FERTILE, COSTA D’ALTO MONTE PENDE
Après avoir vu sur notre parcours depuis Florence, ces villes et ces bourgs perchés comme des nids d’aigles sur les sommets des Apennins qui méritent tous une visite, ‘car il n'est pas dans ce parcours de cime si âpre et si nue qui n’ait son ermitage et son sanctuaire visités des pèlerins.” (2)
Après avoir songé aux pieux et touchants souvenirs que nous rappellent ces noms si célèbres pour Part et la piété, comme Arezzo, Cortone, Perouse, quelle douce satisfaction éprouvions-nous, en nous trouvant en vue de ce sanctuaire si admirable d'Assise, qui dit tant de choses à l’âme et au cœur !
La température était élevée, comme elle l’est déjà au mois d'avril en Italie ; les arbres couverts de feuilles, les champs fraîchement ouverts par le soc de la charrue, contrastaient par leurs teintes éclatantes avec les couleurs douces d’une veraure naissante.
Ici, la chaîne des Apennins s'ouvre en amphithéâtre ÿ
(1) C'est une côte fertile quiest suspendue sur une montagne élerée.—Paradis, XI,46. (2) Ozanam, Assise, Tome V, ehap. 2.
trois sommets s'élèvent en cercle devant vos regards : sur l’un est le couvent le Sucro-Convento, sur l’autre la ville entourée de ses remparts et de tours, et couronnée par une immense citadelle ; sur le troisième sommet, à droite, l’entrée du désert, où François passa tant de jours dans la sclitude et la prière ; enfin, devant soi, cette plaine, où plusieurs fois avant sa mort, le saint put voir camper ses disciples trop nombreux pour loger dans la ville ; mais du reste, le site ajoute encore à l'impression de ces souvenirs. Ces monuments sont entourés de toutes les richesses de la nature, avec un beau ciel, un doux climat, éclairés par la plus riche lumière.
On sait quelle était la dévotion de St. François pour les splendeurs de la création, et en voyant Assise, par un beau jour, vous comprenez le sentiment qui inspira le saint pour last que, dans un cantique enthousiaste, il appelle Monsei: ‘eur le Soleil !
Or, quand rous arrivâmes, le ciel était d’un bleu pur et limpide, c’était une voûte de saphir; l'air si clair et si transparent, que les constructions du couventet de la ville apparaissaient nettes et détaillées à deux milles de distance, comme si elles eussent été à deux pas. Nous pouvions tout distinguer: le monastère massif comme une forteresse, supporté par deux rangs d’arcades en granit superposées, qui n’ont pas moins de 100 pieds d’élévation et près de 1000 pieds de longueur, et au-dessus de tout se découpant sur le
ciel la silhouette de la grande Eglise avec ses tourelles et son campanile.