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Eglise St. Vincent de Paul, Montreal; decorations interieures

LA REPUT AT TON QUE NOUS AYONS ACQUISE PAR NOS TRAVAUX SUR VERRES COLORIES EST SI GRANDE QUELLE OFFRE UNE GARAN- TIE A CEUX QUI NOUS DONNENT LEURS COMMANDES.

REFERENCES : L'EGLISE DE NOTRE DAME A ST. JOHNSBURY, VT., E.U., L'EGLISE DUREV. LEONARD BATRY,V.G., A MILWAUKEE (TRAVAIL APPROUVE PAR SA GRANDEUR l'eVEQUE OTTO JAR- TE DE ST. CLOUD, MINX- ; LES CHAPELLES. DU SACRE COEUR, A MONTREAL ET HALIFAX ; L'EGLISE DE ST. BRIGITTE A OTTAWA, ONT., LE COUVENT DE STE- ANNE, A LACHINE ; LA BASILIQUE DE QUEBEC ; QUATRE VERRIERES A PERSONNAGES (COMMANDE DE SON EMINENCE LE CARDINAL TASCHEREAU).

AYANT FAIT UNE ETUDE SPECIALE DE L'ORNEMENTATION SUR VERRE, NOUS POSSEDONS UNE CONNAISSANCE PARFAITE DE CET ART.

NOUS SOLLICITONS L'HONNEUR DE CONCOURIR AVEC LES ETABLISSEMENTS DES PAYS ETRANGERS.

Vin de Quinine de Garnpbell

Le Grand Tonique, Fortifiant par Excellence.

Préparation hygiénique, et hors ligne dans les cas de dyspepsie, perte d'appétit, abat tement moral, malaria, etc. etc., etc.

Exigez le vin fabriqué par les soussignés, car c'est le véritable et original ¥11 DE QUININE.

KENNETH CAMPBELL âc CiE.,

EGLISE SAINT VIXCENT DE PAUL, MONTREAL. Vue d'ensemble.

Domine, dilexi decorem

dormis tuse. . . Ps. 25, V. vili"

L'art est pour tout le monde, quoique tout le monde n'ose pas en parler. Ceux qui admirent le plus ses beautés sont par le fait même presque des critiques de quelque valeur, et ils ne s'en doutent pas ! Je me risque. En l'absence de juges attitrés, les passionnés, comme moi, peuvent bien dire un mot, tout en reconnaissant leur impuissance à faire école. Si je bats des mains à l'audition d'un discours, c'est qu'il me plait — et j'ai le droit de le manifester. Si devant une peinture je m'écrie: "C'est beau ! " c'est que la chose me touche cà l'endroit sensible. Libre aux autres de penser autrement.

Le ciseau, la plume, et le pinceau, trois outils qui n'ont pas le reflet et le prestige immédiat de l'épée, trois instruments portés par des citoyens en habit de ville, produisent les seules œuvres dont les nations aiment à s'enorgueillir par la suite. Dans le terme ciseau j'inclus le compas de l'architecte, et dans l'architecte il y a du peintre et de l'écrivain, en ce sens que tous ensemble contribuent à rendre durables les conceptions idéales dont l'humanité s'est toujours montrée avide. Les richesses de Babylone, d'Athènes et de Rome sont disparues et mêmes oubliées ; les œuvres d'art que renfermaient ces capitales restent célèbres et admirées. Aucun peuple n'a pu figurer dans l'histoire universelle sans la participation des artistes. Du temps des monarques absolus aucun d'eux ne s'est fait un nom respecté s'il a été indifférent aux travaux des sculpteurs, des architectes, des peintres et des écrivains. L'étincelle divine qui est en nous est l'élément principal de toute grandeur. Celui qui la méconnaît est un barbare, et la postérité le traite froidement, comme un personnage incomplet. Les artistes, ne pouvant s'élever physiquement au-dessus de la terre, parce que Dieu leur a refusé les aîles du corps, se servent des aîles de l'esprit, et construisent des monuments qui durent des siècles. Ils mettent sous nos yeux les modèles rêvés par chacun de nous, mais évanouis de nos souvenirs à mesure que le temps marche. Quand ils ont fixé sur le marbre, la toile ou le papier une ressemblance de ces extases dont l'homme est favorisé par la volonté d'en haut, que peuvent-ils demander de plus ? Tous les talents réunis ne sauraient faire davantage. C'est le feu du ciel, la pensée céleste, l'inspiration suprême devenus visibles, et cela par la main d'un homme ! Atteindre un pareil sommet c'est faire honneur à son pays, se procurer des jouissances intellectuelles enviées, enfin, jouer parmi les siens un rôle qui impose le respect, bien que la fortune ne suive pas assez fidèlement le chemin parcouru par les artistes. Celui qui meurt en disant avec vérité : "J'étais de ceux-là," peut dire qu'il a fait une belle vie.

