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La vue de la campagne d’Italie a de telles beautés qu’on ne peut l’exprimer. Que de mots il faudrait pour dire ce que vous éprouvez en un instant : un ciel éclatant et doux, point de distances à cause de la pureté de l'air, vne lumière qui transfigure les objets. L’herbe est une tenture de velours aux reflets changeants, les constructions ont tantôt les tons de la neïge, tantôt l'éclat de l’or, tandis que dans les lointains les différents plans des montagnes apparaissent séparés par | des foyers de lumière, c’est Ià qu’on peut reconnaître É ce qui à 4t6 souvent dit, qu’en Italie le soleil est un
grand peintre, un grand enchanteur ; c’est là qu’on
comprend les enthousiasmes que St. François éprouvait
pour lui.
Enfin, on s'explique aussi comment ceux qui habi- | tent les climats brumeux et les cieux voilés du Nord de l’Europe, Anglais, et Russes, traversent sans cesse les Alpes, remplissent les voies et les hôtels de l'Italie et ne peuvent se lasser de venir admirer ces mer- | veilles. D'ailleurs cet éclat n’a pas un seul aspect, | uniforme ou monotone : la lumière scintille, l'air vibre et à certains changements de nuages, il arrive de ces transformations merveilleuses dont on ne peut avoir une idée en d'autres pays, que lorsqu’on recourt aux splendeurs des illuminations électriques.
Dans le lointain, les dernières cimes apparaissent toutes bleues, se détachant sur les fonds rouges et blancs d’un horizon qui embrasse, en cet endroit, au moins trente lieues.
HAE A Nous fâûmes bientôt tirés de cette contemplation par des cris effrayants. On avait ouvert la porte de la station, et nous nous trouvions en présence d’une masse de voituriers, de guides, de ciceroni qui se disputaient l'avantage de nous conduire al Sacro Convento. Quelques-uns étaient surtout remarquusles par une volubilité de paroles indescriptible, d’autres par une pantomime et des contorsions telles qu’ils semblaient prêts à éclater et à sortir de leur peau; il était difficile, du reste, de décider qui est-ce qui criait le plus fort; mais comme ils faisaient mine de se jeter sur nous et que nous aurions couru le risque d’être séparés les uns des autres, nous nous empressâmes d’aviser dans le groupe, celui que nous jugeñmes le plus capable de nous soustraire à l'élan de ces énergumènes. Et en effet, après lui avoir signifié que nous n'avions pas besoin d’un autre cocher que lui, il répéta notre injonction sur un ton qui ne permettait pas de réplique, étant accompagné de gestes exécutés avec un énorme manche de fouet.
Nous montons en voiture, mais notre conducteur n’avait compris qu’un seul point de nos recommandations, c’est que nous ne voulions qu’un seul cocher, et dès lors il pensait qu’il n’avait pas à s’inquiéter des guides. Aussi à peine en marche nous nous voyons accompagnés par trois de ces honnêtes fonctionnaires. L’un sur le siége du cocher, l’autre dans notre dos sur le strapontin, enfin le troisième courant près des roues du véhicule, et tous les trois nous assourdissant à la
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fois de la description anticipée de toutes les merveilles que nous allions contempler à Assise,
Nous étions tellement étourdis de ce triple discours débité à tue-tête, que nous enjoignons à notre cocher de nous débarrasser de ces trois intrus. Il commence par nous rétorquer avec la plus extrême violence que nous ne lw en avions pas parlé en le prenant, mais comme nous ne cédions pas, il se retourne alors avec toute son éloquence contre les trois interlocuteurs qui répondent sur un ton encore plus haut, entremêlant leur vacarme de gestes si véhéments et si passionnés à poings fermés que nous pouvions penser que nous allions assister à quelque bataille, lorsque tout à coup et au plus fort de leur harangue, les guides jugeant qu’il n’y avait rien à attendre de nous, se taisent comme par enchantement sur un dernier cri, sautent en bas de la voiture et disparaissent en un instant, ce qui n’est pas étonnant, vu l'immense quantité de poussière que notre véhicule au galop soulevait sur notre passage.
