‹ Égypte ancienneChapitre 35 sur 53 · L'UM VERS · texte numérisé non relu

L'UM VERS

attentif «les grands monuments de la 'I héhaïde a fait reconnaître que ces cartouches noms propres , quoique variables dans quelques-uns de leurs signes , et unis constamment au même prénom royal, n'appartenaient qu'à un seul et même prince, et que l'arrangement le plus ordinaire des* signes qui composent son nom propre, le fait lire Phtahmen-Boréï, et plus euphoniquement MénephthahrBoréï , le serviteur de Phtha. Le nom d'Osiris se trouve aussi dans les cartouches sculptés, soit dans le tombeau du prince, soit sur d'autres édifices; on y lit aussi le nom d'Ammon à la place de celui du dieu Phtha, quand ce prénom est écrit sur les temples de Thèbes , et c'était presque une obligation imposée par la hiérarchie divine. Le nombre des variantes de ce nom propre s'élève jusqu'à cinq; mais le cartouche prénom, consacré par la religion, celui qui faisait foi dans les annales sacrées, est invariable : le soleil stabiliteur de justice. Ce même souverain adopta plusieurs légendes pour ses enseignes : celle qui est sculptée sur les piliers du Spéos-Artemidos le qualifie de Haroéris, le puissant vivyicateur du monde.

. L'histoire écrite ne nomme pas même ce prince, dont le règne paraît avoir été illustré par des faits mémorables; elle se tait sur son nom comme sur ses actions; le langage des monuments peut heureusement suppléer à ce silence : Ménephtha Ier mérita par lui-même une place honorable dans les annales égyptiennes, et, de plus, il fut le père de Sésostris.

Les monuments du règne et de la puissance de Ménephtha subsistent encore dans toutes les parties de l'empire égyptien , dans la basse et dans la haute Egypte , sur la mer Rouge ainsi que dans la Nubie , et quelques grandes villes de l'Europe sont ornées des débris de la magnificence de ce grand .roi.

C'est aussi à l'exploration des savants français que l'histoire est redevable de la connaissance d'un des plus intéressants monuments du règne de Ménephtha Ier. Je transcris ici le pas-

sade de ïltincraîre inédit de Cliarnpollion le jeune, qui a, le premier, reconnu et décrit cette intéressante localité.

«<> novembre 1828. — Notre travail dans les hypogées de Beni-Hassan-el- Gadim étant terminé, j'ordonnai de faire voile sur Beni-Hassan-el-Aamar, où nous arrivâmes à onze heures du soir pour mouiller dans un bras du Nil, au milieu de deux rives couvertes de palmiers, qui donnaient à cette localité l'aspect d'un lac environné de plantations. Le village se cache dans ce fouillis de palmiers , et on le nomme Beni-Hassan-el-Aamar, Beni-Hassan k nouvel habité, parce que c'est un village nouvellement bâti après la destruction et l'incendie du Beni-Hassan el-Gadiin (le vieux), par les ordres d'Ibrahim-Pacha, qui voulait détruis ce repaire de brigands; aussi ce pay?

est aujourd'hui aussi sûr que le reste de PÉgypte.

« J'avais fait amarrer les maascii devant ce village, dans le dessein de visiter un monument curieux qu'on nous avait dit exister dans la montagne. Nous partîmes donc de bonne heure, le 7, à pied, en nous dirigeant droit à l'est sur la montagne arabique, et vers l'ouverture âuoe vallée que nous apercevions devant nous. Quittant bientôt le terrain cultivé, nous entrâmes dans le désert, et après vingt minutes de marche sur la droite ( nord ) du ravin , ou Ouad . qui sort de la vallée, on nous montn deux grands emplacements dans lesquels on trouve une quantité incroyable de momies de chats, enveloppées unea une, ou plusieurs à la fois, dans de simples nattes. On reprit le chemin de la vallée en repassant sur la rive ga»^ du Ouadi, et nous arrivâmes en de temps à son entrée qui est fort pittoresque , quoiqu'elle présente un graw tableau de sécheresse et d'aridit** C'est du désert tout pur, et des murailles de roches fort élevées, percer à jour sur la droite par les norol>rPUl ( hypogées et les puits qu'on y a cre"* ses, non pour recevoir des nioniif* humaines , mais des momies de co»£* i

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et de quelques autres quadrupèdes. La montagne formant le côté eayche de la vallée est aussi percée de quelques grottes , mais qui n'offrent aucun intérêt; .celles de droite ne portent aucune sculpture ni inscription, si Ton en excepte la porte d'un grand hypogée de chats, qui a été décorée sous le règne dJ Alexandre y fils d'Alexandre le Grand , c'est-à-dire de 317 à 297 avant Tère chrétienne.

« C'est à une courte distance de cet hypogée , et du même côté de la montagne, après avoir tourné une roche qui avance sur la vallée, qu'on trouve une grande excavation soutenue par huit piliers en partie détruits, décorés de sculptures peintes et de grandes inscriptions hiéroglyphiques. C'est un temple dédié à la déesse Pascht (Bubastis) , et dont les ornements ont été commencés par le roi Thouthmosis IV, et continués sous son descendant, le Pharaon Ménephtha, dans le nom duquel, ici comme ailleurs, on a effacé une figure , qui est restée très-visible dans le dernier cartouche à gauche de la frise décorant la paroi ouest du couloir. Cette grotte n'est autre que la localité même nommée Speos-Artemidos, grotte de Diane (Bubastis), appellation donnée par les géographes anciens à une position occupant la place de l'une des Beni-Hassan d'aujourd'hui.

« La journée entière se passa à dessiner les bas-reliefs et les inscriptions de ce lieu sacré, et à développer une foule de momies de chats et de chiens. Je suis persuadé que tous les trous et excavations pratiqués dans cette montagne n'ont eu pour objet que la conservation et le dépôt des momies de l'animal consacré a Bubastis, le chat, qu'on y trouve en si grande abondance.

Le fond de la vallée, entre le Ouadi et la grotte de Paseht, est encore une nécropole de chats disposés par bancs et plies pour la plupart dans des nattes, les chats dtm rang élevé étant renfermés dans les nombreux hypogées creusés dans la montagne, et en particulier dans celui du temps d'Alexandre, dont les couloirs sont encombrés

de débris de momies de cette espèce d'animal.

« Nous ne rentrâmes au mâasch qu'à la nuit close, et après souper on partit pour Antinoé , où nous arrivâmes dans la nuit. »

Ce spéos, dédié à la déesse Pascht ou Bascht ( Bubastis , Artemis , Diane) , creusé dans la montagne, fut donc commencé par le Pharaon Thouthmosis IV, continué, décoré et terminé par Ménephtha Ier. Il est orné de beaux basreliefs coloriés, dont les sujets rappellent le culte de cette déesse, à laquelle le chat était consacré comme son emblème vivant. Dans un tableau sculpté . et peint, le roi Ménephtha est l'objet spécial de la- protection de la déesse : elle le présente au dieu Ammon , et lui départit en plusieurs scènes tous les dons que les dieux pouvaient accorder aux rois. Les inscriptions attribuent la construction finale du temple a Ménephtha , qui consacra aussi un sanctuaire aux dieux seigneurs du lieu :

toutes les dédicaces portent le nom de ce roi.

