ÉGLISE DE LANGEY
L'église actuelle de Langey, érigée sous le vocable de Saint- Pierre, remonte au XIe siècle. Elle appartenait primitivement, — comme sa devancière dont on vient de mettre à jour les substructions, — au monastère de Corbion (aujourd’hui Moutiers-Saint- Lhomer, au diocèse de Séez), fondé par saint Lhomer au VIe siècle, et relevait du prieuré de Douy, dépendant de ce monastère.
En 1107, une bulle du pape Pascal II, datée de Marmoutier, la rattacha avec un certain nombre d’autres églises du Dunois, à l’abbaye de Saint-Lhomer de Blois : « Inpago Dunensi... ecclesiam Villæ Langei. »
Bien plus tard, dans le « Catalogue des Prieurez et Cures », ou Pouillé du monastère de Saint-Lhomer de Blois, figure encore l’église de Langey: « In diœcesi Carnutensi,... in archidiaconalu Dunensi... ecclesia Sancti Pétri de Langeyo \ »
A moins de preuves du contraire, — remarque judicieusement M. A. Dupré qui a publié et annoté le précieux manuscrit de dom Noël Mars intitulé : Histoire du Royal Monastère de Saincl- Lomer de Blois , — on doit présumer que les religieux de Saint- Lhomer avaient fondé les églises et chapelles comprises au Pouillé, car le droit de présentation à un bénéfice appartenait ordinairement au fondateur primitif et à ses successeurs. Toutefois, ajoute-t-il, si c’était l’abbé de Saint-Lhomer qui nommait aux bénéfices énumérés dans le Pouillé, les curés cependant devaient être institués canoniquement par les évêques diocésains.
Il suit de là, croyons-nous, que l’église de Langey doit son érection aux religieux de Saint-Lhomer résidant au prieuré de
1 Si nous en croyons Guérard, l’église de Langey aurait dépendu à une certaine époque du monastère de Saint-Père de Chartres. Voici en effet ce que nous lisons dans les Prolégomènes dont cet auteur a fait précéder le Cartulaire de la célèbre abbaye : « Cures dépendantes de Saint-Père... Dans le diocèse de Chartres: . . . Langei » (parmi les GO indiquées pour le diocèse). — Nous n’avons pu contrôler cette assertion, ni découvrir sur quoi elle s’appuyait.
Douy, dans le voisinage, bien que Bordas nous dise, — sans en apporter de preuve, — qu’elle avait été donnée aux moines de Saint-Lhomer dans le prieuré de Douy réuni à Bonne-Nouvelle d’Orléans. Il ajoute : « Ce n’est que depuis l’érection du diocèse de Blois que l’ordinaire, c’est-à-dire l’évêque de Chartres, nomme à la cure. » En effet, le Pouillé du XVIIIe siècle nous donne les indications suivantes : Langey : — patron : Saint-Pierre ; — présentateur : Mgr l’évêque ; — nombre des communiants : 300 ; — revenu de la cure : 700 livres.
L’église de Langey est un assez grand vaisseau sans bas côtés, orienté, rectangulaire, de 32m 50 c. de long et de 8m 80 de large. Cet édifice est terminé au couchant par un pignon à rampants de pierres de tailles, percé de deux jolies fenêtres romanes, et au levant par une abside semi-circulaire. Les deux pans nord et midi de la nef sont soutenus par des contreforts unis, six de chaque côté ; de plus, deux gros piliers à ressauts, construits après coup, soutiennent le chevet qui a subi un notable écartement et est quelque peu lézardé.
Le monument est éclairé sur la façade nord par quatre fenêtres à plein cintre, mais sans caractère, et sur celle du midi par cinq autres fenêtres dont trois ont été retouchées et changées de place.
La façade du midi était jadis masquée dans la moitié à peu près de sa longueur, par un porche de bois à arcades cintrées, dont la toiture en appentis masquait deux fenêtres qu’on avait dû boucher, et qui vont être réouvertes prochainement. Ce porche a disparu après la réparation du clocher en 1891.
Sur cette même partie méridionale, auprès du chevet, s’élève, en hors d’œuvre, une étroite sacristie bâtie en 1779. Près d’elle, à la naissance du toit de l’église, on aperçoit quatre corbeaux de pierre ou pierres d’attente, semblant indiquer qu’on a eu l’intem tion de bâtir là une chapelle ou un bras de transept.
Devant cette même façade du midi, s’étendait naguère encore le vieux cimetière avec sa ceinture funèbre de thuyas toujours verts ; mais ce dernier, déjà remplacé depuis nombre d’années par un autre champ de repos plus vaste situé sur la route de Châteaudun , vient de disparaître complètement en 1898. Les terres en ont été enlevées sur une profondeur moyenne de 4 ou 5 pieds. Ce sont ces travaux qui ont fait découvrir, à la distance de 5 ou 6 mètres de l’église actuelle, plusieurs carrés de maçon-
nerie antique excessivement dure, que des personnes compétentes regardent comme les bases de piliers ayant soutenu une église primitive. On a également découvert, enfouis dans la terre, les débris d’une cuve baptismale en pierre, dont le haut du pilier de soutènement, de forme hexagonale, présente sur chacune de ses faces, les sculptures que nous reproduisons ici.
