‹ Eglises de bourgs et villagesChapitre 13 sur 24 · ET DE BOIS-COMMUN · texte numérisé non relu

ET DE BOIS-COMMUN

(Loiret)

Quoique le cadre adopté dès le début de cette publication nous invite à reproduire surtout des monuments possédant un caractère d'ensemble et d'unité, nous avons, dans cette livraison, présenté seulement la disposition des nefs et quelques détails des églises de Saint- Marcel et de Bois-Commun. Chacun sait combien sont rares les édifices du moyen âge, offrant encore aujourd'hui un ensemble satisfaisant, mais d'autre part aussi, combien la plupart d'entre eux possèdent de parties,, intéressantes, à divers points de vue, qu'il serait fâcheux de ne pas publier. Dans l'un, le clocher seul mérite d'être signalé; dans d'autres, au contraire, le clocher n'existe plus, mais c'est alors le chœur qui offre de l'intérêt ou bien la nef qui présente une disposition originale. Or , comme avant tout c'est à l'étude des nefs qu'il est important de s'attacher, puisque, dans un monument religieux quel qu'il soit, du parti adopté pour la nef dépendent forcément, dans une certaine mesure, les autres parties de l'édifice, nous croyons ne pas sortir du cadre de la publication en reproduisant isolément quelques types de nefs intéressantes.

Dans l'église de Saint-Marcel, dont la construction remonte aux premières années du xme siècle (pour ce qui regarde la partie dont nous nous occupons) la retombée des voûtes est encore bien naïve et n'offre rien de particulier ; la colonne montant de fond porte seulement l'arc-doubleau; les arcs diagonaux pénètrent assez maladroitement au-dessus du chapiteau, mais la façon dont ces voûtes sont contrebutées est très-intéressante à étudier. (Voir la coupe transversale, pl. 5.) Des arcs-boutants en brique, reportant la poussée des voûtes hautes sur les contreforts inférieurs, sont établis sous la couverture des bas côtés dont ils soutiennent la charpente et disposés de telle sorte qu'un passage continu est ménagé le long des murs de la grande nef. Nous avons déjà eu l'occasion de signaler des traces de systèmes analogues dans des édifices du même temps et d'indiquer des applications

récentes dans des restaurations et des constructions neuves, mais nous n'avons vu dans aucun monument ancien ce parti simple, économique, ingénieux, nettement accusé comme dans celui qui nous occupe.

Quoique dépourvue pour ainsi dire complètement d'ornementation , malgré l'absence de triforium percé ou aveugle, l'intérieur de l'église de Saint-Marcel produit un bel effet ; les proportions en sont très-bonnes ; la nef et les bas côtés sont traités avec une ampleur qui n'est pas ordinaire ; contrairement à ce qu'on remarque dans certains petits édifices de cette partie de la Bourgogne (dont nous avons publié quelques exemples) les dimensions des piles sont parfaitement en rapport avec la charge qu'elles ont à supporter et avec les écartements des travées. On trouve (planche 4) l'élévation extérieure et les détails de la face postérieure, qui est trèssimplement traitée, mais offre une disposition particulière.

La nef de Bois-Commun est beaucoup plus riche et mieux étudiée au point de vue des détails et de la combinaison des arcs portant les voûtes, mais les proportions générales sont moins heureuses qu'à Saint-Marcel; la nef centrale est trop haute pour sa largeur ; ce défaut, qui n'est pas sensible en géométral, est assez choquant en réalité. Nous signalerons, comme un des points les plus intéressants, la façon dont la section des piles est tracée ; les colonnettes montant de fond pour porter les différents arcs des voûtes hautes forment un motif très-heureux et ori- ' ginal ; leurs chapiteaux viennent se rencontrer très-adroitement pour recevoir la retombée des arcs ; le triforium est également parfaitement étudié comme effet et comme construction ; les piles intermédiaires sont déchargées par deux arcs qui, outre leur utilité, relient très-bien le triforium à la fenêtre qui le surmonte. La coupe transversale (planche 3) fait voir comment sont contrebutées les voûtes hautes et montre la coupe sur la galerie qui passe au travers des contre-forts. Ici il n'y a pas d'arcs-boutants, la poussée est maintenue par les triangles de remplissage en maçonnerie qui portent sur les arcs-doubleaux des bas côtés.

Nous donnons (planche 2) le détail de la porte d'entrée principale dont les proportions sont charmantes et l'aspect monumental. On trouve sur la même planche les différentes sections qui font comprendre comment sont disposés les arcs audessus des tailloirs.

ÉGLISES DE MASNY

(Nord)

Page 1