‹ Égypte ancienceChapitre 33 sur 38 · LU ^' IV ERS · texte numérisé non relu

LU ^' IV ERS

payeraient une amende de cent livres d'or.

Durant les règnes suivants, toutes les affaires de l'Egypte ont la couleur que devait leur donner la suite des dissensions religieuses qui agitaient cette contrée depuis tant de cruelles années , et qui se compliquaient par les faveurs que les empereurs, qui se succédaient rapidement sur le trône, accordaient tantôt aux Ariens, tantôt aux catholiques; les païens même eurent leur tour avec leur Sérapis, la seule des antiques divinités dont ils paraissent conserver encore le souvenir, le nom et le culte. Du reste, les patriarches chrétiens n'épargnaient pas les païens , et si un prélét persécutait les moines et les solitaires de la Thébaïde, un évêque chassait les prêtres de leur temple de Sérapis et faisait démolir le temple de Canope.

Le règne de Théodose (379 à 395) apporta quelques adoucissements à tant de maux divers; cependant le nouvel empereur ordonnait de faire fermer les temples des dieux égyptiens , et l'Egypte demandait un roi pour elle seule; l'empereur lui envoyait des lois sévères pour maintenir les habitants dans le devoir, en même temps qu'une certaine tolérance , commandée par la nécessité , laissait quelque relâche aux prêtres d'Osiris et de Sérapis. Un nouvel évêque, Théophile, patriarche d'Alexandrie, dominé d'un zèle ardent, mais peu éclairé, s'alarma de cette tolérance; il obtint un nouvel édit de l'empereur, qui ordonna la destruction des temples égyptiens, et l'exécution en fut conliée à Théophile seul , le préfet et le comte étant, à cet effet, mis sous ses ordres. L'autorité de Théophile seconda son zèle fanatique; les autres évéques d'Égypte se livrèrent à la même opération dans leurs ressorts, et, du même coup, l'ancienne religion de l'Égypte était plus persécutée, et les évêques chrétiens obtenaient plus d'influence et d'autorité. Déjà, depuis Constantin, la police des mœurs leur avait été conflée; il fut ordonné aux magistrats de faire exécuter leurs sentences. En l'aimée 408, l'empereur

voulut et prescrivit que la sentence de l'évêque, en matière temporelle, fût exécutée sans appel, comme l'étaient les sentences du préfet du prétoire. Les débris des temples égvptiens servaient à l'édification des édifices chrétiens; quelquefois de simples badigeonnages suffisaient à cette métamorphose, et il existe encore des chapelles d'Ammon ou d'Osiris qui sont devenues des chapelles de la foi chrétienne, et ont été consacrées à saint George ou à d'autres saints, au moyen d'une couche de chaux passée sur les anciennes sculptures égyptiennes, et de la figure du saint misérablement peinte sur le replâtrage. Toutes les institutions de l'Égypte prirent ainsi les couleurs du christianisme; le nilomètre d'Alexandrie fut établi dans une église; les édifices de Canope servirent au monastère, qui conserva l'antique droit d'asile que les Égyptiens y avaient institué , et les moines de Syrie et d'Égypte parcoururent les villes, dont jusqu'ici l'entrée leur avait été interdite. On rapporte à la même époque la cessation de l'usage des anciennes écritures égyptiennes; elles ne furent plus pratiquées que par les Égyptiens encore fidèles à l'ancien culte, et dont la race s'éteignit pour toujours au septième siècle de l'ère chrétienne, ne laissant pour héritiers de leur science que des affiliés dans des sociétés secrètes, peu fidèles eux-mêmes aux anciennes doctrines.

Des désordres du Bas-Émpire, qui affligèrent toutes les possessions impériales en Orient et en Occident, l'Égypte en eut sa bonne part. Ce qui domine tous les faits de cette époque de transmutations politiques et religieuses, c'est le christianisme s'élevant dominateur sur toutes les anciennes croyances, s'insinuant peu à peu dans l'action de l'autorité civile, s'en emparant successivement, se substituant à elle, et la faisant agir enfin avec toute l'ardeur que donne la conviction de travailler pour la félicité publique. Mais ce qui n'est pas moins digne de remarque, c'est la persévérance des dévots égyptiens dans leur culte maigre les persécutions, l'exil et la mort : il

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est juste de dire aussi que l'autorité publique se montra temporisante, et attendit du temps ce que le temps seul pouvait réaliser.