En£n délivrés de toute obsession, nous pouvions nous recueillir à notre gré et n'avoir d'attention que pour le but de notre saint et pieux pélerinage.
Ces importunités auxquelles on est exposé en voyage ont leur côté intéressant, parce au’elles mettent en relief ce caractère italien, si vif, si impétueux, mais en même temps si rempli d’aimables et riches qualités; ces gens qui s’empressent pour vous être utiles s’attendent sans doute à un salaire, mais ils le font avec une telle bonne grâce et de tels témoignage” de dévouement, qu’on no peut leur en
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savoir absolument mauvais gré, et qu’on leur pardonne. Dès qu’on s’est prononcé résolument et qu'ils n'ont plus à croire qu’on change de décision, alors on peut être assuré qu'ils ne reviendront plus à la charge, de même qu’on peut généralement compter sur le zèle et sur le déveuement de celui que l’on à choisi et à qui l’on a donné sa confiance, ce qu’il ne faut faire toutefois que sous bénéfice d’inventaire.
En ce moment, que de souvenirs pieux et touchants nous rappelait la perspective que mous avions devant les yeux. Voici le lieu où St. François a reçu le jour, voici sur les remparts ces terrasses élevées où il méditait sur les volontés divines ; là, cette montagne où il allait ensevelir ses plns rudes pénitences. Près de nous, Ste. Marie des Anges qu’il embauma de tant de prières ; ces champs que nous traversons 1l les à parcourus et ils n’ont pas changé d’aspect, depuis son passage ; le chemin où nous sommes est le lieu où, mourant à l’âge de 44 ans, il fit arrêter la litière sur laquelle on le portait, pour bénir de loin cette patrie qu'il avait tant aimée ; et enfin, sur la çime, son tombeau, cette église à truis étages et aux douze flèches en mémoire des Saints Apôtres.
La voiture continue sa course et nous méditons sur la vie du grand saint que nous venons honorer.
Au XIle siècle, l'Eglise était arrivée à l’une des plus grandes crises qu’elle eût jamais traversées : avec les années, les vertus chréviennes s’étaient altérées, les
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maximes Ge l'Evangile n’étaient plus en honneur ; les grands dévouements manquaient, les grands exemples étaient surtout pour le scandale, et les cœurs se tournaient de nouveau vers les illusions des temps payens.
Toutes les classes participaïient à cet entraînement, les grands semblaient n’avoir d’autre ambition que d’affronter la destinée du mauvais riche de l'Evangile, tanäis que :à multitude, ne pouvant aspirer aux mêmes jouissances, s’en voyant exclue, ne rêvait que les moyens violents qui pourraient les lui procurer.
Aussi l’égoisme et la jalousie se partageaient le monde, et les chrétiens dégénérés, se préparaient en blasphêmant à des luttes épouvantables.
Les SS. Pontifes furent les premiers à signaler le mal, ils voyaient dans des songes propnétiques Pédifice de l'Eglise, s’incliner, pencher vers sa ruine et ils cherchaïent dans leur sollicitude à le raffermir et à l’assurer sur sa base. Rome envoya des missionnaires, des prélats, un légat même pour prêcher la paix, la vérité + la soumission aux puissances temporelles ; meis 1es envoyés de Rome furent repoussés, chassés, et toute PExrope poussa un eri d’horreur, lorsqu'on apprit que Pierre de Castelnau, légat du St, biége, avait été assassiné par les rebelles du Midi de
la France.
Le mal se répandait, il y avait les Albigeoïs dans le Languedoc, les Pauvres de Lyon qui prêchaient la révolte, les Vaudois en Itaie, et les uns et les autres avaient des adhérents dans le reste de l’Europe.
Les moyens de persuasion n’ayant pas réussi, l’autorité temporelle employa ses ressources. Les Seigneurs menacés dans leur puissance descendirent de leurs forteresses avec leurs hommes d’armes, contre les multitudes soulevées, qui proclamaieut la destruction de toute puissance spirituelle et temporelle, et qui avaient semé partout l’incend'a et les massacres. Les armées couvertes de fer se jetérent sur les novateurs, de grands combats furent livrés, des champs de bataille couverts de victimes, des villes rasées, des populations entières égorgées comme à Carcassone et à Beriers où l’on comptait les victimes par des dix et vingt mille ; mais ces moyens violents n’assuraient pas la victoire et les Saints Pontifes prévoyaient avec douleur des ressentiments implacables et d’affreuses représailles.
