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Parfois même des pasteurs de diverses confessions travaillant dans la même ville ne se rencontrent que rarement.
Or il y a des raisons assez nombreuses qui militent en faveur de la coopération.
Elle est nécessaire pour mettre un terme aux maux causés par la concurrence. Certes, nous n’assistons pas en France à des luttes terribles entre des Eglises de confessions diverses, comme aux Etats-Unis. Mais lorsque nous constatons que dans un village de 5.000 habitants, il y a une Egjlise Réformée, une Eglise Libre et une Eglise Méthodiste, là où une seule suffirait ; que dans un petit village de 2.300 habitants, s'élèvent deux temples réformés, une chapelle méthodiste et une salle darbyste, et se réunissent encore de nombreuses autres sectes ; que dans un autre petit hameau de 1.100 habitants, où habitent deux pasteurs réformés et un méthodiste, les fidèles après avoir assisté au culte du Temple réformé, vont à la chapelle méthodiste, et les enfants après avoir chanté les psaumes réformés vont répéter les cantiques méthodistes ; lorsque nous constatons que les querelles ecclésiastiques sont loin d’être apaisées, — il y a, certes, des motifs sérieux pour parler dans notre pays de la nécessité de la coopération inter-ecclésiastique !
Cette concurrence entre les Eglises a pour résultat déplorable de développer l’esprit sectaire. Beaucoup se dévouent à l'Eglise — non parce qu’elle est l'Eglise du Christ — mais parce qu’elle est leur Eglise. Ils en arrivent à mépriser, parfois à haïr les autres Eglises et à croire la leur infaillible. Cet esprit, — est-il besoin de le dire ? — dénature profondément l’esprit du Christianisme. La devise « Chaque Eglise pour soi » dénote autant d’égoisme que l’autre : « Chaque homme pour soi. » Or tout sentiment égoïste est anti-chrétien par essence.
Une autre raison en faveur de la coopération, c’est qu’elle diminuerait les dépenses des Eglises. Chaque confession a son organisation propre, son administration distincte, ses agences particulières, et ainsi chacune perd un
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temps précieux, des forces nécessaires et beaucoup d’argent. Pourquoi ne coopèreraient-elles pas puisqu'elles ont chacune le même but ?
La coopération serait encore utile pour développer les forces latentes de l’Église. I faut que chacun aide Pautre pour rendre le travail plus productif. La force d’une armée pe réside que dans sa cohésion. L’ensemble de ceux qui travaillent dans nos œuvres ne forme aucune association « qui possède la puissance combative d’un régiment de soldats et rien du tout qui réponde aux mouvements d’une vaste armée exécutant des plans décidés d'avance. Ce dont nous avons besoin, ce n’est nullement d’une compagnie de batteurs de buisson, non plus que d’une foule de chrétiens, mais d’une puissante armée chrétienne qui marchera comme un seul homme. » A l'alliance de toutes les formes du mal qui s'organise de plus en plus, il faut que nos Eglises opposent énergiquement l'alliance puissante de tous les chrétiens qui veulent « surmonter le mal par le bien ».
Sans coopération, les Eglises ne peuvent accomplir leur mission sociale. « La majeure partie de la mission sociale de l'Eglise consiste à réaliser les réformes urgentes, et le progrès de presque toutes les réformes repose sur l’éducalion de l’opinion publique. »
« Quand la conscience populaire est bien éduquée, l’opinion publique, semblable au soleil, a ses rayons de chaleur aussi bien que de lumière. Et quand ces rayons sont concentrés par la chaire ou la presse sur une iniquité, celle-ci est mise aussitôt en lumière comme par une puissant verre grossisant. Cette injustice, même si elle trouve sa force dans l’ignorance ou l’égoisme du cœur humain, sera sûrement anéantie. » C’est le rôle sublime de l'Eglise de dénoncer les maux dont souffre Ia société, d'éclairer et d’émouvoir la conscience publique contre eux !
Et c’est dans cette intention que Strong demande que les Eglises, de plus en plus, s'efforcent de devenir « la conscience de l’organisme social ».
Pour le monde entier, l’ère nouvelle qui s'ouvre sera