‹ Education technique et enseignement du dessin industriel dans les écoles publiques [microforme]Chapitre 8 sur 42 · MÉLANGE DES DEUX ESPÈCES D'ART · texte numérisé non relu

MÉLANGE DES DEUX ESPÈCES D'ART

Nous avons défini avec précision le but que les deux branches de l’art se proposent: chacune a son langage, ses limites et ses ressources qui n’ont aucuns caractères mutuels, mais qui sont, au contraire, essentiellement distincts, et dans leur fin, leur motif et leur expression. Si, confondant, dans un même dessin, ces différentes fins des deux espèces d'art, on essaio de produire un article offrant les caractères particuliers aux deux, il en résultera une insulte au goût qu'aucune apologie ne saurait faire pardonner. Ce scruit rabaisser les beaux-arts et mal interpréter l’art industriel que d'adapter la tête d’une statuette de l’Apollon ou de la Vénus de Milo à un corps creux faisant l'office Ce poivrière: l'usage auquel elle serait souraise défigurcrait et détruirai, la malheureuse statuette qu’on ne pourrait, après tout, que par courtoisie, appeler une poivrière commode, pour ne rien dire, par délicatesse, de l'endroit d’où vient le contenu, ainsi que la statuette elle-même pourrait porter à le faire soupçonner. Un exemple de ce genre suffit, mais il ne serait pas difficile d’en citer une foule d’autres d’une nature aussi repoussante,

Uno autre manière d'appliquer faussement le dessin consiste à donner, pour imiter la nature, à un objet d’un usage modeste, un caractère relevant des beaux-arts. Aïnsi, un manche de perapluie peut devenir un instrument de torture si on lui annexe un corps d'animal: la surface rugueuse de la peau, la projection anguleuse des membres et de la tête de la bête lacèrent et irritent une main délicate chaque fois qu'on saisit cet objet

avec fermeté afin d'en faire l’usage auquel il est destiné.

Règle générale, un article d'utilité ne doit jamais offrir d’ornements qui imitent fidèlement ia nature ; il faut, dans ce cas, avoir recours aux formes naturelles traitées d’une manière conventionnelle ot ornementale, suivant les lois de la symétrie et de la répétition, de façon à indiquer sa source et son origine, et pas autrement. Dans les beaux-urts, au contraire, la nature doit invariablement être le type et le vrai modèle de l’œuvre que l'on veut produire,

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