‹ Églises & chapelles du diocèse de ChartresChapitre 14 sur 65 · BUSTE ET RELIQUAIRE DE SAINT-DENIS · texte numérisé non relu

BUSTE ET RELIQUAIRE DE SAINT-DENIS

Lorsqu’on livrait aux flammes, en 1793, sur la place de Pont, les titres de dîmes, les papiers et livres d’église, etc, au nombre des objets destinés à être consumés, se trouvait le buste doré de

saint Denis, contenant, dans une cavité du socle, une précieuse relique du martyr. Au nombre des témoins de la scène, figurait un honnête paysan qui avait gardé la crainte de Dieu dans son cœur. Ses regards alarmés étaient tournés vers l’image de son saint Patron. Un révolutionnaire le remarque et lui dit : « Citoyen, si tu peux enlever ça et courir en le portant, ce sera pour toi ». Il savait que le buste était très pesant. Le bon chrétien ne se le fit pas dire deux fois. Il saisit le lourd reliquaire, l’enleva faciJement et disparut en l’emportant. Il demeurait près de la « Vallée » et appartenait, si notre souvenir est fidèle, à la famille Villette.

A la ruelle de son lit était une cavité que le rideau de serge masquait complètement. C'est là qu’il cacha son trésor pendant la Terreur. Lorsque des temps meilleurs furent rendus à la France, il avait vieilli, et il songea à se préparer à mourir chrétiennement. 11 fit venir un prêtre, et lorsqu'il eut fini sa confession,, il dit au ministre de Dieu: ('Monsieur, il y a ici quelqu'un

SAINT-DENIS-LES-PONTS

« plus grand que vous et moi ! » Et comme le prêtre paraissait étonné de cette déclaration, il ajouta : « Tirez ce rideau, Monsieur, et vous allez comprendre. » Le rideau tiré, le prêtre se trouve en face du buste de saint Denis scintillant, sous ses dorures, au fond de sa cachette. Comme legs suprême et sacré, le bon catholique remit à l’église le précieux dépôt si bien conservé.

Après avoir été quelque temps gardé dans une maison de confiance, il eut tout naturellement sa place dans la petite chapelle. ,

Mais, comme on n’exerçait pas une surveillance assez rigoureuse, les enfants, parvenant à ouvrir le reliquaire, se permirent d’en retirer l’authentique en parchemin, que plusieurs personnes nous affirmèrent avoir vu. C’était vraisemblablement une copie qui avait été transcrite, au moment où le curé de Saint-Denis, Gilles Leveil, avait fait sculpter ce buste à Orléans, au XVIIe siècle, ainsi que l’apprenait un carré de parchemin, resté dans le socle éclairé par un oculaire en cristal1.

Le témoignage de quelques paroissiens dignes de foi, l’étiquette de la relique et le parchemin désignant la relique comme celle de saint Denis l’Aréopagite, nous semblèrent établir une notoriété suffisante et suppléer à l’authentique, pour nous autoriser à demander à l’évêché une nouvelle attestation d’authenticité. Elle nous fut accordée sur-le-champ. Et le buste du saint patron de la paroisse, si longtemps honoré dans l’ancienne église, continue d’être l’objet de la vénération des fidèles.

Il y a quelques années, ori a eu l’heureuse idée de graver ce buste comme sceau paroissial, et nous sommes heureux de pouvoir le reproduire ici.

1 Hanc capsam reliquiarum sancti Dionysii Areopag. fieri caravit Aurelix, dominus Ægidius le Veil huius ecclesiæ pastor.

SAINT-DENIS-LES-PONTS

Page 1