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APPAREILS EMPLOYÉS

SOMMAIRE : Appareil à décompression instantanée. — Appareils pour l'observation de petits animaux placés in vitro.

A. — Appareil à décompression instantanée.

$ 4. — Au début de mes recherches, j'ai employé deux appareils qui se trouvaient au laboratoire de physiologie générale du Muséum.

Le premier était un récipient clos, dont la capacité permettait de recevoir des chiens de taille moyenne, le second un vase de verre ayant la forme et le volume d’un appareil à eau de Seltz; dans ce dernier, les animaux de petite taille pouvaient être vus du dehors, pendant les expériences.

Cest dans le premier de ces deux récipients que mon maître, M. le D' N. Gréhant, avait au cours de ses lecons répété quelques expériences de Paul Bert, sous les yeux du public. — Le second appareil avait servi au D' Moreau, dans ses expériences sur la vessie natatoire des poissons.

Bien qu'il fût construit pour résister à dix ou douze atmosphères, je ne pouvais obtenir, dans le grand récipient, des pressions supérieures à 8 atmosphères; je cherchais alors le moyen de me procurer une compensation en le rendant capable de produire une décompression plus rapide, espérant obtenir ainsi des effets analogues à ceux que des appareils plus puissants, mais à décompression plus lente, avaient fournis ailleurs.

Les résultats que je souhaitais obtenir n’avaient-ils pas été réalisés une fois par Paul Bert, dans l'expérience où, par suite d’une explosion, l'animal sou mis à la pression de neuf atmosphères

— hh — " et demie avait été instantanément ramené à la pression ordinaire ? (Expérience XLVIIL, déjà citée p. 27).

Je transformai alors l'appareil du laboratoire ainsi que je l'indique dans le paragraphe suivant, et les résultats consignés dans la suite du présent travail prouvent que mes prévisions étaient fondées.

Fig. 11. — Appareil permettant une décompression brusque très rapide comparable en vitesse à celle d'une explosion. — I, ensemble de l'appareil (récipient, son couvercle boulonné, soupape de grande dimension, lévier mobile horizontalement et verticalement, manomèêtre et robinets). — Il, levier tenant la grande sonpape fermée et appui du levier, dans le cas où la soupape est librement ouverte. — III, pivot sur lequel tourne le levier quand il cesse de peser sur la tète de la soupape.

$ 2. Description de l'appareil à décompression instantanée. — Cet appareil se compose d’une chaudière de 23 litres, pouvant être hermétiquement close au moyen d’un couvercle fortement boulonné. Au travers du couvercle sont pratiquées quatre ouvertures. Trois d’entre elles sont chacune pourvues d’un robinet, la

quatrième est un corps de pompe dans lequel s'engage une soupape analogue aux soupapes dites de séreté, très semblable à la soupape de la marmite de Papin (fig. 41 et 12).

Le premier robinet est réduit à son ajutage même. Il est destiné à mettre le récipient en communication avec la pompe qui y foule le gaz.

L’ajutage du second robinet se prolonge, sous forme tubulaire, jusqu’au fond du récipient, de sorte que les gaz qui pénètrent par

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Fig. 12. — Récipient de bronze permettant la décompression lente ou la décompression brusque à volonté. — Il est en communication avec la pompe aspirante et foulante de M. Golaz.

le robinet précédent ne peuvent sortir du récipient qu'après y avoir pénétré jusqu’au fomd.

Le troisième ajutage porte, extérieurement, un manomètre de Bourdon, indiquant, à tout instant, la pression à laquelle se trouve le gaz contenu dans l'appareil.

La soupape constitue la partie la plus importante de l'appareil. Son orifice est un corps de pompe vertical, ayant 5 centimètres de diamètre, dans lequel s'engage le piston faisant fonction d'une soupape qui se soulève de bas en haut. Ce piston a la forme d'un tronc de cône; il est fait de cuir pressé entre deux disques métalliques; sa section transversale moyenne est égale à celle du corps

RD en de pompe. Sa tige joue verticalement dans un guide annulaire exactement situé au-dessus du.corps de pompe; elle-est entourée d’un ressort à boudin, disposé de telle façon qu’à la pression ordinaire, il tienne le piston soulevé, laissant, par conséquent, le corps de pompe librement ouvert.