Sur le plat d’une des barres de fer existant à l’extérieur de la première fenêtre du côté nord, l’ouvrier forgeron a gravé ces mots relatant un fait qui est également consigné dans une note du curé Morin : Par cette vitre l’église a été volée en 1772 la nuit du 29 au 30 septembre. La note ajoute qu’on a pris environ douze francs d’argent. — Il est plus que probable que le grillage extérieur de toutes les fenêtres de l’église, pour empêcher autant que possible le renouvellement d’un pareil sacrilège, date de cette même époque.
Le clocher, à cheval sur la toiture de l’église, à l’extrémité ouest, est en charpente et recouvert d’ardoises. Des poteaux de bois, au nombre de six, trois de chaque côté, et apparents à l’intérieur de l’église où ils reposent sur le sol, en supportent la charge. Il est très élancé et de forme octogonale, même à sa base. Sa flèche est certainement la plus belle, et la plus haute de la contrée, bien qu’elle ait déjà été quelque peu raccourcie à plusieurs reprises. Depuis la Révolution, il ne renferme plus qu’une seule cloche de grosseur moyenne, et qui fut fondue sur place, dans le bourg même, en 1811, comme nous l’apprend cet extrait des registres paroissiaux :
« Cejourd’huy mardi, trois septembre 1811, a été par moi soussigné, bénie la cloche de cette église de Langey, et nommée Marie , par moi aussi soussigné et dame Marie L’homme-Dieu, veuve Costé de Vallières, tous les deux parrein et marreine. Cette cloche, qui pèse douze cent cinquante-neuf livres, a été fondue dimanche dernier, premier septembre. »
Marie L’homme-Dieu, Costé de Vallières.
Loiselay c. d. de Langey.
Voici maintenant l’inscription qu’on lit sur ses flancs :
« J’ai été bénie et nommée Marie par maître Antoine Loiselay Curé Dst de Langey et par dame Marie L’homme-ûieu veuve Costé de Yallières. MM. Marin Pionnier, maire, et Joseph Deux adjoint. L. C. Coursimault, J. Coursimault, D. Bois margrS.
Cent soixante-quatre ans auparavant, avait eu lieu la bénédiction d’une autre cloche qui existait probablement encore au moment où éclata la Révolution, car depuis son baptême en 1647, nous ne trouvons pas de cérémonie de cette sorte consignée dans les registres, excepté celle que nous venons de relater à l’instant.
« Ce jourd’huy mardy six8 novembre l’an mil six cent quarantesept la grosse cloche de Lange a esté undoyée et béniste par moy messire Pierre Pover prestre vicaire dycelle esglise en présence de plusieurs habitans messire Mathurin Mollière pre curé dud. Lange parrain avec hone femme Renée Rossignol fm<; de Mre George Voysin et nommée du nom de Pierre L’homme Dieu, ce à la mémoire de saint Pierre patron de ceste esglise. »
Pover Molière Ch. Landais Ch"6 h.
Gouin Guilloys Cresteau.
Le pignon occidental est soutenu par quatre contreforts unis. Au bas du rampant du midi et lui tournant le dos, est un animal en pierre, de race canine, assis sur son arrière-train, et qui forme ainsi le couronnement du premier pilier du sud.
On pénètre dans l’intérieur de l’édifice, soit par la grande porte du couchant dont un des anciens vantaux encore existant offre des cannelures, soit par une plus petite entrée latérale au midi, de forme cintrée, avec restes de petites colonnes rondes, en pierre, de chaque côté.
La principale entrée est précédée d’un petit chapiteau, à arcades cintrées d’un bel effet accusant le XVIIe siècle, et monté sur quatre piliers en bois. Les deux jolies fenêtres romanes déjà citées, et dont il cache un peu le bas, surmontent son toit.
Entrons maintenant dans le temple sacré, et après y avoir adoré un instant l’Hôte divin du Tabernacle, nous y remarquerons les dispositions suivantes : une nef simple, un chœur à la suite, et un sanctuaire. La voûte est en bardeau cintré et peint en bleu tendre, avec entraits sans sculpture. Le pavage est en carreaux de terre cuite, carrés dans la nef, octogones
dans le chœur, octogones également, mais en ciment, dans le sanctuaire.
Dès l’entrée du monument, on se trouve dans une travée à plafond en planches cachant la charpente du clocher, et supportée par des traverses de bois. Deux gros contreforts intérieurs mourant à la naissance des fenêtres supportent de ce côté la masse du pignon. Dans cette partie de l’édifice se voient, à gauche les fonts baptismaux en pierre à cuvette monolithe, et du côté opposé l’échelle qui donne accès au clocher, et le confessionnal.
