‹ Églises & chapelles du diocèse de ChartresChapitre 26 sur 65 · ÉGLISE D’ARROU · texte numérisé non relu

ÉGLISE D’ARROU

des-Victoires, Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame du Sacré- Cœur, deux Pieta dont l'une porte le nom de Bonne-Dame de Pitié et est l’objet d’un pèlerinage assez suivi); deux statues de saint Joseph, dont l’une en bois qui n’est pas sans mérite1 ; une statue du Sacré-Cœur, de saint Lubin, de saint Antoine de Padoue, de saint Marcou,de saint Benoît, de saint Eloi, de saint Jean-Baptiste, de sainte Radegonde, de sainte Barbe, de sainte Appoline (objet d’un pèlerinage). Il y a quelques années on comptait de plus une statue de saint Jacques, une de saint Sébastien, quatre statuettes autour de la chaire, et, à l’extérieur de l’église, une statue de saint Roch et une de sainte Appoline. Les plus anciennes de ces statues sont en bois ; les autres sont en plâtre, en stuc ou en quelqu’une des compositions spéciales si nombreuses aujourd’hui.

Tableaux. — L’église d’Arrou ne renferme que quelques toiles, d’ailleurs assez récentes. Elles représentent la sainte Vierge, la Sainte-Famille (saint Joseph présente une rose à l’Enfant Jésus), sainte Anne montrant à lire à la sainte Vierge. Deux au moins de ces tableaux ont été copiés à Rome sur des œuvres de maîtres italiens par M. le comte de Mazug, qui en a fait hommage à l’église d’Arrou.

Le tableau du Crucifiement, qui décorait autrefois le sanctuaire, est une œuvre plus ancienne, quoiqu'on n’en puisse pas indiquer la date. Il est probable qu’il est du siècle dernier, comme le rétable dont il faisait partie. C’est une œuvre de mérite, et M. l'abbé Hénault, qui en faisait grand cas, avait tenu à honneur de le restaurer2.

Mobilier. — Le mobilier de l’église d’Arrou compte quatre pièces remarquables : les deux confessionnaux, le banc-d’œuvre et la chaire. Les confessionnaux sont de style gothique du XIIIe siècle, avec clochetons et rosaces. Ils sont l’œuvre d’un simple menuisier d’Arrou, M. Bernier-Geay, plus connu sous le nom de Petit Bernier ; le plan a été donné par M. Gaulier, qui était alors, je crois, architecte à Châteaudun. Ils ont le mérite d’avoir été exécutés à une époque où l’on ne travaillait que bien peu

1 J’ai entendu dire à un vieillard qu’il avait acheté cette statue 30 sous à la Révolution, et qu’il avait été heureux de la rendre à la réouverture des églises.

2 A signaler aussi une gravure encadrée représentant la sainte Face.

ÉGLISE d’aRROU

encore à la restauration des églises ; ils sont de 1853 ou 1854. Le banc-d’œuvre, postérieur de quelques années, a eu le même architecte et, en partie du moins, le même auteur; le caractère est le même, mais le dossier est ajouré et il est surmonté d'un dais à clochetons. La chaire est sortie, assez longtemps après, d’un des nombreux ateliers de mobilier d’église qu’on a vu s’ouvrir dans la seconde moitié de ce siè:le. Par son style, elle appartient au XVe siècle ; elle est par conséquent beaucoup plus légère, plus élégante, plus ouvragée surtout que les œuvres précédentes ; ce qui n’est pas un mérite aux yeux des amateurs d’architecture. Ses fines sculptures font paraître bien lourdes les sculptures plus sévères du gothique pur ; le travail y est excessif, mais le bon goût est l’ennemi de tout excès.

L’église d’Arrou n’a rien à inscrire au chapitre des curiosités si ce n’est une belle table funéraire en marbre noir, avec une longue inscription latine.Elogieu.se comme toutes les épitaphes, celle-ci nous apprend que là fut déposé le cœur de feu Alexandre de Paris- Guigny, menin du roi Louis XIII, tué à la bataille deNorlingen, le 3 août 1645, à l’âge de 23 ans. Un dessin représentant des armes et des trophées de guerre encadre cette plaque mortuaire ; le badigeon avait fait disparaître ce dessin, un grattage l’a rendu visible, et la peinture ne tardera pas sans doute à lui donner le relief qu’il çlut avoir primitivement.

Dans l'angle formé par le sanctuaire et la chapelle Saint-Jacques, on a élevé au siècle dernier une sacristie qui, comme tant d’autres, n’est recommandable que par les services qu’elle rend.

Quand j’aurai dit que l’église mesure à l’extérieur 36m92 de longueur, et dans œuvre 32m de longeur sur 20m 60 de largeur1, qu’elle est couverte en tuiles et le clocher en ardoises, il ne me restera plus qu’à mettre fin à cette description.

Je le ferai en résumant ainsi mes impressions : A l’intérieur, l’église d’Arrou est une belle église de campagne ; à l’extérieur, son aspect est moins satisfaisant, mais au XVe siècle, quand elle apparut agrandie et rajeunie, avec ses trois portes dont deux nouvellement ouvertes, ses pignons ornementés et ses gargouilles sculptées, elle devait offrir un coup d’œil remarquable.

Terminiers, 15 février 189 8 . Abbé Sainsot.

1 Les mesures accessoires sont les suivantes : clocher 3 6m76, dont 18in de flèche : le pignon de la porte principale 15m44 : le pignon de la porte Saintjaeques, 12,n80. — Les gravures sont de MM. Hardou, Thibault et Belaue.

Page 1