A Silsilis , sur la rive gauche du Nil , on voit encore une chapelle creusée dans le rocher sous le règne de ce prince, et il en reste deux bas-reliefs qui témoignent , par leur finesse et leur élégance, de l'avancement et du perfectionnement de l'art à l'époque de Ménephtha.

Le palais de Kourna , à Thèbes , fut fondé par ce roi , édifié en partie par lui , terminé par Sésostris , et ce palais est, sous le rapport de l'art, un des édifices les plus remarquables de FE-

sypte.

Quoique très-inférieur par l'étendue aux grands édifices de Thèbes (le Rhamesséum et les masses de Médinet- Habou), le palais de Kouma, nommé Ménephthéumj du nom de son fondateur, mérite cependant un examen particulier, puisqu'il appartient aux temps, pharaoniques et remonte à l'époque la plus glorieuse des annales de la monarchie égyptienne. Son ensemble présente un aspect tout nouveau , et si son plan général réveille l'idée d'une habitation particulière et semble cacher la forme.

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d'un temple, la magnificence delà décoration, la profusion des sculptures, la beauté des matériaux et la recherche dans l'exécution prouvent que cette habitation fut jadis celle d'un souverain riche et puissant.

Ce qui reste de ce palais occupe seulement l'extrémité d une belle façade, sur laquelle existaient aussi jadis d'autres constructions liées sans doute avec l'édifice encore debout. Sur le même axe que ces arrachements de constructions rasées , au milieu de bouquets de

Ealmiers et de masures modernes en riques crues, s'élève un portique ayant plus de cent cinquante pieds de long, trente de hauteur, et soutenu par dix colonnes , dont le fut se compose d'un faisceau de tiges de lotus, et le chapiteau des boutons de cette même plante tronqués pour recevoir le dé. Cet ordre, qui n'est point particulier aux constructions civiles, puisu'on le retrouvait dans les temples 'Éléphantine et d'Éléthya , appartient sans nul doute aux vieilles époques de l'architecture égyptienne , et ne le cède , sous le rapport de l'antiquité, qu'aux seules colonnes cannelées , semblables au vieux dorique grec dont elles sont le type évident, et que l'on trouve presque exclusivement employées dans les plus anciens monuments de l'Égypte.

La sculpture n'était pas moins perfectionnée sous le règne de Ménephtha Ier; les bas-reliefs de ce temps sont remarquables par la simplicité du style, la (inesse d'exécution et l'élégante proportion des figures. Un peu plus tard, sous le règne de Sésostris, fils de Ménephtha, la sculpture, traitée avec moins de soins, annonce la prochaine décadence de l'art : le Méuephthéum favorise ce rapprochement , cette comparaison, cette déduction, et elle se révèle surtout par la différence qui existe entre les bas-reliefs de la salle hypostyle et ceux de la première salle de droite, et en général par toute la partie du palais a droite de la salle hypostyle décorée durant le règne de Sésostris. Ces faits importent beaucoup à l'histoire de l'art en général , surtout

lorsqu'il s'agit d'épo%ques bien antérieures aux premiers essais des maîtres immortels qu'a produits l'inépuisable génie des Grecs.

Nous résumons ici, sur cet important sujet, les observations et le jugement die Champollion le jeune : nous lui empruntons aussi la suite de la description du Ménephthéum.

Sur les quatre faces du dé des chapiteaux du portique existent, sculptées avec beaucoup de recherche, les lé-

Sendes royales de Ménephtha ou celles e son fils : les noms et prénoms de ces deux Pharaons sont également inscrits sur le fût des colonnes, mais accolés et renfermés dans un tableau carré; témoignage précieux de la piété obséquieuse de Rhamsès le Grand envers Ménephtha son père.

Le rapprochement de ces deux noms royaux trouve son explication naturelle dans la double légende dédicatoire qui décore l'architrave du portique sur toute sa longueur : cette inscription est ainsi conçue : « L'Aroéris puissant, ami de la vérité, le seigneur de la région inférieure, le régulateur de l'Egypte , celui qui a châtié les contrées étrangères, l'épervier d'or, soutien des armées , le plus grand des vainqueurs , le roi soleil gardien de la vérité , l'approuvé de Paré, le fils du soleil, l'ami d'Ammon, Rhamsès, a exécuté des travaux en l'honneur de son père Amon-Ra , le roi des dieux , et embelli le palais de son père, le roi soleil stabiUleur de justice, le fils du soleil Ménephtha- Boreï. Voici qu'il a fait élever... (grande lacune) les propylons du palais , et qu'il l'a entouré de murailles de briques , construites a toujours : c'est ce qu'a exécuté le fils du soleil , l'ami d'Ammon , Rhamsès. »

Cette dédicace annonce sans incertitude que le palais de Kourna fut fondé et construit par Ménephtha Ier, et que ce fut Sésostris qui le termina. Plusieurs des bas-reliefs qui décorent l'intérieur du portique et l'extérieur des trois portes par lesquelles on pénètre dans les appartements du palais, représentent en effet le roi Ménephtha rendant hommage à la divinité thé-

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baine et aux autres divinités de l'Égypte , ou recevant de la munificence des dieux les pouvoirs royaux , et des dons précieux qui doivent embellir et prolonger la durée de sa vie mortelle.

La porte médiale du portique conduit dans une salle d'environ quarantehuit pieds de long sur trente-trois de large; c'est la plus considérable du palais: six colonnes, semblables à celles du portique , soutiennent le plafond , subsistant encore en très-grande partie; deux longues inscriptions, toutes deux au nom de Ménephtha Kr, servent d'encadrement aux vautours ailés gui décorent ce plafond. L'inscription de droite exprime la dédicace générale du palais faite par son fondateur à la plus grande des divinités de l'Egypte :

«... Le seigneur du monde, soleil stabiliteur de justice, a fait ces constructions en l'honneur de son père Amon-Ra , le seigneur des trônes du monde, et qui réside dans la divine demeure du Gis du soleil Ménephthaftorel h Thèbes , sur la rive gauche : il (ce roi) a fait construire I \ habitatton des années (le palais) en pierre de çrès blanche et bonne , et un sanctuaire pour le seigneur des dieux. »

Et l'on apprend , par cette inscrip- .

tion, le nom même de ce grand édifice de Kourna : les habitants de Thèbes l'appelèrent la demeure de Ménephtha, ou Ménephthéum , du nom de son fondateur , et elle explique le double caractère de temple et de palais qu'on remarque dans cet édifice, qui, par la disposition de son plan , annonce l'habitation d'un homme, et, par ses leoorations , celte d'une divinité.

La seconde inscription de ce même plafond , celle de gauche , avertit que cette grande salle fut le manôskh, la salle drhonneur, le heu où se tenaient les assemblées religieuses et politiques , ou siégeaient les tribunaux de justice:

c est aux salles de cet ordre qu'on a donné le nom vulgaire de salle hypostyle. De nombreux tableaux sculptés décorent celle du Ménephthéum : le loudateur du palais se voit dans tout œs bas-reliefs, offrant des parfums, des

fleurs, ou l'image de son prénom mystique à la triade thébaine , et particulièrement au chef de ceùe triade, Amon-Ra , sous sa forme primordiale et celle de générateur. Les parois, moins étendues , à droite et à gauche de la porte principale ,* sont couvertes de bas-reliefs représentant les membres de cette triade adorés par un autre roi , l'un des successeurs de Ménephtha.