En avançant vers le milieu de la nef, on aperçoit, à droite, la porte latérale ouvrant sur le midi, à côté la chaire, et en face le banc d’œuvre. — Les scènes des tableaux du chemin de croix à cadres de bois doré ogival, (ce qui est un contre sens, vu le style roman de l’église), sont peintes sur toile, et ont coûté 700 francs. — Les murailles ne présentent plus trace des croix de consécration ; mais à travers le badigeon, on aperçoit la bande de l’ancienne litre seigneuriale ou ceinture funèbre, ainsi que, de distance en distance, les armoiries coloriées et assez bien conservées des Thiroux, derniers seigneurs de la paroisse ; elles se blasonnent ainsi : « D'argent h la face dazur chargée de 3 bandes d'or , accompagnée en chef d'une croix ancrée de gueules, et en pointe de 3 têtes de lion de même, 2 et 1. »
Les fenêtres, toutes simples, se composent de verres blancs posés en petits losanges sur châssis de plomb. Cependant, au milieu de la troisième fenêtre de droite, près de l’autel de la Vierge, on remarque un petit médaillon de couleur, de forme carrée, représentant un évêque debout avec la crosse et la mitre ; â sa droite est un trône épiscopal, et à gauche un objet ressemblant à une enclume, ce qui désignerait saint Eloi. D’autres croient y voir saint Julien faisant jaillir une source en frappant le sol de son bâton pastoral.
Deux petits autels latéraux à colonnes corinthiennes cannelées, et à entablement surmonté d’un cintre, précèdent le chœur, et sont adossées à la muraille. A gauche, c’est l’autel du Sacré- Cœur avec statue richement poly chromée, don posthume de Madame veuve Julien Lemonnier, née Hâteau ; à droite, l’autel de Ja Sainte-Vierge, avec statue de N.-D. du Sacré-Cœur et de l’Enfant Jésus debout devant elle (type aujourd’hui non conforme aux prescriptions du Saint-Siègej.
Le chœur est séparé de la nef par un rang de stalles ; au centre de ces dernières s’ouvre une porte flanquée de chaque côté d’une colonne de bois cannelée ; au-dessus des deux colonnes est un cintre de même matière qui soutient le pied d’un grand crucifix dont le sommet est cloué sur un entrait.
Des boiseries d'environ 3 mètres de hauteur, sont appliquées sur les murailles depuis le haut du sanctuaire jusqu'au bas du chœur ; mais il ne faut pas y chercher le moindre intérêt archéologique, pas plus d’ailleurs que dans les stalles, la chaire ou les bancs.
Au haut du chœur à droite, s’ouvre la porte de la sacristie, dont l’entrée était autrefois dans le sanctuaire d’où l’on y pénétrait de plain pied ; mais, l’étendue de celui-ci ayant été restreinte, il faut maintenant gravir deux marches pour accéder à cette sacristie.
A la suite du chœur vient le sanctuaire, élevé de deux degrés en pierres de taille de Thiville, et séparé du chœur par une grille de fer ouvragé qui n’est pas sans mérite ; une main courante en bois surmonte dans toute sa longueur cette table de communion.
Deux fenêtres qui ne se correspondent plus, s'ouvrent sur cette partie de l’édifice. Celle qui existait primitivement au fond du chevet, a été aveuglée parla construction postérieure du gros pilier de soutien dont nous avons parlé ; et d’ailleurs, existâtelle encore, elle serait aujourd’hui complètement cachée par le rétable appliqué en 1779 au fond du rond-point, au-dessus du maître-autel.
Cet autel, en bois, est élevé de deux marches au-dessus du niveau du carrelage. Le rétable qui le surmonte est conçu dans le style grec, et offre deux belles colonnes corinthiennes cannelées, supportant un fronton triangulaire au centre duquel se voient la tiare pontificale et les clés en sautoir, attributs de saint Pierre patron de la paroisse. Un tableau d’assez grandes dimensions, richement encadré, et d’une bonne exécution, occupe le fond du rétable depuis le bas du gradin supérieur de l’autel, jusqu’à l’entablement. Il représente la remise des clés à saint Pierre par Notre-Seigneur, et a été offert en 1895 par deux généreuses paroissiennes qui nous reprocheraient de dévoiler leurs noms. Il remplace un vieux tableau où sont peints saint Joseph et
sainte Anne avec la sainte Vierge enfant, tableau qu’on a réduit
depuis à des proportions moindres à cause du mauvais état de sa toile, et qui a été restauré et rajeuni bienveillamment par une artiste de talent, Mlle Guérin, de Saint-Jean à Chàteaudun, exposante au Salon, et à laquelle nous sommes heureux de pouvoir offrir ici de publics remerciements. Ce dernier tableau retouché est maintenant appendu à la muraille du chœur, côté de l'Evangile, entre deux stations du Chemin de la Croix.
Trois statues modernes, acquises par souscription, décorent les murailles du sanctuaire : à gauche, saint Pierre et saint Antoine de Padoue ; à droite, saint Joseph. Elles remplacent d’anciennes statues de bois d’un art très primitif, dont l’une, celle de saint Jean-Baptiste reproduite ci-contre, d’après la photographie de M. Lecomte, est d’une expression peu ordinaire.
En résumé, l’église de Langey est un beau vaisseau, mais il lui manque d’être restaurée et entretenue. Il lui faudrait, sur ses murailles blanchies, froides et nues, une teinte unie de couleur pierre, avec filets imitant des assises régulières, pour remplacer cet affreux badigeon DE saint Jean-Baptiste blanc, gris ou jaunâtre, qui déshonore l’intérieur de tant d'édifices religieux. Espérons que des âmes charitables seront prochainement inspirées de coopérer à l’embellissement de la maison de Dieu qui est la maison de tous.