Or, en ce temps-là, à Assise il y avait un jeune homme nommé François, connu et aimé de toute la ville par de brillantes et aimables qualités. Les jeunes le regardaient comme leur chef dans leurs fêtes, par l'entrain et la vivacité de son caractère ; les pauvres, les malheureux le bénissaient parce qu'ils avaient éprouvé souvent la bonté de son cœur, enfin les plus sages et les plus pieux l’estimaient, quelques-uns même avaient comme une sorte de vénération pour lui, parce que au milieu de l'entraînement de l’âge, ils avaient reconnu en lui une pureté et une horreur du mal qui lui faisait fuir avec répulsion tout ce qui pouvait être mauvais et funeste aux vertus qu’une mère pieuse et exemplaire avait déposées dans son cœur. (1)
(1) Acta Sanctorum. Thomas Ceïllano, Vita St. Francisci,
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Quoiqu'il en soit, des dispositions heureuses de François, c'était surtout pour ses qualités extérieures qu’il était regardé et traité par ses amis comme le chef de la jeunesse, et on le voyait souvent, suivi d’une troupe nombreuse de compagnons, tous couronnés de fleurs, parcourant les rues, le soir, avec des torches et en chantant ; lui, le bâton de commandant à la main.
Or, Dieu qui en ce temps parlait aux prélats de l'Eglise et aux âmes les plus samtes pour leur révéler les maux qui menaçaïent l’œuvre de son divin Fils, ne dédaigna pas de parler à cette âme si vive, si légère, si éprise de plaisir, mais qui, dans ses plus grands entraînements, avait au moins conservé précieusement ces qualités excellentes, si chères au cœur de Dieu, la bonté, la compassion, la pureté, et l’aversion du mal.
François entendit cette voix, d’abord avec surprise, mais 1l ne la repoussa pas; il vit les dangers épouvantables que courait le monde ravagé par l’impiété etle débordement des plus affreuses passions ; il g£missait en considérant son Maître de nouveau immolé et tourmenté sur la croix ; il se désolait en pensant aux maux de l’Eglise, et en voyant sur le penchant des abîmes les âmes qu’il aimait le plus en ce monde, et après s'être livré à ces pensées, en même temps il ressenta‘t un grand vide dans son cœur, Dieu le rendait chaque jour plus sensible aux maux de l’iniquité croissante, et le monde avec ses espérances et ses joies s'évanouissait à ses yeux comme une vaine image, Ce qui occupait de plus en plus son cœur, c’était son Dieu
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crucifié, les Âmes menacées, et les abîmes de l’enfer s’entrouvrant devant des multitudes abusées.
François lutta d’abord contre ces impressions intérieures, si éloignées de ses premiers sentiments ; il s’en ullait encore chercher la distraction sur ces belles terrasses d'Assise où il aimait tant autrefois à s’enivrer du spectacle de la nature, du ciel et de cet horizon magnifique ; mais tout cela était devenu triste et sans charme pour lui ; (1) ou bien il réunissait ses compagnons, il organisait encore des fêtes brillantes et de ces réjouissances et de ces promenades qu'il conduisait autrefois avec tant de joie et d’ardeur, mais il s’y sentait pris d’amertumes et de tristesses indicibles. (2) Enfin la grâce porta ses derniers coups, ses yeux furent éclairés, son cœur gagné, et dans l’ardeur vive et pure qui le remplit, il comprit qu’il n’y avait que l’amour de Dieu et l'oubli du monde qui pouvait tout sauver, mais l’amour du Dieu crucifié, et l’oubli du monde poussé jusqu’au mépris de toutes ses jouissances et de ses biens.