A Karnac , les souvenirs de la gloire de Ménephtha sont aussi retracés dans une foule de bas-reliefs concernant les guerres de ce roi en Asie ; monuments au moins aussi parfaits de style et d'exécution que ceux d'Ibsamboul même, et qui rendent témoignage de la sollicitude de ce prince, pour le perfectionnement des arts en les protégeant.

Il consacra aussi un temple au dieu Phré dans le lieu nommé aujourd'hui Wadi-el-Moyé , situé à deux journées du Nil , dans le désert , sur la route de Bérénice.

Le quai moderne d'Éléphantine est construit avec des débris d'antiques monuments, parmi lesquels se trouvent des fragments des édifices élevé* dans cette île par Ménephtha Ier. Une stèle de Sabout-el-Kadim est datée du 1er tôbi de la VIIe année du règne de ce roi ; et à Silsilis , un temple monolithe porte la date de l'an XXII* de ce même règne.

On voit au musée du Vatican une statue d'Amon-Ra dédiée par Ménephtha Ier , dont le nom se lit à la base du monument.

Le magnifique obélisque de la place du peuple , à Rome , est aussi un ouvrage de Ménephtha. Le cartouche nom propre Ménephtha - Boreî , est conservé intact dans les bas-reliefs du bas des faces septentrionale et occidentale ; mais la figure assise , à bec crochu , qui termine ce nom propre et précède les deux feuilles , est martelée sur trois faces de l'obélisque; toutefois elle y est encore visible. Cette singularité a été remarquée aussi sur d'autres monuments de ce même roi , existants encore en Egypte ; l'image de ce même dieu, gravée sur des monu-

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ments d'époques diverses , en a été anciennement effacée : c'est un fait remarqué jusque dans les lieux les plus dignes de respect , les tombeaux , notamment dans celui du roi Ménephtha lui-même.

Ce tombeau existe dans la vallée de Biban-el-Molouk ; il attire principalement l'attention du voyageur par l'étonnante fraîcheur des peintures et la finesse des sculptures qui le décorent. 11 fut découvert par le voyageur Belzoni, et nous avons déjà donné (page 30) un extrait de la description de cette magni ligue sépulture royale , où l'on a recueilli des données positives sur les connaissances que les Égyptiens avaient, à cette époque reculée , des peuples étrangers plus ou moins éloignés de l'Égypte.

Un des nombreux bas-reliefs coloriés de ce tombeau en a été détaché , et il enrichit le musée égyptien du Louvre. 11 existe aussi , dans les cabinets des curieux, comme dans ce même musée , un grand nombre de statuettes funéraires de ce roi , en bois ou en porcelaine , recueillies dans son tombeau.

Quand Belzoni en fit la découverte, il jugea, à la difficulté d'en retrouver l'entrée et de la rendre praticable, que ce tombeau était intact, et il espéra retrouver enfin un roi d'Égypte en repos dans la dernière demeuré que lui avait assurée la piété de sa famille et de ses peuples. La première salle était en effet intacte; un long couloir venait après, et encore hermétiquement fermé à son extrémité; cette ouverture pratiquée de nouveau, un puits très - profond la séparait de plusieurs autres salles, également peintes et d'une parfaite conservation : enfin , le voyageur parvint à la salle du sarcophage, la plus spacieuse de toutes; mais le sarcophage avait été violé ; le couvert violemment jeté à terre , y gisait en deux morceaux; l'intérieur était vide, et une crevasse dans un des coins du sol annonçait qu'on avait très-anciennement pénétré dans cette salle par un souterrain dont on ne pouvait pas suivre les traces dans la

montagne , et dont la direction était opposée à celle de l'entrée véritable du tombeau. Belzoni a publié en un grand atlas les principaux sujets sculptés et peints dans ce tombeau, dont l'étendue donne une assez longue durée au règne de Ménephtha I"; on peut la porter , en effet , jusqu'à 11 années et 8 mois.

C'est aussi dans le tombeau de ce roi (Ménephtha Ier) que Charapollion le jeune observa et recueillit la plus ancienne représentation d'un fait astronomique et civil d'un très-haut intérêt dans l'histoire des institutions égyptiennes : la représentation, dans les peintures du plafond , de l'intime liaison du lever héliaque de l'étoile Syrius, avec le premier jour de l'année égyptienne ( le 1er thôth); témoignage important d'une coïncidence et d'un usage qui donnent à la science moderne la clef de toutes les difficultés que lui présentait , à l'égard de l'antijjue Égypte, l'ensemble des règles admises pour la division du temps dans les usages civils, et la source originaire de ces règles (suprà, page 236).

On voit aussi , à Turin , un contrat en écriture hiératique, daté du 16 de choïak , de la 2e année du règne de ce roi.

Les monuments nous apprennent que ce roi eut deux femmes , dont l'une se nomma Tsiré, et l'autre Twéa. La première est mentionnée dans les inscriptions du tombeau du roi , avec ces titres : L'osirienne (la défunte) épouse royale, l'épouse divine, la royale mère, la grande dame du monde , ^tutrice de la haute et de la basse Égypte, Tsiré.

De la seconde , Twéa , il nous reste plusieurs monuments intéressants; on voit , à Rome , au Capitole , une statue colossale en basalte noir , qui est une image de cette reine : l'inscription gravée sur le colosse la qualifie en ces termes : « La reine du peuple obéissant , mère d'un roi du peuple obéissant , la royale mère de l'Horus , fort, dominateur du monde, seigneur du monde , soleil gardien de la vérité, approuvé par le soleil, seigneur du

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monde , Amon-Mai Rhamsès, vérificateur, la divine épouse, la royale épouse principale, la dame du monde, Twéa. »

Cette reine fut donc la mère de Sésostris , et cette circonstance peut aider à fixer avec quelque certitude le rang des deux reines, femmes de Ménephtha Ier. En considérant, en effet, que la reine Tsiré est mentionnée avec le titre d'osirienne (défunte) dans le tombeau du roi son mari , qui doit ainsi lui avoir survécu , que Sésostris , dont le règne dura 68 ans , dut parvenir au trône fort jeune, et que , cependant i il ne fut que le second successeur de son père , on peut considérer la mère de Sésostris , la réine Twéa comme la seconde femme de Ménephtha, comme ayant survécu à ce roi, et ayant même vu les premiers temps du règne de Sésostris , puisque la statue colossale du Capitole est un monument de la piété de ce prince envers sa mère , et que la légende gravée sur le monument indique une reine encore vivante , et jouissant des titres et des honneurs de la royauté. La reine Tsiré fut donc la première femme de Ménephtlia I*r, et Twéa la seconde.

Dans les sculptures de l'intérieur du Rhamesséum de Thcbcs , on retrouve des groupes où Sésostris est représenté entre sa mère Twéa et la reine sa femme.