ÉGLISE DE SAINT-J EAN-PIERRE-FIXTE
La petite église de Saint-Jean-Pierre-Fixte, construite au fond du charmant vallon où serpente la Rhône, figure dès le XIe siècle au nombre des dépendances du prieuré de Saint-Denis de Xogent-le-Rotrou auquel la possession en fut confirmée par bulles des papes Urbain II (1099) Alexandre III (1160 et Clément III (1187).
C’est un édifice des plus modestes qui ne se composait à l'origine que de la nef et du chœur : la tour date du commencement du XVIIe siècle. Il a subi, depuis une trentaine d’années, d’importants travaux de restauration et d’embellissement.
La porte d'entrée, à plein cintre, est surmontée d’une niche ornée de la statue de saint Jean-Baptiste, patron de l’église et de la paroisse ; elle s’ouvre dans la partie de la tour dite la sonnerie, d'ou une seconde porte donne accès dans la nef. Celle-ci est éclairée par quatre fenêtres romanes qui ont été percées en 1868, en remplacement de deux grandes fenêtres gothiques et de deux petites fenêtres romanes ; ces dernières probablement contemporaines de cette partie de l'édifice. Naguère encore ces fenêtres, ainsi que celles du chœur, n’étaient garnies que de verre blanc1 ; mais grâce à la générosité des derniers curés : MM. Lévêque, Belnoue, Gatineau et Lecesne, elles se sont enrichies, en 1896, de belles verrières qui racontent, en six tableaux, la vie de saint .Jean-Baptiste. Ce sont, à gauche : la Visitation, la Circoncision , le Baptême de N. -S. Jésus-Christ ; — à droite : la Prédication au désert, la Décollation et Y Ensevelissement. Elles sortent des ateliers Hubert-Martineau, de Paris ; les cartons en ont été composées et dessinés par M. Gilbert, artiste peintre, sur les données de M. l’abbé Lecesne, alors curé de la paroisse2 3.
1 11 n'en a pas toujours été ainsi, car en 1609 nous voyons la fabrique
payer 12 sols, « A Delalande, vitrier, qui a racoustré Vimaige de sainct Julian et mis des lozanges aux vitres où il y en avait de rompus ».
3 M. l’abbé Lecesne en a donné une description intéressante dans une petite notice publiée à l'occasion de la cérémonie d’inauguration qui eut Jieu le 21 juin 1896. — Nogent-le-Rotrou. Imprimerie E. Lecomte.
La voûte est cintrée en bois avec entraits apparents, non ouvragés. L’ancien bardeau, qui datait de 1643, a été remplacé par un lambris en sapin du nord (1889) décoré de motifs d’ornement composés de fleurs de lis, opposées deux à deux, alternativement rouges et noires, d’un bon effet. Les murs, détériorés par l’humidité, ont été cimentés à la base et recouverts sur toute leur surface d’un enduit en plâtre avec imitation de coupes de pierres reliées par des croix de saint André fleuronnées. Précédemment le pavage — en carreaux ordinaires — avait été exhaussé et assaini1.
Deux petits autels en pierre, d’ordre corinthien, à l’ensemble froid et sévère, récemment restaurés, sont adossés à un grand arc en maçonnerie, à plein cintre, qui sépare la nef du choeur. Celui de gauche est dédié à la sainte Vierge et celui de droite à saint Jean-Baptiste. On y remarque une belle statue du saint Précurseur, sculptée en chêne par feu M. le marquis de Turin, qui en a fait hommage à l’église.
Au sommet de l’arc a été peint un beau médaillon en encadrant cinq autres disposés en croix et reliés par des rinceaux romans. Celui du milieu représente, en buste, saint Jean revêtu de la classique peau de chèvre ; dans les autres sont figurés, par leurs attributs symboliques, la Foi en haut ; l’Espérance et la Charité, de chaque côté ; puis, en bas, l’Agneau pascal.
Ce travail est l?œuvre de deux artistes de talent, MM. F. et L. Manceau frères, de Nogent, à qui sont dus la décoration des murs et la restauration des petits autels.
La bénédiction de ces travaux et de ceux exécutés précédemment fut faite solennellement le dimanche 5 novembre 1893. La Voix de N.-D , dans le compte-rendu de cette cérémonie, résume en ces termes l’œuvre accomplie : « Lorsque, en 1856, à la mort de M. l’abbé Vidal, cette paroisse fut confiée aux professeurs du Petit-Séminaire de Nogent-le-Rotrou, l’église se trouvait dans un état déplorable. M. l’abbé Lévêque, qui occupa le poste le premier, se mit aussitôt à l’œuvre, refit la toiture et se procura les objets les plus indispensables au culte. Ses successeurs, MM. Belnoue, Gatineau, Lecesne, héritèrent de son zèle et dans l’espace de trente années tout fut restauré. Le maître-autel fut
1 Dans ce but la municipalité a fait l’acquisition de tout le terrain contigu au périmètre de l’église sur une largeur de 4 mètres environ,
renouvelé: des bancs remplacèrent les quelques misérables chaises de la nef ; une sacristie s'éleva au chevet de l'église: six baies en plein cintre furent ouvertes : on remit à neuf les murs et les lambris. Aujourd'hui le tout est décoré de peintures du meilleur goût artistique1. »
Le chœur, qui ne fait qu'un avec le sanctuaire, est éclairé par deux fenêtres romanes. On y voit quatre médaillons anciens, d’une réelle valeur, qui ont été précieusement conservés et enchâssés dans les nouvelles verrières. Ils représentent : Jean- Baptiste au clèsert, V Annonciation, sainte Marthe et son dragon . sainte Barbe et sa tour.