Alors après avoir longtemps prié et affermi son cœur, il ne refuse pas de réaliser en lui-même ce qu’il croit nécessaire pour tous. Bien plus, pour consoler le cœur de son Dieu outragé, et sauver ses frères par l'exemple, il ne craint pas de pousser l’amour de la croix jusqu’à la folie, et le mépris des biens du monde jusqu à un héroïsme effrayant et révoltant pour la nature.
(1) Cellano, Vita Francisci, (2) Cellano, Zbid m.
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I] lutte longtemps contre son père, contre ses amis, il ne se laisse ébraaler ni par leurs insultes, ni par leurs menaces, et enfin un jour il sort dans les rues d’Assise, le regard ravi au ciel, vêtu d’un sac, ceint d’une corde, les pieds nus, lui, le prince de la jeunesse élégante, et rempli d’un saint transport que rien ne pouvait plus arréter, il s’écrie en annonçant la nouvelle du salut : Seigneur, ayez pitié de nous et de madame la Pauvreté.
En effet, il voyait en elle toutes les vertus chrétiennes et le salut de l'Eglise ; en elle l'amour du Dieu souffra, ! et pauvre, l’amour des vertus qu'ii a enseignées et pratiquées, le détachement pour les plus riches, ia patience pour les plus malheureux. En elle seulement, il voyait la réconciliation des enfants de Dieu, leur union et leur salut: et Dieu a montré qu'il ne s'était pas trompé.
“ Les premiers, dit Frédéric Ozanam, qui le virent passer, demi nu, ‘ déchaussé, sur les places de ceite ‘“ ville dont il avait été l’ornement et l’orgueil, le ‘ réputaient pour ur insensé et lui jetaient de la boue «6 et des pierres. Et cependant en se faisant pauvre ‘et en fondant un ordre de pauvres comme lui, il ‘ honoraïit la pauvreté, c’est-à-dire la plus méprisée ‘6 et la plus générale des conditions humaines, il mon- ‘ trait qu'on y peut trouver la paix, la dignité, le 6 bonheur ; il calmait ainsi les ressentiments des classes ‘4 indigentes, il les réconciliait avec les riches qu’elles ‘ apprenaient à ne plus envier, il apaisait cette vieille ‘6 guerre de ceux qui ne possèdent pas contre ceux qui ‘ possèdent, raffermissait les liens relâchés de la société
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“ chrétienne, en sorte qu’il n'y eut pas de politique ‘ plus profonde que celle de cet insensé.” (1)
Cette sagesse de l’amour ravit les Âmes : peu d'années après, François avait plus de cinq mille disciples appartenant à toutes les contrées et à toutes les classes de la société qui l’entouraient comme leur sauveur. Mais ce n'est pas tout : “ François ouvrit une source de ‘ grâces pour toute l’Eglise, chacun pouvait y puiser ; $< 1] y avait des trésors pour chacun. Le Tiers Ordre ‘ qu’il fonda reçut une multitude de personnes qui ne ‘“ pouvaient quitter le monde, mais qui pouvaient ainsi ‘ concilier les devoirs de leur condition avec la per- ‘ fection monastique.”
Ce fut la gloire des princes, des souverains, pendant plusieurs siècles d'aller chercher dans ler Tiers Ordre l'appui d’une règle plus forte contre les faiblesses humaines.
Que de réflexions ces souvenirs nous suggèrent ; actuellement la société se plaint et gémit, les autorités spirituelle et temporelle envisagent l’avenir avec crainte, les vertus chrétiennes sont mises en péril par des attaques et des exemples funestes ; les illusions des siècles payens ont repris leur empire ; de grands maux sont déjà arrivés, de plus grands encore sont redoutés pour l’avenir.
L'autorité spirituelle a signalé le mal et a souvent déclaré qu’elle n’attendait pas son salut de la force, de la puissance, mais surtout de la connaissance de la
(1) Ozanam, les Francisçains, tome V,
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vérité, et du retour aux saintes doctrines de l'Evangile,
Mais comment se manifesteront les signes du salut et de la délivrance des peuples, quels grands exemples sont désormais nécessaires pour enlever la multitude à l'entraînement des biens du monde, et au mirage dangereux d’une liberté trompeuse ?
