VÉRITÉ , APPROUVÉ PAR LE SOLEIL
né de la royale épouse principale Isénofré ; ce prince se nommait Schohemkémi , et il présida aux panégyries dans les dernières années de son père. Avec eux est aussi une jeune princesse nommé Bathianti, qui parait avoir été la fille chérie, la benjamine de la vieillesse de Sésostris.
Les souvenirs historiques de Nofré- Ari, première femme de Sésostris, surnommée quelquefois Ahmosts-Nofré-Ari (l'enfant de la lune) , sont plus nombreux que ceux de la seconde; elle prend part a la dédicace que Sésostris l'ait du ilhamesséum de Thèbes au grand dieu Amon-Ra.
Les enfants de Séëostris et des deux reines ses épouses sont mentionnés et parfois figurés sur plusieurs monuments, dans des combats, et notamment sur les colonnes du temple d'Athôr à lbsamboul, élevé par la reine Nofré-Ari. A Derri , subsiste aussi une liste, par rang d'âge, des fils et des filles de Sésostris, très-utile pour compléter celle d'Ibsamboul. Le plus intéressant de ces tableaux et le plus complet en même temps est celui qui existe encore au Rhamesséum, dans la salle hypostyle, au-dessous des deux grands tableaux sculptés qui s'y sont conservés jusqu'à ce jour.
Le soubassement de ces deux tableaux est occupé par la série, figurés en pied et dans un ordre rigoureux de primogéniture, des enfants mâles de Rhamsès le Grand. Ces princes sont revêtus du costume réservé à leur rang; ils portent les insignes de leur dignité, le pedum et un éventail formé d'une longue plume d'autruche fixée à une élégante poignée , et sont au nomi>r«de vingt-trois: famille nombreuse,
il est vrai , mais qui ne doit point surprendre si Ton considère d'abord que Rhamsès eut, à notre connaissant au moins deux femmes légitimes, l« reines Nofré-Ari et Isénofré, et qu'il est , de plus , très • probable que les enfants donnés au conquérant par des concubines ou des maîtresses prenaient rang avec les enfants légitimes, usage dont fait foi l'ancienne histoire orientale tout entière. Quoi qu'il en soit, u a sculpté au-dessus de la tête de chacw des princes , d'abord le titre qui leur est commun à tous, savoir: le fils du roi et de son germe ; et pour quelques uns ( les trois premiers et les plus âgé par conséquent), la désignation oes hautes fonctions dont ils se trouvait:
revêtus à l'époque où ces bas-reliefs furent exécutés. Le premier se tram ainsi qualifié : porte-éventail à la gauche du roi, le jeune secrétaire royal ( basilico-grammate ) , commandic:
en chef des soldats (l'armée), le premier-né et le préféré de son germe Araenhischôpsch; le second, nomme Rhamsès comme son père, était portoéventail à la gauche du roi , et secrétaire royal commandant en chef les soldats du maître du monde (les trou pes composant la garde du roi); et if troisième, porte-éventail à la gauche*, roi, comme ses frères (titre donnée»
général à tous les princes sur d'autre monuments) , était de plus secrétairroyal, commandant de la cavales c'est-à-dire , des chars de guerre b l'année égyptienne. On se dispense transcrire ici les noms propres des vi^ autres princes; on ajoute seulemeni que les noms de quelques-uns d'eofr eux font certainement allusion, w1 aux victoires du roi, au moment i leur naissance, tels que Nébenscha:
(le maître du pays de Schari), Mébenthonib (le maître du monde entier Sanaschtenamoun (le vainqueur pu Ammon); soit à des titres nouveau* adoptés dans le protocole de Rhamsès le Grand, comme, par exemple, fttavéamoun (Ammon est mon père), *!
Setpenri (approuvé par le soleil), titrr qui se retrouve dans le prénom* roi.
