V. APPLICATION DE CES DEUX PRINCIPES A L'ACTIVITÉ DE L'ÉGLISE
Appliquons ces deux principes que nous venons d’étudier à l’activité entreprise par une Eglise située dans une ville où se trouvent plusieurs dénominations.
Il sera, par conséquent, nécessaire :
1° de trouver un point de contact pour les Eglises et de leur donner un centre commun... Plusieurs petites églises formeront l'Eglise de la communauté qui sera le siège du Comité exécutif.
2° de cultiver l’amitié entre les Eglises : c’est ce qui manque beaucoup à l’heure actuelle.
3° de favoriser la coopération, comme nous l’avons dit.
4° de développer une plus haute conception de la mission des Eglises. |
5° de faire entendre la voix de l'Eglise à la multitude, chaque fois que cela semblera utile.
A cette forme très simple de l’organisation commune des Eglises, on pourra joindre une réunion annuelle entre les diverses Eglises pour discuter ensemble: il-ne faut pas se dissimuler l'importance que pourrait avoir, pour notre activité, une meilleure connaissance des milieux dans lesquels nous travaillons et les transformations qui pourraient en résulter.
Il serait, peut-être, encore possible d'ajouter un autre point à ce programme : la visite systématique faite par un solliciteur ; spécialement chargé, comme son nom lindi-
(1) J. STRONG. — The New-Era, p. 318.
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que, de solliciter ceux qui ne sont encore membres d’aucune paroisse à s’y rattacher. Il y a, par conséquent, une différence entre le solliciteur et le visiteur. Le solliciteur reste un étranger pour la famille qu’il visite, le second peut et doit devenir un ami pour ceux avec lesquels il entre en relations. Le but de l’un est seulement de s'informer, celui de l’autre est d’essayer d'exercer une influence et en gagnant leur confiance de les attirer dans les Temples. La tâche du solliciteur, quoique plus superficielle, peut cependant être féconde en résultats bénis, car bien souvent des familles ne se rendent plus dans les lieux de culte parce qu’elles ne savant où ils sont ou que tout contact a disparu entre elle et la communauté.
Les traits essentiels de cette méthode seront les suivants :
1° les Eglises d’une même ville doivent s'entendre pour partager entre elles le territoire, chacune essayant de faire œuvre profonde dans son domaine.
2° chaque Eglise est responsable de toutes les familles qui ne vont pas au culte, dans sa section. :
3° il est bien évident que l’activité d’une Eglise n’est pas limitée par ce partage. Mais elle doit faire attention à ce que chaque famille, résidant dans les limites qui lui sont assignées, subisse l’influence chrétienne.
4° les visites aux familles sont faites au nom de la coopération des Eglises et non d’une Eglise particulière.
5° chaque Eglise conserve sa méthode de travail.
6° les Eglises se rencontreront assez souvent pour se rendre compte du travail accompli, pour dresser des plans, pour profiter des expériences les unes des autres.
Appliquons cette méthode au problème de l’évangélisation des campagnes. Nous trouvons des villages qui ne possèdent pas de Temple, des hameaux où les Eglises sont plutôt mortes. Or, souvent tout près, dans les villes, il y a de fortes Eglises. Le rôle de celles-ci sera d’accepter de prendre soin de leurs voisines. D'ailleurs, ce ne sera que justice, car si les Eglises des villes grandissent n’est-ce pas au détriment des campagnes ?
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Dans les endroits les plus écartés, où il ne peut y avoir une Eglise, on enverra un pasteur, de temps en temps, qui aura pour mission de visiter les familles, de distribuer des traités religieux, sociaux, anti-alcooliques, etc…., de tenir des réunions. Il reviendra dans les mêmes hameaux plusieurs fois chaque année. En somme, cette méthode, préconisée par Strong, est déjà, en partie, appliquée en France par les deux bateaux-missionnaires de la Mission Mac-All : le Bon Messager et la Bonne Nouvelle, qui circulent l’un sur la Seine et l’autre sur la Loire et le long de leurs canaux, en restant quelques jours dans tous les villages qui sont situés sur les berges de ces deux fleuves ; et aussi par les tentes de la Mission Intérieure et par la « Semeuse » de la Mission populaire évangélique.
Appliquons, également, cette méthode au problème de l'évangélisation des villes. Là surtout la coopération est de toute nécessité pour essayer de faire disparaître le soupçon, le mépris, la haine.
Les déménagements, si fréquents chez les ouvriers, rendent indispensables des visites assez rapprochées. Car bien souvent, si l'Eglise perd son influence sur les familles, cela est dû en partie à la mobilité de celles-ci qui auraient besoin d’être suivies par des visiteurs chrétiens, pour que le contact ne soit pas rompu. Il serait aussi nécessaire que les Eglises citadines soient organisées de façon à pouvoir recevoir et garder la jeunesse qui arrive des campagnes. Elles devraient être des foyers brûlant d’amour.
Mais dans les villes, au point de vue de l’évangélisation, Strong distingue entre le quartier des habitations et celui des affaires. Ces deux milieux sont par trop différents pour qu’il soit possible d’y appliquer la même méthode. Si dans le premier, la méthode la meilleure est celle de Ia coopération des Eglises, dans le second, la méthode la plus efficace sera celle employée par la Mission Mac-All et les Eglises institutionnelles.
La Mission Mac-All ne vise pas à réunir de grand auditoires, mais aspire à avoir plusieurs petites réunions sim-
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ples et intéressantes. Dans quelques salles, il y a des réunions chaque soir, dans d’autres deux ou trois par semaine. Les prédicateurs changent ordinairement à chaque conférence.
Cependant, il faut le reconnaître, il y a une grosse difficulté à l’œuvre ainsi comprise. La Mission populaire n’est pas constituée en Eglise et ne cherche nullement à remplacer les Eglises auxquelles elle veut seulement venir en aide. La difficulté est alors de savoir comment mettre les convertis, les prosélytes en relations avec ces Eglises. C’est une question angoissante pour ceux qui dirigent ces œuvres. Car si l'Eglise la plus voisine est endormie ou formaliste, où les nouveaux convertis pourront-ils trouver l’entourage et l’affection dont ils ont besoin ? Peut-être le remède serait-il d’unir les méthodes des Eglises institutionnelles à celles de la Mission Mac-All. | |
Mais comment organiser alors le travail ? Là encore, la coopération sera utile. Dans cette intention, on pourrait diviser les quartiers commerciaux en sections, chacune assez considérable pour constituer le champ d’activité d’une Eglise, puis bâtir une Eglise institutionnelle dans chacune de ces sections en partageant les frais entre les Eglises. Autour de chaque Eglise ainsi constituée, ouvrir plusieurs salles Mac-All qui auraient chacune pour centre l'Eglise pour laquelle elle recruterait des membres. Qui dira le bien qui pourrait résulter de ce mode d’évangélisation où le ministère de la femme chrétienne, l’activité des diaconesses, surtout dans le travail si important des visites, auraient leurs places, très grandes, très légitimes et très bienfaisantes.
Pour redonner une nouvelle ardeur et un nouvel enthousiasme à notre évangélisation rurale et urbaine, il importe donc que nous mettions en pratique le principe du contact personnel ainsi que celui de la coopération des Eglises.
CEE CAPE