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VI. — CHAPELLE DE LA COMMUNAUTÉ

Quoique moins féconde en œuvres pieuses que les siècles qui l’ont précédée, notre époque a cependant vu s’établir à Gallardon un nouvel oratoire. Lors du transfert en cette ville de la communauté des Filles de la Réparation, fondée par l’abbé Elie Martin, curé de Bleury, dans le petit village du Gué-de-Bleury, une des chambres de la maison qu’elles vinrent occuper fut spécialement aménagée pour servir de chapelle.

Un autel en bois, des gravures composant un chemin de croix, quelques stalles et des bancs formèrent son mobilier.

Dans cette chapelle, conformément aux statuts de leur règle, pendant près de cinquante ans sans interruption, tous les vendredis, les religieuses de la Communauté récitèrent un acte de réparation au Sacré Cœur de Jésus et de plus, le premier vendredi de chaque mois ainsi que chaque jour de l’octave du Saint- Sacrement, récitèrent ce même acte au salut en présence du Saint-Sacrement, chacune d’elles portant à la main un cierge allumé.

Cette petite Communauté dont le recrutement, malgré la modicité de ses ressources qui, mal administrées d’ailleurs, ne lui permettaient de vivre qu’avec peine, ne se ralentit jamais pourtant, se vit en 1876 obligée par l'autorité diocésaine de se fondre dans celle des Sœurs de Saint-Paul de Chartres à laquelle furent confiés ses biens, l’école et le pensionnat qu’elle avait fondés, à la condition de recueillir et d’entretenir les religieuses de l'Institution primitive dont les plus anciennes furent autorisées à conserver leur habit de profession, et de maintenir dans leur

CHAMELLES DE GALLARDON

maison le pieux cérémonial de l’acte de Réparation au Sacré Cœur de Jésus.

La modeste chapelle, où les pauvres Filles delà Réparation avaient vu, de 1841 jusqu’à sa mort en 1857, celui qu’elles appelaient leur bon père célébrer chaque matin la messe, et où plus tard elles surent trouver dans la prière la force nécessaire pour renoncer à leur institution primitive, et dans laquelle depuis l’installation des Sœurs de Saint-Paul, le curé de la paroisse vint diriger les exercices religieux de la Communauté et chaque dimanche dire la messe du matin, a récemment disparu sous la pioche des démolisseurs.

Sur son emplacement bientôt s’élèvera une nouvelle chapelle actuellement en construction, dont l’ornementation en rapport assurément avec sa destination ne tardera pas à faire oublier, hélas ! les murs imprégnés de foi de l’oratoire des Filles de la Réparation dont nous avons tenu, en raison des liens de famille qui nous unissent avec leur fondateur, à rappeler ici le souvenir.

Grâce à MM. l’abbé D. Belaue, E. Boursier, A. Rousseau et A. Deroy qui ont bien voulu nous prêter le concours de leur talent nous avons pu joindre à ce travail une illustration digne de son sujet1; avec nos félicitations qu’ils reçoivent ici nos remerciements.

Qu’il nous soit également permis d’adresser l’hommage de notre gratitude àM. J. Laigneau, pour son obligeante collaboration et les pressants encouragements qu’il ne nous a point ménagés au cours de notre travail, à MM. E. Durand et E. Fournol pour la libéralité avec laquelle ils ont mis à notre disposition leurs beaux clichés photographiques, à M. Sauvageot, architecte du gouvernement, pour la bienveillance avec laquelle il nous a autorisé à reproduire ses intéressants dessins, et enfin à M. l’abbé Ch. Métais, pour le concours matériel qu’il a daigné apporter à la publication de notre travail.

1 Les dessins et les gravures ont été faits aux frais communs de M. l’abbé Métais, éditeur des Archives Historiques du diocèse de Chartres, et de l’auteur.

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