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ÉLEVÉ A LA MÉMOIRE DE MGR LAGRANGE

Dans la Chapelle du Séminaire de Saint-Chêron

Ce monument, placé du côté de l’évangile, recouvre le caveau dans lequel est déposé le cœur du vénéré prélat.

Il se compose d’une plaque en marbre noir dans un cadre de pierre blanche finement sculpté. Une inscription latine rappelle et la dilection de l’évêque pour son petit séminaire auquel il légua son cœur, et la gratitude filiale d’un ancien élève de cette pieuse maison, envers celui dont il reçut la consécration épiscopale.

Mgr Foucault a demandé un édicule grave, sans sévérité, riche par la pureté des lignes, sans luxe d’ornementation, dans ce style ogival, gracieux comme une fleur, suave comme une prière, s’élevant de la terre vers le ciel, portant bien haut sa croix épanouie, symbole de foi et d’espérance en la glorieuse éternité.

Né à Dun-le-Roi, le 15 mars 1827, Mgr Lagrange avait été nommé évêque de Chartres le 30 novembre 1889, préconisé à Rome le 31 décembre, sacré à Chartres le 19 mars 1890.

Son mandement de prise de possession, daté du 2 mars, fit pressentir ce que serait son pontificat : actif, fécond, dévoué.

JO novembre. — Discours pour l’œuvre des écoles chrétiennes du diocèse.

24 novembre. — Rétablissement des conférences ecclésiastiques, institution des cas de conscience et ordonnance relative au costume canonial.

2 février 1 89 1 . — Mandement de carême sur Notre-Dame de Chartres, son culte, sa cathédrale, son pèlerinage.

/er mai et 2 juin. — Circulaire et lettre relatives aux pèlerinages diocésains à Notre-Dame de Chartres.

Août et décembre 1891. — ^Plans et devis pour l’agrandissement de l'Institution Notre-Dame. L'évêque sut intéresser à cette entreprise des amis fidèles et généreux et, avec leur concours, couvrir la plus forte part des dépenses. Ce fut son oeuvre de prédilection.

22 janvier 1892. — Organisation de l'œuvre des séminaires.

22 février. — Circulaire pour la réédition du catéchisme.

20 septembre. — Lettre pastorale sur le Rosaire.

3 janvier 1893. — Lettre pour le chauffage de la cathédrale ; entreprise heureuse, dont le succès, douteux pour beaucoup, fut promptement assuré par les démarches du prélat auprès du ministre des cultes et delà municipalité de Chartres et enfin par une souscription publique.

22 mars. — Lettre relative au voyage ad Limina récemment accompli.

26 janvier 1891. — Fondation de l'association des veuves chrétiennes, approuvée par Sa Sainteté Léon XIII le 20 juillet, 1894, érigée en archiconfrérie le 19 janvier 1895.

8 janvier 1895. — Circulaire pour l'organisation des missions dans le diocèse.

2 juin. — Publication du tarif diocésain des oblations pour les cérémonies religieuses.

Mgr Lagrange mourut pieusement le dimanche 23 juin 1895, solennité du Sacré-Cœur, à 1 h. du soir. Ses funérailles eurent lieu le 1er juillet, et sa sépulture dans une chapelle funéraire du séminaire de la Chapelle-Saint-Mesmin le 27 mars 1896.

De généreuses personnes, de Chartres, conservant un fidèle souvenir au pieux évêque, se sont cotisées pour fonder à perpétuité pour le repos de son âme des messes qui seront célébrées chaque année dans la chapelle du séminaire de Saint- Chéron, à la Chapelle-Saint-Mesmin et à la cathédrale de Chartres.

Requiescat in paee.

SÉPULTURE PROVISOIRE DE MSr LAGRANGE

SÉPULTURE PROVISOIRE DE Mgr LAGRANGE

Au Séminaire de la Chapelle Saint-Mesmin, (près Orléans).

Profondément dévoué à son diocèse, Mgr Lagrange avait légué son cœur au séminaire de Saint-Chéron-les- Chartres.

Sa dépouille mortelle, il le savait, ne pouvait reposer aux pieds de Notre-Dame. Une pieuse tradition, unique dans le monde entier, a fait respecter depuis les premiers siècles le sol sacré de la cathédrale de Chartres. Jamais il ne s’est entr’ouvert pour une sépulture humaine, jamais il n’y fut élevé de tombeau, même pour le plus saint de ses pontifes et le plus insigne des bienfaiteurs.

Le prélat aimait à redire, non sans une profonde émotion, ce glorieux privilège de ce temple incomparable, proclamé par nos pères le Thalame ou la Couche de la Vierge immaculée : « Specialis principalis caméra sua », qui devait par conséquent rester immaculé comme Elle' .

N’ignorant pas les difficultés soulevées jadis pour la sépulture de son prédécesseur, l’évêque déjà mourant n’hésita pas. Attendre la glorieuse résurrection dans la cathédrale d’Orléans, auprès de l’illustre pontife, auquel, après Dieu, il avait voué sa vie, te fut son dernier désir.

Ce vœu sera-t-il jamais réalisé ?

Une solution provisoire réserve l’avenir.

Le 27 mars 1896, le corps fut transporté au séminaire de la

1 II n’y a pas de lieu spécial consacré à la sépulture des évêques de Chartres, Les églises et chapelles de la ville et de la banlieue, sauf la cathédrale, reçurent, à différents titres, la dépouille mortelle de nos pontifes, depuis les premiers siècles jusqu’à nos jours : Saint-Martin au Val, Saint-Père, Saint- Aignap, Saint-Jean en Vallée, Saint-Chéron, les chapelles des Cordeliers, du séminaire de Beaulieu, de Josaphat; toutes les sépultures antérieures à la Révolution ont disparu, oubliées ou profanées.

SÉPULTURE DE Mgr LAGRANGE

Chapelle Saint-Mesmin, et déposé dans le caveau sépulcral de M. l’abbé Hetsch.

On ne pouvait, dans la circonstance, se rapprocher davantage de la volonté du défunt.

Là, dans les mystérieuses allées, sur les bords grandioses de la Loire, l'évêque d’Orléans et son secrétaire avaient longtemps médité, ardemment travaillé pour la défense de l’Eglise.

Le monument d’ailleurs n’est pas sans dignité.

« C’est une petite chapelle en style roman.

« Les massifs de verdure et les beaux arbres au milieu desquels « apparaît l'édifice, aujourd’hui éclatant de blancheur, en tempêta rent l'austérité naturelle et lui donnentje ne sais quoi degracieux, « d’aimable et de vivant. Lorsqu’on le regarde à quelque distance, « on serait tenté de le comparer à ces petits temples que les an- « ciens se plaisaient à élever dans les sites les plus pittoresques « et qui, brillant de leur propre beauté, s’embellissent encore des « charmes du paysage dont ils faisaient partie. Mais, vu de près, u le monument reprend sa gravité religieuse et les décorations « qui s'offrent au regard, empruntées toutes aux catacombes, « élèvent l’âme à des pensées plus chrétiennes et plus saintes. »

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