La voûte, précédemment en bardeau, a été refaite et cintrée en plâtre (1868) ; dernièrement elle a été décorée d'un dessin au trait imitant des assises de briques.
Le maître-autel, sculpté en bois, d'un travail simple et de bon goût, est l'œuvre d'un ouvrier nogentais, M. Gaudier 1869). Il remplace un autel, a \ec retable, érigé en 1650.
Le chœur était le lieu de sépulture des curés et des seigneurs de Prainville5, patrons de la paroisse. Y furent déposés, à partir du dix-septième siècle, les curés : Denis Mérel ,1663), Mathieu Chevalier 1690) et Michel Mondeguerre (1697] . ainsi que Patrice de Boisgujmn (1610 . Benjamin de Boisguyon (1626], René-Louis du Rousseau, deuxième du nom, (1749 et Marthe du Rousseau (1751). Elle fut la dernière personne inhumée dans l'église où alors les inhumations étaient communes.
Une balustrade en chêne sculpté, servant de table de communion. sépare la nef du chœur, plus élevé d'une marche: elle fut posée en 1644.
Le mobilier est moderne, très propre et en bon état. La chaire à prêcher, fort simple, date de 1677 : les bancs, d'une trentaine d'années ainsi que le confessionnal, d'un travail soigné. Le banc d’œuvre, placé du côté de l'évangile en face la chaire, occupe l'enfoncement d'une petite porte cintrée, aujourd hui murée : il est antérieur de quelques années au maître -autel et sort des mains du même ouvrier. Les fonts baptismaux sont en pierre :
’ Voix de Notre-Dame supplément du 11 novembre 1893.
4 Fief, commune de saint Jean-Pierre-Fixte, relevant de la châtellenie de Montdoucet Souancé'i.
ils remplacent les anciens fonts construits en bois en 1659 et isolés par une « clouaizon1 ».
La tour, qui domine l'église à l’ouest, est une construction carrée, élevée de trois étages ; elle est surmontée d’un toit pyramidal couvert en ardoises (primitivement en tuiles). Elle date de 4622 ; sa construction ne fut pas exempte de vicissitudes. Les travaux commencés en 4607, furent interrompus peu après, faute d'argent sans doute. En attendant les murailles furent couvertes de «. chaulme afin de conservation». Cette protection fut-elle suffisante? Cette note des registres paroissiaux permet d’en douter. « La tour de l’église fut commencée au moys de septembre 1619 et achevée au moys de novembre du dict an. » Qu'était donc devenue son aînée ? A une première catastrophe possible devait bientôt s’en ajouter une seconde. En effet, cette nouvelle tour, bâtie en quelques mois avec une célérité qui tient du prodige, « tomba en ruines au moys de janvier 1620. »
Non découragés par ce nouveau malheur, les habitants, avec un ensemble qui leur fait honneur, s’empressèrent d’apporter volontairement le concours gratuit de leurs bras et de leurs bourses pour réparer ce désastre2.
Repris au mois de juin 1621 par la « vuidange des fondations »
1 A ces renseignements fournis par les comptes de la fabrique nous ajouterons les suivants qui, bien qu’étrangers au sujet, nous paraissent intéressants au point de vue liturgique.
Ainsi, dans un inventaire de 1G02 figurent, parmi les objets inventoriés, « deux couppes propres à administrer la communion ». D’autre part l’état des dépenses, même année, contient cette mention : « Le jeudy absolu, le samedy et la feste de Pasques, achepté 4 pintes de vin pour les communians, 8 sols ». Et ce n’est pas là une dépense accidentelle, car elle est répétée chaque année, non seulement à Pâques, mais aussi aux principales fêtes, jusqu’en 1662. A la Toussaint de cette année, elle fut de 4 s. 6 d « pour 3 demi-septiers de vin baillé aux communians ». Toutefois il serait faux de penser qu’à cette époque la communion sous les deux espèces était encore usitée. Il s’agit simplement du Vin de Pâques distribué aux fidèles après la communion pour purifier la bouche. M. l’abbé Ch. Métais en cite un exemple dans le Livre de Bois de Saint-André. Cette pratique est encore conservée dans les cérémonies solennelles en certains diocèses ; aux ordinations, etc.
