‹ Egypte ancienneChapitre 22 sur 40 · jS · texte numérisé non relu

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vi7ie tire l'enfant du sein de la mère; la nourrice divine tend les mains pour le recevoir, assistée d'une berceuse.

Le père de tous les dieux, Ammon, (Amon-Ha) , assiste au travail , accompagné de la déesse Soven , l'Ililthya , la Lucine égyptienne , protectrice des accouchements. Enfin , la reine Ciéopàtre est censée assister à ces couches divines, dont les siennes ne seront ou plutôt n'ont été qu'une imitation. L'autre paroi de la chambre de l'accouchée représente l'allaitement et l'éducation du jeune dieu nouveau-né; et sur les parois latérales sont figurées les 12 heures du jour et les 12 heures de la nuit, sous la forme de femmes ayant un disque étoile sur la tête. Le tableau Astronomique du plafond pourrait bien n'être que le thème natal de cet Harphré , ou mieux encore celui de Cœsarion , nouvel Harphré.

En sortant de la petite chambre pour entrer dans la grande, on voit un vaste bas-relief sculpté , sur la paroi , à gauche de cette principale pièce ; il représente la déesse Ritho , relevant de couche , soutenue encore par la Lucine égyptienne Soven, et présentée à l'assemblée des dieux ; le père divin , Amon-Ra, lui donne affectueusement la main comme pour la féliciter de son heureuse délivrance, et les autres dieux partagent la joie de leur chef.

Le reste de cette salle est décoré de tableaux dans lesquels le jeune Harphré est successivement présenté à Ammon, à Mandou son père, aux dieux Phré, Phtah, Sev (Saturne) , etc. , qui l'accueillent en lui remettant leurs insignes caract^istiques , comme se démettant , en faveur de l'enfant , de tout leur pouvoir et de leurs attributions particulières : et Ptolémée-Csesarion , a face enfantine , assiste à toutes ces présentations de son image, le dieu Harphré, dont il est le représentant sur la terre. Tout cela est de la flatterie sacerdotale , mais tout à fait dans le génie de l'ancienne Egypte , qui assimilait ses rois à sesdieiix. Du reste, toutes les dédicaces et inscriptions intérieures et extérieures du temple d'Hermonthis . sont faites au nom de ce

Ptolémée-Cacsarion et de sa mère Cléopûtre. Il n'y a donc point de doute sur le motif de sa construction. Il est vrai que.les colonnes de l'espèce de pronaos qui le précède n'ont point toutes été sculptées ; le travail est demeuré imparfait , et cela tient peut-être au motif même de la dédicace du temple : Auguste et ses successeurs , qui ont terminé tant de temples commencés par les Lagides , ne pouvaient être trèsempressés d'achever celui-ci, monument de la naissance du fils même de Jules-César , roi enfant dont ils ne respectèrent guère les droits.

A Ombos, le grand temple était consacré à deux triades; le petit temple était aussi un double mammisi, où sont représentées la naissance de Rons- Hôr, fils de Serak-Ra et d'Hathôr ; et celle de Pnevtho, fils de Aroëri et de la déesse Tsonénoufré. Ontrouveaussi, dans l'existence de ces monuments, la.

preuve presque superflue du maintien de l'ancien culte égyptien sous les dominations étraugères en Egypte. Si l'on cherchait un très-ancien exemple d'un mammisi, on le trouverait au palais de Louqsor, où , dans deux des salles de ce vaste édifice élevé par le roi Aménophis-Memnon, de la X VHP dynastie, on remarque une série de bas - reliefs relatifs à la personne même du fondateur, et à sa naissance. On y a successivement représenté : le dieu Thôth annonçant à la reine Tmauhemva y femme du pharaon Thouthmosis IV , qu'Ammon générateur lui a accordé un fils. — La même reine , dont l'état de grossesse est visiblement exprimé , conduite par Chnouphis et Hathor (Vénus) vers la chambre d'enfantement (le mammisi); cette même princesse , placée sur un lit , mettant au monde le roi Aménophis; des femmes soutiennent la gisante, et des génies divins , rangés sous le lit , élèvent l'emblème de la vie vers le nouveau-né. — La reine nourrissant le jeune prince.

