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Fig. 13. — Récipient en verre entouré d'un filet métallique.
différents de ceux qui résultent de décompressions ralenties, les
seules que les appareils de verre soient malheureusement capables de fournir.
EXPÉRIENCE I. — 4 h. 45. — Un bruant est placé dans l'appareil en verre, dans l'air, à la pression de six atmosphères. À 4 h. 20, rien de particulier ne s’est manifesté, l'animal est demeuré calme.
À 4 h. 20, décompression durant cinq minutes jusqu’à ramener la pression à quatre atmosphères. J’injecte immédiatement de l'oxygène dans l’appareil, jusqu’à y faire remonter la pression à six atmosphères. A 4 h. 30, l'oiseau secoue la tête et ouvre le bec, il vomit à peu près de minute en minute jusqu’à # h. 35. À 4 h. 45, les mouvements respiratoires sont très ralentis, l'animal crie, il bat ensuite des ailes, remue la tête et contracte son larynx comme s’il chantait. À 4 h. 50, l’état de l'animal ne s’est pas sensiblement modifié.
Décompression lente en deux minutes ne produisant aucun effet. Je manque d'oxygène, je continue l'expérience avec de l'air, ayant l'intention de prolonger le séjour de l'animal dans ce gaz, plus que je ne l'aurais fait dans l'oxygène, et de produire aussi une pression plus élevée. À 4 h. 55, J'introduis de l'air et je fais monter la pression à quatre atmosphères, le bruant devient immédiatement calme. A 5 heures, décompression brusque en quelques secondes, ne produisant aucun effet, du moins immédiat.
Je fais de nouveau monter la pression à huit atmosphères avec de l'air. Cette pression est maintenue jusqu’à 5 heures 30 sans que je remarque aucun signe de malaise chez l’animal, qui est toujours calme. À 5 h. 30, nouvelle décompression.
Au moment de la détente l'animal saute, puis il retombe au fond de l’appareil; il a les ailes pendantes. Je comprime de nouveau de l'air; la pression atteint dix atmosphères. Pendant la compression, l’animal est tranquille et paraît bien portant.
À 5 h. 40, l'appareil fait explosion. L'oiseau est projeté sur la table où se trouvait le récipient.
11 y tombe mort, sans que j'aie surpris un mouvement.
Je n'ai pas pratiqué l’autopsie de ce bruant, j'ai pourtant remarqué qu'il était assez fortement météorisé.
Cet accident m'a mis, par hasard, dans des conditions très analogues à celle de l'expérience décrite dans la Pression barométrique, dont j'ai déjà parlé plus haut. Quand l'appareil de ia Sorbonne chargé d'air comprimé à neuf atmosphères et demie a fait explosion, le chien qui y était enfermé est mort foudroyé, comme mon bruant.
Je n'aurais pas parlé de cette expérience si elle ne m'avait pas fortifié dans la conviction que mon appareil à décompression brusque devait me donner des résultats nouveaux, tenant à la vitesse de la décompression qu'il peut produire.
Mais aussi rapide que soit cette détente, je me donne presque tort
a de l'avoir qualifiée d’instantanée. L'explosion seule nous représente la décompression réellement instantanée et si elle constitue des conditions d'expérience qui soient irréalisables couramment, elle n’en donne pas moins le résultat le plus nettement caractérisé que produise la décompression instantanée sur les animaux placés dans l'air à haute pression.
Fig. 14. — Éprouvette servant à l'étude des petits animaux. — I, Projection verticale. — À, disque de bronze vissé sur un second disque B. — B', manchon métallique auquel l’éprouvette H est cimentée. — G D, communication entre l'éprouvette et l'extérieur, pouvant être interceptée par le robinet E. — F, tube de communication avec le manomètre G. — K, pas de vis destiné à recevoir le tube de la pompe. — Écrou sur lequel se visse le manomètre. — II. Clefs servant à visser la pièce A sur la pièce B. — III. Projection horizontale avec les clefs placées pour agir. — Les douilles d de la clef Æ sont engagées dans les trous D! du disque supérieur, les douilles ç de la clef 4 sont engagées dans les échancrures c' du disque B. — Pour serrer ou desserrer la vis v, on rapproche ou on éloigne l’un de l'autre les deux manches L L’.
