ÉGLISE D’OINVILLE-SUR-AUNEAU
Située à un kilomètre au-dessus de la pittoresque vallée de la Voise, et distante d’environ deux kilomètres du hameau de Cherville, dont les seigneurs sont célèbres dans l’histoire du pays beauceron, la petite église d’Oinville-sur-Auneau est bien modeste et aussi bien vieille. Elle est en effet mentionnée dès la seconde moitié du onzième siècle et selon toutes les apparences elle date réellement de cette époque, quoique certaines parties aient été remaniées. Ses portes, ses fenêtres en plein cintre en témoignent suffisamment. L’intérieur n’offre rien de bien remarquable, malgré les louables et visibles efforts des paroissiens et du curé pour redonner à l’édifice un air de jeunesse. La nef et le chœur forment un rectangle de 19m 60 de longueur sur 7 de largeur. Le sanctuaire qui vient à la suite, profond d’environ 5 mètres, est en croupe polygonale à côtés inégaux. Il est coupé par un rétable sans caractère, derrière lequel est ménagé un retrait servant de sacristie. L’église est éclairée par six fenêtres dont une seule au nord, dans le chœur. Il en existe une autre tout au chevet de l’édifice, dans la sacristie, placée en dehors de l'axe de l’église.
Comme dans beaucoup d’autres églises primitives, en effet, le symbolisme chrétien a fait ici dévier cet axe de gauche à droite. L’abside devait jadis être assez élégante quand elle n’était masquée par rien. Peut-être même était-elle voûtée en pierres si l’on en juge par deux chapiteaux blasonnés, encore encastrés dans les angles à gauche et à droite du vitrail terminal. Toute l’église est maintenant voûtée en bardeau de sapin. A noter deux belles pierres tombales, sculptées en lignes, représentant d’anciens seigneurs de Cherville et reproduites par la Société d’ Archéologie. L’église d'Oinville possède une statuette en bois de saint Léonard, autour de laquelle, chaque année, le 4e dimanche après Pâques, les mères chrétiennes affluent des environs. Saint
Léonard est invoqué pour les petits enfants qui parlent difficilement. Sa statue de Oinville fut jetée au feu par les septembriseurs en 1793. Un bon paroissien, François Sévin, dit Capable, retira la tête du brasier, la cacha dans un grenier, sous la paille, puis la rendit à l’église. On inséra cette tête vénérable sur un corps improvisé et telle est l’origine de la statuette dont nous parlons.
Le seul ornement de notre église est sa tour romane placée en hors d’œuvre, au midi. Cette tour mesure 10 mètres de hauteur et se compose d'une partie carrée, flanquée en avant d’une tourelle polygonale percée de meurtrières. Son parement extérieur est en pierres de taille et son parement intérieur est en moellon. Avant la Révolution ladite tour abritait deux cloches dont une fut brisée par les révolutionnaires le 12 brumaire 1794, et transportée à Chartres le 28 ventôse. L’église fut, à cette époque, pillée, profanée, convertie en temple de la Raison, puis en fabrique de salpêtre.
Malheureusement nous devons constater, en terminant, que la petite église de Oinville qui a traversé les siècles, laisse fort à désirer au point de vue de la solidité De nombreuses lézardes se sont produites un peu partout, aggravées peut-être par le déchaussement des fondations, lors de l’enlèvement du cimetière. La tour elle-même nécessiterait de sérieuses consolidations pour garantir l’avenir.
La gravure a été prise sur une photographie de Mr Pissot, d’Au-
neau.