Sur la tête du piston vient s'appuyer un levier qui, lorsqu’il est horizontal, maintient la soupape dans l’orifice qu’il ferme. Un poids court sur ce levier, produisant un effet d'autant plus énergique de haut en bas, qu’il est plus éloigné de la tête du piston. La charnière, placée au point fixe du levier, permet à celui-ci d’être soulevé à volonté dans le plan vertical et d’être en même temps rejeté de côté.

Il résulte de cette disposition que, si l’on veut produire la décompression instantanée, il suffit, lorsque le manomètre indique la pression convenable, de soulever à la main le levier du côté du poids et de le rejeter vivement dans le sens latéral. La soupape se soulève aussitôt et l'équilibre s’établit, presque instantanément, entre l'intérieur du récipient et l’air atmosphérique.

Si, préalablement, un animal à été placé dans le récipient, en moins d’une demi-minute, après la décompression, temps nécessaire à dévisser les écrous qui maintiennent le couvercle du récipient, cet animal peut être soumis à l'observation dans l'air libre.

L'avantage de cet appareil est bien de pouvoir produire une décompression presque aussi rapide qu’une explosion. Il en a pourtant un autre qui a sa valeur : c’est que d’un prix relativement modéré il permet de répéter la plupart des expériences de Paul Bert sur la compression et la décompression, si bien que lorsque j'en ai présenté la description à l’Académie des sciences, je l'ai appelé : Appareil permettant de répéter facilement les expériences de Paul Bert, sur l'air et l'oxygène comprimés.

Quant à son principal inconvénient, c’est de ne pas permettre l'observation de l’animal, pendant qu'il est sous pression.

S 3. Effets de l'appareil précédent. — La comparaison entre l'expérience DLXIV que je copie dans l'ouvrage la Pression barométrique et celle qui, dans mon travail, porte le n° d'ordre XII, dont je donne ci-après les phases parallèlement à la première, montre clairement les effets obtenus à l'aide du récipient à large soupape, décrit plus haut.

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Exp. DLXIV. 12 juin. — Jeune chien blanc de petite taille très bien portant. — Placé dans le grand cylindre; amené rapidement à cinq atmosphéres et demie de pression.

Maintenu sous cette pression avec courant d’air pendant quatre heures.

L'animal paraît fort tranquille pendant tout ce temps.

Décomprimé en vingt secondes.

Sorti de l’appareil il s'échappe en courant et l’on a la plus grande peine à le reprendre.

Le chien gardé en observation pendant plusieurs jours, ne présente aucun accident consécutif.

(Pression barométrique, p.952.)

Exp. XII. — Un chien pesant 5 kil,5 est placé dans le grand récipient à 4 h. 15. On comprime de l'air à l’aide de la pompe Golaz. À 4 h. 25 la pression est six atmosphères; l'appareil fuyant légèrement, elle est maintenue entre six et cinqet demie.

À 5 heures, l'animal s’agite légèrement.

À 5 h. 20, décompression instantanée.

A sa sortie de l’appareil le chien est mourant.

Meurt à 5 h. 23 sans convulsions.

(La compression a duré une heure, dont 55 minutes à la pression maxima de cinq atmosphères et demie.) — (P. 59).

B. — Appareils permettant d'observer les petits animaux pendant la compression.

$ 4. Récipient de verre à décompression. — Avant de me servir du dispositif décrit au paragraphe suivant, auquel je me suis fixé définitivement, par la suite, j'ai fait usage, ainsi que je l’ai dit, d’un récipient faisant partie du matériel du laboratoire de physiologie générale du Muséum.

C'était un ballon de forme ovoïde (fig. 13), ayant une capacité d'environ un litre et demi, entouré d’un filet métallique, sur la large encolure duquel était mastiquée une armature métallique à deux voies. L'une des voies était pourvue d’un robinet et pouvait, par l'intermédiaire d’un pas de vis, recevoir le tube de refoulement de la pompe Golaz; l’autre voie communiquait avec un manomètre.

La raison qui me fit abandonner cet appareil est trop instructive, au point de vue des effets de la décompression brusque, pour que je la passe sous silence.

Malgré la date relativement récente de l'expérience ci-après, la dernière que j'aie faite avec le récipient que je viens de décrire, je lui donne cependant le premier numéro d'ordre, non pas seulement pour les besoins de l'harmonie dans l'exposition écrite de mon

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