2 M. de Prain ville (Benjamin de Boisguyon) y envoya ses deux valets et fit don de 50 1. La fabrique fournit les outils nécessaires. Au nombre de ceuxci figure « une civière à roue ». C’est le nom sous lequel on désigne encore la brouette commune. L’illustre Pascal (1623-1662) n'en fut donc pas l'inventeur comme s'obstinent à nous l’enseigner nos manuels classiques.
les travaux étaient terminés en moins d’une année. Le « recteur » Denys Mérel pouvait donc écrire avec une légitime satisfaction :
« La tour de Saint Jehan de Pierre Fixe fut parachevée, le coq mis sur la croix le 25 may, vigille de la Feste-Dieu 1622 ». Le maître de l’œuvre, Mathurin Peiller, maçon, reçut 55 1. pour ses honoraires.
La tour renferme le logement du desservant et la mairie. Voici quelles circonstances motivèrent cet état de choses original : la paroisse, longtemps réunie à celle de Trizay, fut érigée en succursale par ordonnance royale du 3 juillet 1843. M. Vidal, vicaire de N.-D. de Nogent fut chargé de la nouvelle desserte. Mais une question se posait : où loger le desservant pendant ses séjours obligés dans la paroisse? L’ancien presb}Ttère — l'unique maison du chef -lieu — avait été vendu à la Révolution 1 : bâtir un presbytère devenait onéreux. On résolut le problème en utilisant la tour qui fut aménagée ad hoc : au premier étage, la salle à manger; au troisième — la mairie occupe le second — la chambre à coucher et, au rez-de-chaussée, la cave et le bûcher. Ainsi fut constitué un pied-à-terre, peu banal, il est vrai, mais dépourvu de confortable et insuffisant. L’escalier en bois qui dessert les divers étages, est l’œuvre de M. Vidal lui-même.
La cloche, placée sous la toiture de la tour, porte l'inscription suivante : « L’an 1850 j'ai été bénite par M. L. Brière, curé de N.-D. de Nogent et nommée Jeanne-Pauîine-FéHcie par M. Paul- Emile Martin-Fortris et demoiselle Jeanne-Marie Lefebvre, en présence de M. Vidal, curé de cette paroisse, de MM. C. Fétu, maire, J. Brouard, adjoint, L. Thibault, A.Taranne, F. Renard. Joseph Gouhier. fabriciens. »
Au siècle dernier, il y avait deux cloches. La petite fut bénite en 1742 et « nommée Marie V icolle par damoiselle Marie du Rousseau de Villerussien, dame de cette paroisse, efMe Nicolas Tuffier, curé de N.-D. de Nogent. » Son poids fut porté de 317 à 354 livres.
En 1703, le 28 mai, la foudre tomba sur la tour et fit une victime : le jeune Thomas Besnard « estouffé par le tonnerre à la sonnerie de cette église. »
1 II avait été construit en 1603 et bénit cette même année par messire Jehan Geoffroy, prêtre de Nogent, qui reçut 4 sols pour la messe dite à l’occasion de cette cérémonie.
L'église mesure, dans œuvre, 24m40 de longueur avec une largeur variable, savoir : tour (3m,60x 3m,60) ; nef (llm,35x8m,25) ; chœur et sanctuaire (7m,45x5m,65).
Les murs, en pierre du pays, d’environ 1 mètre d’épaisseur, ne sont soutenus par aucun contrefort. La sacristie a été construite en hors-d’œuvre, au pignon du chœur, en 1869. Primitivement, elle était placée derrière le maître-autel.
Dans les premières années du XVII0 siècle, nous trouvons établies dans l’église les confréries du « Sainct et Vénérable Sacrement », de Notre-Dame-de-Montserrat , de Notre-Dame-de- Chartres et de Saint-Hubert. En 1620, la première comptait 30 hommes et une femme ; la seconde, 25 hommes, 12 femmes, 5 jeunes filles et 4 familles ; les deux dernières avaient aussi une trentaine de membres, faisant partie, pour la plupart, des autres confréries.
Peut-être est-il superflu d’ajouter que c’était à l’église également que les habitants s’assemblaient, à l’issue de la messe paroissiale, sous la présidence du syndic, assisté du curé ou du tabellion seigneurial, pour délibérer sur les affaires de la communauté: perception de la taille , rôle des pauvres, collecteurs, dons et legs, etc.
A quelques mètres de la tour et dans l’axe de l’église se trouve la fontaine de Saint-Jean ; elle est abritée par un édicule en maçonnerie, couvert en zinc et surmonté d’une croix en pierre ; l’intérieur est décoré d’une antique statue, trouvée, dit-on, dans le lit même de la fontaine. Saint Jean-Baptiste est représenté vêtu d’une longue robe serrée à J a taille. Sa physionomie est austère ; il porte la barbe et les cheveux longs ; il tient dans ses mains un nimbe fruste sur lequel devait être figuré l’Agneau divin; les pieds ont été mutilés1 .
'Tel il est sculpté dans un diptyque d'ivoire du XlVe siècle décrit par par M. l'abbé Charles dans une petite brochure imprimée à Mamers en 1881. La description se termine de la sorte : « ses pieds sont nus et sous son manteau apparaît une longue tunique de poil de chameau. C’est ainsi,
A côté de la fontaine et alimentée par son trop-plein, se voit une petite auge en pierre où l’on baignait autrefois les enfants rachitiques, le 23 juin, veille de la Saint-Jean1. Ce jour-là a lieu un pèlerinage qui, pendant longtemps, est resté un des plus populaires de la contrée.