— Le dieu Nil peint en bleu ( le temps des basses eaux), et le dieu Nil peint en rouge (le temps de l'inondation), présentant le petit Aménophis, ainsi que le petit dieu Harka et autres en-

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fants divins, aux grandes divinités de Tlièbes. — Le royal enfant dans les bras d'Amon-Ra, qui le caresse. — Le jeune roi institué par Amon-Ra; les déesses protectrices de la haute et de la basse Egypte lui offrant les couronnes, emblèmes de la domination sur les deux pays , et Thôth lui choisissant son grand nom , c'est-à-dire son prénom royal , Soleil Seigneur de Justice et de vérité, qui , sur les monuments , le distingue de tous Jes autres Aménophis.

Ce qui vient d'être exposé suffira , nous l'espérons , pour donner au lecteur une idée générale de la hiérarchie divine dans la constitution religieuse de l'Egypte, Nous avons dit brièvement sa pensée sur le gband Être qu'elle nommait Ammon ou Amon-Ra , et la personnification des attributions de cet être primordial, en autant d'autres dieux qui n'étaient que ses agents. Il serait difficile d'énumérer ici les fonctions des principales divinités égyptiennes, et d'exposer les effets de leur concours à l'organisation générale et à Tordre régulier de l'univers ; nous avons donné dans un précédent paragraphe (page 134), quelques notions sur les deux Thôth ou les deux Hermès, promoteurs et protecteurs de toutes les voies particulières à l'intelligence et à l'industrie humaines; nous ajoutons ici quelques courtes notions sur des divinités principales dont les attributions bien connues nous montrent avec évidence l'origine égyptienne de quelques opinions mythologiques de la Grèce.

Selon les Égyptiens , la déesse Bouto fut la compagne du grand Être et la nourrice des dieux. Elle fut connue et /étudiée par lesj)lus anciens philosophes instituteurs de la Grèce.

Cette déesse , l'emblème de l'antique Nuit ou des ténèbres primitives , source féconde d'où sortirent une foule d'êfres vivants, fut considérée par les Égyptiens , ainsi que dans la cosmogonie des Grecs et de la plupart des peuples orientaux , comme cette obscurité première qui , enveloppant le monde avant que la main toute-puissante du

Démiurge eût créé la lumière et ordonné l'univers , renfermait dans son sein les germes de tous les êtres à venir. Aussi, les vers des Orphiques, vénérables débris de la plus ancienne théologie des Grecs, et qui contiennent des doctrines conformes, sur presque tous les points, à celles des Égyptiens, donnent -ils à la déesse Nyx (la Nuit primitive) , les titres de première née, commencement de tout, habitation des dieux, et celui de génératrice des dieux; titres qui répondent exactement aux qualifications grande déesse mère des dieux, et génératrice des dieux grands, données à Bouto dans les légendes hiéroglyphiques.

On donnait avec raison le surnom de MÈRE DES DIEUX à ladéesseiJowto, puisque, unie au dieu Phtha, elle avait enfanté Phré ou le Soleil, desquels naquirent ensuite tous les autres dieux. Ilélios ou le dieu Soleil des Grecs, passait aussi pour fils de la déesse Nyx{\di Nuit).

Bouto était aussi , selon la croyance des Égyptiens , la nourrice de certains dieux. On disait qn'Isis avait confié à cette divinité ses deux enfants Horus et Bubastis; et ce précieux dépôt fut caché dans l'île de Chemmis située dans le lac voisin de la villa de Bouto, île que la déesse rendit flottante pour dérober les deux jumeaux aux poursuites et aux recherches de Typhon.

L'une des déesses du premier ordre en Egypte, se nommait Nèitli; elle était aussi le type d'une des principales divinités grecques^On sait , en effet , que le grand dieu qui , en Egypte , porta les noms d'Aman, Amon-Ré, Cnèph ou Chnouphis, fut , comme on a pu le voir, le principe générateur mâle de l'univers; et les Égyptiens symbolisèrent, dans le personnage.de Nèith, le principe générateur /emeiîte de la nature entière.

