuvres soient embellies, elle n'admet absolument rien, comme ornement, qui r'ait ue utilité pratique, et les cendres du passé servent toujours à féconder l'avenir. On dirait que la nature, malgré toute sa richesse, ne peut point nourrir les bouches inutiles ni les parasites, mais qu’elle exige que toutes ses créatures aient la vie ou servent à la soutenir.

Le raisonnement qui précède m'a été suggéré par les extravagances comiques do ces gens qui se donnent comme penseurs et n'hésitent pas à accrocher, à des murs verticaux destinés à recevoir des tableaux ou des gravures, des assiettes en porcelaine que leurs auteurs, en hommes sensés, destinaient à être placées horizontalement sur une table, si, du moins, on les emplor”ait jamais d’une manière sage. Veuillez me croire, il n’y a pas de moyen terme entre le service honnête que l'on est en droit d'attendre d’un objet d’art industriel, tel qu'une assiette qui est faite pour servir, et un objet d'art destiné à être suspendu à un mur uniquement pour être vu. Hissons le drapeau national au plus haut du mât et clouons-le en cet endroit, s’il est nécessaire, mais ne déployons pas la serviette ou le mouchoir de nos pères, uniquement parce que ces articles sont l’œuvre de leurs mains et que nous respectons leur goût,

Foxps Er TABLEAUX.

La muraille est un fond qui doit offrir à l’œil une-couleur agréable s’il est nu, et sur lequel on doit étaler des tableaux, si l’on en a. Le mur ne doit pas présenter de lignes distinctes, soit verticales, soit horizontales ou obliques; et si l’on y applique de la tapisserie, il ne faut pas choisir celle dont les patrons pourraient se reconnaître au centre de l'appartement, Surtout, ne tolérez jamais celle sur laquelle une couleur trop frappante et trop tranchée se détacherait, celle qui demanderait à l'œil ou à l'intelligence trop d'effort pour être comprise, ou qui ferait concurrence aux tableaux ou à n'importe quel autre objet. La maladie la plus sérieuse de notre époque, en matière de dessin et dans le cours ordinaire de la vie, c’est le désir de se faire remarquer et de paraître important, comme s'il n'y avait aucune sagesse, aucune vérité dans la sentence qui décrète que celui qui voudra être au premier rang et le chef parmi lies hommes devrait, au contraire, être leur serviteur à tous.

La décoration d’un mur, soit à fresque soit en tapisserie, et un tapis ou une surface de plancher qui captent l'attention de l'œil ou du cerveau, sont une impertinence et un hors d'œuvre qui détournent des objets d’une plus grande importance et détruisent l'harmonie de l'effet qu’ils devraient contribuer à faire naître,

Sur l’un des murs de ma résidence, se trouve un petit tableau qui a coûté au taux de dix mille dollars la verge carrée, et je ne permettrai

jamais qu'une fresque ni unc tapisserie valant au plus dix centins la verge le dérobent à mes regards. J’assemble mes amis et mes enfants à mon foyer, et je ne puis tolérer qu'un tapis de tapisserie avec ses bouquets de fleurs odoriférentes, ses feux d’écarlate, ses teintes bleues et ses rayons dorés rende ma compagnie invisible ou diminue son importance à mes yeux. Ainsi, dans l'intérêt du goût et du bon sens, je regretterais que, sous prétexte de paraître éclatante, la décoration de ma maison fût de nature à éclipser les £résors auxquels j'attache le plus grand prix.

PRINCIPES JUDICIEUX DU DESsin.

Le second élément qui contribue à former le goût est la connaissance des principes élémentaires du dessin bien entendu servant de guide dans le choix des objets de goût. L'effet général de la couleur dans une chambre est de première importance; le caractère du dessin appliqué aux objets vient ensuite. Un court aperçu de quelques-uns des principes reconnus par les meilleures autorités trouvera ici sa place, et je vais vous en offrir un résumé.

Tapis et tapisseries.—Comme je l'ai dit déjà, on doit regarder les murs et les planchers comme les fonds sur lesquels les effets agréables de couleur doivent se déployer afin de contribuer à garnir une chambre et à lui donner du cachet. La surface d’un mur et celle d’un plancher sont pianes, et, pour le comfort et lu sécurité, il est essentiel qu’un plancher soit uni, il ne faut point qu'un mur ni un plancher ne contiennent d'ornement qui, par ses ombres ou ses effets de perspective, détruisent leur cachet. Par conséquent, des bouquets de fleurs hautes en couleur ou ombre, des paysages, des représentations d'animaux ou d'oiseaux donnant une idée de distance, renversent la condition essentielle d’un mur où d’un plancher, celle d’une surface plane. Toute imitation exacte de la nature, dans la décoration des murs et: : planchers, est fausse en principe. Un plancher est une surface plane horizontale, et un patron de tapis ne devrait pas attirer le regard dans un sens plutôt que dans un autre. Un dessin de tapis qui se présente bien en un sens et mal dans un autre, parrîtra toujours à contre-sens à la moitié des personnes qui l’examineront en se plagant en des endroits opposés. D'un autre côté, le mur est une surface verticale, et le dessin, dans ce cas, peut tendre vers la ligne verticale ec présenter l’idée de croissance dans cette direction: alors, un patron uniforme, tel qu'un plancher le demande, convient aussi à un mur.