ÉGYPTE
Sur une autre partie du soubasse- de l'âge de Sésostris , porte à croire
ment de la même salle hypostyle , on peu fidèle le nombre d'années indiqué
a représenté les filles de Sésostris; il par Diodore de Sicile) comme celui de
ne reste que la mention de six , le reste la durée du règne de Sésostris. Darius
du tableau ayant été détruit. Élégam- régna 36 ans; et quel que fût son âge lors-
ment vêtue, chacune d'elles porte un qu il prononça ces paroles , la durée du
cédée de ce titre : La fille du roi , née pouvait pas être pour lui l'objet d'un
de son germe et qu'elle aime. Parmi vœu, ni exprimer la pensée d'une assez
leurs noms, on remarque ceux de longue suite d'années, pour qu'il eût le
Hem - men -Tmaou , Isénofré, Amen- temps d'accomplir les grandes actions
t-mai , que portèrent aussi d'autres qui ayaient illustré le règne de Sésos-
princesses égyptiennes. tris. C'est donc avec une grande ap-
L'antiquité classique nous a con- parence de certitude que les listes de
servé sur Sésostris quelques particula- Manéthon , dans Eusebe , portent la
rites dont les monuments ne peuvent durée de ce règne jusqu'à 68 ans.
pas contrôler la véracité. Ainsi elle Les monumentsconfirment pleinement
nous dit que Sésostris, à son retour cette indication: les papyrus hiéra-
de sa grande expédition, rencontra à tiques du musée de Turin donnent des
Péluse son frère, qui, tout en fêtant dates de la 3e et de la 4e année de ce
son retour, entreprit de le faire périr règne; les 29 athyr, 3 méchir et 4
en incendiant le palais , et que le roi mésori de l'an 8 ; le papyrus d' Aix porte
échappa à ce péril , ainsi que sa femme une date du 5 paym de l'an 9 ; un au-
et ses enfants , par la protection du tre papyrus de Turin , celle de l'an 14;
dieu Phtha; et selon quelques criti- les stèles sculptées à Silsilis, les années
ques , ce frère de Sésostris serait le 30 et 34 ; le 3 de tobi de l'an 35 est
Danaus qui conduisit les colonies égyp- écrit dans le grand temple d'Ibsam-
tiennes dans la Grèce au XVe siècle boul; l'an 37 à Silsilis encore; l'an 38
avant l'ère chrétienne, époque en effet dans le même temple d'Ibsamboul;
presque contemporaine du règne de les années 40 et 44 à Silsilis aussi ;
Sésostris. Diodore ajoute à son pre- enfin l'année 62 se lit sur une stèle du
mier récit, que Sésostris ayant perdu la musée de Florence: voilà des dates
vue, se donna volontairement la mort authentiques et contemporaines; on
après un règne de trente-trois années. - peut donc adhérer avec confiance au
Nous aimons mieux croire aux paroles sentiment des critiques modernes, qui
suivantes du même écrivain : ont fixé à 68 ans et 2 mois la durée du
« La gloire de ce roi fut telle et sub- règne de Sésostris. sista si longtemps dans la postérité, Son tombeau existe dans la vallée qu'à la suite d'un grand nombre de des rois à Biban-el-Molouk , à Thèbes ; générations , l'Égypte étant tombée c'est le troisième à droite dans la valsous la puissance des Perses, et Da- lée principale (voyez pl. 71); mais la rius , père de Xercès , voulant faire sépulture de Sésostris a été en butte placer à Memphis sa propre statue au- à la fois aux ravages , à la cupidité des dessus de celle de Sésostris, le grand barbares, et à l'invasion des torrents acprêtre, dans le collège sacerdotal, cidentels qui l'ont comblée presque ius- 3'opposa à cette prétention , et se qu'aux plafonds. Il a fallu , aux derfonda sur ce que le roi de Perse n'a- niers voyageurs français , faire creuser
ictions de Sésostris. Loin de s'irriter et des décombres qui remplissent ce
le cette opinion hardie , Darius y prit tombeau , pour parvenir, en rampant
)laisir, et se «borna à dire qu'il s'effor- et sous le poids d'une extrême chaleur ,
serait , s'il vivait autant que Sésostris, jusqu'à la première salle seulement,
le ne pas rester au-dessous de lui. » Cet hypogée , d'après ce qu'il est pos-
Cette remarque de Darius au sujet sible d'en voir, fut exécuté sur un
règne de Sésostris , portée à 33 ans, ne
mt pas encore surpassé les grandes
L'UNIVERS
plan très-vaste, et décoré de sculptures du meilleur style , à en juger par les petites portions encore subsistantes.
Des fouilles en grand permettraient de pénétrer plus avant, et peut-être jusqu'à la salle du sarcophage de l'illustre conquérant, sans espoir toutefois d'y retrouver des corps religieusement embaumés : les Perses ont fouillé et dépouillé tous les tombeaux qu'ils ont pu découvrir , et la succession des cupides entreprises a engendré celle des brutales profanations : il ne reste de Sésostris que son nom , sa gloire, et les magnifiques monuments des arts qui les proclament d'une voix qui ne peut jamais s'éteindre.