Ces deux principes , étroitement unis, ne formaient qu'un seul tout dans l'être premier qui organisa lu monde. De là vient que les Egyptiens considéraient Nèith comme un être à

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la fois mâle et femelle, et que le nom propre de cette divinité exprimait en langue égyptienne, comme nous l'apprend Plutarque , l'idée : Je suis venue de moi-même.

La déesse Nèith occupait la partie supérieure du ciel. Inséparable du Démiurge , elle participa à la création de l'univers, et présidait à la génération des espèces : c'est la force qui meut tout.

Le culte de cette divinité , général dans toute l'Egypte, comme les monuments le prouvent , était spécialement en honneur dans la ville principale de la basse Egypte, à Sais, où résidait un collège de prêtres. Le temple de la déesse portait l'inscription fameuse :

Je suis tout ce qui a été, tout ce qui est, et tout ce qui sera. Nul 7i'a soulevé le voile qui me couvre. Le fruit que j'ai enfanté est le Soleil. Il serait difficile de donner une idée plus grande et plus religieuse de la divinité créatrice.

Nèith était le type de la force morale et de la force physique. Elle présidait à la sagesse , à la philosopliie , et à l'art de la guerre ; c'est pour cela que les Grecs crurent reconnaître , dans la Nèith de Sais , leur Athénè , la Minerve des Latins, divinité également protectrice à la fois et des sages et des guerriers.

Selon les débris de la doctrine égyptienne , épars dans les écrits des derniers Platoniciens et dans les livres Hermétiques, la déesse Nèith, ou la Minerve égyptienne, ne formait q-a'un seul tout avec le Démiurge Amoun , à l'époque même qui précéda la création des âme» et celle du monde physique. C'est en la considérant dans cet état d'absorption en l'Etre premier, que les Égyptiens qualifièrent Nèith de divinité à la fois mâle et femelle. Le monde étant composé de parties mâles et de parties femelles , il fallait bien que leurs principes existassent dans le dieu qui en fut l'auteur. Aussi , lorsque le moment de créer les âmes et le monde arriva, Dieu , suivant les Egyptiens, sourit, ordonna que la nature fût, et, à V instant , il pro-

céda de sa voix un être femelle parfaitement beau {c'était la nature, lu principe femelle, Nèith), et le Père de toutes choses la rendit fécondi'.

On retrouve dans cette naissance de #

Nèith, émanation d'Ammon, la naissance même de l' Athénè des Grecs , sortie du cerveau de Zeus.

Sous le nom de Phtha, les Égyptiens connurent aussi un personnage d'un ordre supérieur, un ouvrier divin, où les Grecs puisèrent aussi l'idée d'un de leurs anciens dieux.

Phtha occupait la troisième place dans la nombreuse série des divinités de l'Egypte ; les Grecs, en l'assimilant à leur Héphaistos, le Vuicain des Romains , ont singulièrement rabaissé et son rang et son importance; ils ont réduit les hautes fonctions de ce grand être cosmogonique à celles d'un simple ouvrier.

Telle ne fut point l'opinion des Égyptiens sur leur Phtha; selon leurs mythes sacrés, la puissance démiurgique , l'esprit de l'univers, Cnèph ou Chnouphis , avait produit un œuf de sa bouche , et il en était sorti un dieu qui portait le nom de Phtha. Cet œuf était la matière dont se compose le monde visible; il contenait V agent, Vouvrier qui devait en coordonner et en régulariser les diverses parties ; et Phtha est l'esprit créateur actif, l'intelligence divine qui , dès l'origine des choses, entra en action pour accomplir l'univers, en toute vérité et avec un art suprême.

Les Égyptiens, qui voulaient rattacher l'histoire de la terre à celle des cieux , disaient que Phtha avait été le premier de leurs dynastes , mais que la durée de son règne ne saurait être lixée. Les pharaons lui avaient consacré leur ville royale, Memphis, la seconde capitale de l'empire; ainsi, les quatre principales villes de l'Egypte , Thèbes, Memphis, Sais et Héliopolis, étaient chacune sous la protection spéciale de l'une des quatre grandes divinités, JmonrChnoïqohis, Phtha, Nèith et Phré. Le magnifique temple de Phtha à Memphis, où se faisait l'inauguration des rois , a été décrit , en par-

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tie, par Hérodote et par Sîrabon; les plus illustres d'entre les pharaons le décorèrent de portiques et de co-

L'étre auguel on attribuait l'organisation du monde , devait nécessairement le connaître à fond , ainsi que les lois et les conditions de son»bien-être et de son existence ; aussi les prêtres égyptiens regardaient-ils Phtha comme l'inventeur de la philosophie ; bien différents, en cela, des Grecs, qui ne citaient de leur Héphaistos que des œuvres matérielles et purement mécaniques.

