‹ Églises & chapelles du diocèse de ChartresChapitre 17 sur 65 · ABBATIAL DE SA INT- AT · texte numérisé non relu

ABBATIAL DE SA INT- AT

SAINT-DENIS- LES-PONTS

Révolution. L’église fut vendue avec l’abbaye. Des mains d’un marchand de biens, elle passa en celles de M. Péan, acquéreur aussi du moulin contigu au monastère. En 1856, à notre arrivée dans le pays, on nous raconta que ce lieu saint, vénérable à tant de titres, avait été transformé en bergerie. Lorsqu’on y entra le matin, toutes les brebis, prises d’un mystérieux mal de pattes, étaient agenouillées. On dut leur assigner une autre bergerie. Déjà, au moment de la spoliation révolutionnaire, des gens sans aveu, venus de Châteaudun et non de Saint-Denis, avaient reçu une terrible leçon. Au moment où ces vandales jetaient un dernier regard sur cette enceinte dénudée, l’un d’eux s'aperçut que le grand rideau de la tribune restait encore. Vite, une échelle est appliquée, il y grimpe, tire violemment le rideau, tombe à la] renverse et fait une chute mortelle, digne châtiment de son acte sacrilège.

L'église fut démolie par son nouveau propriétaire. Les orgues avaient été vendues : l’acheteur les céda, [moyennant un prix convenu mais fort modeste, à l’église de Cloyes ; le tabernacle est devenu la propriété de l’église d’Auteuil.

Ainsi finit une illustre abbaye. Pendant de longs siècles elle sema les bienfaits autour d’elle. Une religieuse, préposée à la pharmacie, y fournissait gratuitement les remèdes. Outre les aumônes ordinaires, le Jeudi Saint, l’abbesse distribuait 800 pains de huit livres, et 800 portions de riz. Les anciens du pays nous ont raconté que les habitants de la paroisse profitaient largement de cette libéralité.

C’est une justice à rendre à cette bonne population : jusqu'à la fin, l’administration municipale a été digne et respectueuse envers Madame l’Abbesse et ses religieuses. Elles méritaient, du reste, ces égards, et jouissaient de l'universelle considération. Depuis l’origine de l’abbaye jusqu’à sa sécularisation, les plus honorables familles, dans la noblesse et la bourgeoisie, y avaient vu leurs filles se consacrer au service de Dieu. Leur pensionnat jouissait d’une légitime réputation.

Quand une loi, que nous ne voulons pas qualifier, vint les ravir, à leur cloître, elles protestèrent à l’unanimité. Elles ne cédèrent que devant la contrainte. Leurs chapelains, MM. Neumann et

nédictines, il est passé au monastère de Verneuil. La relique est un os du bras ; il est renfermé dans un bras d’argent avec filet or.

SAINT-DENIS-LES-PONTS

Laurencin, ainsi que le vénérable M. Leproust, curé de Saint- Denis, n'avaient pu que les encourager dans la voie du devoir ; car eux-mêmes, fidèles à leurs serments, préférèrent l’exil à une lâcheté criminelle et à une vie déshonorée. Cloître et église ont disparu, il n'est resté que l'abbatial dont nous donnons un croquis (p. 21) et quelques sarcophages des anciennes abbesses1.

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