Le règne de cet illustre Pharaon se rattache aussi à l'undes plus grands événements de l'histoire hébraïque : Moïse, qui a écrit la partie la plus ancienne de ces annales , fut le héros et l'historien de ce fait mémorable. Le peuple hébreu était dans l'état de servitude en Égypte depuis que, par l'effet de l'heureuse expulsion des Pasteurs, l'ancienne race des rois égyptiens était remontée sur le trône* des ancêtres.
Moïse assure que le nouveau monarque , redoutant la nombreuse population Israélite , qui était plus forte que la population égyptienne, résolut de la soumettre à de dures lois , de l'op-.« primer par l'effet d'une police attentive et sévère ; il eraignait que , si une nouvelle invasion étrangère menaçait l'Égypte, l'ennemi ne trouvât, dâns les Israélites, des auxiliaires et des alliés. Les Israélites passèrent par les
{)lus cruelles vicissitudes de l'esclavage ; es travaux les plus fatigants et les plus abjects leur turent réservés ; leurs enfants mâles étaient frappés de mort à leur naissance : Dieu , enfin , ordonna à Moïse de délivrer les Hébreux de cette servitude, et Moïse les délivra.
On a déjà relaté (suprà, page 17), les circonstances les plus marquantes de cet événement; les lieux où il se passa , où il s'accomplit , ont été signalés : c'est ici que nous devons en indiquer l'époque. .
Nous La tirerons du récit même de Moïse; il a dit, dans son livre intitulé: Exode ou Sortie (chap. XII, v. 41 et 42) , que la durée de la demeure des enfants d'Israël en Égypte fut de quatre cent trente années, et que ce lut le jour même où ce nombre d'années s'accomplissait, que l'armée du Seigneur sortit de la terre d'Egypte. Elle y était entrée avec le patriarche Jacob , et ses enfants y avaient grandi et miraculeusement multiplié. Quand Joseph , ministre du roi Apophis, accueillit sou père , ses frères , sa race et sa nation en Égypte, il en dirigeait déjà l'admi nistration depuis 9 ans, et Apophi> comptait la 26e année de son règnf .
qui répondait à l'an 1958 avant l'ère chrétienne. C'est de là que date réellement la demeure des Israélites « Égypte; ils en sortirent donc vers l'an 1528 avant l'ère chrétienne , après un séjour de quatre cent trente années partagées en périodes diverses de liberté et d'esclavage. Sésostris était alors à la 43e année de son règne : c'est le temps même où il consacrait mu dieux les merveilleux ouvrages d'Ib samboul. Les riches carrières de grès à Silsilis annoncent encore , par Jeur> inscriptions, que, dans ce même temps, Sésostris en faisait extraire des matériaux pour les nombreux édifices dont il orna les villes principale de l'Égypte : c'était le temps des grands ouvrages publics ordonnés par cegraod prince, et celui aussi où les Israélites, plus accablés par ces ouvrages , par les travaux des carrières, la fabricatïondes briques, la construction des buttes factices, plus opprimés en un root, durent être plus désireux du repos eï de la liberté. Les exigences du maître donnèrent de la résolution aux esclaves : le génie de Moïse coordonna ces deux grands moyens d'action, et les Hébreux sortirent heureusement de l'Egypte.
Quelques critiques ont fait cette remarque : la relation de Moïse ne parle plus de Sésostris , de ce grand roi qui fit la conquête de l'Orient tout entier, sans jamais rencontrer les Hébreux sur ses pas. Les textes hébreux et les
EGYPTE
monuments égyptrens satisfont à cette observation qui renferme en elle-même un doute historique : selon les Hébreux, Moïse, sorti d' Egypte , se rendit dans le désert de Sinaï , et ce désert ne se trouva point sur la route de Sésostris , qui n'eut pas , ainsi , à penser aux Hébreux , et ne les rencontra pas. De plus , les Hébreux demeurèrent, pendant quarante ans dans ce désert ; ils y étaient inconnus à Sésostris, à TÉgypte entière qu'ils n'inquiétaient pas. Enfin , les monuments égyptiens nous apprennent que les grandes entreprises militaires de Sésostris s'opérèrent dans les premières années de son règne , et alors les Hébreux étaient courbés sous le poids de ses lois, sur le sol même de l'Egypte. Ils s'en échappèrent vers la 43e année de son règne ; et, dès cette époque, ou ne connaît de Sésostris que les effets de sa vigilance pour l'ordre , la police intérieure de ses États , et ceux de sa pieuse munificence qui orna TÉgypte de tant de monuments dignes encore de notre admiration ; et , si Sésostris fit poursuivre les Hébreux emportant les vases précieux et d'autres richesses qu'ils avaient frauduleusement empruntées des Égyptiens , il put trouver quelque satisfaction à savoir confinée dans le désert d'Arabie une peuplade toujours suspecte et toujours offensive tant qu'elle demeura sur le sol de l'Égypte. Elle n'avait pas encore quitté ce désert quand Sésostris mourut, environ vingtcinq ans après qu'elle s'y fut réfugiée.