Souancé, 18 novembre 1898.
F. Guillon.
ajoute notre auteur, que saint Jean-Baptiste est caractérisé sur une statue du XIII'' siècle du porche septentrional de la cathédrale de Chartres Sa robe parait tissuc d’une étoffe velue : lpse a utem hahebat vestimentum de pilis camelorum . Mathieu, Ch. III, v. 4/ et erat Johannes vestitus pilis cameli. Marc, Ch. I, v. 0. Molanus est donc bien fondé dans son Histoire des saintes images à reprocher aux peintres de son tempe de figurer saint Jean couvert des dépouilles de bêtes fauves.
1 En 1844, différents articles de critique, parus dans le Glaneur d'Eure-et- Loire , donnèrent lieu incidemment à un procès qui, envenimé et grossi par les polémiques locales, eut un certain retentissement Les débats en ont été consignés dans une brochure de 112 pages intitulée : Affaire de la vipère noire et de la fontaine miraculeuse du bon saint Jean de Pierre-Fixte. — Chartres, imprimerie Félix Durand.
EGLISE D UNVERRE
ÉGLISE D’UNVERRE
L’église d’Unverre est située au centre d’une vaste place plantée d’arbres, servant autrefois de cimetière.
Elle est formée de deux nefs, aussi différentes d'origine que de style, l’une en effet est du XIIe et l’autre du XVIe siècle.
On y entre par deux portes, d’inégale dimension. La porte principale ouvre sur un chapiteau en appenti, portant fronton au milieu.
Trois arcatures en pierre de grison en couronnaient jadis la baie.
Le grison gravement détériorié par le temps a été depuis quelques années couvert d’un plâtrage formant moulures.
Dès l’entrée les regards du visiteur sont comme invinciblement attirés sur le vaste retable qui remplit le rond point.
La physionomie de ce retable est assez difficile à décrire.
Nous l’essayons pourtant.
Ce milieu forme un hémicycle, où est enclavé l’autel avec son marchepied.
Au-dessus est un tableau où la très sainte Vierge et sainte Elisabeth se présentent mutuellement l’Enfant-Jésus et saint Jean; le tableau n’est pas sans mérite. Tout cet ensemble est dominé par un vaste baldaquin s’élevant jusqu’à Ja voûte, dont les branches reposent sur les corniches des côtés, et dont le sommet est couronné d’une haute coupole, tandis que le fond retient un soleil dont les rayons gigantesques se dégagent à travers une masse de nuages demi-dorés et argentés.
Quant aux côtés, pleins à la base, creux au milieu, ils portent avec dignité six belles colonnes cannelées destinées à soutenir l’entablement. Dans l’intervalle qui les sépare, on a placé sur de vastes piédestaux quatre statues d evêques en bois sculpté, de fort belle dimension, qui semblent avoir pour but non seulement de s’offrir aux hommages des fidèles, mais encore de dissimuler le vide qui sépare les colonnes de la muraille.
Cet ensemble est vraiment majestueux, le public l’admire, les modernes connaisseurs osent à peine le critiquer.
Son antiquité, du reste, plaide en sa faveur ; Laroche, peintre à Châteaudun le décora en 1648.
Deux croisées en plein cintre éclairaient jadis cette portion de l'église ; l’une, celle de gauche, a été bouchée au siècle dernier par le fait de la construction de la sacristie ; l’autre est restée ouverte et a conservé sa forme primitive. C’est du reste le seul vestige intérieur qui reste de l'ancien édifice.
Les autres croisées, au nombre de quatre, ont été dégagées en 1778, et forment aujourd’hui de vastes baies qui projettent dans l’enceinte une lumière abondante; l’une, celle qui ouvre sur le chœur, a été depuis peu ornée d'un splendide vitrail sortant des ateliers de M. Lorin de Chartres et représentant la mort de saint Martin, patron de la paroisse.
La voûte de cette partie de l’église est en bardeau de forme ogivale, assez bien décoré ; nous n’osons la confondre avec celle qui fût construite en 1497. Les murailles sont garnies d'un chemin de croix en plastique de haut relief, et de grande dimension ; le badigeon qui les recouvre est orné de filets transversaux, avec croix de Malte au milieu. Au bas du chœur, se trouve l’ouverture qui conduit à la tour.
Cette tour que domine une flèche élégante remonte au XIIe siècle; elle est flanquée à lintérieur de l’église, et pour cause sans doute, de deux larges piliers. Deux fenêtres y ont été percées en 1873 ; c’est aujourd’hui une chapelle dédiée au Sacré-Cœur, que l'on visite volontiers ; les peintures qui la décorent sont bien réussies.
La chaire, le banc-d’œuvre, les tambours sont des épaves du dernier siècle.
Le grand tambour est accosté de deux beaux tableaux représentant la Pentecôte, et la guérison du boiteux de la porte du Temple et surmonté de deux lanternaux en grisailles modernes.
