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nu] militis quondam marilti domine Marglarite vicedomine [Carnotensis. Animal] ejus et anime omnium fidelium defunctorum requiescant in pace. Amen. » (PI. XI).
C'est évidemment cette tombe que vit Janvier de Flainville et dont il écrit : «Il y a celle d’un militaire dont Je nay pu déchiffrer les inscriptions. J'y ay cependant lu ces mots en caractères gothiques du... siècle : Fidelium animæ requiescant in pace. » |
Ce dernier auteur ajoute cette note : « Beaucoup de personnes qualifiées ont été inhumées dans cette église sous des tombes dont il se veoit encore quelques-unes autour de la chapelle de la Vierge, avec des représentations en gros relief de pierre, élevées de deux pieds de terre, en partie brisées. Les autres sont seulement gravées et posées à fleur de terre pour servir de pavé dedans et dehors le chœur. À côté du chœur, dans l’aile gauche, où est la chapelle de la Vierge, il y a plusieurs tombeaux antiques à demi ruinés, sur lesquels il y a quelques figures qu'il faudra examiner. »
« Du côté de la sacristie, il y a encore deuxtombeaux sans épitaphes. Dans le passage qui va de la nef à l’aile du côté de la sacristie, il y a plusieurs fragments de pierre, qui étaient autrefois des tombeaux. On en peut déchiffrer quelques restes des inscriptions antiques. Les copier. »
Malheureusement, il n’a pas réalisé ce dernier désir.
La dernière sépulture fut celle de Jeanne Hubert, femme de Gabriel de la Haye, décédée dans la maison abbatiale le 1°” juillet 1748, elle fut creusée dans la nef de l’église. |
Voilà tout ce que les documents nous apprennent sur les sépultures apparentes. En quel état les a lais-
sées la Révolution et la pioche du démolisseur ? C’est ce que nous révéleront les fouilles à exécuter.
0°. — Intérieur de l’église.
Les plans visuels du Monasticon Benedictinum et celui de Médard Gaudelot publié par M. Lecoq (Socrété Archéologique, Mémoires, VIT, 416), donnent une idée plus ou moins exacte de l'extérieur de l’église, du moins après sa restauration de 1640. Primitivement le clocher qui s'élevait sur la croisée du transept était surmonté d’une pyramide ajourée évidemment octogone et terminée par une flèche. Malheureusement l'intérieur nous est presque inconnu. Les auteurs n’en donnent aucune description détaillée. Sauf leurs notes sur les tombeaux, nous n'avons pu recueillir que des observations incidentes et très courtes.
Janvier de Flainville la trouve belle, mais sans enthousiasme : « L'église est assez régulière, quoyque nouvellement relevée et réparée... Il y a des armoiries à la voûte de la nef, au côté de l’épître, à l’autel et aux piliers du chœur. De qui sont ces armoiries ? »
« [n’y a point de chaire à prêcher dans cette église. »
Le fameux récit de la procession de la sainte Châsse en 1681 sera peut-être plus explicite. Les pèlerins arrivent à l’église de Josaphat « qui estoit magnifiquement ornée et tendue de double rang de tapisserie de haute lice tant dans toute la 2e/ que dans le chœur. La chapelle de la Vierge et le tour du chœur estoient seulement tendu d’un seul rang de tapisseries. Les deux autels de la nef estoient parez de beaux ornements d’autel, de croix, etc. Sur le haut de la closturé qui
sépare le chœur de la nef, il y avoit 14 chandeliers. »
« Pour le grand autel, il estoit paré magnifiquement. Aux deux costés du grand autel, assez proche des balustrades, estoient posées deux longues tables...
« Dans le chœur furent les chanoines de la cathédrale, les religieux de Saint-Père, les chanoines de Saint-André, de Saint-Jean et les curés de la ville et banlieue. Les autres curés des villages et les prêtres, avec tous les religieux mendians estoient dans la nef et autour du chœur. » Ce chœur était donc très vaste.
« Le presbytère... estoit rempli de bancelles couvertes aussy de tapisseries pour messieurs du présidial de ville, de l'élection et du grenier à sel. Pour le corps des marchands, on avoit préparé des bancelles dans la chapelle de la Vierge, qui estoit très bien parée.. et pour l'autel rien ny manquoit pour sa beauté et son ornement. »
La relation d’une autre procession célébrée le 11 septembre 1708 nous fournit peu de chose : « La nef est propre, ayant été blanchie depuis peu d’années (1).
