LACHAPELLE SAINT-PIERRE DE VOUVRAY
L’église paroissiale étant située à l’extrémité du pays, vers Châteaudun, il est probable que les seigneurs de la Roche, fort religieux et possesseurs de grands domaines, ont voulu pourvoir aux besoins des habitants de leur contrée, en élevant une chapelle au fond de la vallée et près de la rivière. Elle paraît dater du XIIe siècle, et a bien résisté aux injures du temps.
Un campanile à deux baies terminait son pignon. Elle a dû être surélevée au commencement du XVIIe siècle ; en tout cas la magnifique charpente en bois de châtaignier qui la couronne, rappelle tout à fait la charpente du donjon de Châteaudun, et nous autorise à penser qu’elle est de la même époque. Du reste, à part cette charpente, il n’y a absolument rien de remarquable, à l’intérieur de cet édifice, qui, aujourd’hui, sert de magasin à fourrage.
Ces sortes de chapelles, qualifiées bénéfices simples, n’obligeaient pas à une résidence habituelle. La messe n’y était obligatoire qu’à certains jours. Messire Etienne Pelé, qui en était chapelain, au commencement du XVe siècle, en afferme le revenu temporel, en 1411, à Pierre Chancelier, pour la somme de 10 livres tournois. Il se réserve la dîme de Villetier, et des Chênes, qui étaient dans un clos, appartenant à cette chapelle.
On sait que le château de la Roche était à quelques pas de là, adossé au rocher qui forme la rive escarpée du Loir; d’où il tire
SAINT-DENIS-LES-PONTS
son nom. En 1190, Puceline de la Roche s’était vouée au service des malades, pour le reste de ses jours dans l’hôpital de Châteaudun qu’elle avait richement doté. A la même date, Fougeu, fils de Rémond de la Fontaine, faisait des libéralités aux pauvres malades du même établissement, avant de partir, pour la croisade, à Jérusalem. Mais le temps, dans sa marche rapide, amène d’étranges changements.