S 5. Éprouvette à décompression. — Je remplacçai l’appareil précédent par un dispositif nouveau dont voici la description : Deux disques de bronze A et B (fig. 14 et 15) peuvent, au moyen
Se d’un système particulier de deux clefs, se visser l’une au-dessus de l’autre, de façon à ce qu'ils soient concentriques et que la face inférieure du disque supérieur soit très exactement appliquée sur a
face supérieure du disque inférieur. Chacun de ces disques est percé d’une ouverture circulaire en son centre.
Fig. 15. — Eprouvette en communication avec la pompe Golaz et dans laquelle se trouve un moineau soumis à la compression. — Sur le pied de l'appareil, les 2 clefs à main permettant d'ouvrir ou de fermer l'appareil.
B coiffe une éprouvette en verre vert H à paroi très épaisse, à laquelle il est fortement mastiqué.
L'ouverture du disque supérieur se prolonge sous forme d'un canal D muni d’un robinet E, au moyen duquel on peut établir ou intercepter la communication entre l’éprouvette et l’extérieur. Le tube de la pompe de Golaz se visse au-dessus de l’orifice du
D: D AEEES canal D. Celui-ci, d'autre part, communique librement avec un manomètre, par l'intermédiaire d’un tube F que termine un écrou G. On peut, au besoin, desserrer plus ou moins cet écrou et lui faire jouer ainsi le rôle d’un robinet à débit plus ou moins grand.
8 6. Fonctionnement de l'appareil précédent. — L'usage de cet appareil se comprend facilement.
Fig. 16. — Éprouvette servant à l’étude des petits animaux soumis à de fortes pressions, protégée par son étui de fonte sur lequel on voit l'une des deux fenêtres diamétralement opposées dont est pourvu cet étui.
L'éprouvette est ouverte quand les deux disques A et B sont séparés. C’est alors qu'on y introduit l'animal (souris ou moineau) qu’on veut soumettre à l'expérience. On ferme l'appareil à l’aide des clefs et on place l’éprouvette sur un support. Le robinet E est ouvert, le tube de communication avec la pompe ou avec le récipient qui contient le gaz comprimé est vissé en K. Le récipient est ouvert et envoie dans l’éprouvette le gaz, l'oxygène, par exemple, qui ressort d'abord par le tube F. Quand on pense que l'éprouvette ne
contient plus que de l'oxygène, on adapte le manomètre à l’écrou G qu'on serre fortement et l’on voit monter la pression. Lorsqu'elle a atteint la valeur voulue, ou bien on ferme le robinet E et celui du récipient, ou bien on desserre, avec précaution, l’écrou G, de façon à ce que tout en demeurant à une pression constante, le gaz contenu dans l’éprouvette soit renouvelé sans cesse. D'ailleurs, pour que ce renouvellement s’effectue plus convenablement encore, avant d’établir la communication avec le récipient, j’engage dans le canal du robinet E, un tube de caoutchouc jusqu'à ce que son extrémité inférieure parvienne tout près du fond de l’éprouvette (fig. 15).
Veut-on décomprimer le gaz contenu dans l’éprouvette? On serre Pécrou G en même temps qu’on ferme le robinet E, on intercepte la communication entre le récipient et l’orifice supérieur de l’appareil, puis on ouvre le robinetE, complètement si l’on désire déterminer une décompression rapide, incomplètement si l’on veut que la décompression soit lente.
A l’aide de ce dispositif, j'ai pu observer des animaux de petite taille soumis à des pressions supérieures à quinze atmosphères. Dans ce cas, je prenais la précaution d’entourer l’éprouvette d’un manchon de fer présentant des fentes longitudinales diamétralement opposées (fig. 16). Je pouvais ainsi voir ce qui se passait dans l’intérieur sans être exposé aux conséquences d’une explosion, qui, du reste, ne s'est jamais produite.
Je rappelle que si cet appareil a l'avantage de permettre l’observation des animaux pendant qu’ils sont sous pression, il ne permet pas de produire une décompression aussi rapide que le premier.