Après le partage de l'empire entre Arcadius et Honorius, (ils de Théodose, les désordres ne cessèrent pas, parce que la tyrannie du fisc entraînait avec ses déprédations toutes les autres tyrannies; on avait beau faire de bonnes lois pour la police de l'Égypte , l'administration des canaux du ]Nil; il fallait d'abord que la population fût heureuse et par conséquent paisible, et elle ne pouvait être ni l'un ni l'autre, livrée comme elle l'était aux exactions de toute nature : une loi ordonnait de brûler vif quiconque serait convaincu d'avoir percé une des digues du Nil; mais, en même temps, l'empereur dépouillait les habitants de leurs terres pour se faire des domaines impériaux.

Aux premières années du cinquième siècle, de grands esprits ravivaient par leurs écrits l'ardeur des controverses religieuses. Alors luttaient entre^ eux Théophile, saint Jean Chrysostome, saint Kpiphane, saint Jérôme , au sujet des écrits d'Origène. Les théologiens de Constantinople se battaient contre ceux d'Alexandrie; on en venait aux mains; des morts restaient sur le champ de bataille; d'immenses richesses étaient dépensées dans ces déplorables contestations.

Le pouvoir des évêques s'accroissait néanmoins, et les empereurs y contribuaient par leur condescendance pour ces officiers ecclésiastiques. Les corporations qui se formaient sous leur (protection étaient de puissants auxiliaires de leurs entreprises, et contrebalançaient l'autorité du préfet et des troupes à ses ordres. La jalousie éclatait en proportion de ces avantages parmi les autres nations ou les autres croyances établies en Egypte : le sang coulait dans Alexandrie, par suite de combats et de guet-apens entre les chrétiens et les juifs, à cause d'un danseur du théâtre. Saint Cyrille chassa les juifs de la ville, secondé par les moines du désert , qui étaient accourus comme troupes auxiliaires, et qui,

rencontrant le préfet de l'empereur, l'accablèrent de pierres et l'obligèrent à prendre la fuite ainsi que les hommes de sa suite , la plupart couverts de blessures et de sang. IMais le peuple vola au secours du préfet; le meneur de la sédition fut arrêté et condanmé; il expira sous les verges des licteurs, mais saint Cyrille prononça publiquement son éloge et l'honora du titre de martyr.

Alors brillait de tout l'éclat d'une rare beauté et d'un grand talent Hypathia, fille du mathématicien Theon, qui enseigna publiquement Aristote et Platon aux écoles d'Athènes et d'Alexandrie, et sa vertu ne le cédait jias à sa science. Les affidés de saint Cyrille, les troupes auxiliaires fournies par les corporations religieuses, s'at troupèrent un jour auprès du char d'Hypathia, l'en arrachèrent de force, la mirent en pièces et jetèrent ses lambeaux dans les flammes. Les parabolans, séides de saint Cyrille, furent les auteurs de cet horrible assassinat, conduits par Pierre, lecteur de l'Église d'Alexandrie, et ce meurtre ne fut pas vengé : les lois et l'empereur restèrent muets; seulement, il fut défendu aux clercs de prendre part aux affaires publiques; le nombre des parabolans fut limité à cinq cents, et le préfet fut revêtu du droit de les nommer; concessions de pure circonstance! Deux années après, la nomination de ces clercs-soldats , capables de toutes les violences et de tous les excès, fut rendue aux évêques (l'an 418).

Pour les temps postérieurs à l'épiscopat de Cyrille, le tableau de l'état de l'Égypte n'est pas moins affligeant; la vénalité était l'âme des conseils de l'empereur, le brigandage était légalement organisé dans les provinces; les querelles religieuses ajoutaient leur venin et leurs douleurs a tant d'autres plaies publiques; INestorius attaquait saint Cyrilje et se faisait condamner au concile d'Éphese (431); l'Église d'Alexandrie s'endettait de quinze cents livres d'or pour acheter ce jugement.

