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fasse attention à la direction qu’elle va prendre, car une occasion splendide lui est offerte de reconquérir son infiuence sur le monde ! Les circonstances présentes constituent une sommation suprême de l'Eternel à l'Eglise. Il faut qu’elle s’élargisse et qu’elle devienne le foyer d’une vie toujours plus intense !
Remarquons que « dans tous les plus grands mouvements en avant de l’humanité la religion fut une des forces à l’œuvre ». Mais la réciproque est vraie, et à l’aide de l’histoire on peut facilement constater que « les plus grands mouvements religieux en avant ont toujours été provoqués par une situation historique critique ». Il est assez rare, en eflet, que les mouvements religieux les plus importants soient purement religieux par leur origine et leur caractère. De cela, la Réforme du xvi° siècle est une illustration classique : car, la cause profonde fut la colère des nations du Nord contre l’exploitation financière de la papauté, et pas seulement la restauration de la doctrine évangélique sur la base de la Bible.
& plus, les nations ne déploient toutes leurs capacités que lorsque la religion entre en rapports étroits avec les germes de vie qui sont en elles. C’est ainsi que nous pouvons nous expliquer le rôle considérable joué par des petits peuples, tels que les Hollandais et les Suédois. En éveillant ainsi les pouvoirs latents de l'humanité, la religion a gagné, chez eux, une influence nouvelle.
Nous nous trouvons, nous aussi, au milieu d’un vaste mouvement historique. Saurons-nous en profiter ? « Si le Christianisme ajoutait sa puissance morale aux forces sociales et économiques qui sont à l’œuvre pour susciter une organisation plus juste de la société, il prêterait ainsi un tel appui à la cause de la justice et du peuple que nous pourrions faire lire à nos descendants une page magnifique de l’histoire de l’Eglise. » Et en retour l’essor donné à l'Eglise l’obligerait à sortir de son étroitesse. « Si elle veut consacrer sa vie à cette cause de Dieu, elle la sauvera. Si elle suit les chemins de l'intérêt et de la pru-
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dence, elle s’apercevra bientôt que sa sagesse n’était que folie. » Car « si l'Eglise veut se confiner dans la théologie et la Bible et refuse d'accomplir la grande mission qu’elle doit remplir à l'égard de l’humanité, sa théologie deviendra peu à peu une mythologie et sa Bible un livre fermé. »
Mais il faut bien se persuader que « l'Evangile pour exercer une grande influence sur une époque doit être la plus haute expression des vérités morales et religieuses de cette période ». Par conséquent, si l'Eglise n’a aucune conviction arrêtée, ni aucune pensée audacieuse, sur la question primordiale des temps présents, son autorité sur tous les autres sujets diminuera considérablement aux yeux de tous nos contemporains. Mais « l'Eglise ne doit pas permettre que les jeunes gens en pénétrant dans la sphère des pensées religieuses, aient l’impression de se trouver dans une chambre enfumée. Quand le monde engendre un idéal de justice plus élevé, l'Eglise ne doit pas l’ignorer, si elle veut conserver la conduite morale des âmes. »
L’enjeu de l'Eglise dans la crise sociale actuelle est immense. Car si la société continue à se désagréger et à tomber en décadence, elle entraînera l'Eglise dans sa chute. Mais si l'Eglise cherche à accomplir la volonté de Dieu, elle recevra de nouvelles visions d'En Haut ; et portant au monde un nouveau message elle acquerra une nouvelle autorité.
« C'est une conviction enracinée au plus profond de l'Eglise que le monde — tel qu’il est — est mauvais et doit céder un jour la place à la vraie humanité que dirigera l'Esprit de Jésus-Christ. Durant mille cinq cents ans ceux qui désiraient vivre en chrétiens se retiraient du monde mauvais pour mener une existence solitaire. Mais cette conception ascétique est, de nos jours, complètement abandonnée. Aussi sommes-nous en présence de cette alternative : ou l'Eglise doit condamner le monde et s’efforcer de le transformer, ou bien elle doit le tolérer et s’y conformer. Si elle s’arrête à ce dernier parti elle abandonne pour toujours la sainteté de sa mission. L'autre parti n’a jamais été essayé avec foi sur une vaste échelle. Toutes les direc-
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tions de Dieu dans l’histoire contemporaine et toutes les suggestions de l'esprit du Christ dans nos cœurs nous en-
gagent à tenter l'épreuve. De ce choix dépend l'avenir de l'Eglise. »