Le dossier du banc-d’œuvre porte une statue équestre de saint Martin, coupant son manteau, accompagnée de deux colonnes qu’unit un fronton demi-circulaire.
Quant aux fonts, bien que modernes, leur originalité ne manque jamais d’attirer les regards.
Du reste, loin d'être relégués, comme cela arrive souvent en quelque coin obscur de l’église, ils sont en pleine évidence, adossés à l’un des piliers qui séparent la grande nef, du bas côté.
Ce bas-côté, avons-nous dit, est du XVIe siècle, l’art uni à l’histoire en rend témoignage.
On y pénètre au besoin par une porte à anse de panier, surmontée d’un cartouche et enchâssée de moulures assez bien conservées. Une rosace qui la domine figure le saint Rosaire et porte les armes des pieux donateurs, M. et Mmc de Boissieu. Ces armoiries sont : 1° « D'argent au lion de gueules debout et armé. » — 2° « D'azur au chevron d'or, portant en pointe une croisette d'azur bordée de sable. »
La voûte est composée de cinq travées qui du côté de la grande nef s’appuient sur cinq pilliers octogones. Les arceaux sont décorés de fresques; la dernière travée étale en outre d’immenses arabesques. Chaque travée forme pignon sur rue et est éclairée de croisées à forme ogivale, géminées avec trèfles à la clef. Des vitraux, malheureusement très détériorés, et dont on a arbitrairement transporté les fragments, les garnissent encore en partie.
Nous en essayerons donc la description :
Le premier vitrail représente l’adoration des Mages; au-dessus dans un trèfle une dame est à genoux, un nom aujourd’hui illisible l’accompagne. Cette dame est sans doute la donatrice du vitrail. A droite, dans un coin, à côté d’une tête d’Henri IV, on lit : 1604.
Le second vitrail contient un double sujet : d’un côté, c’est un prêtre en habit de chœur, les mains jointes, à genoux sur un prie-Dieu, portant un livre ouvert. Au-dessus se voit un écusson accompagné de deux étendards. Le premier est à peine visible, le second porte sur champ d'azur , onze billetles de sable , posées quatre , trois , quatre. Quant à l’écusson lui-même, il est frettè ou échiquetè , d'azur et de sable , deux lions armés et affrontés le soutiennent ; au-dessus une couronne de marquis ; dans une banderolle, le mot : Lavardin, et à côtç : 1690.
L’autre partie du vitrail est moins compliquée ; elle représente saint Denis portant sa tête dans ses mains, accompagné d’un diacre tenant une palme.
La présence de saint Denis s’explique facilement ; les moines de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou étaient patrons de l'église. Quant au nom de Lavardin et aux insignes qui l’accompagnent, faute de documents plus précis, nous devrons nous borner à dire,
qu'un membre de la famille Lavardin était alors baron de Brou et que Tannée 1690 est celle-là même où l’ambassadeur Lavardin entrait solennellement à Rome , malgré la défense du Pape Innocent XI.
Le troisième vitrail représente la visite des anges et celle des bergers à la crèche.
Le quatrième renferme un double sujet : d’abord auprès d’une tour une martyre tenant une palme, sainte Barbe, ensuite saint Martin coupant son manteau pour couvrir la nudité d’un mendiant estropié qui l’implore.
Dans le cinquième enfin quelques détails relatifs au mystère de l’Annonciation, et dans un trèfle le Sauveur portant le globe.
Un autel, consacré à la très sainte Vierge, couronne naturellement cette partie de l’église. Quatre colonnes à chapiteaux d’ordre composite en soutiennent l’entablement. Un fronton brisé le domine.Une vierge mère en occupe le milieu. Au-dessous, un tableau du rosaire porte la date de 1605 et rappelle l’établissement à cette époque d’une confrérie du très saint Rosaire dans la paroisse.
De chaque côté, en dehors des colonnes, deux statues représentent l’une Notre-Dame de Lourdes, et l'autre saint Joseph portant l’enfant Jésus.
Une statue de sainte Anne, vêtue à la façon de Notre-Dame du pilier, termine cet ensemble et nous fait lire deux dates précieuses, destinées à rappeler le souvenir d’importants travaux exécutés dans l’église 1580, 1882.
Signalons aux clefs de voûte de cette chapelle deux écussons, le 1 cr : D’azur à la harpe d'or, accompagnée en chef de deux étoiles de môme ; le 2' : D'azur au chevron de gueules , accompagné en chef de trois étoiles d'or et en pointe d'une pique d'argent. Ce sont les armes de la famille David de Thiais.
Les cloches portent les inscriptions suivantes. Sur la plus grosse on lit :
« Bénite en 1862 par M. Petit, curé d’Unverre, nommée Constance- Elisabeth, par M. Constant Bouhier de l’Ecluse, et Elisabeth de Rippert, dame David de Thiais ».
Sur la plus petite, on lit :
1 Bénite en 1862 par M. Petit, curé d’Unverre, nommée Marie- Louise , parM. Louis Alfred David de Thiais, maire d’Unverre, membre du Conseil général d'Eure-et-Loir, et par Anne de la Varenne, dame de l'Ecluse. » Abbé Chapron.