Quant au cxdte proprement dit, aux cérémonies religieuses qui se pratiquaient à J'iutérieur et à l'extérieur ries tenipies, on peut croire, d'après l'étendue et la magnificence des édifices religieux , le grand nombre et la richesse de proportion et de matière des représentations figurées du grand dieu et des autres êtres divins, que cette magnificence et cette richesse ont été rarement égalées. Du reste, ce culte était essentiellement favorable au progrès des arts , sinon pour la perfection des formes trop assujetties à des types consacrés, au moins pour toute la partie technique et matérielle, dont la puissance se révèle incontestablement par la parfaite exécution des plus bizarres compositions reproduites à l'infini dans les matières les plus dures , les plus rares comme les plus communes.

Cette multiplicité de représentations des êtres divins provenait, en Egypte, d'abord de la multiplicité de ces êtres mêmes, et surtout de ce que le même personnage se reproduisait par un triple type. INous devons, sur ce sujet, entrer dans quelques détails qui pourront d'abord suffire à l'exposition de notre sujet, et déplus à l'explication de la plupart de nos planches; enfin, à reconnaître, dans nos collections archéologiques, la représentation de ces mêmes êtres divins.

La même divinité, chez les Égyptiens , était donc représentée sous trois formes différentes : 1» la forme hu-

maine pure, avec les attributs spéciaux au dieu; 2° le corps humam , avec la tête de l'animal spécialement consacré à ce dieu ; 3° cet animal même avec les attributs spéciaux au dieu qu'il représentait, et parce que les qualités qui constituaient le caractère de cet animal avaient, seion les Égyptiens, quelque rapport avec les fonctions de ce dieu.

Ces notions s'appliquent, sans exception , à toutes les figures qui se trouvent exprimées sur les bas-reliefs et les peintures, et qui sont réunies dans les musées publics.

Les signes caractéristiques de chaque divinité se voient sur leur tête, et forment sa coiffure. Le visage et le nez sont parfois teints d'une couleur consacrée pour chaque divinité ; car rien n'était laissé à l'arbitraire de l'artiste. Ces représentations étant ainsi réglées, par la loi ou par l'usage, dans tous leurs détails , cette uniformité constante est d'un très-grand secours pour l'étude de la religion égyptienne dans ses formes figurées.

Les mêmes attributs indiquent toujours la même divinité, et l'alliance des attributs, celle des personnages divins , selon les idées et les croyances égyptiennes.

Le nombre considérable des personnages du Panthéon égyptien , quoique émanant tous d'un premier être, a multiplié aussi le nombre et la variété des attributs, et compliqué ainsi l'étude de ces personnages ; mais comme les divinités principales , celles du premier ordre étaient aussi les plus honorées, et devaient êtr* plus ordinairement figurées, il en résulte que leur représentation fut aussi la plus nombreuse ; elle est aussi la plus fréquente. Il nous suffira donc d'indiquer ici les caractères et les attributs de la plupart de ces divinités principales.

Comme caractères généraux communs à toutes les divinités , nous indiquons, 1" la croix ansée ( ou T surmonté d'un anneau), symbole de la \ vie divine , que chaque dieu tient d'une main ; 2» ic sceptre de l'autre ; et ce

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sceptre, ou bâton long, pst torininé en naut par une tête de coiicoiipha pour les divinités mâles (symbole de In bienfaisance) , et par un poauueau évasé pour les divinités femelles. De plus, la figure humaine d'un dieu a un appendice au menton , en forme de barbe tressée, et les déesses n'en ont jamais. Enfin , dans certaines actions , les divinités occupées à une fonction particulière, ont quitté ces deux premiers attributs, la croix ansée et le sceptre; mais on les reconnaît à leur coiffure spéciale. Voici donc Fénumeration des principales coiffures :

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