ÉGLISE DE MESNIL-SIMON
L’église de Saint-Nicolas de Mesnil-Simon est citée par Irminon au VIIIe siècle : « Habet in Maisnillo ecclesiam bene constructam ». Une charte de 1145 donnée par Henri II roy d’Angleterre mentionne le don de l’église du Mesnil-Simon par Foulques d’Anet. La petite nef, du côté de Pépître est en effet très ancienne et est encore éclairée par une petite fenêtre à plein cintre. Longue de 22 mètres, large de 4 et haute de 8, elle est coupée en deux par la base du clocher, de construction plus récente. Dans la partie supérieure, on a ménagé une sacristie et la chapelle Saint-Roch. La partie inférieure forme la chapelle de la Sainte Vierge. Ce collatéral s’ouvrait sur la nef par six arcades, dont deux sont actuellement murées.
La grande nef, construite au XVIe siècle, est une des plus spacieuses de la contrée ; elle mesure en effet 34 mètres de longueur, 9 de largeur et 12 d’élévation, malgré un remblai de 40 centimètres. Ce vaisseau est éclairé, par onze belles fenêtres ogivales à meneaux, trèfles et compartiments élégants et finement sculptés. Les deux du chœur sont plus grandes et à doubles meneaux, celle au-dessus de la porte d’entrée est à trois meneaux.
La voûte en bardeau se rapproche plus du plein cintre que de l'ogive ; elle est ornée de quelques peintures : le soleil, la lune, des étoiles. Une partie, refaite en 1830 par Rouget, est dépourvue de solidité et d’élégance.
Les entraits sont octogones et terminés par des têtes de monstres fantastiques ; les aiguilles également à huit faces sont bien taillées, deux sont reliées aux entraits par des guivres bien sculptés.
Le vitrail placé près de la chaire est de toute beauté. Œuvre du XVIe siècle, on y voit représentée la généalogie de Notre- Seigneur ; au bas, les quatre grands prophètes ; au-dessus, à droite, saint Philippe patron du donateur, Philippe Vauquer, à genoux à ses pieds ; au milieu, saint Pierre ; à gauche, saint Jean l’évangéliste et à ses pieds un jeune clerc. Ce vitrail fut entièrement restauré en 1874 par les soins de M. Durand, ancien curé Chérizy, natif du Mesnil-Simon. On admire aussi quelques autres fragments de vitres peintes ; deux figures du Père Eternel? plusieurs anges, saint Nicolas et une jeune tille récitant le chapelet devant la sainte Vierge.
L’autel et la chaire sont du style de la renaissance. Les statues de saint Pierre, de saint Paul, de saint Joseph et de saint Nicolas
dans le sanctuaire, une statue de la sainte Vierge et une de saint Roch,ont été données par M. l’abbé Havard,curé de Mesnil-Simon.
Dans la chapelle de la Vierge, on admire une dalle tumulaire, de Jean Dubec, seigneur du Bois d’Illiers et du Mesnil-Simon et de Marguerite de Guainville (d’autres lisent Quinelle), XVIe siècle. Jean du Bec fit en effet une transaction avec le chapitre en 1497. Elle se trouvait primitivement dans la chapelle saint Roch, où le seigneur fut probablement inhumé ; en 1837, elle fut levée et posée dans le chœur pour servir de pavage, mais en 4874, M. Havard curé, avec le concours du maire Jules Marais et de l’instituteur Faron, eut le soin de la soustraire à la destruction dont elle était ainsi menacée, et de la placer le long du mur où elle est aujourd’hui.
La tour carrée du clocher en maçonnerie de moellon a neuf mètres de haut ; chaque côté est éclairé de deux fenêtres romanes géminées; deux sont aveuglées par la toiture de la nef principale, ce qui prouve que celle-ci lui est postérieure. Une chape en charpente s’appuye sur ces quatre murs et ménage la transition avec la flèche, celle-ci à sa base est terminée par une aiguille octogone de dix mètres de haut. Le 12 juillet 4889, vers onze heures du matin, la foudre tomba sur celle flèche et l’endommagea gravement, ce qui força de la réduire de trois mètres.