On connaît aussi , par la statue colossale du Capitole, qui vient d'être citée , une fille de la même reine , qui dut être la sœur de père et de mère de Sésostris, et fille, comme lui, de Ménephtha Ier; son image est sculptée sur le colosse de la mère, et l'inscription qui l'accompagne signifie: la royale fille ,1a royale épouse Hont-Réché, vivante ; elle eut au moins le rang et les honneurs d'une reine : il dépendait de son frère de les lui déférer.

Ménephtha 1er eut pour successeur son fils aîné , que les monuments nous font connaître par le nom et le rang de Rhamsès II.

C'est par son cartouche prénom soleil gardien de la vérité, et par son nom propre Amon-Mai Rhamsès, que

se termine , à gauche , la ligne intermédiaire de la Table d'Abydos. Ce même prénom royal se retrouve dans l'inscription verticale de la même Table royale ; et elle désigne ce roi Rhamsès comme le successeur immédiat de Ménephtha Ier.

Cependant ce cartouche ne se voit as, à ce même rang de succession dans a table royale du Rhamesséum de Thèbes, ni dans la série des figures de Médinet-Habou.

D'autre part , les monuments historiques du roi Rhamsès, dont le prénom fut soleil gardien de la vérité, et les cartouches où ce prénom est inscrit, sont nombreux et d'une grande autorité par le sujet, l'étendue et l'exécution de ces monuments, comme par les faits historiques du premier ordre que leur sujet rappelle.

Mais l'omission du cartouche prénom royal de ce roi dans les tables du Rhamesséum et de Médinet-Habou s'explique par la nature même de ces tables : il est prouvé, sans contestation, que ce Rhamsès II et son successeur Rhamsès III (Sésostris) furent frères, tous deux fils de Ménephtha I'r, et ils ne forment à eux deux qu'une seule et même génération. Dans ces tables par génération, on n'a donc inscrit qu'un seul des deux frères, Sésostris, le plus célèbre des deux, celui dont le règne jeta le plus d'éclat par les événements contemporains comme par sa durée; et si le nom de Rhamsès II se lit sur la table d'Abydos, quoique également généalogique, c'est parce

au'elle a été dressée de l'ordre même e Sésostris , qui , dans la liste de ses prédécesseurs, ne pouvait omettre son propre frère.

Le roi Ménephtha Ier eut donc pour successeur son fils aîné, qui porta le nom de Rhamsès et fut le deuxième de ce nom.

Le lecteur a déjà eu sous les yeux , à la page 152 de cet ouvrage, la description détaillée des monuments du règne de Rhamsès II, qui subsistent encore à Beit-Oually en Nubie , qui rappellent les entreprises militaires de ce roi et ses victoires en Asie et en Afri-

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que, et dont les tableaux historiques représentent le riche butin qu'il en rapporta, soit en animaux rares et curieux, soit en productions et métaux de grand prix.

Rhamsès II ajouta à la décoration du Ménephthéum deKourna, àThèbcs, élevé par son père; les petites parois à droite et à gauche de la porte principale de la salle hypostyle sont couvertes de bas-reliefs représentant l'adoration de la triade thébaine par ce Pharaon, et le bas-relief inférieur, à la gauche de la même porte, représente son sacre après la mort de son père Ménephtha Ier. Le jeune roi, présenté

Sar la déesse Mouth et le dieu Khons , échit le genou devant le souverain de l'univers, Amon-Ra; le dieu suprême lui accorde les attributions royales et les périodes des grandes panégyries, c'est-à-dire un très-long règne, en présence de Ménephtha, père du nouveau roi , et qui, représenté debout derrière ' le trône d'Ammon , tient à la fois les emblèmes de la royauté terrestre qu'il vient de quitter, et l'emblème de la vie divine dont il jouit déjà dans la compagnie des dieux.

Plus loin, on a figuré l'enfance de Rhamsès II ; le jeune roi est embrassé par Mouth , la grand' mère divine qui lui offre le sein. La légende qui accompagne cette scène s'exprime ainsi :

Voici ce que dit Mouth, dame du ciel : « Mon fils qui m'aime, seigneur des diadèmes, Rhamsès chéri crAmmon, moi qui suis ta mère, je me complais dans tes bonnes œuvres; nourris-toi de mon lait. »

Les dés et les ornements de la base des colonnes de cette même salle sont ornés des cartouches nom et prénom de Rhamsès II, mêlés avec ceux de son père, et les architraves portent plusieurs inscriptions dédicatoires , mais au nom de Ménephtha qui fonda l'édifice, et les autres au nom de Rhamsès II, qui en acheva la décoration.

C'est au règne de ce même prince qu'appartient l'obélisque égyptien de Paris; on a déjà vu (pages 81 et suivantes) quelle part il prit a l'édification de ce magnifique monument, qui fut

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terminé et érigé par son successeur.

A Silsilis, une des chapelles qui sont creusées dans le roc l'a été aussi par l'ordre de Rhamsès II. Les tableaux qui décorent les parois de droite et de gauche nous font connaître à quelle divinité ce petit édifice avait été dédié par le Pharaon. Il y est représenté adorant d'abord la triade thébaine , les plus grands dieux de l'Egypte, Amon-Ra, Mouth et Khons, ceui qu'on invoquait dans tous les temples, parce qu'ils étaient le type de tous les autres ; plus loin , il offre le vin au dieu Phré, à Phtha, seigneur de justice, et au dieu Nil , nommé dans l'inscription hiéroglyphique Hapi-moou, le pèrevi^ vifiant de tout ce qui existe. C'est à cette dernière divinité que la chapelle de Rhamsès II fut particulièrement consacrée; cela est constaté par une très-longue inscription hiéroglyphique datée de « l'an IV, le 10e jour de mesori , sous la majesté de Y Aroéri puissant, ami de la vérité et fils du soleil, Rhamsès, chéri d'Hapi-moou, le pere des dieux. » Le texte qui contient les louanges du dieu Nil (ou Hapi-moou) l'identifie avec le Nil céleste Nen-moou, l'eau primordiale , le grand Nilus , que Cicéron dit être le père des principales divinités de l'Egypte, même d'Ammon, ce qui est attesté ailleurs par des inscriptions monumentales. 11 était égale ment naturel que les chapelles de Silsilis fussent dédiées à Hap-moou (le Nil terrestre), parce que c'est le liai de l'Égypte où le fleuve est le plus res serré, et qu'il semble y faire une se conde entrée, après avoir brisé les montagnes de grès qui lui fermaient ici le passage, comme il a brisé les rochers de granit de la cataracte pour faire sa première entrée en Égypte.

Les souvenirs historiques du menu Rhamsès II se retrouvent encore sur les monuments de Calabschi, en Nubie, et dans la salle hypostyle du palais de Karnac, à Thèbes, et l'on n'aura pas de peine à reconnaître dans son nom V Armés ou YJrmésès, que les listes de Manéthon donnent pour le frère d'un autre Rhamsès (Rhamsès fflî*sostris), qui régna plus de soixante

ans, tandis qu'elles n'attribuent au règne de Rhainsès II que cinq années de durée.