« Sur le grand autel, 26 chandeliers... sur le haut de la closture qui sépare le chœur de la nef, il y avoit plusieurs cierges.. Les deux reliquaires de saint Gilduin étoient aux deux extrémités de l’autel de la Sainte Vierge... On alluma aussi deux cierges à la chapelle Saint-Théodore, à cause de la châsse de ce saint... Les vidames gardoient notre porte sur la rue, la porte de l’église, les grandes portes du chœur et celle par la-
(1) Ce badigeon à la chaux fait au commencement du X VIII siècle, encore adhérent au moment de nos fouilles, rendait très visible sur les murs la hauteur du remblai de 1640, la base des murs cachée par ce remblai apparut beaucoup plus foncée.
quelle on va à la sacristie... MM. du présidial étoient entre le chœur et l’autel. »
En résumé : une grande porte ornée d'armoiries, une nef blanchie à la chaux avec voûte en bardeau ornée d’armoiries, séparée du chœur par un jubé ou closture; un tour du chœur ou les balustrades, le chœur, le presbytère ou sanctuaire, l’autel et les piliers du chœur avec des armoiries.
Nous avons déjà nommé les chapelles ; à gauche du côté de l’évangile, la chapelle de la Sainte Vierge; à droite, du côté de l’épitre la chapelle Saint-Nicolas.
La chapelle de la Sainte- Vierge, située à côté du chœur, dans l’aile gauche était le but d’un pèlerinage très fréquenté : « Elle était située dans le transept nord de l’église et possédait à son extérieur une belle fontaine aux eaux limpides et sanitaires, dont la source semblait sortir des fondations de cette chapelle, pour s’écouler, ensuite dans un bassin formant réservoir, d’où elle se rendait dans les canaux de l’abbaye pour se jeter enfin dans la rivière d’'Eure. Assez souvent, surtout aux fêtes de N.-D. il venait en cet endroit des fidèles, soit pour y puiser de l’eau et en emporter, soit pour en consommer sur place. Elle était réputée salutaire pour les maladies du sang se portant à la poitrine ; beaucoup de gens appelaient cette source la Bonne-Fontaine ; d’autres la fontaine de la Vierge. Une petite madone placée dans une niche au-dessus de l’ouverture du bassin semblerait lui avoir donné son nom : un tronc placé à côté servait pour déposer les offrandes. Cette fontaine existe toujours, mais la chapelle de la Vierge et les pieux pèlerins ont disparu.
« Dans la nuit du jeudi au vendredi-saint, un grand concours de peuple se rendait à l’église de Josaphat
EGLISE DE NOTRE-DAME DE JOSAPHAT Fe
dont la porte restait ouverte toute la nuit pour prier dans la chapelle de la Vierge qui était médiocrement éclairée. L'origine de ce pèlerinage remontait, dit-on, au XIV° siècle, époque où le roi de France Philippe VI, dit de Valois, vers 1328, aurait fait déposer momentanément dans cette abbaye la sainte Couronne d’épines. [Il entendit la messe dans l’église du monastère, laquelle fut célébrée par Jean III Pasté, évêque de Chartres, mais non installé (1). »
La chapelle Saint-Nicolas était à l'opposé, dans le transept sud. Le récit des processions de 1681 et 1708 laissent supposer qu'elle n'était plus alors ouverte au public, ou plutôt qu'elle était transformée en sacristie. En effet au lieu d'y laisser pénétrer la foule, les religieux durent « placer les vidames pour garder les portes, même celles de la sacristie, pour empêcher d'y entrer les laics du commun et une infinité de petits clercs qui s’y glissoient pour y boire et manger, ce qui fit de la confusion ».
Or, de la nef on ne pouvait pénétrer que dans la chapelle de la Vierge, à gauche, réservée aux marchands, tandis qu'à droite dans le transept sud, primitivement chapelle Saint-Nicolas et alors sacristie, toute entrée était interdite au public.
Nous trouverons d’ailleurs les traces d’une clôture adhérente aux gros piliers de droite, pour en fermer sans doute l'entrée.