Avec le successeur de saint Cyrille, la chrétienté devenait sectaire d'Euticlies

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en Egypte , et était destinée à se maintenir telle jusqu'à nos jours; le concile d'Éphèse, par sa turbulence, recevait le titre de brigandage d'Ephèse; Diodore, patriarche d'Alexandrie, défendait publiquement le ravisseur de la femme d'un honorable sénateur; l'empereur IMarcien déposait le patriarche; et, pendant que ces affreux désordres ruinaient les affaires publiques à l'intérieur, les Sarrasins se jetaient sur la Svrie, et les Blenimyes faisaient avec siiccès de nouvelles incursions armées dans la haute Egypte : l'ennemi extérieur venait ajouter par ses conquêtes à cet ensemble de germes de désordre et de destruction. LesBlemmves furent repousses, mais ils demeurèrent toujours menaçants et prêts à toute entreprise contre l'Egypte.

La rapide succession des empereurs sur le trône de Constantinople , et les variations plus rapides encore qui en résultaient dans les principes de l'administration publique à l'égard de l'empire d'Orient en général; d'autre part, les inextinguibles querelles sans cesse renaissantes à Alexandrie entre les partisans et les antagonistes des doctrines d'Eutychès, querelles soutenues à main armée, révélaient assez haut le malheureux état de l'Égypte durant la seconde moitié du cinquième siècle.

Les empereurs s'efforçaient en vain de ramener tous les Orientaux à la même croyance; leurs décrets d'union ne faisaient que rendre plus profondes les divisions et les haines; nulle part on ne reconnut l'empereur pour l'arbitre et le juge de la foi : le nombre des sectes différentes de l'hérésie des Acéphales eutychéens ne s'élevait pas à moins de dix. Que dire ensuite des six prélats qualifiés à' hérétiques qui occupèrent le siège d'Alexandrie depuis le règne de Zénon, et de l'édit par lequel cet empereur avait porté à cinq cents les cinquante livres d'or que l'Égypte avait payées jusque-là annuellement?

Son successeur Anastase perfectionna la levée des impôts, c'est-à-dire les rendit plus productifs pour le fisc, plus accablants pour le peuple. Des calamités nouvelles fondirent à la fois

sur la malheureuse Egypte : les Maziques ravageaient la Libye et une partie du territoire égyptien; une nuée de traitants insatiables, à la tête desquels étaient les parents de Marin, délégué de l'empereur, exploita le pays; une affreuse sécheresse se déclara; les sauterelles, plus affreuses encore, ravagèrent la Palestine, et l'Égypte fut chargée de payer les impôts que le fisc ne pouvait pas lever dans la Palestine; enfin une famine et une peste survinrent et durèrent jusqu'à la fin de ce règne : et des séditions religieuses y ajoutèrent leur cruel concours.

L'avénement de Justin ne ralentit pas les effets de tant de maux ; il ouvrit la voie à de nouvelles réactions; Justin, catholique déclare, protégait ouvertement les antagonistes d'Eutychès; les émeutes et le meurtre en furent toujours la suite , et cette ardeur des disputes, trait caractéristique des Alexandrins, ne permet pas de leur refuser cette vivacité d'esprit qui est trop justifiée par leurs propres malheurs, et par cette particularité d'u.a édit de l'empereur Justin , qui , bannissant les comédiens et les danseurs de toutes les villes d'Orient, en excepta la ville d'Alexandrie; et cependant c'était au théâtre que prenaient naissance les disputes et les révoltes.

En nommant les empereurs successeurs de Justin, et en rappelant la plupart de leurs actions, on sera trop souvent autorisé à les considérer comme ayant oublié leur autorité souveraine pour descendre au rôle abject de chefs de sectes religieuses.