Les monuments connus sont d'accord avec cette indication, et la seule date qui subsiste de ce règne est de sa quatrième année; elle est à Silsilis; nous l'avons textuellement rapportée, et c'est avec une fausseté évidente , et afin de soutenir d'absurdes systèmes ou de voiler d'indignes plagiats , qu'un écrivain étranger à la France porte cette date de Silsilis jusqu'à Tan XIV du règne de Rhamsès, parce qu'il a besoin de donner, contre la vérité de l'histoire, quatorze ans de durée à ce même règne. Les listes de Manéthon dans tous ses abréviateurs, et le texte des monuments donnent unanimement cinq années seulement au règne de Rhum ses II. Il mourut vers l'an 1571 avant l'ère chrétienne.

D'après certaines données monumentales, il aurait été marié à la reine Nofré-Teri -, de laquelle il aurait eu deux fils dont on a recueilli les noms ; mais le sort de «es trois personnages nous serait resté inconnu, celui des deux ûls particulièrement, qui étaient les successeurs légitimes de leur père. Ce lut , au contraire, leur oncle qui régna après lui : c'est ce fait incontestable qui domine au milieu de ces incertitudes sur la fin du règne de Rhampèa II.

Après sa mort inopinée, qui arriva avant le terme ordinaire de la vie humaine, et qui interrompit de grandes entreprises, laissant inachevés de grands édifices, son frère, le second fils de Ménephtha Ier, monta sur le trône d'Égypte, et prit, comme l'avait fait son prédécesseur, le nom de Rhamsès, d'après l'usage égyptien déjà rappelé plus haut, qui faisait donner au petitfils le nom du çrand-père; et la dixhuitième dynastie égyptienne nous en fournit un nouvel exemple par les cinq rois qui se succédèrent immédiatement, portant alternativement, à chaque génération, le nom de Rhamsès et de Ménephtha : Rhamsès Ier, Ménephtha Ier, Rhamsès II, Rhamsès III (les deux frères), Ménephtha II, etc.

Ce Rhamsès fut le troisième de ce nom ; il est plus généralement connu sous le nom de Sesostris ou Rhamsès le Grand, et à ce nom seul tous les grands souvenirs de l'Égypte se présentent, à la fois, à l'esprit de l'historien : à ce nom, en effet, et au règne du grand roi qui le porta, est irrévocabiement attachée l'époque de la plus haute splendeur, de la plus grande puissance de l'Égypte. Quand Sésostris succéda à son irere (vers l'an 1671 avant l'ère chrétienne), l'Egypte était engagée dans des guerres extérieures , que Te soin de sa défense ou de légitimes intérêts avaient rendues inévitables. Les tableaux historiques de l'édifice du Réit-Oually retracent les victoires de Rhamsès II, et Rhamsès III, encore prince, y figure luimême comme ayant pris une nart active à ces actions : on l'y voit, dans le costume de prince, présenter au roi un groupe de prisonniers arabes asiatiques. Dans une autre scène , pendant que le roi sur son char poursuit les Arabes, le prince frappe avec une hache la porte d'une ville ennemie, et il emmène ensuite de nouveaux prisonniers. Ainsi Sésostris, avant d'être roi , aurait pris une part active et digne de mémoire à la défense de la patrie et à ses triomphes.

11 nous reste encore un autre monument de la jeunesse de Sésostris :

ces souvenirs d'un prince illustre doivent être attentivement recueillis par l'histoire. On les retrouve sur une petite stèle du musée égyptien de Pans ; elle est â double face : d'un côté, un jeune enfant est assis sur un coussin; sa tête est ornée d'une riche coiffure royale, et son corps à demi couvert d'une tunique en étoffe transparente par sa finesse; son bras gauche est ap-

Kuyé sur ses genoux, et il porte à sa oucheundes doigts de la main droite.

Un cartouche prénom est gravé près du personnage, et ce cartouche est celui de Sésostris : on voit donc ici une représentation de ce roi enfant dans le costume ordinaire de Bonis, et assimilé à ce dieu dans une des circonstances 4e sa naissance; car ici

L'UNIVERS

mystères sacrés de l'Egypte disent que le dieu 1 lot us, comme le dieu Phré, son père, naquit en portant le doigt à la bouche. L objet de notre stèle est donc de rappeler la même tradition à l'égard de Sésostris. Les mêmes mystères disaient aussi qu'à la naissance de ce roi , son père avait vu en songe le dieu Phtha qui lui prédit que cet enfant serait le maître de toute la terre. Les monuments prouvent aussi la particulière dévotion de Sésostris pour ce dieu Phtha. Les temples de Memphis sont redevables à ce roi d'immenses et magnifiques accroissements; enfin, au revers de la stèle de Sésostris enfant, est aussi une adoration au dieu Phtha par un personnage dont le nom a disparu de ce curieux monument.

La longue durée du règne de Sésostris, et les glorieuses actions qui en marquèrent les diverses époques, en ont inscrit le souvenir dans les annales humaines en traits ineffaçables : dans l'ordre moral, la vie d'un grand roi demeure, comme le font dans Tordre physique, les traces d'un grand phénomène naturel, indélébiles à la surface de la terre. Hérodote et Diodore de Sicile ont donné une large place, dans leurs récits historiques, à la vie et aux actions de Sésostris; leurs narrations suffiraient pour immortaliser sa renommée; l'autorité plus imposante encore des monuments contemporains s'unit aussi intimement à leurs assertions pour la célébrer. C'est un devoir pour nous de prouver la véracité des deux historiens grecs et celle des mémoires qu'ils avaient consultés,

f>ar l'heureux accord de ces écrits avec es monuments du règne même de Sésostris, qui subsistent encore.

Le plus simple rapprochement du texte de Diodorc de Sicile de celui d'Hérodote convaincra la critique la plus difficultueuse que, lorsque Hérodote rapporte (livre second , chap. 102 et 103, 106 à 109) ce que les prêtres de l'Egypte, qu'il a consultés, lui ont dit de Sésostris , et quand Diodore de Sicile raconte ( livre premier , 2e partie , chap. 53 à 57v les faits mémorables de

la vie de Sésostris, d'après les Égyptiens aussi, les deux écrivains grec* ont écrit l'histoire du même roi, généralement connu sous le nom de Sésostris , le Rhamsès ni des listes de Manéthon et des monuments. L'identité des deux relations dans leurs circonstances principales confirme hautement celle des deux noms désignant le même personnage. Les deux historiens ont donc retracé à grands traib l'histoire de Sésostris : la science moderne a fourni à ces deux textes grées de précieux commentaires; et ils sont écrits dans les nombreux monuments du règne de Sésostris , où ont été contemporairement retracées les actions mémorables de sa vie. Remettons sous les veux du lecteur les traits principaux de la narration des historiens , rapprochée des témoignages analogues des monuments ; et, à la faveur d'une trop rare concordance de telles autorite> historiques, évoquons du domaine d?

la fable, et inscrivons au nombre des faits les plus certains dans l'ensemble des annales humaines, la vie et les actions d'un grand roi qui , au XVIe siècle avant l'ère chrétienne, remplit l'Orient du bruit de ses victoires , menaça notre Occident encore barbare, et enrichit sa patrie de bonnes lois, d'institution* nouvelles, des tributs de vingt peuplesoumis, et d'immortels monuments dignes encore de notre admiration.

Sept générations après Mœris, Sésostris lut roi : c'est Diodore de Sicile

3ui s'exprime ainsi. Or, en remontant e quelques pages dans notre récit, on s'assurera sans peine qu'après Mœris ou Thouthmosis III , Sésostris est en effet la septième génération, les rois Aménophis II , Thouthmosis IV, Ame nophis III, llorus, Rhamsès I" et Ménephtha 1er formant exactement b six générations intermédiaires.

