CONDITIONS REQUISES CHEZ LA MARIÉE
En Égypte, les gens du peuple et les gens de la classe aisée ont plusieurs femmes; les gens haut placés n’en ont qu’une. Les individus de la classe élevée qui épousent des femmes de leur condition les regardent comme de vraies femmes. Les femmes esclaves ne sont amais considérées par les grands comme des épouses.
Il paraît que les Levantins cherchent à épouser des Européennes, et les Levantines préfèrent les Européens.
Les Cophtes veulent des femmes vierges, non pas qu’ils tiennent précisément à la virginité, mais ils veillent épouser des enfants.
Les Levantins n’épousent jamais de veuves, fussentelles jolies.
Chez les Arabes, quand il s’agit de mariage, on s’occupe fort peu des qualités morales de la future épouse. La beauté importe peu aussi, on se préoccupe surtout de la tiu'lle et de l’âge. Les femmes petites sont recher-
DU MARIAGE
cliécs; plus elles sont petites, plus on les estime. Dans les maisons publiques, on vous offre une Sovayer, pour vous être agréable. On appelle ainsi les femmes les plus petites.
Avant le mariage, le fiancé ne connaît pas sa femme ; dans les villages cependant il peut l’avoir vue. Voici corn ment cela se passe :
Une mère a un fils qu’elle désire marier; elle cherche parmi les filles de ses amies, et quand elle croit avoir trouvé celle qui lui convient, elle l’examine avec le plus grand soin. Elle voit si elle a de beaux cheveux, des yeux jolis et propres, c’est-à-dire bien sains ; si le nez n’est pas camard; si les seins sont durs, assez volumineux; et enfin, chose très-importante, si la fille est vierge. Quand tout paraît convenable, les deux mères font les arrangements; les pères et les frères ne s’en mêlent pas.
Les Arabes sont souvent trompés quand ils veulent se marier. On présente à la mère du jeune homme une jolie fille qu’elle accepte pour bru. Elle dit à son enfant qu’elle lui a trouvé une femme cbarmante, mais la belle n’est qu’une fausse bru qui s’est prêtée à la supercherie. La mère a été trompée, le fils l’est aussi. Ainsi le fiancé peut être trompé par sa mère qui désire le marier, et il peut l’être aussi par ceux qui ont trompé sa mère.
Tous les arrangements sont verbaux. Madame X...me dit, qu’à l’occasion du mariage de sa fille, une laitière, femme riche, donne à sa fille :
1° Une malle ;
2“ Une bichte (grand vase en enivre) pour laver le linge
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o“ Une casserole (hallah) ;
4° Un miroir en étain;
5“ Trois vêtements : un bleu en coton, un en indienne pour toilette, et le grand vêtement pour la noce;
6* Deux bracelets en argent, valant chacun une quarantaine de francs ;
7® Un collier et des boucles d’oreilles d’or ;
8“ Du colon pour garnir les oreillers qui serviront à reposer la tête. — Ils couchent sur des nattes à terre.
Le mari qui épousera la lille de la laitière, homme riche, donnera 1,000 piastres courantes. Chez les Arabes il y a aussi des mariages d’argent; ainsi M. X... m’apprend qu’un de ses élèves âgé de quinze ans, qui joue toute la journée avec ses camarades à des jeux d’enfants, va se marier et épouser une esclave.de la mère d’Âbbas- Pacha. Cette femme, âgée de vingt ans, est fort riche. Elle a de belles ahbadies (propriétés) données par la mère d’Abbas-Pacha. C’est la mère du jeune homme qui fait faire ce mariage, qu’elle parait désirer ardemment.