Il y avait autrefois deux cloches ; à la Révolution l’une fut transportée à Dreux ; l’autre fut cassée à l'inhumation d’un confrère de la charité de saint Roch et refondue en 1808; elle porte l’inscription suivante : « En décembre 1808, j’ai été bénite par Charles Duroy, curé, j’ai été nommée Marie-Françoise par François Legrand et Marie- Catherine Pollet, Pierre Huan, maire François Mordant, adjoint, François Legrand, Jacques Pollet marguilliers, Etienne Baconnet sacristain. Les Thériot frères m’ont fait. »
Signalons enfin dans le cimetière le mausolée de la famille Mallebranche. Le monument primitif fut détruit pendant la Révolution. Sur la pierre tombale en marbre étaient représentés deux personnages, un homme et une femme avec cette inscription : « Cy gist Jean de Malebranche. seigneur de Maupas, qui décéda le 4 1 septembre MDCCLVI. Cy gist Marie Salomon dame'de Villar-
mon, son épouse qui décéda le X » Il était terminé par un globe
où étaient gravés une sphère et une croix.- Le tout fut enlevé et employé à former un pont sur un ravin du chemin de Mesnil à la Chaussée. Le 28 mai 1839 on refit un nouveau monument avec le piédestal et le globe anciens ; la nouvelle colonne reçut les fiuscriptions qu’on lit encore, dont l’une est à la gloire du célèbre philosophe Nicolas Malebranche, de l’Oratoire, décédé le 13 octobre 1715.
ÉGLISE DE SENONCHES
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ÉGLISE DE SENONCHES
Une charte, écrite entre 1116 et 1149, nous apprend implicitement qu’au XIIe siècle l’église de Senonches venait d’être reconstruite. A cette époque les bénédictins de Saint-Père de Chartres eurent soin de faire constater juridiquement, par le seigneur de Châteauneuf et de Senonches et par l’évêque de Chartres, les revenus qui étaient attachés à l’église. Une guerre terrible avait ruiné le pays et détruit l’ancien château ainsi que toutes les habitations ; seule une chapelle était restée, pendant longtemps elle avait servi de refuge à un ermite et à la population senonchoise. La charte reconnaît que cette tolérance n'infirme en rien le droit des propriétaires, et elle énumère les rentes du prieuré.
En 1390, il y avait des fossés autour de l’église. Nous le savons par l’autorisation de reconstruire un moulin à blé, que Pierre d’Alençon, possesseur du château, accorda à Gauvain de Dreux, sire de Beaussart et de Senonches en partie. Ce moulin avait été renversé par la fortune des guerres, il « soûlait, dit Pierre, avoir son eauë de nostre grant estanc du dit lieu de Senonches parmi les fossez de nostre chastel, et venoit à iceluy moulin par uns autres fossez qui sont au lonczde l'église de la dite ville. »
Les murs du monument actuel datent du XIIe siècle ; deux petites portes romanes, qu'on voit sur les côtés, bien qu'elles aient été supprimées, l’indiquent. Les fenêtres furent modifiées ; dans le principe elles étaient toutes romanes. Une note de M. l’abbé Bigame, envoyée à l’Evêché de Chartres le 20 octobre 1869, déclare qu’avant le percement des deux fenêtres latérales du sanctuaire (1862) « le chœur était sombre, éclairé seulement par trois petites baies romanes, très étroites et très basses. ». Ce qui s’accorde bien avec deux autres témoignages : d’abord avec une st"+* ^ique faite en 1853, par les agents-voyers d’Eure-et- Loir, t 1 direction de M. de Boisvilette : Senonches : « nef plein cintre et s, bas-côté supporté par six colonnes en maçonnerie 12 fenêtres dont 3 de forme ogive gothique et en
verre ordjnaire, les autres sont plein cintre en verre ordinaire... » ; ensuite, avec l’impression d’un touriste, en 1828 : Senonches :
ÉGLISE DE SENONCHES
« Son église d’une seule nef [?| est sombre. Elle n’offre aucun intérêt. » Il est vrai que ce dernier voyageur, à l’esprit superficiel, ne sut pas remarquer la tour, et qu'il ajoute quelques lignes plus bas : La Ferté-Vidame : « Nous allâmes visiter l’église. Elle est unédifice dans le genre du XVIIe siècle. Elle me plut [!} : je ne connaissais alors pas grand’chose à l’architecture1. »
De romanes plusieurs fenêtres, trois au moins, devinrent gothiques ; probablement au XVIe siècle, après les restaurations opérées en 1575 et en 1581, comme l’attestent deux inscriptions ; à cette époque beaucoup d’églises venaient d’être saccagées par les protestants. Actuellement, toutes les fenêtres de la petite et de la grande nef sont gothiques, et toutes celles du chœur et du sanctuaire sont romanes.