Le même historien voulant ne rapporter, de ce qu'on dit de Sésostris.

que ce qui lui paraîtra le plus croyabl* et le plus conforme aux indices qui ai subsistent encore dans le pays , rap pelle d'abord que , à la naissance de a prince, son père rassembla tons k> enfants mâles nés en tëgyptc le mêui<

EGYPTE

kour que son fils, et ordonna qu'ils lussent tous élevés avec les mêmes soins, afin que, habitués à vivre familièrement ensemble, ils fussent d'excellents compagnons d'armes à la guerre , soumis et dévoués à son fils.

Il débuta par une guerre contre les Arabes; tous ses compagnons l'y suivirent, et, malgré les dures privations qu'ils eurent à souffrir, et auxquelles leur mâle éducation les avait préparés, ils revinrent vainqueurs, après avoir porté la désolation parmi ces peuplades et les avoir soumises à un joug qui ne leur avait pas encore été impose. De retour de cette campagne, Sésostris se rendit en Libye par Tordre de son père, et , quoique tres-jeune, il soumit la plus grande partie de cette contrée africaine.

Les entreprises militaires du père de Sésostris sont représentées sur les diverses parties de son magnifique palais de Thèbes, le Ménephthéum; son fils n'y figure pas particulièrement, les convenances de la royauté ne pouvaient pas le permettre; mais les victoires de Ménephtha en Asie et en Afrique fournissent le temps et le lieu pour placer les hauts faits de son fils Sésostris, tels que Diodore de Sicile nous les a transmis.

Bientôt après, parvenu au trône d'Éçypte, il convoita celui de la terre habitable ; il s'occupa des soins nécessaires pour s'assurer du dévouement de ses compagnons et de la fidélité de la nation; il se montra prodigue de biens et de grâces , pourvut à quelques points importants de l'administration publique, et leva une armée qu'on portait à six cent mille hommes de pied , vingtquatre millecavaliers et vingt-septmille chars de guerre. Il soumit d'abord les Éthiopiens voisins de l'Egypte, et leur imposa un tribut annuel de bois d'ébène, d'or et cle dents d'éléphant. Il envoya ensuite sur la mer Rouge une flotte de trois cents vaisseaux, qui s'empara de toutes les îles et des pays situés sur Ja côte jusqu'à l'Inde; et, dans ce même temps , il soumit , à la

l'Inde jusqu'à l'Océan, et dans le pays des Scythes jusqu'au Tanaïs; successivement, il s'empara des Cyclades, entra en Europe, et pénétra dans la Thrace, qui fut le terme de son expédition. Partout le roi se montra humain et modéré, n'imposant aux nations soumises que des tributs annuels proportionnés à leurs ressources. Cette expédition fut terminée dans l'espace de neuf années y et, dans les diverses contrées qu'il avait soumises, Sésostris avait fait élever des colonnes et d'autres monuments commémoratifs de son passage et de ses victoires.

Que disent les monuments d'analogue à ce récit? D'abord le manuscrit Sallier déjà décrit (suprà, page 169), relate les victoires de Sésostris en Asie, en Afrique, en.Europe; il a soumis les Ioniens, les Syriens, les Éthiopiens, les Arabes, les Scythes, et Bactres, leur établissement principal, et ces victoires étaient accomplies dès la neuvième année de son règne. Le manuscrit porte en effet cette même date, qui est celle que Diodore a recueillie et nous a conservée. De plus, le monument qui subsiste encore à Beïrouth , en Syrie (suprà, page 61), est un de ces monuments commémoratifs de ses victoires, que Sésostris faisait élever dans les contrées étrangères qui se soumettaient à ses armes.

De retour dans ses États , Sésostris , selon les mêmes historiens, orna les temples de l'Égypte d'offrandes magnifiques , y consacra les prémices des dépouilles des nations soumises; l'Égypte entière rut enrichie des fruits de cette grande expédition , et toutes les

fiensées du héros se tournèrent, dès ors , vers le bien intérieur du pays.

Il entreprit des ouvrages admirables pour la pensée , prodigieux pour la dépense ; ils ont assuré à ce prince une gloire immortelle, et à l'Égypte la sécurité et le bonheur. — Il reste peu de traces reconnaissables de ces institutions; mais les ouvrages admirables ou prodigieux subsistent encore en partie; le nom de Sésostris se retrouve

tête de son armée, l'Asie entière; il dans tous les lieux de l'Égypte qui passa ensuite le Gange, s'avança dans purent de son temps quelque impor-

tu

L'UNIVERS

tance ; et ce sont là autant de témoi-

§ nages en faveur des assertions des eux historiens grecs.

II ût bâtir, continuent-ils , il fit bâtir dans chaque ville un temple à la divinité principale du lieu ; déienditd'y employer aucun Égyptien , et imposa ces travaux aux prisonniersqu'il avait ramenés. — Le nombre des anciennes villes de l'Égypte où subsistent encore des édifices plus ou moins ruinés , évidemment élevés, fondés ou agrandis par Sésostris , est considérable ; les voyageurs en ont reconnu dans les trois contrées principales de l'Égypte, ainsi que dans la Nubie : les deux anciennes capitales , Memphis et Thèbes , furent redevables à ce roi des principaux édifices, témoignages de leur antique splendeur: outre les travaux immenses exécutés au temple de Phtha , à Memphis , par Rhamsès le Grand , un autre temple en calcaire blanc, orné de colonnes à pilastres accouplées et en granit rose , y fut construit par son ordre , et dédié à Phtha et à Athôr , les deux

f grandes divinités de ce lieu. A Thèbes , e Rhamesséum seul aurait suffi à la gloire d'un grand roi : mais la pieuse munificence de Sésostris se retrouve encore écrite dans les constructions de Karnac , le temple , les colosses et les obélisques de Louqsor, les tableaux historiques de Kourna , et sur divers autres points des restes de cette ville immortelle. Partout ailleurs, toutes les ruines nomment encore Sésostris ; à Tanis , Aouara, et Bubaste , à Dendéra comme à Éléphantine, dans les carrières de Silsilis comme sur les rochers voisins de Syène. La Nubie n'est pas moins favorable à la renommée de Sésostris ; son nom est partout comme un jalon propice au voyageur dans ce désert si fertile pour l'histoire ; et il le retrouve à Beit-Oually, Ghirsché, Ouadi-Esséboua, Derri, Ibrim et Ibsamboul. Ce dernier lieu témoigne plus qu'aucun autre de la munificence de Sésostris : le grand temple est une merveille qui conserverait tout son prix au milieu même de cet les de Thèbes; quatre colosses assis, monolithes de 60 pieds de hauteur, décorent son

entrée ; et l'intérieur , creusé dans la montagne , est digne par son étendue et la profusion des ouvrages d'art, de ce frontispice merveilleux. Le petit temple, dont la face est décorée de six autres colosses, fut dédié à la déesse Athôr par la reine femme de Sésostris.