Durant le règne de Justinien, les entreprises, des Perses dans le voisinage de l'Égvpte, et les alliances de l'empereurd'Orient avec le roi d'Éthiopie dans Tintention d'attirer à Alexandrie le commerce de la soie ; le choix de rsarsès pour s'opposer en Libye aux incursions des Sarrasins et des Elemmyes , font quelque diversion à la destruction du temple d'Isis à Philse par ordre du même empereur, aux violences exercées par son ordre contre les prêtres de la déesse , à Penlèvement de sa statue envoyée à Constantinople ,

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à la sévérité du (i,5C forçant à s'exiler les citoyens qui ne pouvaient satisfaire à des taxes exorbitantes, à la suppression de l'école de droit existante à Alexandrie, à l'incendie de la ville, ordonnée par Psarsès , parce que les corps de métiers , les nobles et le peuple refusaient de reconnaître pour évéque ïhéodose protégé par Théodora , d'abord comédienne , et alors impératrice et chef de secte. Cette protection ne défendit cependant pas Théodose ; il fut chassé , remplacé par Zoïle, qui fut chassé à son tour, qui proposa de payer quatorze cents marcs d'or sa réintégration , et qui eut pour successeur Apollinaire, l'un des généraux de Justinien , évéque guerrier, qui entra à Alexandrie dans un appareil tout militaire; et, ôtant tout a coup son habit de chef des troupes , se montra aussitôt revêtu de la robe de patriarche. Hué , assailli par la multitude , il la fit châtier par ses soldats , et se vengea par la mort d'un grand nombre de chrétiens égorgés par ses satellites.

Justin II (l'an 565), parvenu au trône, envoya son propre neveu comme préfet en Égypte ; il le fit bientôt après mettre à mort, soupçonné de conspiration.

Sous Tibère Constantin , la secte des Jacobites s'établit définitivement , destinée à survivre à toutes les autres , et à constituer l'Église réelle des chrétiens d'Égypte, qui subsiste encore de nos jours.

Son successeur Maurice rétablit sur le trône le roi de Perse qui devait , peu d'années après, s'emparer de l'Egypte.

Porté sur le trône par le succès de ses crimes, Phocas rend un édit qui exclut les Egyptiens des honneurs et des charges de l'État. Une sédition en fut la conséquence; mais l'empereur fit baptiser par force tous les juifs d'Alexandrie.

Iléraclius lui succéda sans rien diminuer de sa rigueur contre les juifs ; la secte jacobite était animée de l'esprit égyptien, éminemment opposé à l'autorité romaine, et il servait de lien à toutes les résistances. Le Jacobite fut regardé comme le véritable

citoyen égyptien ; et cette qualification était comme un mot de ralliement contre toute autorité étrangère. Ces Jacobites ou Coptes avaient conservé l'antique langue nationale; leurs livres liturgiques étaient écrits dans cet idiome, autre élément d'agrégation qui devait puissamment fortifier leur union , et les séparer plus profondément des autres associations qui parlaient et écrivaient les langues grecque, hébraïque ou syriaque, idiomes consacrés par la religion et l'usage. La population égyptienne , par l'effet inévitable du temps, se retrouvait ainsi maîtresse de son propre sol , et pouvait y dominer par le nombre , la force et la richesse : elle pouvait facilement reprendre son indépendance , et la conquérir sur la frêle et caduque existence de l'empire d'Orient : mais un autre maître survint , jeune et vigoureux , qui déjà remplissait l'Orient de ses succès , et qui priva pour longtemps l'Égypte des avantages de la liberté.

Lès Perses conquirent la Syrie (an 614) : les fugitifs se rendirent à Alexandrie; et le patriarche, possesseur de sommes immenses perçues sur la piété des fidèles , possédait en outre quatre mille livres d'or, trouvées dans le trésor épiscopal lors de son exaltation ; trésor dont l'origine remontait à ja spoliation des riches temples de l'Égypte égyptienne. Il envoya au patriarche île Jérusalem , qui manquait de tout, mille pièces d'or, mille sacs de froment , mille sacs de légumes , mille livres de fer , mille caisses de poissons secs , mille vaisseaux de vin, et mille ouvriers. Mais, deux années après , les Perses s'em[)arèrent d'Alexandrie , secondés peut-être par les juifs toujours secourables à ceux qui les payaient, et peut-être par les Coptes, qui pensaient à se débarrasser d'abord de l'antique domination des Romains. Mais les deux peuples étrangers à l'Égypte devaient l'avoir quelque temps encore en partage.