L'édifice que l’on a sous les yeux se compose d‘une grande nef terminée par un chœur et un sanctuaire dans l’abside, et d’une petite nef double sur le coté gauche. Ces bas côtés, dit la note de Monsieur l'abbé Bigame en 1869, « furent séparés de l'antique église par des barrières placées entre les arcades au nombre de quatre. Des autels furent adossés aux murailles .audessous de chaque croisée en plein cintre ; en 1793, l’église devint un atelier national de salpêtre. »
L'église est orientée vers le nord-est ; sa longueur est de 37 mètres et sa largeur de 17 mètres, à l’intérieur ; la voûte est à 10 mètres au-dessus du pavé, et le faîte 6 mètres plus haut2.
1 Souvenirs et Récits de Voyages par l'abbé Poisson, prêtre du diocèse de Chartres. Orléans, Herluison, 1890, in-8°,3k3, p. — Tiré à 50 exemplaires, — p. 1-3. — Son appréciation sur les Confrères de la Charité de Senonches est à lire.
’ Le plan ci-contre est reproduit d'après les cartons des agents* voyers.
ÉGLISE DE SENONCHES
Maintenant Senonches peut se flatter de posséder une belle église, « restaurée par une série de travaux intelligents1, continués avec méthode et persévérance2 » ; dès le premier moment elle impressionne favorablement le visiteur. Disons cependant que l’archéologue n’a rien à voir dans cet intérieur où l’ancienne église a totalement disparu sous la nouvelle ; les murs sont recouverts d’un revêtement ton pierre, la voûte et le pavage ont été refaits ; on n’a conservé aucune dalle, aucune inscription.
En entrant par la petite porte romane3 on aperçoit à gauche un vitrail en grisaille ; dans le médaillon est représenté le Baptême de Notre Seigneur par saint Jean-Baptiste, il fut fait en 1880, par Haussaire à Reims. Les fonts baptismaux ont été remplacés ; à Saint-Cjr il y a, dans la chapelle du cimetière, d’autres fonts qui portent cette inscription : L 1633 (et non 1637). — La statue de saint Antoine de Padoue a été bénite en 1896.
2° vitrail. — Apparition de N. -IJ. de Lourdes à Bernadette. (Grisaille à médaillon ; « Haussaire, Reims, 1880). »
Les chroniques des Registres paroissiaux nous apprennent qu’en 18834 une inscription a été mise à nu, elle était « gravée dans le mortier au-dessus du chapiteau du pilier central de la petite nef sur la face qui regarde l’autel », elle portait : « 1581. Les arches et piliers furent achevés par Simon et François Leslus3 le 20 may. »
3* vitrail. — Sainte Anne instruisant la Très Sainte Vierge. (Grisaille à médaillon ; Haussaire, à Reims, 1880).
Ici nous pénétrons dans la chapelle de la sainte Vierge, désignée quelquefois sous le nom de : chapelle du Rosaire, chapelle
‘ Nécrologie. — M. l’Abhé Bigame, chanoine honoraire , curé de Senonches , mort le 25 janvier 1882. — [Notice, par M. l’Abbé A. Foucault , p. 7] Chartres, Edouard Garnier, Imprimeur, (1882), in 8°, 15 p.
