SEINE-ET-OISE
La petite église deMareil-sur-Mauldre renferme des parties de différentes époques; la nef appartient au xve siècle, elle est intéressante comme détails, mais assez médiocrement combinée comme système de construction ; actuellement elle ne se maintient qu'à l'aide de chaînages posés à la naissance des voûtes, aussi n'avons-nous pas reproduit cette partie de l'église. Le chœur et les transepts ont été élevés au xne siècle, le clocher n'a été terminé qu'au xme. La partie primitive de ce petit édifice présente un certain caractère d'unité, une grande simplicité et d'assez bonnes proportions; les détails sont bien à l'échelle, les profils bien tracés. On remarquera la disposition toute particulière de la voûte formant le chevet ; elle n'est pas composée de voûtains portés sur des arêtiers, ce n'est en quelque sorte qu'une coupole renforcée au droit des piles par des nervures saillantes. Ce parti limite la hauteur des fenêtres presque à la naissance de la voûte et exige à l'extérieur une partie pleine qui n'est pas d'un très-heureux effet. Dans l'ouest de la France, on rencontre des exemples analogues, mais alors les ouvertures sont, à l'extérieur, surmontées d'arcatures aveugles qui décorent ce grand nu vertical laissé ici entre les arcs et la corniche. Dans le cas qui nous occupe, la disposition, toute naïve qu'elle est, n'est cependant pas dépourvue d'intérêt; ainsi, on observera sur l'élévation extérieure de l'abside (planche 4), que les contreforts ne s'élèvent pas au-dessus de la naissance de la coupole, et cela, comme pour bien indiquer que la voûte intérieure est plutôt une voûte uniforme qu'une série de petites voûtes portées sur arêtiers; dans ce seul fait se manifeste le raisonnement du constructeur. Le clocher est d'une extrême simplicité, mais ses ouvertures élégantes lui donnent une certaine légèreté et suffisent à le décorer; quoique posé sur plan carré, le comble présente deux pentes différentes. Cette disposition a pour but d'établir une portion de faîtage, et d'éviter ainsi l'effet toujours peu gracieux d'une pointe unique au sommet d'une pyramide rectangulaire.
1065. — Imp. L. Toinou et O, à Saint-Germain.
A. MOREL Editeur rue Bonaparte , Paris . Imp. Lemercier et C'.e Pari
A . MOREL Editeur.\5.rue Bonaparte. Paris.
Imp. Lemercier el C'.e Paris
ÉGLISE
DE GERMIGNY-LES-PRÉS (Loiret), DE CHATEAU-PONÇAT
(Haute-Vienne), DE GOGNIAT (Allier)
Parmi les constructions religieuses des onzième et douzième siècles, on rencontre de très-petits édifices d'un caractère franc et original qui méritent de fixer l'attention des architectes.
Celle de Germigny-les-Prés (planches 1, 2 et 3), offre une disposition très-curieuse et toute particulière ; actuellement cette église possède une nef dépourvue d'intérêt et qui doit être reconstruite, mais il n'est question ici que du chœur, dont la restauration est due à M. Lisch, architecte (1). Dès l'origine il est probable que cette partie de l'église actuelle composait un monument tout entier, vraisemblablement une chapelle d'une destination spéciale. Dans le cas où cette hypothèse serait juste, le plan de ce petit monument présentait la forme d'un carré parfait; la façade principale et l'entrée se trouvaient alors sur le côté du carré auquel aboutit la nef construite postérieurement. Ce qui est remarquable dans cette composition, c'est la parfaite harmonie qui existe entre l'intérieur et l'extérieur et la façon simple dont la construction est combinée. La tour centrale, montée sur des points d'appui relativement grêles, est épaulée dans quatre sens par des arcs maintenus eux-mêmes par les petites chapelles situées dans les axes ; sur la façade probablement, il existait un porche en saillie, dont les murs étaient plantés en prolongement des colonnes engagées recevant les arcs de ce côté. Latéralement quatre berceaux en plein cintre franchissent les intervalles laissés entre ces arcs et qui correspondent aux quatre faces de la tour; les portions d'angles sont couvertes par de petites voûtes d'arête; les petites chapelles sont voûtées en cul-de-four ; quant à la partie centrale, elle est fermée par une coupole circulaire posée sur des trompillons rachetant la forme rectangulaire. On le voit, rien de plus simple et de plus naïf que cette construction basée, il est important de le remarquer, sur l'emploi de matériaux de petites dimensions.
(1) Nos planches reproduisent cette partie de l'église restaurée; sur le plan les teintes grises représentent les parties qu'il a fallu reconstruire. Nous devons les plans des dessins de ce petit monument à M. Lisch, architecte.
L'abside de l'église de Château-Ponçat (planche 4) (1) présente en principe une disposition qui est bonne, mais qui a le défaut d'être appliquée à des dimensions trop restreintes ; en élargissant les bas côtés, on pourrait en tirer un excellent parti.
Quanta l'église de Gogniat (2), elle peut être considérée, parmi les petites édifices voûtés à une nef, comme un type complet et des plus satisfaisants. Cette construction est des plus modestes et des plus simples ; à part les quelques colonnettes de l'étage du beffroi et de l'abside, on n'y trouve pas le moindre ornement, et cependant, malgré l'absence de toute décoration, ce petit monument est d'un aspect charmant et possède toutes les qualités d'une œuvre d'art. La disposition du clocher surtout est remarquable ; grâce à la position qu'il occupe et à la façon dont il est combiné, sa partie inférieure profite à l'intérieur de la nef, et sa construction n'exige à la base aucune partie superflue de maçonnerie, puisque tout le poids porte sur le mur pignon de la façade et sur les murs latéraux de la première travée.
La nef et le transept sont fermés par des voûtes en berceaux ; les chapelles sont voûtées en cul-de-four ; les couvertures, sauf celle de la flèche qui est en pierre, sont exécutées en tuiles creuses. Quant aux maçonneries, elles sont montées en pierre d'appareil pour quelques parties spéciales et en moellons taillés.
Cette petite église peut contenir au moins trois cents personnes. La somme nécessaire pour en élever une semblable aujourd'hui, dépendrait beaucoup des prix de localité ; mais à coup sûr sa construction n'exigerait pas une dépense plus grande que la plupart des bâtisses de ce genre que nous voyons journellement s'exécuter en moellons et plâtre, et dans lesquelles sous prétexte d'économie on prétend renoncer à une construction raisonnée. Si cependant les architectes contemporains avaient le courage de rester dans les limites imposées par la simplicité des programmes et la faiblesse des ressources affectées aux constructions communales, et s'ils cherchaient la solution du problème avec l'esprit de sagesse qui a guidé le constructeur de l'église de Cogniat, nous aurions jusque dans le plus petit village des monuments durables et possédant au moins le caractère de dignité que réclame leur destination.
(1) Cette planche a été faite d'après un relevé de M. Narjoin, architecte.
(2) L'église de Gogniat a été restaurée par M. Millet, architecte; notre planche a été faite d'après ses dessins.
Pi, 2
EGLISE DE GERMIGNY LES PRÉS .(Loiret).
Restauration par Mr Lisch , architecte .
Coupe transversale.
Pl. 3
EGLISE DE GERMIGNY LES PRES . (Loiret) . Restauration par Mr Lisch, architecte.
Elévation de l'Abside,
Pl. 5