II. — FILLES
Comme je l’ai déjà dit, c’est vers l’âge de douze à treize ans que les jeunes filles sont opérées au Caire; dans quelques provinces c’est vers l’âge de sept ou huit ans. La circoncision est presque toujours faite par des
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accoucheurs ; souvent par ces Rhazars dont j’ai déjà parlé et quelquefois par des barbiers.
Voici comment on la pratique :
L’enfant étant placée et disposée comme il a été indiqué pour les garçons, l’opérateur plonge sa main dans la cendre afin que les parties ne puissent lui échapper, puis il saisit le clitoris, l’allonge fortement par des tractions répétées faites d’arrière en avant et d’un coup de rasoir il enlève l’organe. Le barbier de M. Coulomb qui me donne ces détails m’assure que, pour lui, il n’enlève jamais les petites lèvres. J’ai trouvé les petites lèvres absentes chez toutes les femmes que j’ai examinées ; elles suivent probablement le clitoris et elles sont enlevées en même temps. Un autre barbier m’a avoué qu’il saisissait, en masse, clitoris et petites lèvres et qu’il enlevait le tout avec un rasoir. Ceci m’explique pourquoi j’ai toujours trouvé le clitoris mal coupé; il se laisse en effet moins bien tirer que les petites lèvres qui sont élastiques.
En arabe :
Clitoris s’appelle, Lambour ou Charatra.
Petites lèvres, Chaftoura.
L’excision faite, on jette un peu de cendre sur la plaie saignante et l’écoulement du sang s’arrête. Au lieu de cendre on se sert quelquefois de coton imbibé d’huile.
En général, les petites filles restent dix jours sans marcher du tout ; pendant une autre période de dix jours, elles se promènent les jambes écartées. L’opérateur ne se sert que du rasoir; il n’a pas de pince
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comme pour les garçons. Du reste, les barbiers font toutes leurs opérations avec le rasoir.
Je ferai connaître plus tard, dans les chapitres qui vont suivre, les tristes résultats de cette malheureuse opération. Les passions se développent comme à l’ordinaire, mais l’ablation du clitoris empêche les femmes arabes de trouver aucun plaisir dans l’acte procréateur. De plus, au moment de l’accouchement, elles ne peuvent être délivrées qu’ après de nombreuses incisions à la vulve.
DE L’INI'IBULATION DES FEMMES ET D’UNE VARIÉTÉ CRUELLE UE CIRCONCISION PRATIQUÉE EN ARABIE
J’interroge Solyman sur rinfibulation des femmes. Cette opération se pratique depuis Gebel-Silsileh en suivant le Nil, jusque dans le Soudan. M. binant m’avait affirmé qu’elle avait lieu en jNubie ; le cuisinier de M. Billaudean l’avait vue à Den; mon cocher de Doryolah m’avait dit qu’elle était en vigueur dans son pays ; ainsi, à n’en pas douter, rinfibnlation se pratique. 11 y a pins, c’est que les détails de l’opération sont toujours les mêmes, et les renseignements de ces différentes personnes se confirment pleinement. Je crois donc qu’ils méritent la plus grande confiance.
Voici du reste ce que raconte Solyman :
L’opération se pratique vers l’àge de sept ans. Le Deïs se sert de ses deux mains pour me faire bien coin-
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prendre. 11 simule les grandes lèvres avec l’index et le pouce de la main gauche et se servant de l’index de la main droite comme d’un couteau, il me dit que l’on excise un peu des grandes lèvres et la totalité du clitoris. Pas de suture, mais l’opération achevée, on lie la malade à la partie supérieure des cuisses, au-dessus des genoux et aux pieds. Pendant trois jours, on la laisse à terre sans la changer de place ; le quatrième jour, on enlève les liens des cuisses; le cinquième, ceux des genoux; le sixième, ceux des pieds. D’ordinaire cependant, on laisse ces derniers pendant sept jours encore. Après ce temps, les femmes opérées peuvent marcher mais difficilement, car les liens des pieds les empêchent d’écarter les membres inférieurs. Elles font qnelques pas et c’est tout. Le traitement demande treize jours et ceux-ci expirés , on les laisse marcher fort peu. Jusqu’à leur mariage, elles ne peuvent monter ni à chameau, ni à âne, ni à cheval, afin que leurs organes génitaux ne puissent s’élargir. C’est le mari qui doit dilater sa femme.
L’opération est faite par de vieilles femmes.
Je demande à Solyman pourquoi on infibule les femmes, il croit que la religion le prescrit.
M. de Saint-Seine m’avait dit qu’il se pratiquait en Arabie une variété de circoncision fort cruelle. Le hasard me fait rencontrer M. Ivanowitz qui a servi comme pharmacien dans l’armée de l’Yémen.
A Confodah, il a assisté à plusieurs circoncisions. Conibdah, qu’on appelle aussi Gondofah, est située, dit M. Ivanowitz, entre Djedah et Odeida.
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On opère les jeunes gens vers l’âge de seize ou dixsept ans.
On leur enlève la peau du pubis qui est couverte par les poils et la peau du prépuce, puis on panse la plaie Il se fait à cette occasion des fêtes qui durent huit jours.
L’opération a lieu devant la fiancée; si le jeune homme refusait de se laisser faire, les jeunes filles ne voudraient pas de lui. A Confodah, tous les hommes sont circoncis de cette manière.