Le successeur de Sésostris (année 1503 avant Jésus - Christ ) ne connut pas non plus les Hébreux. La liste royale de Médinet-Habou , à Thèbes, nous donne le prénom royal de ce nouveau roi , le fils de Sésostris.
Ce prénom signifie soleil aimé d'Amon- Chnoupjûs, et il est joint sur les monuments à un cartouche où se lit le nom propre Ménephtha: c'est Ménephtha II, qui a porté le nom de son grand-père Ménephtha Ier , selon un usage déjà constaté par plusieurs exemples. Une variante du cartouche -prénom, qui signifie soleil esprit aimé ues dieux , revient toutefois au même
sens que le premier cartouche» au moyen de l'analogie mystique du dieu Chnouphis avec l'esprit , le souffle créateur des dieux.
Ménephtha II fut le treizième (ils de Sésostris. Nous avons informé le lecteur que les sculptures du soubassement de la salle hypostyle du Rhamesséum de Thèbes sont occupées par des tableaux sculptés où sont représentés en pied, et dans un ordre rigoureux de primogéniture, les enfants de Sésostris: nous ajoutons que l'on observe dans ce tableau , composé des images des fils de ce roi, qu'on y a caractérisé d'une manière très-significative celui de ses vingt-trois fils qui monta sur « le trône après lui. Ces caractères sont attachés au nom et à la figure du treizième dans l'ordre du tableau. Tous les princes y sont figurés avec le cos-< tume réservé à leur rang; le costume du treizième personnage était en tout semblable à celui des autres , qui appartiennent à la même série; mais après l'exécution de ce tableau, des modifications visibles ont été faites au costume de cette treizième figure; sa courte sabou a été changée en une longue tunique royale; 1 uraeus a été ajouté sur son front, et à côté de sa rimitive inscription, portant: le royal Is de son germe Phthamen ou Ménephtha, on a inscrit le cartouche royal signifiant soleil esprit aimé des dieux : union de prénom royal et de nom propre qui se retrouve sur les monuments de ce même roi,1 et que ce tableau nous démontre avoir été le treizième fils et le successeur de Sésostris. C'est le Ménephtha II de la liste de Médinet-Habou, d'accord en ces deux points essentiels avec les tableaux de la famille de Sésostris, sculptés au palais de Kourna.
Les monuments du règne et de la piété de Ménephtha II ne sont pas rares en Égypte; ses nom et prénom se lisent sur le beau groupe monolithe de Tanis. On voit à Silsilis une petite chapelle dédiée à ce roi par l'intendant du nom Ombite, et qui porte la date de l'an 2 de son règne ; une stèle , dont la date est effacée , est dédiée par le même
L'UNIVERS
intendant nommé Pnahasi, et constate qu'on a tiré des carrières de Silsilis les pierres qui devaient servir à la construction du palais de ce roi à Thèbes , palais dont il ne reste aucune trace connue , ou plutôt que la courte durée du règne de ce roi ne permit pas jde construire. Uue autre stèle du même lieu, avec la date aussi de l'an 2 du règne de Ménepbtha II, du 5e jour dû mois de mésori , rappelle qu'on a tiré de ces mêmes carrières les matériaux de ce palais, et pour les additions ou réparations faites au Rhamesséum de Sésostris son père. On trouve encore à El- Assasif les preuves que ce même roi concourut à l'embellissement du temple d'Amon-Ra, dont les ruines subsistent dans ce lieu.
Ménepbtha II n'oublia pas son aïeul Ménepbtha 1er, et il honora sa mémoire par quelques ouvrages ajoutés au Ménephthéum de Thèbes mie Sésostris avait fait terminer. Les légendes royales du petit-fils de Ménephtha Ier se lisent sur l'épaisseur des portes ou sur leur soubassement, à la suite de celles de Sésostris. Le fils et le petit-fils associèrent successivement leurs pieux hommages envers leur illustre prédécesseur.