1 M. l’Abbé Desvaux et M. l’Abbé Chauveau.
* Il y a au-dessus de cette porte une fenêtre romane qui a été supprimée, elle était plus large que la porte.
* Tables en 1886, p. 91.
5 H y a des indications utiles pour l’historique de la paroisse et des familles de Senonches, dans l'Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 , par M. Lucien Merlet , archiviste : — T. I. 1863, Eaux et forêts, A-D, p. 421 ; — T. II, 1884, Notaires, E. p. 523-524 ; — T. IV, 1877, Etatcivil, E. suppl . , p. 437-443 ; — T. VII, 1894, Eglise et fabrique, G, p. 346.
ÉGLISE DE SENONCHES
de saint Cyr et de sainte Julitte, chapelle de sainte Anne. En 1-883. on découvrit également sur le pilier de droite qui sépare les deux nefs la date << 1575 », inscrite du côté de l’entrée du chœur.
4e vitrail — N.-D. du Rosaire. La sainte Vierge entourée d'anges, tient sur ses genoux l’enfant Jésus qui donne le chapelet à saint Dominique. Le petit chien portant une torche est une allusion à la révélation qui fut faite à la mère du saint, pour l’avertir que l’enfant qui naîtrait d’elle serait comme un flambeau qui embraserait la terre. Pendant deux cents ans il y eut à Senonches une Confrérie du Rosaire; depuis 1625 jusqu'en 1824, on peut évaluer à 1600 le nombre des membres, hommes ou femmes, qui en firent partie. Cette Confrérie contribua beaucoup à la conservation de la piété dans la paroisse et même à l’entretien de l’église1.
Dans le bas du vitrail, quatre médaillons en ligne droite : saint Louis, roi ; saint Alexandre, pape ; saint Clément, diacre’, sainte Victoire, martyre.
Dans le haut, cinq médaillons en rond : V Annonciation ; la Visitation ; la Nativité ; la Présentation au temple ; Jésus retrouvé au milieu des docteurs. Au-dessus de la tête de la sainte Vierge. Couronnement de Marie au ciel. (Haussaire, à Reims, 1880). A gauche de l’autel : groupe de la Compassion.
A\^ant l’époque de la construction de la sacristie actuelle, il y avait au-dessus de l’autel de la sainte Vierge « une fenêtre de même style, mais de moindres dimensions2 que celle du Rosaire. En 1883, on s’aperçut que cette fenêtre, qui était supprimée, por" tait la trace d’une litre seigneuriale, antérieure à sa fermeture; la litre était « une bande d’environ 0m50, tracée sans huile ni vernis .. qu’on dessinait en signe de deuil sur les murs d'une église à la mort du seigneur du lieu.
Dans l'angle de l'autel, à gauche du spectateur, on a vu en 1883 l’indication d'une porte ; de plus sous le vitrail, à gauche, on distingue aussi, de l’extérieur, une autre porte.
1 /autel de la sainte Vierge est dominé par une curieuse statue
1 Le Livre de la Confrérie du Rosaire de Senonches, par M. l'Abbé M. Langlois.— Chartres, Imprimerie Durand, rue Fulbert, 1895 in-8°, 16p. — Tiréà 50 exemplaires.
