ABBAYE DE SAINT-AVIT-LEZ-CHATEAUDUN
Au bord du Loir, dans le voisinage de Châteaudun, après avoir plusieurs fois prédit sa mort, saint Avit s’éteignait en l'an 530. L’illustre Grégoire de Tours le désigne en ces termes : « Avit, « abbé dans cette portion du pays Chartrain qu’on appelle le « Perche. »
Au sixième siècle, en effet, la forêt du Perche couvrait de ses derniers ombrages les abords de Châteaudun. Ce n’est que dans ce pieux monastère que notre Saint forma une communauté de religieux, et portalenom d’abbé.
Dans les précédentes solitudes, il n’avait qu’un ermitage. Là aussi, pour la première fois, il posséda une église , mentionnée dans la légende de sa vie :
avantage qu'il n'eût point dans son séjour au sein de la forêt.
Cette église, dont on fait honneur à la piété du roi Childebert, dut subsister jusqu’à l'invasion Normande, dont les ravages furent terribles à Châteaudun et dans la contrée. Les religieux, à l’approche des barbares, s’enfuirent vers Parthenay. Ils emportaient avec eux la portion des reliques de saint Avit que les Orléanais, possesseurs de la sainte dépouille, leur avaient laissée. L'abbaye et l’église restèrent en ruines un certain temps.
Puis, la sécurité rétablie, des religieuses que nous croyons appartenir, dès cette époque, à l’ordre de saint Benoît, vinrent s’y fixer. L’église dut être rebâtie. Les anciennes possessions de l’abbaye et le monastère lui-même, par concession de l’Evêque de Chartres, étaient passées aux mains d’un membre de la famille seigneuriale de Montigny. C’était Gannelon, trésorier de
Abbesses et Novices de Saint-Avit.
SAINT-DENIS-LES-PONTS
l’église de Tours. Pris d’un légitime scrupule, il résolut de faire, de tous ces biens, une dotation en faveur des religieuses et de leur monastère.
Cette charte est de 1086. L’abbesse, nommée Alix, figure parmi les témoins de cet acte solennel. Dieu l’appelait à lui, cette même année, et une main filiale inscrivait au Nécrologe : « Alix, première mère de cette église. »
Gannelon nous en fait connaître le titulaire : « c’est le monas- « tère de Y Eglise de Saint- Avit. » Elle n’était pas très grande, et les dommages qu’elle essuya, dans la guerre des Anglais1 ou au passage des bandes protestantes, si funeste au Dunois, l'avaient encore réduite.
Aussi au commencement du XVIIe siècle l’abbesse Catherine d’Illiers fit-elle construire, sur de plus vastes proportions, une nouvelle église. L’ancienne ne forma plus qu’une chapelle, destinée à servir de grande sacristie. Dans les fouilles, entreprises pour un but archéologique, par l'honorable M. Brossier, notre ami, nous avons visité la crypte, encore maintenant enfouie sous le sol. Elle était bâtie en silex, sans cordons de pierre de taille, sans caractère architectural qui permit de lui assigner une date ; mais ce qui est caractéristique, c’est la fondation de la muraille, reposant sur un sarcophage qui contenait le squelette d’un homme. Ce cercueil, d’une forme plus ancienne que tous les autres, retrouvés dans l’église ou dans le cloître, devait contenir un religieux, et avoir été abrité sous Y-église primitive. — - Ce qui était conforme aux données de l’histoire de l’abbaye.
En 1627, Catherine d’Illiers fit clore de murs le muids joignant l’abbaye.
En cette même année elle fait restaurer le clocher de l’église abbatiale.
En 1637, Françoise Guichelin, veuve de Michel Denrée, lègue 300 livres au monastère, pour l’ornement du maître-autel qui fut, le plus beau du pays. Quelques années auparavant on faisait lambrisser le dessous de la couverture entière de la grande église.
Ce sanctuaire était richement décoré et orné1, quand éclata la
1 Année 1490. — Remise par François, comte de Dunois, à l'abbaye de Saint-Avit, « actendu la grant ruyne et démolicion d’icelle abbaye, » de 20 sols de rente.
♦ On y conservait toujours le reliquaire de saint Avit. Les habitants de Chàteaudun venaient le vénérer le lundi de Pâques. Avec les dernières Bé-