•Le tombeau de Ménephtha II subsiste non loin de celui de son père, au fond d'un embranchement de la vallée; une petite chapelle en l'honneur de Sésostris se voit dans une salle isolée. Ce tombeau est très-soigné, mais il n'est pas terminé. Le règne de ce prince dut être court, c'est ce que porte à croire l'état de cette excavation funéraire; c'est aussi 4e que prouvent les monuments, qui ne portent pas la durée de son règne au delà de trois ou quatre années : nous la portons jusqu'à cinq , en raison des travaux dont les traces subsistent encore.
On apprend par la stèle de Silsilis , déjà citée, que Ménephtha II eut pour épouse la reine Isénofré, et qu'ils eurent trois fils. L'aîné se nommait Phtbamen , d'après cette même liste : ce fut le troisième Pharaon du nom de Ménephtha, fils et successeur de son père.
Mais avant le règne de ce roi, tes monuments désignent clairement celui d'un autre personnage du nom de Siphtha-Ménephtha, \efils de Phtha, serviteur de Pktka, et qui nitl'époui de la reine Thaoser. 11 est vrai que b liste royale de Médinet-Uabou n'inscrit pas le nom de ce roi dans la série des successions royales; mais on trouve j Biban-el-Molouk , parmi les tombeaui des rois, celui d'une reine Thaoser, qui est représentée suivie, en seconde ligne, par son mari, nommé Siphtha Ménephtha. A Silsilis, le cartouche <k ce Siphtha-Ménephtha est inscrit entre deux bas-reliefs, dont le supérieur est du roi Horus , et l'inférieur de Sésostris. A Kourna , on voit sur dew stèles le même Siphtha rendre des hommages à quelques rois ses prédécesseurs, et Sésostris est du nombrt de ces rois défunts ; enfin un autre roi, qu'on sait être le dernier de la XVllï dynastie, usurpa le tombeau de Thaoser et de son mari Siphtha , le fit cou vrir de stuc, et y fit sculpter sesnom> à la place de ceux de ses prédécesseurs ; mais le temps ayant causé b chute du stuc appliqué sur les scalp tures primitives de certaines parties du tombeau , on distingue sur la porte principale les légendes d'une rein* nommée Thaoser, et le temps taisant aussi justice de la couverte dont on avait masqué les premiers bas-reliefs de l'intérieur, a mis en évidence des tableaux représentant la reine faisant les mêmes offrandes aux dieux, et recevant des divinités les mêmes promesses et les mêmes assurances que les Pharaons eux-mêmes dans les basreliefs de leurs tombeaux , et occupant la même place que ceux-ci. 11 devient donc évident que c'est une catacombe creusée pour recevoir le corps d'une reine, et d'une reine ayant exercé par elle-même le pouvoir souverain , puis-
3ue son mari , quoique portant le tifrt e roi , ne paratt qu'après elle dans cette série de bas-reliefs , la reine seok se montrant dans les premiers et te plus importants, et Ménephtha-Sifntha est le nom de ce souverain.
Il résulte de toutes ces données q*
EGYPTE
î règne de la reine Thaoscr précéda clui du roi de la XVIIIe dynastie qui isurpa son tombeau , et le précéda au doins d'un règne : il n'aurait pu violer insi la sépulture de son prédécesseur ■u médiat. Fondé sur ces faits, sur ces onsidérations , sur le silence de la table le Médinet-Habou, qui ne mentionne •as la reine Thaoser, parce que cette eine ne constitue pas une génération , ious la considérons comme la fille de Acnephtha II et la sœur de Ménephha III, qui est inscrit sur cette même iste. Les tables royales fournissent ilusieurs exemples parfaitement semilables à l'appui de notre explicaion.
Ménephtha II eut donc pour succes- ;eur immédiat (l'an 1408) sa fille, à :ause sans doute du bas âge de son fils iîne : cette fille porta le nom de Thaoser, se maria à Siphtha -Ménephtha , ]ui fut son mari sans être roi. On trouve à Silsilis quelques traces de ce règne de peu de durée , et le monument le plus considérable qui nous en reste, c'est le tombeau déjà mentionné.