Ce prince fit élever par les mêmes moyens des chaussées exhaussées audessus des inondations du Nil , et ii y fit transporter les villes dont k sol était atteint par ces eaux. — Les observations modernes s'accordent aussi en ce point avec les rapport s de l'histoire. L'état variable du so de l'Égypte et son exhaussement annuel se révélèrent bientôt à l'administration publique, et elle sut pourvoir à cette nécessité en faisant élever des chaussées , des monticules factices , pour asseoir les villes et y construire les palais et les temples L'examen des lieux dans leur état actuel ne permet aucun doute sur ces deux points , m sur la prévoyance de Sésostris : le palais de Thèbes qui porte son nom , le Rhamesséum , est coqstruit sur une butte factice très-sensiblement élevée encore aujourd'hui aodessus du niveau de la plaine de Thèbes. après l'exhaussement que le sol a reçu depuis que Sésostris y employa aux travaux publics les prisonniers qu'il avait ramenés de l'Arabie, de Babylone ou des plages africaines.

L'historien ajoute : Sésostris sillonna la basse Égypte de canaux , facilitant ainsi le transport des denrées, rendant les relations des habitants plus promptes et plus commodes , portant l'eau potable dans tous les lieux, et rendant aussi le pays, ainsi coupe, inaccessible aux ennemis; il ferma l'Égypte orientale par une grande muraille qui traversait le désert depuis Péluse jusqu'à Héliopolis. — Les canaux de la basse Égypte sont en effet les véritables sources de sa fertilité l'existence de l'Égypte dépend de leur entretien régulier, de leur attentive surveillance : cette vérité était donc reconnue du temps même de Sésostris : l'Égypte a péri dès qu'une administration imprévoyante a négligé cette

ÊGYPTE.

source première de sa prospérité.

Sésostris , continue l'historien , dédia au grand dieu de Thèbes , Amon* Ra , une bari sacrée , en bois de cèdre , revêtue de lames d'or à l'extérieur , de lames d'argent à l'intérieur, et d'une longueur considérable. Sésostris éleva aussi des obélisques très-remarquables (>ar leurs dimensions. Il fit faire de grands travaux au temple de Vulcain , à Memphis , et il l'orna de plusieurs statues monolithes ; la sienne et celle de la reine avaient trente coudées de hauteur. — Les monuments subsistants confirment encore cette partie de la relation grecque; plusieurs obélisques de Sésostris sont encore debout; celui que la France oublie à Louqsor, et celui qui, enlevé des mêmes ruines à Thèbes, s'élève aujourd'hui sur la place de la Concorde, à Paris; les obélisques Flarainien, de Saint-Jean de Latran, de la Rotonda et de la villa Mattei , à Home; un petit obélisque de Florence , sont aussi des ouvrages du même Pharaon, et servent à confirmer la véracité des deux historiens grecs.

A Memphis , tout se retrouve conforme aux renseignements donnés à Hérodote par les prêtres de l'Égypte.

On voit aans les carrières de Silsilis des preuves des grands travaux exécutés par Tordre de Sésostris pour en extraire les matériaux employés à plusieurs des grands édifices construits sous son règne. Le grand temple de Phtba ( Vulcain J , à Memphis , est de tous le plus célèbre : les rois étaient sacrés dans ce riche et magnifique édifice. La plupart des statues dont l'historien grec dit que cet édifice religieux fut orné par Sésostris , subsistent encore; ces statues , dit Hérodote , sont des monuments de sa reconnaissance et de sa piété. Et quant à la statue même de ce grand roi , voici ce que Champollion le jeune en a vu , et il s'.en explique comme l'a fait Hérodote lui-même , qui a vu aussi cette statue monolithe de Sésostris : « Ce colosse d une magnifique sculpture, et dont J ai fait dessiner avec soin la tête et les détails , était renversé la face contre

terre, circonstance qui a garanti sa parfaite conservation; il représente Rhamsès le Grand, coiffé du claft strié , surmonté du pschent. Son cou est orné d'un collier à sept rangées qui se terminent par un rang de perles. Deux cordons soutiennent un riche pectoral dont la corniche est surmontée d'un rang d'uréus , la tête ornée du disque. Le centre du pectoral est occupé par une composition anaglyphique montrant le prénom de Rhamsès spécialement protégé par le dieu Phtha et la déesse rasent, leontocéphale. La ceinture est serrée par une agrafe qui porte aussi les nom et prénom du prince ; et un grand et beau poignard , ou glaive court , dont la poignée est décorée de deux têtes d'épervier adossées, est passé dans la ceinture et dans une position très-inclinée : la lame paraît renfermée dans un fourreau orne de baguettes , et qui se termine par un bouton en fer de lance. Ses poignets sont ornés de bracelets fort simples , et le roi tient un papyrus roulé dans sa main gauche. »

Nous ne craignons pas d'importuner le lecteur ni d'offenser le bon goût en inscrivant ici la proportion détaillée de cette antique statue , dont la matière est un ealcaire blanc cristallisé :

Hauteur totale, dans son état actuel , 34 pieds 6 pouces ; du bord de la coiffure a la naissance de la barbe, 4 pieds 5 pouces ; longueur du cou , 1 pied S pouces; des clavicules au nombril , 7 pieds J pouce ; longueur du nez ,

1 pied 9 pouces; du bas du nez au bord de la lèvre, 5 pouces 4 lignes ; du bord de la lèvre inférieure au-dessous du menton, 8 pouces; longueur de la barbe , 1 pied 6 pouces ; bouebe ouverte , t pied 6 pouces 6 lignes ; longueur de l'oeil, 10 pouces 6 lignes; largeur, 4 pouces; longueur du bras, de T'épaule au poignet, 12 pieds 8 pouces; longueur de la main jusqu à la première phalange, 1 pied 6 pouces; première phalange, 1 pied 3 pouces 6 lignes ; longueur du pouce , 2 pieds 4 pouces 6 lignes; ongle du pouce, 4 pouces 6 lignes ; largeur de la main ,

2 pieds 7 pouces; largeur d'une épaule,

4 pieds 2 pouces; oreille, 1 pied 8 pouces ; largeur de l'oreille , 1 1 pouces.

Le Pharaon étail coiffé du clait strié , et au-dessus s'élevait le pschent qui esta moitié détruit; il manque aussi une petite portion des jambes , les pieds et la plinthe de la statue. Diodore de Sicile savait que la statue monolithe de Sésostris, élevée devant le temple de Memphis , avait de hauteur trente coudées , environ 45 de nos pieds, et le colosse de Memphis, mesuré par Champollion le jeune, a encore 34 pieds 1/2, malgré les mutilations de la coiffure, d'ordinaire très -élevée, et celles de la base de ce monolithe. L'appui de la statue du roi était orné de la figure de sa femme et de celle de son fils. Plusieurs autres colosses , en granit rose, mais de plus petites dimensions, existent encore sur le même emplacement. Le musée du Louvre possède, de ce môme roi, une belle statue en albâtre oriental , et de grandes proportions , quoique assise ; parmi celles qui ornent le musée de Turin , il y en a une qui mérite aussi une grande attention comme production de l'art et comme monument historique : Champollion le jeune en a donné la description suivante :

«Ce chef-d'œuvre de la sculpture égyptienne , provenant de la collection Drovetti , arriva à Turin brisé en plusieurs pièces (il a été rétabli depuis dans son intégrité primitive) ; il est en granit noir, et de 6 à 7 pieds de hauteur. Le roi est représenté en habit militaire et assis sur son trône : c'est le costume des rois guerriers assis sur leur char au milieu des champs de bataille. La tête de la statue de Rhamsès le Grand porte le casque royal , armure qui , d'après la couleur verte qu'on lui applique dans les bas -reliefs peints , devait être en bronze orné de métaux plus précieux : des sortes de clous ou de petits disques en relief , semblables au caractère figuratif qui, t dans les textes hiéroglyphiques, exprime l'idée soleil, couvrent toute la surface du casque, à l'exception d'une espèce de rebord ou plutôt de visière qui fait saillie sur tout le contour du

front; au-dessus de cette visière, s'élève l'insigne royal , Vurœus, dont lê corps forme d'abord plusieurs enroulements, et s'étend ensuite en ligne droite vers la partie la plus élevée du casque.