Néanmoins un Copte d'une noble origine , et l'un des plus riches citoyens , fut chargé du gouvernement de l'Égypte : il se nommait Makaukas;

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et, s'il était de la destinée de l'empire de préparer lui-même la perte de cette province, rien ne pouvait mieux concourir à co résultat que de confier l'Égypte , dans ces circonstances , à un Égyptien puissant parini ses compatriotes. Ses entreprises ne réussirent pas d'abord; niais ÎMai<aukas fut un des instruments de la nouvelle révolution qui s'opéra en Ég.ypte. Vers i'an G30, le patriarche George mourut et fut remplacé par un prêtre nommé Cyrus , sectateur du monotliélisme , homme d'ailleurs inquiet et hrouillon.

Le patriarche des Jacobites fut constamment son rival , et ses brebis n'en furent pas moins portées à la rébellion. Cyrus lia des intelligences secrètes avec Omar , le lieutenant de Mahomet ; il avait pour but d't loigner ce calife de l'Kgyptt' '"'n moyen d'un tribut annuel , dont Makaukas fournit le premier payement envoyé à Médine. Héraclius s'indignait de telles menées.

L'empereur ne trouva d'autre expédient contre les malheurs qui le menaçaient , que celui de donner à ce même Cyrus l'autorité suprême en Egypte.

l\lakaukas y conservait son pouvoir, mais secondaire , étant à la tête de la population copte; Benjamin, patriarche copte, ne haïssait pas moins l'empire : Cyrus, Makaukas et Benjamin étaient, dans leur cœur, les alliés des Arabes qui devaient les délivrer du joug des Romains.

Amrou battit les troupes de l'empereur, s'avança triomphant en Egypte, et s'empara de la ville de ÎSIesràh où Makaukas commandait. De ce lieu Amrou , lieutenant d'Omar, s'avança vers Alexandrie : la population accourait fournissant des vivres , témoignant toute sa joie , proclamant sa défection. Les Grecs, fidèles à eux-mêmes et abandonnés par les Égyptiens , réiistèrent en désespérés. Ils subirent les horreurs d'un siège de quatorze mois dans Alexandrie, qui fut prise

en l'année 641 , et avec elle le reste de l'Égypte devint la proie du vainqueur.

Reprise par les Grecs, la ville tomba de nouveau au pouvoir des Arabes. Ce fut en vain que Constant II, fils de Constantin , envoya en Egypte une flotte et une armée pour rétablir l'autorité impériale dans Alexandrie ; à la vue de la flotte, les Grecs qui se trouvaient dans la ville prirent les armes et en chassèrent les Arabes. Amrou avait été remplacé par Abdallah ; les Coptes redemandèrent Amrou, comme seul capable de les défendre : ils avaient un pressant intérêt à ne pas retomber dans les mains des Grecs. Amrou revint ; ^lakaukas le reçut avec joie, réunit à l'armée arabe une multitude de Coptes ; et les Arabes et les Coptes, musulmans et chrétiens alliés, attaquèrent Alexandrie, l'enlevèrent, en démolirent les fortifications, et l'islaniisme s'établit souverainement en Égypte, où il domine encore par l'effet des mémorables victoires d'Amrou , secondé par les Égyptiens qui pensaient à rendre quelque indépendance à leur patrie, et ne lui donnèrent qu'un nouveau maître.

L'occupation de l'Égypte entière par les Arabes marque la fin de la tâche que je m'étais imposée. Elle embrasse tous les temps historiques anciens, et s'étend jusqu'à l'époque où le mélange confus, opéré par la main du hasard, de toutes les doctrines de la philosophie ancienne, donna naissance à un monde nouveau destiné, dans notre Occident, à survivre à tous les établissements du monde ancien, et à Rome elle-même , qui , concentrant en soi tous les temps antérieurs, devait enfanter pour les temps à venir le type de l'unité sociale qui est le véhiculé et la vie même de la civilisation moderne.

Notre planche 92 est un modèle de l'architeclure arabe en Égypte ; c'est une des principales portes de la ville du Kaire.

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