Ménephtha III , qui paraît avoir été le frère de la reine Thaoser, fut le fils le Ménephtha II , et le seizième roi de la XVIIIe dynastie égyptienne. Son cartouche-prénom suit immédiatement celui de Ménephtha II son père dans la liste royale de Médinet-Habou, et ce cartouche signifie soleil gardien des inondes, aime d' Ammon ; son nom propre se lit Ousiréï-Ménephtha. On le retrouve sur une partie des édifices de Karnac, qui d'abord avait paru antérieure à toutes les portions de ce temple édifiées par les rois de la XVIIIe dynastie, opinion rectifiée par l'examen des lieux, et qui avait fait attribuer ces ouvrages à Osymandias. Les souvenirs graves sur le temple de Louqsor rappellent aussi Ménephtha III et sa piété envers les dieux. Son tombeau a été visité par plusieurs savants voyageurs; il est le dernier au fond de la vallée de Biban-el-Molouk; il est resté dans un état complet d'imperfection.
Les premiers bas-reliefs sont achevés et exécutés avec une finesse et un soin admirable ; la décoration du reste de
la catacombe, formée de trois longs corridors et de deux salles , a été seulement tracée en rouge, et l'on rencontre enfin les débris du sarcophage du Pharaon, en granit rose, dans un trèspetit cabinet dont les parois à peine dégrossies sont couvertes de quelques mauvaises figures de divinités dessinées et barbouillées à la hâte. Le règne de ce roi fut cependant de dix-neuf années, d'après les listes de Manéthon.
On expliquera facilement et la durée de ce règne et l'imperfection de son tombeau par le règne même de sa sœur Thaoser, qui est confondu dans les dix-neuf années accordées à Ménephtha III, et qui, de fait, ne régna pas assez longtemps pour faire convenablement terminer sa sépulture : ces deux considérations s'appuient réciproquement.
Les listes de Manéthon nomment ce roi comme le dernier de la XVIIIe dynastie. La liste de Médinet-Habou , qui a bien plus d'autorité, porte à cette place le cartouche d'un autre Pharaon , dont le titre royal était : Soleil gardien des chefs, aimant Ammon; son nom propre, qui est écrit avec plusieurs variantes, se lit communément Rhaméri : il monta sur le trône vers l'an 1479 avant l'ère chrétienne. C'est ce roi qui avait usurpé le tombeau de la reineThaoseretdeSiphtha-Méncphtha.
Rhaméri , au lieu de se faire creuser un tombeau , trouva plus simple de s'attribuer celui d'un des rois ses prédécesseurs , catacombe voisine de celle de Ménephtha III , et à laquelle il ajouta cependant deux corridons et sa salle sépulcrale, afin de ne pas troubler les cendres de ses deux ancêtres. Mais au lieu d'une usurpation réfléchie , le court règne de Rhaméri peut expliquer cet empiétement, surtout s'il s'opéra sur le tombeau d'une reine sa parente , sa tante , qui ne fut pas comptée, dans les annales sacrées, parmi les générations de rois. Dans ce tombeau , qu'on peut qualifier de palimpseste, l'image deRbaméri est substituée à celle'de la reine Thaoser, qu'on y a affublée d'un casque, de vêtements et d'insignes convenables seulement à
un roi, mais les discours s'adressent toujours à une reine. Cette précipitation ne laisse pas une longue durée au règae de Rhaméri. On ne lui attribue en effet que quelques années ( 6 ans 3 mois). On croit qu'il fut marié à la reine Ahraos-Nofréï ; elle est figurée dans un bas-relief où le roi et la reine font l'offrande du vin aux divinités de Thèbes.
Du reste, l'incertitude qui résulte du silence des monuments au sujet de la durée réelle de ce dernier règne de la XVIIIe dynastie , nous autorise à lui attribuer approximativement les ô années et 3 mois qui complètent , avec les règnes précédents , la durée totale de cette X VIIIe dynastie , fixée à 348 années. Le lecteur jugera, comme nous, que , en pareille matière, les approxi-
mations ont un mérite réel , et peutêtre suffisant.
Toutefois , nous nous sommes soumis dans nos appréciations chronologiques, à l'autorité des monuments pour chaque règne, comme à celle des écrivains anciens pour le nombre des souverains qui composèrent cette XVIIIe dynastie, porte à dix -sept d'après le texte même de Manéthon.
conservé par Josèphe, et pour la durée totale de leurs règnes , portée à 348 ans , comme l'ont dit Eusèbe et d'autres chronologistes.
La certitude suffisante de toutes m indications chronologiques , et l'antiquité des temps auxquels elles se rapportent, nous engagent à mettre soles yeux du lecteur le tableau suivant qui les résume en quelques
TABLEAU DE LA XVIIIe DYNASTIE.
"HUiNF-S soccussirs.