« La face de cette statue , travail!»

comme toutes les autres parties aîec un soin extrême , est d'une perfection que je ne m'attendais point à rencontrer dans un ouvrage égyptien d'aussi ancien style. L'expression en est à la fois douce et fïère , et un examen trèsrapide suffit pour convaincre que c'est là un véritable portrait. Les yeux, d'une grandeur moyenne , sont moins saillants que ceux die la plupart des au très statues; les sourcils sont fortement marqués; l'angle externe des yeux n'est point exagéré comme à l'ordinaire; le nez est long et aquilin,et la bouche petite, quoique les lèvres soient toujours un peu fortes. De joues pleines et un menton arrondi donnent à l'ovale de la face une élégance et une grâce dignes de remarque Les oreilles, d'une excellente forme, mais dont l'extrémité supérieure dépasse toujours la ligne de l'œil, caractère essentiel de toute figure de véritable style égyptien , sont percées comme pour y "suspendre quelque ornement précieux. Rhamsès le Grand est sans fcarbe, ainsi que l'est son aïeul sur l'un des bas-relief de Médinet-Habou.

«Un riche collier, à six divisions terminées par une rangée de pertes pendantes , couvre la poitrine du Plu raon : l'artiste l'a représenté habill* d'une ample et longue tunique à larges manches, rayée et plissée, et dont toutes les ouvertures ainsi que le bas sont brodes et ornés de franges, et c'est là sans doute cette célèbre espèce de tunique égyptienne connue sous ït nom de calasiris. La manche droite, relevée au-dessus du coude, donne passage au bras qui , replié contre la poitrine, soutient le sceptre en forme de crochet , aussi souvent placé dans la main des rois que dans celle de certaines divinités ; le bras gauche éteoau le long du flanc et reposant sur B cuisse , est recouvert presqu'en entier

nar la manche de la tunique , dont les franges descendent jusque vers le poignet ; la main fermée tient un corps cylindrique, tout à fait semblable à un rouleau de papyrus déprimé par l'effort des doigts qui le serrent. Des chaussures imitant, jusque dans les plus petits détails, cés sandales en feuilles de palmier , si finement trèssées , qu'on trouve encore dans les hypogées , sont fixées aux pieds de la statue , qui sont d'ailleurs d'une très-belle forme et d'une juste proportion. L'exécution des mains ne laisse rien à désirer sous ces mêmes rapports. Je ferai remarquer aussi que l'artiste, comme pour exprimer que les pieds du Pharaon reposent sur une natte , a tracé au-dessous et au simple trait , sur la surface du marchepied du trône, de longues feuilles de plantes analogues à celles de certains roseaux. Enfin , à droite et â gauche des jambes de la statue, sont deux figures de plein -reliefiappuyées contre le devant du trône et taillées dans sa masse : l'une représente une reine parée des insignes à'Mhyr, et l'autre un jeune homme costumé comme le dieu Horus et portant l'emblème de la Victoire; deux colonnes d'hiéroglyphes , gravées près ie cette dernière statuette , nous apprennent que le colosse a été dédié wr le fils du roi qu'il aime, La légende qui accompagne la statuette de emme, consiste seulement en ces nots : Sa royale et puissante épouse mi l'aime ; elle se rapporte sans doute i la reine, femme de Rhamsès et nère d^monhé... : ces deux figures , fun pied de hauteur, et chaussées de letites sandales comme le colosse, ont d'un travail très -tin et très-soi- ;né.

« Le nom propre Rhamsès, gravé sur 1 ceinture de la grande statue , le préom particulier de Rhamsès le Grand, t son nom propre , sculptés , l'un sur avant-bras droit, l'autre sur l'avantras gauche, prouveraient assez que ette belle statue représente le plus imeux des conquérants égyptiens, uand même une longue inscription, artant de l'agrafe de la ceinture et

22* livraison. (Égypte. )

PTE. 337

descendant jusqu'au bas de la tunique, ne nous dirait point que c'est là eii effet l'image du dieu vivant et bienfaisant, le représentant d'Ammon, de Mars, du soleil dans la haute région , le roi soleil, gabdien de la vérité, approuvé par Phrr , le directeur et le gardien de PÉgypte, l'enfant des dieux , le fils du soleil , le chéri d'Ammon, Rhamsès, vivificateur éternel.»

Du reste, des statues de Sésostris existent dans toutes les collections européennes, et le nombre, qui nous est parvenu , des monuments en tous genres de son règne ou de ses actions, est dans une proportion telle que devaient la produire la supériorité du génie de ce héros à la fois guerrier et législateur, et la durée de son règne. Notre narration en a rappelé fréquemment les circonstances principales, et nous y avons déjà parlé des tableaux sculptés qui représentent l'institution royale de Sésostris (page 56), sa présence aux panégyries (page 58), les honneurs qu'il a rendus à ses ancêtres (idem), la marche de son armée sous ses ordres, ses victoires, ses triomphes, et les actions de grâces qu'il en rend aux dieux (pages 58 , 68, 151, 160, 161), ses entreprises maritimes (page 205), les relations commerciales qu'il établit avec l'Inde (page 162), les grands édifices qu'il éleva à Tbèbes , le Rhamesséum (pages 68, 154, 243, 249), le palais de Louqsor (57, 79), les embellissements de Karnac, les constructions d'Ibrim (page 164), les merveilles d'Ibsamboul (page 151 ), et nous avons résumé (page 83) l'opinion de l'antiquité, et celle des temps modernes sur la vie et les travaux de ce prince illustre.

Il eut deux femmes, vingt-trois enfants mâles et sept filles au moins : ces renseignements sont fournis par des monuments authentiques. La première épouse de Sésostris, celle qui se voit souvent aux côtés du roi dans les monuments des premiers temps de son règne, se nommait Tmaoumen-Nofré- Ari, la servante de Mouth, Nofré- Ari. Ce nom se lit dans diverses localités, au Rhamesséum, à IbsambouK

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et notamment sur le temple élevé par cette reine dans ce même lieu de la Nubie, et consacré par elle à la déesse Athôr. Sur les monuments des temps postérieurs, le nom de la reine est Isénofré {Isis bienfaisante). On voit à Silsilis, auprès d'un prince qui est en compagnie de Sésostris et de sa seconde femme, cette inscription : Le royal JiU du soleil gardien de la

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