5 Registres paroissiaux, 1883.
eglise de senonches
en bois, richement décorée. Laissons la parole au chroniqueur des Registres paroissiaux de 1892 : « Cet autel a été exécuté entièrement par Messieurs Quédarme, frères, marbriers [à Senonches] La statue en bois a été achetée en 1821 au moyen
de souscriptions faites dans la paroisse, nous avons tenu à la conserver à cause de cette origine et du mérite intrinsèque de l’œuvre. Cette statue exigeant un ciborium plus grand que d’ordinaire à cause de ses dimensions, le tabernacle qui lui sert de support se trouve aussi par là-même plus grand et plus massif qu’il ne conviendrait, et l'autel plus étroit qu’il ne faudrait : aussi l’œuvre quoiqu’ayant un certain cachet architectural ne peut-il échapper à certaines critiques que nous faisons nous-
même.... Le prix total a été de 4000 francs. » Cet autel fut
bénit en 1893, le jour des Rameaux, à vêpres1, par Sa Grandeur Monseigneur Foucault, nouvellement sacré, qui faisait ce jour-là sa première entrée dans sa ville natale en qualité d’évêque. Il est à remarquer que le prélat, cher aux Sènonchois comme à tant d’autres, porte dans ses armes deux roses emblèmes du Rosaire2.
Comme l’indiquent les inscriptions, les grandes statues représentent : à gauche sainte Julitte et saint Cyr, à droite sainte Anne et la sainte Vierge ; les petites : la bienheureuse Marie- Alacocque, sainte Catherine, sainte Geneviève , sainte Cécile sainte Elisabeth, sainte Thérèse, sainte Madeleine. Adroite, sur une crédence, sainte Barbe.
Il y a encore à Senonches deux fêtes religieuses de corporations : celle des marnerons et chaufourniers le 4 décembre (sainte Barbe), et celle des ouvriers du fer (serruriers, maréchaux, quincailliers, etc.) le 25 juin (saint Eloi). Les sabotiers ont cessé, il y a quelques années, de célébrer, le 12 novembre, leur patron (saint RenéJ.
Au-dessus de l’autel, sur un écusson tenu par un ange, on lit une inscription, qui rappelle le nom de la bienfaitrice et l’initiative du zélé pasteur à qui revient le principal mérite de la construction de cette voûte en briques, système Heurteau :
« E TESTAME [ntoIyæ LÉPINE | ADORT [ante] | H° BIGARNE | HVJ [vs] j ECCL [ksil | OLIM PAROCHO 1 1883. »
1 Registres paroissiaux, 1893.
2 Souvenir de la première entrée de M&r Foucault , évêque de Saint-Dié , dans son pays natal. Senonches, Massot-Renault, 1893, in-8°, 2 p. (inachevé).
ÉGLISE DE SKNONCHES
Ce travail , préparé depuis longtemps, ne fut exécuté qu'en marsaoût 1883. Les tirants en fer, qui sont peut-être pour l’œil d’un effet critiquable, ont été imposés par les architectes du Ministère, afin de prévenir l'écartement des contreforts et des voûtes ; chacun d’eux mesure 4 centimètres carrés et possède un minimum de force de 8000 kilogr. (Pothin, entrepreneur à Orléans, 16500 fr.).
Nous entrons dans le chœur. La sacristie a été notablement agrandie en 1893.
5e vitrail. — Saint Cyr et sainte Julitte, martyrs de la foi à Tarse en Cilicie, le 16 juin 304. Le préfet romain, entouré de ses soldats, tue saint Cyr, jeune enfant, en le précipitant sur les marches de son trône, et il condamne à mort sainte Julitte, sa mère, qui veut rester chrétienne. Dans un angle, on lit la marque de fabrique « Carmel Cenom. » Carmel, du Mans; et « Voté par le conseil municipal, 1863. »
6' vitrail. — Apparition du Sacré-Cœur a la Bienheureuse Marguerite-Marie Carmel, Cenom. » ; « Haussaire, Reims, 1879. »)
Au-dessus du maitre-autel, au fond de l’abside, est une grotte « délicieusement ajourée » par le sommet et ornée d’une statue de Notre-Dame des Victoires, patronne de la Confrérie des jeunes filles, érigée le 8 décembre 1845. On peut affirmer sans exagération que cette grotte est le plus bel ornement et la véritable caractéristique de l’église de Senonches. Elle fut inaugurée le 8 septembre 1877 ; elle existait antérieurement, mais sous une forme moins heureuse. ;
Le maître-autel en pierre sculptée fut consacré le 20 avril 1863 (Besand, sculpteur à Paris, 4 000 fr.) ; à cette époque on ouvrit les quatre fenêtres et la niché, le sanctuaire fut refait en entier, on posa : quatre vitraux, le banc d’œuvre et les portes du clocher ; soit une dépense de 18000 francs1. Les petites statues de l’autel représentent : saint Charles, saint Hippolyte, saint Pierre, saint Jean, le Sacré-Cœur, saint Joseph, saint Paul, saint Louis, saintEugène.
