‹ Effets de la « Professio Monastica » Quant aux Droits du PatrimoineChapitre 85 sur 89 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Si maintenant nous voulons nous résumer, que trouvons-nous à l’origine de l'institution que nous venons d'étudier ? Les vœux de pauvreté et d’obéissance reconnus par l'Eglise. Le religieux veut abandonner tous ses biens et tous ses droits ; il veut abdiquer sa volonté entre les mains d’un supérieur.

Le pouvoir civil intéressé à la conservation des biens dans les familles, va-t-il sanctionner le vœu de pauvreté ? va-t-il sanctionner le vœu d’obéissance, lui qui place la volonté à la base de presque tous les actes de la vie civile ?

Les Empereurs du Bas-Empire le firent, entrainés par leur désir de légiférer sur les matières ecclésiastiques. Trouvant d’ailleurs d’admirables ressources dans les institutions du droit romain, auxquelles il pouvait comparer le vœu d’obéissance, Justinien sut donner de grands privilèges à l'Eglise, tout en réservant les droits de la famille.

Imbus de droit romain, trouvant une théorie si

favorable aux intérêts des monastères, les Canonistes l’acceptèrent et la développèrent.

Maïs cette théorie se trouva en conflit avec le droit féodal, qui plus encore que le romain était attaché au principe de la conservation des biens dans les familles. Les Légistes virent que la réciprocité, qui en droit existait entre le moine et sa famille, en fait n’était pas toujours très équitable. Ce point acquis, on voulut encore voir dans la théorie du droit canon la source de l'extension — abusive et exagérée souvent, il faut le reconnaître — des biens de mainmorte. « Il serait arrivé par succession de tems, disait-on, que tous les biens du roïaume auraient été engloutis par les monastères qui les auraient reçus en détail de ceux qui se font religieux » (1)

Les Légistes dès le XIII: siècle entreprirent deremédier à ce qu'ils considéraient comme des abus.Ilstrouvèrent d’ailleurs une alliée dans l'Eglise elle-même. qui venait de créer les Ordres Mendiants sur le principe de la pauvreté la plus stricte. Et tandis que Justinien, dans un esprit très juridique, avait fondé surtout sa théorie sur le vœu d’obéissance, ils fondérent surtout la leur sur le vœu de pauvreté et réduisirent ainsi les moines à « un état de mort civile,

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