On ne doit pas employer de blanc sur le plancher, ni de noir au plafond. Ni le mur, ni le plancher ne doivent contenir de dessins dont les lignes dominantes attirent l'œil dans une direction spéciale, ou dont les traits caractéristiques se reproduisent à des intervalles réguliers; ce défaut fatigue l'œil, et s’il se rencontre sur un mur, il détruit l’effet des tableaux.

ÆEbénisterie.—D'habitude, les plus beaux effets que l’on puisse obtenir d’un traitement convenable des bois viennent de ce que l’on conserve

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strictement leur couleur naturelle et leur grain, et cela est très-facile quand le bois est à l’abri des intempéries, comme dans une chämbre, Une teinture dépare moins le bois que la peinture ou une couleur opaque, car elle n'empêche pas d’en voir le grain; mais un vernis ou un poli clair «t transtransparent qui laissent apercevoir la couleur et la fibre naturelles sont préférables à une teinture ou à la peinture.

Selon leur nature, il faut respecter la croissance et la structure des bois pour en obtenir la force et le service qu’on en attend. Le bois est une matière fibreuse, et, généralement, ses fibres courent en lignes droites, Si l'on coupe le fil du bois, on l’affaiblit; de sorte que les courbes auxqueilos on a recours pour embeilir les meubles, les détériorent au point de vue de l’utilité. Les meubles en bois où la ligne droite est observée nt à la fois plus forts et de meilleur goût que ceux où on emploie la courbe, et, pour les parties qui sont de l'essence de la construction, la ligne droite est une nécessité. Cependant, quand le bois est soumis à l'influence de la vapeur et plié, de manière que la fibre coure d’un bout à l’autre de la pièce, il garde sa force dans la ligne courbe comme dans la figne droite. Il ne faut jamais appliquer la sculpture aux endroits qui demandent de la torce, qui sont les pièces de la construction même, ni en aucune situation où elle serait exposée à être usée ou détruite. En thèse générale, défiezvous des meubles en bois portant des courbes, de la sculpture ou une riche ornementation, car leur caractère moral n’est point digne de notre confiance. Nos ancêtres qui uimaient les chaises hautes et à dossiers droits, avaient une idée juste de la manière dont on doit employer le bois, mais c’étaient des gens honnêtes dont l’échine ne pliait jamais; ils ne ressemblaient guères aux hommes de nos jours dont l'épine dorsale formée de gélatine, a besoin de meubles convenables pour s’accommoder à leurs détours et à leur passion pour la molesse.

Faïence.—Le goût de l’ornement étant inné chez l’homme, il est tout naturel que les gens ignorants le poussent jusqu'à l'excès. Dans les habits, on appelle cela de la parure, et la parure est essentiellement une chose vulgaire, repoussante. Certains objets susceptibles d’une belle forme ne devraient recevoir aucune espèce d'ornement. Permettez-moi de démontrer ce que je viens de dire en faisant devant vous la critique de deux pots. Un pot est un vaisseau destiné à contenir un liquide que l’on doit pouvoir y introduire d'une manière facile, et sa forme doit se prêter à ce qu'on puisse également l’en retirer avec la même facilité. Il doit se tenir fermement debout: son anse doit être d’une dimension et d’une forme telles qu’on puisse le transporter avec sécurité, et son bec doit pouvoir au besoin diriger le liquide à l’endroit où on veut l'avoir, Il faut que son ouverture soit assez large pour permettre au regard de pénétrer à l’intérieur pour en examiner toutes les parties, et, à la main, de pouvoir s'y introduire afin de le nettoyer; car la propreté est une chose essentielle à son usage. Un bon pot fait sans art, pouvant répondre à ces qualités et

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possédant en plus un vernis tout-à-fait impénétrable, de telle sorte que son contenu ne puisse pas s'échapper, voilà tout ce qu’il faut pour lusage ordinaire. Ilne faudra faire à un tel vaisseau, dans le but de l’orner, aucune addition qui pourrait nuire à son utilité pratique telle que nous l'avons décrite.

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