7e vitrail. — La Sainte-Famille ou la Nativité.
8e vitrail. — Sainte Barbe mise à mort près du château de son père. (« Carmel Cenom. ; Offrande de plusieurs perso et des fidèles de la paroisse, 1863 »). Elle est la patronne d’une Confrérie de femmes, érigée le 4 décembre 1824, qui porta aussi le nom de
1 Registres paroissiaux. 1803.
église de senonches (Intérieur.)
ÉGLISE DE SENONCHES
Confrérie de sainte Barbe et du Rosaire ; cette Confrérie n’existe plus depuis quelques années.
Devant les 5e, 6% 7e et 8e vitraux on a placé à tort de grandes statues, de dimensions uniformes : saint Hippoljte, le Sacré- Cœur, saint Joseph, sainte Barbe.
Copie de l’Assomption de Murillo.
9e vitrail — Saint Sébastien, patron de la Confrérie de la Charité1 (« Carmel Cenoman. Voté par le conseil de fabrique, 1863 »).
10e vitrail. — Saint Augustin composant ses règles et les dic-
tant à ses religieux et à ses religieuses. (« Carmel Cenom. ; Donné par Mm: Canuel, Mr et Mme Pron », 1863). Les patrons des donateurs étaient Auguste et Marie.
Les grilles du chœur furent posées eh 1887 ; les stailes en 1889 (maison Blottière-Reboursier, du Mans, 3600 francs); et les lampadaires d’éclairage en 1898. Le pavage de céramique a été fait en août-novembre 1883 (Boulenger à Auneuil, Oise ; 3100 francs) ;
1 Fondée vers 1640, cessa d’exister à la Révolution ; puis reprit en 1804 jusqu’à 1853, cessa, reprit encore depuis 1856 jusqu’à 1873. Le règlement de 1640 est aux Archives Municipales, dans le 1er registre des Baptêmes Mariages et Sépultures.
EGLISE DE SENONCHES
les endroits humides indiquent l'emplacement des dalles tumulaires qu'on a laissées sous le pavé, c’est ainsi qu’une pierre
« sans inscription a été conservée dans l'allée de la grande
nef à l’entrée du chœur1. » Bon nombre d’inhumations avaient lieu dans l’église au XVIIe et au XVIIIe siècle ; on a même prétendu qu’il y avait un caveau vers le milieu de l’allée de la petite nef. On dit aussi que le château communiquait avec la tpur et avec la campagne environnante.
IIe vitrail. — Saint Michel terrassant le démon (grisaille à médaillon ; « donné par la famille Chouet »). Il y avait une porte à droite, on la voit de l’extérieur.
12e vitrail. — Sainte Elisabeth de Hongrie et son royal époux, miracle des roses (grisaille à médaillon).
13e vitrail. — L'Ange Gardien apporte à Senonches (on aperçoit la tour) un bébé et des fleurs. Gracieux parallèle des fonts baptismaux (Haussaire, Reims, 1880).
Au-dessus de la porte, copie d’un tableau de Ribera, qui représente une allégorie assez obscure (don de M. Percheron). Les coquilles des bénitiers ont été apportées de Nouméa par M. le capitaine Grossin, et données en 1898.
En 1880, M l’abbé Bigame, après avoir achevé d’ouvrir « toutes
les baies des croisées selon les deux styles que comporte le
monument2 » et après les avoir ornées de 13 vitraux pouvait légitimement constater la complète transformation de l’église.
1 Registres paroissiaux , 1883.
5 Registres paroissiaux , 1880.