ST. VINCENT DE PA UL

M. Mélodie est de ceux-là. Par sa position à l'Ecole des Arts et les nombreux travaux qu'il a exécutés, il contribue à donner une forte impulsion à l'éducation artistique de ce pays.

M. Meloche appartient à l'une des plus anciennes familles du Canada. Il est en train d'illustrer son nom. Hébert, il y a dix ans, me portait à parler de lui pour ce même double motif. Quand je serai vieux ou parti de ce monde, ils se rappelleront mes coups de plume, car, voyez-vous, c'est avec de l'encre que je tente de servir mes compatriotes : cette encre ne tache jamais et elle éclaire ici et là. Et, d'ailleurs, on leur doit beaucoup à ces braves et jeunes artistes, qui, par leur fermeté au travail, savent se faire un nom honorable dont la patrie tire de la gloire. On les méconnaît souvent, et quelquefois même on ne les estime que lorsqu'ils ne sont plus. Qu'importe, ces fidèles de l'art restent quand même cramponnés à leur devise : " Haut les cœurs, Dieu est vrai et|l'art est divin."

Que n'a-t-il pas fallu de vaillance pour mener à bonne fin l'entreprise de décoration de l'église de Saint-Vincent de Paul de Montréal !

L'intérieur de cette église est l'un des derniers ouvrages dûs aux artistes canadiens. C'est le cas de dire, comme un certain maire fantastique : " Notre pont a été construit chez nous." MM. Perrault et Mesnard sont les architectes du nouveau monument, et M. F. Ed. Meloche le peintre heureux. C'est du style romano-bysantin. Comme en France et en Allemagne, on a tenté de reproduire des hardiesses qui rappellent les œuvres du Moyen- Age, et cela devient surtout une nouveauté dans notre pays, où il n'existe aucun modèle de ces anciens monuments. Dès le premier coup-d'œil je me suis senti fier de nos gens. Il me semblait que je pouvais dire avec le Bernin admirant les cariatides de l'hôtel-de-ville de Marseille: " Qu'est-il besoin d'aller chercher des artistes en Italie lorsque l'on a en France l'homme qui a fait cela! "

A MM. Perrault et Mesnard sont dûs les plans de l'ensemble des décorations. La magnifique procession de saints qui se déroule tout autour de la retombée de la grande nef est de M. Meloche. Ceci forme la principale frise du temple. H. Flandrin en a peint, une de ce genre dans l'église de Saint-Vincent de Paul de Paris ; M. Meloche, sans trop imiter le maître, a eu le courage de le suivre — et il peut montrer son œuvre avec fierté. Les personnages ne sont pas traités d'après la manière de Flandrin, à cause de la différence du style de l'édifice ; de plus, le manque d'une lumière abondante a gêné notre artiste. La composition est souple et imposante à la fois. Les draperies sont naturelles et sans surcharges; les couleurs, chaudes autant qu'agréables, conviennent au caractère de chacun des héros du sujet. Les hommes ont des figures expressives et nobles; dans celles des femmes un rayonnement doux et suave nous attire. Le dessein est accentué, modelé, léger même, mais en harmonie avec l'ensemble de la décoration.

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