Nous étions arrivés au sommet de la colline, et nous voyions alors de près la porte de la ville, voûte sombre et profonde appuyée par deux contre-forts imposants qui la relient à ces antiques remparts garnis de tours qui ceignent la vieille cité, et qui l’ont plus d’une fois défendue contre ses ennemis. À peu de distance est l'endroit où Ste. Claire, portant la sainte Custode, apparut à l’armée des Sarrasins qui envahissaient l’enceinte, et, par un prodige qui eut toute la ville pour témoin, les renversa du haut des murs et les mit en fuite.
Nos chevaux gravissent des pentes rapides à travers des rues pavées d'énormes quartiers de roche, et où l’on ne peut faire dix pas en ligne droite ; tout est calculé pour mettre à l'abri du soleil, dans ces rues si contournées, où l’on a toujours quelque chance de trouver l’ombre, et si étroites que l’ombre se projette
sur le mur opposé à une assez grande hauteur.
Enfin, on arrive à l’entrée du monastère précédé d’un cloître très-long, à arcades élégantes ; c’est là que les pèlerins des temps passés venaient attacher leurs montures.
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A l'extrémité, on voir les trois églises bâties l’une sur l’autre. Le roc de la montagne a été taillé de manière à permettre l'accès aux deux églises inférieures, tandis que l’église supérieure est de plein pied avec le sommet du rocher. Le corps du Saint repose en bas dans un sanctuaire tout revêtu de marbre et creusé à près de cent pieds de profondeur, Ce sanctuaire est en communication avec l’église moyenne par un escalier immense, assez large pour que, du tombeau du Saint, on voye l’autre sanctuaire, et pour que, de celui-ci les pèlerins puissent assister aux messes célébrées au pied du tombeau où le Saint repose derrière une châsse de fer.
Cette église de 90 pieds de longueur sur 60 de largeur, a été creusée et revêtue de marbre au commencement de ce siècle, et si elle est un signe de la vénération de notre temps pour St. François par la richesse de ses matériaux ; par sa construction massive et disgracieuse, elie est un triste témoignage de la décadence où l’art religieux est tombé de nos jours.
Cependant elle a quelque chose de grave et de sérieux qui contraste avec les beautés que l’on entrevoit dans l’étage supérieur, et, comme l’a dit un publicists éminent, elle exprime la destinée du chrétien qui, du milieu des ombres de la mort, peut contempler le rayonnement surnaturel du Sauveur.
Après avoir honoré le Saint, vu la triple armature de fer dans laquelle il repose, les pèlerins montent ensuite dans l’église mtermédiaire qui a près de 225 pieds de longueur et 90 de largeur avec ses chapelles latérales,
La nef du milieu est une voûte surbaissée supportée par douze faisceaux de colonnes, revêtues de torsades dorées ainsi que les chapitéaux ; et la voûte ellemême, en azur constellé d’or, est divisée par des nervures, rouge, blanc et or qui ont le plus riche aspect et brillent de mille reflets, à la lueur des cierges des pèlerins, placés dans des candelabres continuellement allumés.
L'ornementation est des plus riches; broderies, torsades, enroulements, entremêlés de feuillages et d’ornements symboliques, figurines de saints et emblêmes ressortant délicatement sur des fonds d’or, et accompagnés d’encadrements pleins d'élégance et d'harmonie.
Que d’églises on donnerait pour cette seule voûte | C’est d’un bout à l’autre comme une végétation immense qui part du sol, tapisse les murs, s’enroule autour des faisceaux de colonnes, s’épanouit autour des chapiteaux et s'en va étendre ses fleurs et ses fruits d'or sur les nervures et l’azur des voûtes.
Outre ces merveilles de la décoration générale, il en est d’autres spéciales. Les stalles du chœur chargées de fines sculptures; des escaliers tournants, montant à la troisième église et tout couverts d’ornements ; la chaire en marbre avec ses colonnettes de jaspe et de porphyre accompagnées de mosaïques précieuses ; et enfin les parois des murs, aux fresques éclatantes, entourées d’encadrements merveilleux.
L'harmonie de la décoration est parfaite ; ces divers combinaisons de l’or, des mosaïques, des fresques sont excellentes, et se complètent les unes par les autres,