ÉGLISE ACTUELLE
Cependant la commune de Saint-Denis-les-Ponts, avec plus de neuf cents âmes, desservie seulement par l'un des Messieurs les vicaires de la Madeleine, commençait à éprouver le besoin de posséder une église et un curé. M. Isambert-Péan, maire à cette époque, comprit ces aspirations, et résolut de leur donner satisfaction. Il s’adressa, pour suppléer aux faibles ressources de la commune, à Monseigneur Clausel de Montais, évêque de Chartes qui, de prime abord, se montra favorable au projet. L’illustre prélat n’était pas riche. Mais il venait de recevoir, de M1- de Talaru, un legs de 20,000 francs. Il en donna généreusement la moitié pour la construction de la nouvelle église. L’année suivante, son vicaire général, Mr Sureau, remit une autre somme de 1000 francs à la municipalité. De plus, le 2 janvier 1851, Mr Isambert adressait des lettres circulaires dont nous avons le texte (et où nous reconnaissons l’écriture de sa pieuse dame), à toutes les personnes qui pouvaient être sympathiques à l’œuvre. On parvint ainsi à réunir trente et quelques mille francs, pour édifier le vaisseau de l’église.
L’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, dont la main était ouverte à toutes les bonnes œuvres, daigna accorder une somme suffisante pour élever le clocher. Plus tard, M. Pesty obtint le chemin de croix actuel de la même libéralité.
En dehors du gros œuvre, il restait encore à faire la voûte de l’église. Malheureusement, la caisse épuisée n’avait plus à offrir qu’une somme insuffisante pour cette dépense. On trouva un ouvrier téméraire qui, habile dans sa profession, n’avait cependant jamais fait de voûte. Il voulut néanmoins tenter l’entreprise ; plusieurs fois, au moment où il touchait à l’achèvement de l’œuvre, sa voûte s’écroula la nuit suivante. On comprendra facilement ces ruines précoces, lorsqu’on saura qu’il élevait le fragile édifice, sans cintres de bois, sans arcs-doubleaux, sans nervures ni clefs de voûte. Les briques, liées simplement avec du plâtre, se soutenaient en l'air, sans même que leur surface supérieure fut revêtue d’un enduit ou d’un glacis quelconque. Il ne faut donc pas
SAINT-DENIS-TÆS-PONTS
s’étonner si, aux fêtes de Noël 1874, le soleil venant tout à coup à fondre la neige tamisée sous la toiture, attendrit et désagrégea cette frêle écorce, puis amena une lamentable catastrophe. Cet accident ne prouve rien contre les voûtes, en général ; car celle-ci n’en a jamais été une à nos yeux.
En L856, l’église était achevée. Monseigneur Régnault, évêque de Chartres, vint la bénir, à la grande joie des habitants. Peu de temps après, M. l’abbé Marquis en était nommé premier curé ; il commença à célébrer la messe de paroisse le premier dimahche d’octobre. M. Boussenot, toujours bienveillant pour l’église et le pasteur, était alors maire. Il fallait l'heureuse confiance de la jeunesse, au nouveau curé, pour n’avoir pas le cœur serré, en entrant dans une église entièrement nue, dénuée de mobilier et d'ornements. Il eut eu besoin que le même voiturier qui, les 18 et 19 ventôse 1793, avait conduit, au chef-lieu du district, deux charrettes pleines « des linges, effets et métaux » de l’église Saint-Denis, lui en ramenât une partie.
Grâce à la bienveillance de quelques familles respectables, que Dieu récompensera, grâce surtout à un legs de Mme Raimbert- Sévin et aux libéralités de son mari, homme si bon et si distingué, la jeune église parvint, avec les années, à posséder ce qui était nécessaire à la décence du culte. Monsieur l'abbé Cuissard successeur de M. Marquis, au mois de décembre 1872, a singulièrement embelli la maison de Dieu, l’a ornée avec un bon goût incontestable et en a fait une de nos plus jolies églises rurales.
SA INT- DENI S-LES- PONTS
CURÉS 1)E SAINT-DENIS-LES-PONTS
1139. Eudes de Saint- Avit, chapelain de l’église abbatiale et curé.
1276. Etienne de Saint-Avit.
1279. André.
1326. Robert.
1350. Le Forestier, Robert.
1382. Boudeville.
1390. Fleury, Jean, frère condonné de l’abbaye, prêtre desserv.
1406. Geuffroy, Pierre, curé. En 1412 à l’occasion de son séjour à Paris, ville au pouvoir des Bourguignons, par droit de guerre, les gens du duc d’Orléans font saisir le revenu du temporel de la cure entre les mains de :
1412. Martin. Pierre, prêtre desservant temporaire au nom de Geuffroy. En 1420, Pierre Geuffroy porte encore le titre de curé de la paroisse. Probablement pour se mettre à couvert du pillage des ennemis, qui faisaient des incursions dans la campagne, il loue une maison à la Ported’Aval (d’à-bas), à Châteaudun.
4427. Saugier Jehan, paraît être originaire de Brou, et possède des immeubles dans les environs.
1459. Meunier, Guillaume, figure en 1475 comme procureur de l’abbaye.
1465. Brouin Robert, sans doute desservant.
1476. Brisson, Pierre.
1490. Damian, Guillaume.
1502. Grenet, Jean, natif du Pont-Saint-Pierre, diocèse de Rouen,
1521 . Guignard, Mathurin, curé.
1545. Malassis René, nommé par l’abbesse de Saint-Avit, mais non accepté par l’évêque et par le Parlement.
1551. Croneau, Jean, afferme en 1553 le temporel de sa cure à un desservant. Bachelieren droit, il avait été nommé par provision du Pape et maintenu par arrêt du Parlement.
1559. Coronneau, Jacques ; il devient, en 1562, maître del’Hotel- Dieu de Châteaudun.
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1564. Malezert, Michel.
1587, Bellesfort M. natif du Maine, neveu du précédent, mort en 1645. Il eut pour compétiteur Lemenager Charles, licencié endroit, qui résigna en 1592.
1645. Jourdan (alias Jourdain), François, natif du Maine, résigné en 1678.
1678. Leveil, Gilles, chanoine de Saint- André, cousin de Leveil, curé de Saint-Valérien, natif de Châteaudun ; mort en 1672 et inhumé dans le chœur de l’église de Saint-Denis.
1692. Hermenault, Noël-Denis, démissionnaire en 1709.
1709. Breton, Gilles-François, né à Châteaudun, mort en 1758, à l'âge de 73 ans, inhumé dans l’église de Saint-Denis en lace du maître-autel.
1758. Hubert Louis-Lubin, chapelain de Saint-Avit, desservant de la paroisse pendant quelques mois.
1758. Leproust Joachim-Louis, natif du Maine, a laissé la réputation d’un pasteur très charitable. Il entretenait chez lui un petit tailleur infirme qu'il faisait travailler pour vêtir les pauvres. Déporté en 1792, il mourut à Hildesheim. Sa maison, son jardin et cinq quartiers de pré furent confisqués.
1792. Gendrin N. intrus, infidèle à ses vœux ; il habitait
Châteaudun en 1805. Les habitants, généralement religieux, n’avaient pas voulu l’accepter pour curé.
1793. Godinet, prêtre fidèle et non assermenté, célèbre en secret,
pendant la Révolution, notamment à la ferme de Viviers.
1856. Marquis Joseph-Désiré,premier curé depuis la Révolution, a inauguré la nouvelle église. Le presbytère a été bâti de son temps. En 1872 il est nommé curé d’Illiers.
1872 Cuissard Joseph-Désiré, a achevé la décoration de l’église.
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