Son emplacement
Les bâtiments de l’Asile d’Aligre (PI. 1), élevés sur les ruines de l’ancienne abbaye, n’en avaient rien laissé subsister (1) et l’on ignorait depuis longtemps la place précise de l’église monastique.
Une inspection minutieuse de toutes les parties de l'enceinte fixa notre attention sur la fontaine, dite dans les Chroniques des Moines, Fontaine de Notre-
(1) En 1882, M. Lecoq le déplorait en ces termes : « À la suite des nombreuses guerres civiles et religieuses qui ensanglantèrent tant de fois le pays chartrain, aux XIVe, XV® et XVI° siècles, le monastère fut tour-à-tour en partie démoli et en partie reconstruit,mais une destruction complète lui était réservée. Elle commence à la Ré-
Dame (PI. 2). Abondante jadis, elle sourd plus faiblement, depuis l'établissement voisin d’une éolienne, de dessous une voûte en plein cintre, elle-même surmontée d’un reste de muraille semi-circulaire, appuyée sur une base saillante accentuée par une moulure peu profonde, d’un aspect antique. Or, le plan de l’abbaye, gravé dans le Monasticon Benedictinum (PI. 3), nous donne la direction d’un petit ruisseau ou canal contournant l’église et ses chapelles rayonnantes et provenant sans doute de cette fontaine.
Ce plan du Monasticon nous paraît d’une exactitude suffisante. Nous avons pour le contrôler une photographie prise vers 1880 (PI. 4) par M. Barra, de Lèves, où nous voyons, entre les deux bâtiments de l’Asile d'Aligre, le vieux bâtiment central de l’abbaye, remplacé depuis, mais plus en avant, däns la prairie, par le grand bâtiment central dit des Services généraux. Or, le vieux monastère présente exactement l'aspect de la gravure du Monasticon, le pavillon de gauche, en particulier, est scrupuleusement le même. Le pavillon de droite avait été démoli déjà pour la construction du nouvel asile, mais sa base est conservée dans les fondations et sert de cave, bien et solidement voûtée. Un autre plan en perspective (PI. 5), levé en 1728, « sous la prélature de Messire Jean-Charles de Taillefert «de Barrière, abbé de Josaphat, à la réquisition de «Mathurin Corigoust, receveur général de'mondit sei-
volution de 1789... et elle s'achève de nos jours... Au moment où nous écrivons ces lignes, tout (sera) anéanti, tout détruit, de ce qui constituait l’ancienne abbaye, etc. » Mais, ce qui est plus regrettable, nul n’a fait prendre ni photographie, ni dessin des bâtiménts monastiques. Ce qui aurait été le devoir strict de la commission admimistrative et de l'architecte.
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