DE PARIS
On s'étonnera peut-être que, dans un recueil d'églises, nous donnions comme exemple une chapelle de séminaire : en effet, la disposition qu'il est bon d'adopter dans ce cas ne semble pas convenir complètement à une église, la chapelle étant une construction privée se rattachant forcément à un ensemble de bâtiments dont elle dépend, l'église, au contraire, étant un monument isolé et ouvert à tout venant. Mais il n'y a là qu'une question d'abords et de détails ; quant à l'ensemble, il peut être le même; dans l'un comme dans l'autre cas, il s'agit de couvrir une nef unique ou trois nefs réunies. Le parti pris, le système de construction adoptés pour une chapelle peuvent l'être également pour une église de même dimension, et certes un grand nombre de nos églises de village ne demandent pas plus de développement que la chapelle du petit séminaire de Paris, qui peut contenir plus de quatre cents personnes. Ceci posé, nous n'avons pas hésité à présenter cet exemple, qui vient d'ailleurs fort à propos résoudre une question d'actualité ; voici comment : sans donner du monument une description que les planches font suffisamment comprendre, nous dirons que la nef est couverte par une charpente apparente. Or, dans la plupart des cas, lorsque les ressources d'une commune sont restreintes, il faut adopter ce parti ; seulement on déplore souvent la nécessité d'accompagner ces voûtes en bois d'entraits apparents ; sans partager
cette manière de voir à l'égard des entraits qui font bien valoir la fonction de chaque ferme, et donnent un certain caractère à l'intérieur d'une église de campagne, nous pensons qu'il est bon de ne pas se borner à ce système élémentaire, et sommes heureux de pouvoir fournir, dans cette monographie, une charpente dépourvue d'entraits, et dont la combinaison, la solidité et l'effet ne laissent rien à désirer.
Examinons la disposition de cette charpente : la nef, terminée à ses extrémités par deux pignons en maçonnerie, a une longueur de 24 m. 50 c, sur une portée de 10 m. 40 c. dans oeuvre; les fermes, au nombre de six, sont espacées de 3 m. 50 c. d'axe en axe. Sur la corniche de chaque mur latéral est disposé un double cours de sablières destinées à recevoir la partie inférieure des fermes et l'extrémité des chevrons. Nous donnons, planche 4, en X, le détail d'une ferme ; en Y, une travée clans le sens longitudinal. Le blochet B, assemblé à mi-bois et à queue d'aronde avec les sablières, reçoit deux arbalétriers A et «, qui s'assemblent dans un poinçon P, lequel est relié à son extrémité inférieure par deux moises MM, qui forment entraits retroussés ; au droit de chaque ferme a été disposée une colonnette en pierre sur le chapiteau de laquelle pose un poteau vertical P' qui est assemblé dans le blochet ; un système de moises N maintient ce poteau, les deux arbalétriers et le blochet. Il est clair que théoriquement les deux triangles rigides obtenus par ces deux combinaisons de moises avec les diverses pièces qui composent la ferme, offrent toute garantie; pratiquement, nous ajouterons que la charpente posée depuis deux ans n'a exercé aucune poussée sur les murs latéraux ; il faut dire, d'ailleurs, qu'elle a été exécutée avec tout le soin qu'exige un système de ce genre. Voyons maintenant comment est disposé le lambris, et quel parti l'architecte a tiré de la structure de la charpente au point de vue de la décoration. Des fourrures F et f assemblées entre elles à mi-bois et sur lesquelles est cloué le lambris, sont disposées entre chaque ferme ; elles reposent à leur partie inférieure sur une poutre armée V, qui porte d'un blochet à l'autre ; à leur extrémité supérieure, elles sont maintenues, les unes F, par une plateforme o, laquelle porte sur les moises 00 qui relient les poinçons des diverses fermes entre eux ; les autres /' par les pièces R ; le lambris cloué dans le sens longitudinal se compose de planches à baguettes de 0 m. H c. de largeur, qui sont roidies de distance en
distance par les couvre-joints J. Le détail en. perspective D indique la décoration des contrefiches, qui sont enfermées dans des consoles en planches assemblées, et donne en même temps la disposition des petits plafonds régnant d'un blochet à l'autre. Ces consoles et l'extrémité des poinçons fournissent deux motifs de décoration qui indiquent la position de chaque ferme, et rompent la monotonie que présenterait une longue voûte sans divisions apparentes. Cette voûte, ainsi que les murs de la chapelle, sont décorés de peintures murales; nous regrettons que le cadre de cette publication ne nous permette pas de donner des planches chromolithographiques, et sommes obligés de nous contenter de reproduire dans les coupes la disposition des ornements peints et d'indiquer ici les différents tons :
Ton général des murs Pierre.
Retonds, archivoltes, Irise au-dessus des chapiteaux. Brun rouge. Frise au-dessus de l'arcature Vert soutenu.
Fond des natures { ^IS™*10"'*
Fûts des colonnettes Vert pâle.
Chapiteaux Feuilles vertes, fond vermillon.
Corniche Vermillon, vert et or.
Consoles Bois clair, ornements blancs et verts.
. r , ) Bois clair, couvre-joints blancs, avec
Flalonas j chanfreins brun rouge.
ÎBleu vert tendre, couvre-joints blancs avec bâtons rompus noir et chanfreins brun rouge.
Baguette séparant le lambris Blanc.
Faitage Bleu, vermillon.
Dans le chœur, les couvre-joints sont dorés avec chanfreins brun-rouge.
Derrière l'autel est peint un voile composé d'ornements sur fond violet foncé ; ce voile est destiné à faire valoir l'autel qui est aussi décoré de peintures et de dorures.
La peinture de la chapelle du séminaire produit un effet charmant, c'est une œuvre complètement réussie, qui fait regretter de ne pas voir plus souvent employer ce moyen décoratif ; il serait certainement difficile d'y avoir recours pour la plupart de nos églises de village, à cause du manque d'ouvriers assez habiles ; mais dans le voisinage des grandes villes, il est possible d'utiliser ce mode d'ornementation, qui peut d'ailleurs être très-simple et par conséquent peu coûteux.
EXTRAIT DU DEVJS
Fouilles .
MAÇONNERIE
Béton
Moellon en fondations
Pierre dure pour socles
Pierre dure pour bandeaux, appuis, etc
Taille de la 1«
Taille de la 2e t
Pierre tendre de Vergelé
Taille de ladite
Moellon piqué (le mètre superficiel)
Enduits (superficie)
Plus-value pour montage
Légers divers, scellements, etc
TOTAL
CHARPENTE
Comble de la chapelle, chêne ,
— sapin ,
Cerces pour recevoir le lambris
Lambris, planches de 0,27 ,
Escalier montant à la tribune.
Plus-value pour moulures
Comble du porche et de la sacristie
TOTAL
Serrurerie
Menuiserie
Couverture
Peinture
Sculpture