Les autres chapelles dénommées sont la chapelle Saint-Jean l’Evangéliste. Ce saint étant le patron secondaire de l’église, nous la placerions volontiers au chevet, comme l'indique d’ailleurs la note : « proche
(1) Société Archéologique, Mémoires, VIT, p. 436.
la ceinture de l’église. » D. Butreux dit bien qu’ «elle étoit autrefois où est à présent la sacristie » mais il fait toute réserve. L’évêque Robert y avait sa sépulture ; ce que nous n'avons pu vérifier, cette chapelle n'ayant pu être fouillée à cause de la grange construite sur son emplacement.
La chapelle des Anges, que D. Butreux dit aussi « avoir été où est à présent la sacristie », mais sous les mêmes réserves que ci-dessus. Regnault de Moucon y fut enterré (1).
La première chapelle du costé de l'Epistre. Qu'onne dénomme pas, et où était la tombe de Gervais Vuain, abbé en 1554.
Lachapelle Sainte-Catherine,construiteau XITl°siècle par Philippe de Lèves, son fondateur.
La chapelle de Saint-Pierre « à gauche derrière le chœur de l’église » dit Gaignières à propos de la tombe de Jehan le Civil ».
La chapelle Saint-Théodore où étaient vénérées les reliques de ce saint martyr, que Geoffroy de Lèves aurait rapportées de Rome pour sa nouvelle abbaye.
D’après une charte de janvier 1224 (N.-S. 1225) les religieux de Josaphat s'engagent à célébrer une messe quotidienne dans la chapelle des infirmes #7 capella infirmorum, pour Raoul de Saulnières, doyen de Brou, en reconnaissance de tous les dons qu il avait faits pour les malades. (Ch. CCCCVI). Mais cette chapelle devait se trouver dans l'intérieur de l’abbaye.
(1) Lors de la construction du 1° bâtiment du côté gauche (dit bâtiment Marie-Thérèse pour les hommes) il aurait été trouvé un grand sarcophage en pierre qui aurait été laissé dans les fondations. (Récit de la sœur Constance, témoin oculaire.)
Une même chapelle d’ailleurs a pu recevoir des noms différents dans la suite des temps, d’autres furent démolies, comme la chapelle dite du Chapitre. Enfin il existait dans l’église, soit le long des murs, soit près du Jubé, entre les travées, des autels qui souvent, d'après le langage alors usité, étaient réputés chapelles. Nous avons trouvé : « l'autel antique de Notre- Dame près le Crucifix », l’autel de Sainte-Catherine, et l'autel des Apôtres.
Il y avait encore une chapelle dans le clos de l’abbaye sous le vocable de Saint-Benoît, dans le pré qui portait son nom ; et sans doute une deuxième, à l’autre extrémité sous le vocable de Saint-Mard ou Saint-Mé-
dard.
6°. — Vente et démolition de l’église.
La Révolution fut plus funeste à l’église de Josaphat que les guerres des Anglais et le fanatisme des protestants.
Le 17 janvier 1791, on mit en vente la maison abbatiale, l’église avec les cours et jardins pour 16.640 fr., mais sans résultat. Il fallut faire plusieurs lots et le 31 janvier le citoyen Michel Chasles, marchand de bois à Chartres, se rendit acquéreur de l’église avec le terrain situé entre le chemin, à partir de la porte de la première cour jusqu'au mur de la maison conventuelle.
Sa démolition fut aussitôt décidée. Les habitants de Lèves en furent émus, et le conseil en écrivit au district : « Ils sont extrêmement allarmés de la destruction projettée de l’église abbatiale de Josaphat, et du préjudice réel que cette destruction ferait tant à leurs intérêts personnels qu'à ceux de la caisse nationale.
L'église paroissiale... a bien de la peine à contenir tous ceux qui y sont les jours de grandes fêtes. ils prennent donc en considération la solidité d’une église (celle de l’abbaye) à l'épreuve de plusieurs siècles. aussi ils émettent le vœu général le plus ardent pour qu'elle soit église paroissiale ». Mais les événements marchaient avec rapidité et le 1% mai suivant le maire seul, Montestruc, restait fidèle à son premier vote, les autres conseillers arrêtèrent « qu'on n'acquérera pas l’église de Josaphat ». | Pat
La démolition fut donc commencée et le curé de Lèves, l'abbé Crouin, constate avec peine que les propriétaires de l’église abbatiale « qui en commencent la démolition sont tout disposés de traiter avec nous » et adjure une dernière fois le conseil municipal de l’acquérir puisqu'elle « réunit tous les avantages que l’on peut désirer ». Sa voix ne fut pas écoutée, 15 mai. Le 6 septembre suivant les quatre cloches de Josaphat étaient descendues « au moyen de la déconstruction du clocher ».
Le monument ainsi détruit, il fallait en faire disparaître même le souvenir, et une plantation d’arbres en quinconce fut faite sur son emplacement, et elle figure encore sur les plans dressés lors des premières constructions de l'asile actuel d’Aligre, les racines en furent retrouvées à espaces bien réguliers, lors de nos fouilles.
Le mobilier, les statues, les reliques furent profanés., Des témoins oculaires en témoignent sous la foi du serment le 14 septembre 1849, lors de la reconnaissance des reliques de saint Théodore, à laquelle procéda ME" Pie, évêque élu de Poitiers et vicaire général de Chartres : « Cum ad nos delatum fuerit unam e costis
S. Theodori, militis et martyris.. per personas de religione bene meritas fuisse conservatam, et ab incendio quo capsa et maxima pars reliquiarum, nec non et Imago ac vexilla sancti martyris, ante portas ecclesie fuere in cinerem redacta, luctuosis temporibus gallicæ subversionis, pie sublatam... auditis acceptisque... Philippæ Gommier, neptis Annæ Scholasticæ hujus sacri depositi primæ custodis (1) admodum firmis et valentibus testimonuis, etc. « Signé: L. E. Pie, episc. Pictaviensis designatus, vicar. gener. Carnotensis. »
Les matériaux de l’église furent dispersés un peu partout. À Chartres nous avons trouvé en 1898 dans une maison en face la cathédrale, une pierre carrée portant une inscription relative à la sépulture de Jean de Salisbury et à celle de Pierre de Celle. Janvier de Flainville la vit au milieu du XVII siècle et la copia. C'est bien exactement celle que nous avons publiée dans le Bulletin Archéologique, 1898, p. 43
On nous a signalé à Chartres, une maison, rue de Bonneval, construite par le fameux Morin, architecte lors de la Révolution, appartenant à feu M. Pinson, dont les appuis des fenêtres ne seraient que des pierres tombales d’évêques provenant de Josaphat ; l’archéologue chartrain Lecocq les aurait reconnues, lors d’une restauration, il y a une trentaine d'années.
Nombre de jolis chapiteaux d'une sculpture du XIT° siècle gisent çà et là dans le pays de Lèves, dans des
(1) Une autre personne, Sébastien Jumentier, cultivateur à la ferme du Bois de Lèves, donna refuge à 14 prêtres proscrits pendant la Terreur, et les installa dans la partie la plus secrète de sa vaste habitation : sa femme, la bonne Geneviève, leur prodigua les soins les plus respectueux. Parmi ces proscrits se trouvait Jacques-Louis . Brière qui fut guillotiné à Chartres le 22 août 1794.
maisons particulières, provenant évidémment de l’abbaye ; ils sont du même style que ceux conservés encore sous les cloîtres avec les pierres tombales arrachées au sol de notre église, lors des contructions des différentes parties de l'asile d’Aligre.
Après avoir ainsi parcouru les documents écrits, il nous reste à consulter sur place les ruines, les débris, les. pierres éparses, les fragmeénts de pierres tombales, etc., pour contrôler ces données, les confirmer, les préciser et suppléer à ce qui était resté dans l'ombre. C’est le but de la 2° partie de cette étude.
Parties du XII ©
Z2 Parties du XIV ©
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Pi. XI. ÉGLISE NOTRE-DAME DE JOSAPHAT (Eure-Et-Lorm).
Longueur totale de l'Eglise, che, à l’axe de l’église, 188 transept, 9% 80.— Largeur du du déambulatoire, 470.
69" 50.— Longueur du transept : du mur de gau-
. — Largeur de la nef, 127
anctuaire et du déambulatoi